Catégorie : Histoire

Adieu Birkenau: Une survivante d’Auschwitz raconte

Album publié en 2023 aux éditions Albin Michel.


Résumé éditeur

couverture bd Adieu Birkenau: Une survivante d'Auschwitz raconte

En avril 1944, à 19 ans Ginette Kolinka est déportée au camp d’extermination Auschwitz II-Birkenau.

Elle n’en parle pas durant 50 ans, avant d’accepter d’être filmée pour la « Shoah Foundation », que Steven Spielberg vient de créer.

À la grande surprise de la septuagénaire, les souvenirs enfouis rejaillissent. Elle se lance à corps perdu dans le témoignage.

En octobre 2020, à 95 ans, elle permet à Victor Matet et Jean-David Morvan de l’accompagner lors d’un de ses voyages de groupe en Pologne, à l’issue duquel elle décide de ne plus jamais revenir.

Dans cet album bouleversant mis en images avec pudeur et puissance par Efa, Cesc et Roger, elle fait le point entre son premier et son dernier passage dans  » le plus grand cimetière du monde  » avec ce mélange unique de force, d’humour et d’espoir qui la caractérise.


Lire un extrait


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Adieu Birkenau: Une survivante d’Auschwitz raconte »

« Adieu Birkenau: Une survivante d’Auschwitz raconte » est une bande dessinée poignante qui nous plonge au cœur de l’histoire de Ginette Kolinka, une survivante d’Auschwitz, et de son dernier voyage en Pologne.

À 98 ans, elle décide que ce sera son ultime visite à ce lieu de souffrance et de mémoire. Cette bande dessinée, réalisée avec sensibilité par les artistes Efa, Cesc, et Roger, capture l’essence de son témoignage avec une force incontestable.

L’histoire mêle habilement le présent, avec le voyage de Ginette Kolinka en Pologne, et le passé, à travers ses souvenirs.

Les dessins, magnifiquement réalisés, créent une atmosphère émotionnelle unique. Les ombres noires représentant les détenus témoignent du respect et de la délicatesse des artistes envers cette histoire tragique.

extrait bd Adieu Birkenau: Une survivante d'Auschwitz raconte

Ce qui distingue cette bande dessinée, c’est sa capacité à toucher au cœur. Le texte est d’une justesse et d’une sensibilité rares, faisant honneur à l’incroyable générosité et résilience de Ginette Kolinka. L’emploi des ombres noires pour représenter les détenus est un choix délicat, renforçant la dignité et le respect qui imprègnent chaque page.

Adieu Birkenau est une réalisation exceptionnelle qui mérite une place spéciale dans le monde de la littérature graphique.

C’est une œuvre qui nous rappelle la nécessité de se souvenir, de transmettre, et de lutter contre la haine, tout en célébrant la résilience humaine.

Un ouvrage qui rappelle avec force que la haine peut mener à l’horreur, mais que la résilience et le devoir de mémoire sont essentiels pour construire un avenir meilleur.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Vikings – Rois des mers

Album publié en 2020 aux éditions OREP


Résumé éditeur

couverture bd Vikings - Rois des mers

Viking !

Mot longtemps redoutable, synonyme de pillage, de violence, de barbarie.

Cette approximation historique est d’autant plus ancrée que la pénombre médiévale ne livre que de rares témoignages archéologiques de la présence de ces hommes du Nord en France.

S’immisçant dans les failles documentaires, imaginons la rencontre en 1025 entre deux chroniqueurs contemporains de Normandie : le vieux Dudon de Saint-Quentin et le jeune Guillaume de Jumièges.

Le premier a relaté son temps jusqu’au règne du comte Richard Ier de Normandie, puis le second à l’époque du comte Richard II.

Par le verbe de ce duo de chroniqueurs, revivons deux siècles épiques en Francie, du débarquement des premiers Scandinaves en Neustrie carolingienne à l’intégration de leur colonie dans un duché de Normandie chrétien.

