Train de nuit dans la Voie lactée

Album publié en 2026 aux Editions Morgen.


Adapté du roman de Kenji Miyazawa publié en 1934.

couverture bd Train de nuit dans la Voie lactée

Le soir de la Fête de la Voie Lactée, en butte aux moqueries de ses camarades d’école, Giovanni part s’isoler sur une colline et s’assoupit.
A son réveil, un train à vapeur en provenance du Cosmos se pose à ses côtés…
Curieux, il embarque sans se douter qu’il va visiter les confins de la galaxie, en compagnie de son ami Campannella…



L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Train de nuit dans la Voie lactée »

Il faut une certaine audace pour ouvrir une maison d’édition avec un texte japonais méconnu en France, écrit dans les années 1920. C’est le pari d’Adrien Demont, qui signe seul le scénario et le dessin de cette adaptation du conte de Kenji Miyazawa. L’histoire suit Giovanni, garçon timide accablé par le travail et l’absence du père, qui embarque un soir de fête à bord d’un train surgi du cosmos, aux côtés de son ami Campanella.

Adrien Demont ne cherche pas le spectacle. Son récit avance par rencontres brèves, silhouettes croisées le temps d’un arrêt, paysages célestes qui défilent sans jamais s’attarder. Cette succession de haltes fugaces installe une mélancolie douce, où le voyage sert de détour pour aborder le deuil, l’amitié et le sacrifice. La force du livre tient dans ce déséquilibre assumé : plus le décor s’agrandit, plus l’intime se resserre. Giovanni traverse l’immensité pour mieux revenir à ses propres peurs, et le lecteur avance avec lui, un peu perdu, comme dans un rêve dont on ne connaît pas l’issue.

extrait bd Train de nuit dans la Voie lactée

Le geste graphique porte tout. Adrien Demont travaille à la craie en négatif, sur des planches où le bleu nuit profond dialogue avec un brun clair presque doré. Les cases disparaissent : les images se suivent librement, parfois guidées par le panache de fumée de la locomotive qui distribue les vignettes sur la page. Les personnages, petits corps surmontés de grosses têtes, gardent une naïveté enfantine qui contredit la gravité du propos. Cette matière crayeuse, aux contours estompés, donne à chaque planche une texture vibrante, comme éclairée de l’intérieur.

La craie d’Adrien Demont efface les cases pour laisser Giovanni dériver d’étoile en étoile, et c’est dans cette absence de cadre que le conte de Kenji Miyazawa respire enfin.

Vous aimerez aussi