Ravage – Tome 03

Bande dessinée publiée en 2017 aux éditions Glénat.


D’après le roman de René Barjavel publié en mars 1943.

La chute d’une civilisation. La naissance d’un dictateur.

Suite au cataclysme, privée de ses technologies, l’humanité est retournée à l’état sauvage.
Elle est devenue inhumaine. François, lui-même, n’hésite désormais plus à accomplir les pires actes pour assurer sa survie et la protection des siens qui voient en lui un nouveau leader.
Mais quel chemin leur propose-t-il ? Car en parcourant ce Paris en ruines, François se demande si la catastrophe ne serait pas une juste punition pour cette humanité aveuglée par le progrès. Ce concept va peu à peu s’insinuer en lui jusqu’à devenir une idéologie… et la vision du monde qu’il offrira à l’humanité pour le futur.

Jean-David Morvan et Rey Macutay concluent leur adaptation moderne et spectaculaire du classique intemporel de Barjavel !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ravage – Tome 03 »

Ce troisième et dernier tome, paru en mars 2021 après quatre années d’attente dues notamment aux difficultés de Rey Macutay aux Philippines pendant la pandémie, referme une trilogie qui avait su renouveler le roman Ravage. Jean-David Morvan y accomplit ce que l’architecture narrative en flash-back des deux premiers tomes promettait : montrer comment François Deschamps, simple étudiant au début du récit, devient le Patriarche que l’on voyait gouverner dès la première page du tome 1.
C’est précisément ce passage de l’homme au mythe qui constitue le cœur de cet album. Au fil de l’exode vers le Sud, face aux violences et aux menaces répétées, François voit une idéologie se cristalliser en lui : la catastrophe est une juste punition pour une humanité aveuglée par le progrès, et l’avenir ne peut se construire qu’en rejetant définitivement la technologie.
Jean-David Morvan restitue avec précision le paradoxe de Barjavel : c’est un homme capable des pires actes pour protéger les siens qui deviendra le garant d’un nouvel ordre moral. La naissance d’un dictateur se fait toujours avec les meilleures intentions du monde.


Rey Macutay confirme dans ce tome conclusif l’étendue de son registre graphique. La planche d’ouverture représentant un parc solaire abandonné frappe par sa beauté mélancolique, et les grandes séquences d’action sur les routes de France révèlent un sens du cadre spectaculaire hérité de ses années de storyboard. Les couleurs de Walter accompagnent ce basculement vers un monde désaturé, où les teintes de la végétude reprennent progressivement leurs droits sur le béton.

Une conclusion que les lecteurs des deux premiers tomes liront avec la satisfaction de voir une vision cohérente menée jusqu’à son terme, fidèle à l’esprit d’une œuvre écrite en 1943 et qui n’a jamais cessé d’être d’actualité.

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