Nos pères ont surgi de la mer : suivons leur sillage, plongeons dans leur saga française.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Vikings – Rois des mers »

« Vikings – Rois des mers » est une bande dessinée historique qui brise les clichés souvent associés aux Vikings.

L’auteur et dessinateur, Jean-François Miniac, s’empare de deux siècles d’histoire normande, depuis les premiers raids des Nordiques en Neustrie jusqu’en 1025, pour nous offrir un récit captivant.

L’originalité de cette œuvre réside dans sa quête de vérité historique, remettant en question l’image traditionnelle du Viking sanguinaire pour mettre en lumière son adaptation et son intégration à la culture franque.

L’ouvrage se démarque également par sa narration à travers deux chroniqueurs de l’histoire normande, Dudon de Saint-Quentin et Guillaume de Jumièges, qui nous font voyager à travers des lieux emblématiques liés à l’implantation viking.

Cette approche offre une perspective immersive et nuancée de cette période médiévale.

Jean-François Miniac, en collaboration avec la dessinatrice Andrea Rosetto et l’experte Elisabeth Ridel-Granger, nous livre une bande dessinée soignée, alternant habilement entre les chapitres en BD et les textes documentaires. De plus, la présence d’un dossier pédagogique enrichit l’expérience de lecture, renforçant ainsi le caractère éducatif de l’œuvre.

« Vikings – Rois des mers » est une plongée fascinante dans l’histoire méconnue des Vikings en Normandie, offrant une perspective rafraîchissante sur ces légendaires navigateurs nordiques.

L’histoire de Filitosa racontée aux enfants

Album publié en 2017 aux éditions Clémentine.


Résumé éditeur

couverture bd L’histoire de Filitosa racontée aux enfants

Filitosa est un site préhistorique exceptionnel en Corse.

Situé non loin du village de Sollacaro, dans la vallée du fleuve Taravo, il est fréquenté chaque année par des milliers de visiteurs venus du monde entier.


Riche de 8 000 ans d’histoire, ses vestiges archéologiques majestueux nous permettent de découvrir l’histoire de nos ancêtres.


Natale et Serena ainsi que l’abeille Abbabella, toujours munis de leur livre magique, vous proposent une balade originale à travers les siècles pour mieux comprendre la vie de ces femmes et hommes qui nous ont précédés.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’histoire de Filitosa racontée aux enfants »

« L’histoire de Filitosa racontée aux enfants » est une bande dessinée captivante qui transporte les jeunes lecteurs dans l’univers fascinant du site préhistorique de Filitosa en Corse.

Lisa D’Orazio, en collaboration avec Frédéric Bertocchini, crée une œuvre à la fois éducative et divertissante. Les illustrations de Michel Espinosa, riches et colorées, ajoutent une dimension visuelle qui capte immédiatement l’attention des enfants.

L’histoire suit Natale et Serena, accompagnés par l’abeille magique Abbabella, à travers un voyage temporel grâce à un livre enchanté. Cette aventure pédagogique plonge les jeunes lecteurs dans 8 000 ans d’histoire, leur permettant de découvrir les coutumes et la vie quotidienne des anciens habitants de la Corse.

extrait L’histoire de Filitosa racontée aux enfants

On notera la capacité des auteurs à simplifier des concepts historiques complexes tout en conservant leur richesse et leur précision historique.

Cette bande dessinée se distingue par son équilibre entre rigueur historique et narration ludique. Elle éveille la curiosité des enfants pour l’histoire et l’archéologie, tout en fournissant une ressource précieuse pour les parents et les éducateurs.

« L’histoire de Filitosa racontée aux enfants » est une introduction merveilleuse à l’histoire corse, captivant petits et grands par son récit chronologique et ses illustrations vibrantes.

En résumé, cette œuvre est une réussite pédagogique et artistique, rendant l’histoire vivante et accessible aux jeunes esprits curieux.


Lieu visité par la bd en Corse

Devota

Album publié en 2022 aux éditions Plein Vent


Résumé éditeur

Itinéraire d’une martyre, de la Corse à Monaco

couverture bd devota


À la fin du IIIe siècle sous le règne de Dioclétien la persécution contre les chrétiens redouble d’intensité.

Tandis qu’à Rome les chrétiens ont peur, en Corse, dans son village de Mariana, vit une jeune fille sous la protection d’Euticus, un notable converti à la religion du Christ.

Mais l’arrivée du préfet Barbarus marque la fin de cette existence tranquille. Notre héroïne va être arrêtée, torturée et assassinée avant que miraculeusement son corps arrive sur une barque jusqu’aux rivages de l’actuelle Principauté de Monaco.

La bd « Devota » disponible ici


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Devota »


« Devota » est une bande dessinée qui plonge les lecteurs dans une époque troublée du IIIe siècle sous le règne de Dioclétien. Une époque où la persécution contre les chrétiens s’intensifie.

Au cœur de cette histoire se trouve une jeune fille vivant à Mariana, en Corse, sous la protection d’Euticus, un notable converti au christianisme. Cependant, l’arrivée du préfet Barbarus bouleverse sa vie paisible. Elle est arrêtée, torturée et assassinée. Son récit prend une tournure miraculeuse lorsque son corps dérive sur une barque jusqu’aux rivages de Monaco.

Cette bande dessinée, financée par Roger Rossi et Guy Boscagli, a été réalisée sur une période de deux ans. Les bénéfices de l’album sont à destination d’ associations caritatives monégasques. Ce qui en fait une œuvre à la fois culturelle et philanthropique. Elle célèbre la vie de sainte Devote, patronne de la Corse et de Monaco, tout en renforçant les liens entre les deux régions.

extrait devota

Le dessin d’Eric Stoffel reste « classique » mais efficace pour retranscrire cette histoire.

« Devota » est un hommage émouvant et visuellement captivant à une figure religieuse importante. Elle rappelle l’importance de préserver les traditions religieuses et culturelles. Cette bande dessinée offre une manière riche et significative de redécouvrir cette légende et son lien indéfectible entre la Corse et la Principauté de Monaco.

Bande dessinée à recommander pour son contenu historique, artistique et philanthropique.


Lieu visité par la bd en Corse

Un amour de guerre

Album publié en 2020 aux éditions Locus Solus


Résumé éditeur

couverture bd Un amour de guerre

Une vieille dame, Hélène, souffrant de la maladie d’Alzheimer, révèle son lourd secret à sa fille Anne : jeune, elle se voulait actrice à Paris et a même tourné un peu.

C’était sous l’Occupation et les studios français étaient aux mains de la sinistrement fameuse compagnie Continental-Films, directement aux ordres du proche d’Hitler, Goebbels. Anne, bouleversée, part alors sur les traces de ce passé…

Dans cette BD superbement illustrée et mise en couleur, le scénario fonctionne comme au cinéma : contexte, intrigue, flashbacks, suspens, émotion, retournements, jusqu’à la chute finale.


Cette Bd aborde 3 grandes thématiques : désarroi face à une maladie très contemporaine (Alzheimer), secret de famille sur une filiation, milieu du cinéma français dans la propagande de guerre.

Des figures réelles (Raimu, H.-G. Clouzot…) croisent Alfred Gréven, chef de la Continental-Films, qui se rend au ministère de la Propagande à Berlin voir un Goebbels « cinéphile ».

On découvre qu’un film a été tourné près de Rennes (à Corps-Nuds) en 1942, qui montre l’inventivité des SS pour faire croire à une percée des leurs… en Ukraine ! Ou comment manipuler par l’image, déjà à l’époque.

Une BD basée sur des faits réels.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bd « Un amour de guerre »

« Un Amour de Guerre » est une bande dessinée captivante qui mélange habilement le passé et le présent, nous transportant à l’époque de la Seconde Guerre mondiale.

L’histoire est centrée autour de trois thèmes principaux : la maladie d’Alzheimer, les secrets de filiation, et les manipulations de l’image à des fins de propagande nazie au sein de Continental-films.

L’intrigue tourne autour d’Anne, confrontée au défi émotionnel de prendre soin de sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer, qui oscille entre le présent et le passé, la prenant parfois pour sa propre mère.

extrait Un amour de guerre

C’est à travers ce conflit intérieur que des secrets de la guerre sont révélés, poussant Anne à plonger dans le passé pour découvrir les mystères de sa naissance.

L’histoire nous emmène également dans le monde du cinéma sous l’occupation allemande, où les SS utilisaient des moyens détournés pour diffuser leur propagande.

Des figures emblématiques du cinéma français, comme Raimu et Clouzot, font leur apparition, ajoutant une dimension fascinante à l’histoire.

L’auteur, Olivier Keraval, parvient à condenser ces thèmes complexes en seulement 72 pages sans que l’intrigue ne paraisse précipitée. Les dessins de Leyho sont d’une grande précision, et la colorisation informatique ajoute à l’esthétique globale de la bande dessinée.

L’aspect informatif de cette bande dessinée est indéniable. De plus, la présence d’un cahier documentaire à la fin de la BD offre une opportunité au lecteur d’approfondir sa compréhension de la période historique, de la manipulation de l’image, du cinéma sous l’occupation, de la Bretagne pendant la guerre, et même de la maladie d’Alzheimer, qui est abordée de manière réaliste.


Lieu visité par la bd en Bretagne

Immortels !

Album publié en 2019 par le « Comité du souvenir départemental des fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure »


« Immortels ! » permet de découvrir l’histoire poignante des 50 otages de Châteaubriant et Nantes. 48 ont été fusillés le 22 octobre 1941 sur ordre d’Hitler. Cet événement marqua le premier massacre de masse de l‘Occupation, en représailles à l’assassinat du chef de la Wehrmacht à Nantes par trois jeunes résistants communistes.

Réalisée par les jeunes artistes talentueuses Camille Ledigarcher et Gaëlle Richardeau, en collaboration avec l’historienne Dominique Comelli, la BD retrace la vie quotidienne dans le camp d’internement de Choisel.

Les planches du livre font revivre les personnages marquants de cette période sombre. Le syndicaliste Jean-Pierre Timbaud, le médecin Maurice Ténine, le député Charles Michels et bien d’autres.

Elle met également en lumière les actes de résistance menés par les militants contre l’occupant allemand.

Cette bande dessinée artistique et respectueuse de l’histoire a touché le cœur de nombreux lecteurs. Elle a été vendue à 3 000 exemplaires et a été rééditée.

Accessible à toutes les générations, elle vise à transmettre la mémoire et les valeurs de la Résistance, encourageant la réflexion sur le courage et l’engagement pour la liberté.

Cette bande dessinée artistique et respectueuse de l’histoire a touché le cœur de nombreux lecteurs. Elle a été vendue à 3 000 exemplaires et a été rééditée.

Accessible à toutes les générations, elle vise à transmettre la mémoire et les valeurs de la Résistance, encourageant la réflexion sur le courage et l’engagement pour la liberté.

Au-delà de la BD elle-même, l’ouvrage est enrichi d’un dossier pédagogique rédigé par l’historienne Dominique Comelli.

En rendant hommage aux cinquante otages et à tous ceux qui se sont battus pour la liberté, « Immortels ! » incarne un magnifique outil de transmission.

C’est un appel à poursuivre le combat pour la paix et la liberté, un devoir de mémoire nécessaire pour les générations futures.

La bd « Immortels ! » disponible ici

(cliquez sur le bandeau ci dessous)


Autre bd, même lieu

Découvrez

Nous étions les ennemis

Album publié en 2020 aux éditions Futuropolis.


George Takei est connu dans le monde entier pour son rôle d’Hikaru Sulu, capitaine du vaisseau Enterprise dans la célèbre série Star Trek.

Aujourd’hui suivi par plus de dix millions de personnes sur Facebook, Il est devenu l’une des figures de proue de la lutte pour la justice sociale, les droits LGBT et l’égalité devant le mariage.

Il nous livre une autre facette de sa personnalité avec cette autobiographie dessinée. George Takei revient sur son enfance passée dans les camps d’internement américains.

couverture bd Nous étions les ennemis

Alors que les familles des États-Unis s’apprêtent à fêter Noël, une terrible nouvelle tombe à la radio : l’attaque surprise du Japon à Pearl Harbor.

Le lendemain, le 8 décembre, l’Amérique entre dans la Seconde Guerre mondiale.


Rapidement, le président Roosevelt signe un décret accordant aux commandants militaires le pouvoir d’arrêter et d’incarcérer «certaines personnes, voire toutes» d’origine japonaise, craignant la présence d’un ennemi de l’intérieur.

La famille de George est américano-japonaise. Si sa mère est née aux États-Unis, son père, lui, n’a pas pu obtenir la citoyenneté alors qu’il vivait dans le pays depuis cinquante ans.

George Takei, âgé de 4 ans suit alors sa famille pour le Fort Rohwer. C’est l’un des dix camps d’internement établis par ordre du président.

Nous étions les ennemis permet de mieux comprendre le parcours de cet acteur de la série originale Star Trek.

Il associe l’esprit d’aventure de son personnage de fiction à l’histoire de ses parents qui se demandaient comment survivre et prospérer dans un pays où ils étaient littéralement qualifiés d’extraterrestres.

La bd « Nous étions les ennemis » disponible ici


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bd «Nous étions les ennemis»


Dans cet album poignant, George Takei, célèbre acteur connu pour son rôle dans Star Trek, nous livre un témoignage personnel et captivant sur l’incarcération injuste des Américains d’origine japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.

À travers les yeux d’un enfant, il décrit les conséquences dramatiques de l’attaque de Pearl Harbor et l’impact sur sa famille.

L’histoire est racontée avec émotion et humour, soulignant l’absurdité de la situation.

extrait Nous étions les ennemis

Le récit est soutenu par un dessin simple mais expressif, mettant en lumière les expressions faciales et les moments clés de l’histoire.

Ce roman graphique est une lecture incontournable qui rappelle les erreurs du passé et nous pousse à réfléchir sur les injustices actuelles.

Lecture recommandée.

Accessible dès 10 ans.

Le carnet de Roger

Album publié en 2011 aux éditions Sarbacanes.


Résumé éditeur

couverture bd Le carnet de Roger

Automne 1939, un village de la périphérie nantaise.

Roger, maraîcher de 27 ans, reçoit son ordre de mobilisation.

Hiver 2002, sur une autoroute entre La Rochelle et Nantes, Florent se rend au chevet de son grand-père Roger, qui vient d’être admis aux urgences…

  • Un témoignage rare sur un épisode de l’Histoire méconnu : la déportation des prisonniers de guerre dans des camps de travail
  • Un livre entre la puissance évocatrice de Tardi et la sensibilité d’Emmanuel Guibert
  • Le dessin documenté et foisonnant de Florent Silloray rend admirablement l’atmosphère de l’époque

La bd « Le carnet de Roger » disponible ici


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bd «Le carnet de Roger»

Il arrive que l’Histoire s’écrive au crayon de bois, dans un carnet glissé par une fiancée à son homme partant pour la guerre.
C’est de ce geste fondateur que naît le premier roman graphique de Florent Silloray, illustrateur nantais formé aux Beaux-Arts, qui adapte ici le journal intime tenu par son grand-père Roger, maraîcher de 27 ans mobilisé en septembre 1939, fait prisonnier lors de la débâcle de mai 1940, et déporté comme travailleur forcé dans les mines de lignite de Domsdorf, en Saxe.

La force de la BD tient à sa structure en miroir : deux récits s’entrelacent, distingués par des registres chromatiques opposés. Le passé de Roger s’étire en tonalités sépia et terre brûlée, palette qui évoque autant les photographies jaunies que la boue des Ardennes, tandis que l’enquête contemporaine de Florent, sillonnant la Belgique et l’Allemagne de 2008 à 2010 sur les traces de son aïeul, apparaît en couleurs froides et naturalistes. Ce dispositif visuel n’est pas ornement : il matérialise l’écart entre le témoignage vécu et la reconstitution mémorielle.

extrait bd Le carnet de Roger

Le dessin documenté rend magnifiquement l’atmosphère de l’époque. Florent Silloray choisit la pudeur : pas de bulle dans les séquences de captivité, seul le texte du carnet original fait office de voix, conférant à Roger une dignité de « héros ordinaire » lucide, dense, jamais plaintif.
L’album éclaire un angle mort de la mémoire collective : le quotidien des 1 600 000 soldats français transférés en Allemagne, dont beaucoup, comme Roger, choisirent le silence au retour. Primé coup de cœur au festival de Saint-Malo 2011, Planetebd Le Carnet de Roger s’inscrit dans la lignée de La Guerre d’Alan d’Emmanuel Guibert, même souci d’exactitude, même tendresse pour l’anonyme élevé au rang de témoin irremplaçable.
À recommander à tout lecteur sensible au devoir de mémoire, à l’histoire sociale de la Seconde Guerre mondiale, et à la BD documentaire exigeante.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Au revoir les enfants

Album publié en 2019 aux éditions Plein Vent


Résumé éditeur

La véritable histoire du père Jacques

Lucien Bunel, en religion père Jacques, est né en 1900.

Il devient prêtre puis religieux carme et fonde avant guerre un collège à Avon.

Pendant l’occupation, il entre dans la résistance et cache des adultes et des enfants juifs.

En 1944, il est arrêté et déporté d’abord à Sarrebrück puis à Mauthausen.

Il se consacre jour et nuit aux autres prisonniers. Il meurt d’épuisement en Autriche un mois après la libération du camp.

Louis Malle, élève au collège d’Avon à l’époque (il a alors 12 ans), a été marqué par cette arrestation qu’il raconte dans son film Au revoir les enfants.

Voici donc l’incroyable histoire du père Jacques, prêtre, déporté et Juste parmi les nations.

La bd « Au revoir les enfants » disponible ici


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bd «Au revoir les enfants»

Le roman graphique « Au revoir les enfants » de Camille W. de Prévaux et Jean Trolley nous plonge dans la vie extraordinaire de Lucien Bunel , rebaptisé Père Jacques, qui consacra sa vie à aider les autres.

L’enquête journalistique menée par un personnage fictif nous permet de rencontrer les témoins de sa vie, de son enfance en Normandie à sa déportation à Mauthausen.

extrait Au revoir les enfants

La sobriété artistique en noir et blanc souligne parfaitement la profondeur du récit.

Ce livre hommage réussit avec brio à rendre hommage à cet homme remarquable, véritable symbole de courage et d’abnégation.


Quelques mots sur Lucien Bunel / père Jacques

Lucien Louis Bunel, connu sous les noms de Jacques de Jésus ou le père Jacques, était un prêtre catholique français et un moine carme.

Né le 29 janvier 1900 à Barentin (Seine-Maritime) et décédé le 2 juin 1945 à Linz (Autriche). Il est reconnu à Yad Vashem comme l’un des Justes parmi les nations.

Dès son plus jeune âge, Lucien Bunel nourrissait le désir de devenir prêtre.

Il a fréquenté le petit séminaire de Rouen. On le considérait comme déterminé, bien que ses professeurs n’appréciaient pas particulièrement son caractère.

Il a été ordonné prêtre le 1er juillet 1925.

Père Jacques a souhaité rejoindre l’Ordre du Carmel, mais l’archevêque de Rouen a refusé son consentement.

En 1934, il a fondé et dirigé le Petit Collège Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus à Avon. Il y enseignait les lettres classiques et était un pédagogue remarquable, privilégiant une approche pratique de l’éducation.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, tout en poursuivant ses activités au collège d’Avon, le père Jacques s’est rapidement engagé dans la Résistance.

Il a protégé des réfractaires du STO et a accueilli des enfants juifs sous de fausses identités. Son arrestation en janvier 1944, suite à une dénonciation, était principalement liée à son implication dans la Résistance.

Déporté dans plusieurs camps, le père Jacques est resté un homme de compassion et de solidarité, prenant soin des malades et des plus faibles. Il était aimé de ses camarades prisonniers et même des Allemands. Son comportement exemplaire dans les pires conditions inspirait respect et admiration.

Après la libération du camp, malgré sa maladie, le père Jacques a représenté les Français lors des réunions du Comité international des déportés. Il est décédé à l’hôpital Sainte-Élisabeth de Linz le 2 juin 1945.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

La Fiancée

Album publié aux éditions Soleil en 2021


La Fiancée révèle l’histoire romanesque de Guy Môquet et d’Odette Nilès, et commémore en 2021 les 80 ans d’une tragédie qui parle de résistance.

couverture bd la fiancée

Gwenaëlle Abolivier, écrivaine et journaliste à France Inter pendant 20 ans, a découvert lors d’un de ses reportages la carrière des fusillés de Châteaubriant.

En 1941, 27 résistants y ont été exécutés, parmi lesquels Guy Môquet.

En plus de la lettre adressée à ses parents, il avait écrit un billet doux à son seul amour, Odette Nilès. Le récit est révélé ici par Gwenaëlle et Eddy Vaccaro.


Dans le paysage foisonnant de la bande dessinée historique, « La Fiancée » se détache comme un diamant brut, offrant non seulement une fresque visuelle du passé mais aussi une immersion émotionnelle intense.

Ce oneshot, issu de la collaboration entre Gwenaëlle Abolivier et Eddy Vaccaro, s’ancre dans le contexte de la France occupée, tissant le récit de la vie de Guy Môquet et d’Odette Nilès, figures emblématiques de la résistance et de l’amour naissant dans l’adversité.

Le trait d’Eddy Vaccaro, tout en finesse et en expressivité, porte le scénario d’Abolivier avec une délicatesse qui respecte la gravité du sujet. Les pages nous entraînent à travers des moments de vie figés dans le temps, des instants de lutte et de passion qui ont marqué l’histoire française.

Gwenaëlle Abolivier, avec son expertise journalistique, a méticuleusement recréé l’atmosphère de l’époque, rendant un vibrant hommage à la jeunesse éprise de liberté. Sa plume, guidée par une documentation rigoureuse, offre un visage humain à la résistance, loin des idéalisations ou des simplifications.

« La Fiancée » ne se limite pas à être un écho du passé ; elle résonne comme un appel à la mémoire collective, à ne pas oublier les leçons de l’histoire.


Odette Nilès, née le 27 décembre 1922 à Paris et décédée le 27 mai 2023 à Drancy. Elle était une militante communiste et résistante française.

Odette Nilès est connue pour avoir été la « fiancée » de Guy Môquet, une figure emblématique de la résistance.

Arrêtée lors de manifestations contre l’occupant allemand en 1941, elle a été condamnée à l’emprisonnement et internée dans plusieurs camps, dont Châteaubriant et Aincourt. Elle s’est échappée en 1944 et a rejoint le maquis.

Après la guerre, elle s’est mariée avec Maurice Nilès. Elle est devenue militante des droits des femmes et a témoigné dans les écoles.

Odette Nilès est décédée à l’âge de 100 ans à Drancy, où elle a été inhumée. Odette Nilès a laissé un héritage remarquable de courage et de dévouement à la cause de la résistance.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale