Le carnet de Roger

Album publié en 2011 aux éditions Sarbacanes.


Résumé éditeur

couverture bd Le carnet de Roger

Automne 1939, un village de la périphérie nantaise.

Roger, maraîcher de 27 ans, reçoit son ordre de mobilisation.

Hiver 2002, sur une autoroute entre La Rochelle et Nantes, Florent se rend au chevet de son grand-père Roger, qui vient d’être admis aux urgences…

  • Un témoignage rare sur un épisode de l’Histoire méconnu : la déportation des prisonniers de guerre dans des camps de travail
  • Un livre entre la puissance évocatrice de Tardi et la sensibilité d’Emmanuel Guibert
  • Le dessin documenté et foisonnant de Florent Silloray rend admirablement l’atmosphère de l’époque

La bd « Le carnet de Roger » disponible ici


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bd «Le carnet de Roger»

Il arrive que l’Histoire s’écrive au crayon de bois, dans un carnet glissé par une fiancée à son homme partant pour la guerre.
C’est de ce geste fondateur que naît le premier roman graphique de Florent Silloray, illustrateur nantais formé aux Beaux-Arts, qui adapte ici le journal intime tenu par son grand-père Roger, maraîcher de 27 ans mobilisé en septembre 1939, fait prisonnier lors de la débâcle de mai 1940, et déporté comme travailleur forcé dans les mines de lignite de Domsdorf, en Saxe.

La force de la BD tient à sa structure en miroir : deux récits s’entrelacent, distingués par des registres chromatiques opposés. Le passé de Roger s’étire en tonalités sépia et terre brûlée, palette qui évoque autant les photographies jaunies que la boue des Ardennes, tandis que l’enquête contemporaine de Florent, sillonnant la Belgique et l’Allemagne de 2008 à 2010 sur les traces de son aïeul, apparaît en couleurs froides et naturalistes. Ce dispositif visuel n’est pas ornement : il matérialise l’écart entre le témoignage vécu et la reconstitution mémorielle.

extrait bd Le carnet de Roger

Le dessin documenté rend magnifiquement l’atmosphère de l’époque. Florent Silloray choisit la pudeur : pas de bulle dans les séquences de captivité, seul le texte du carnet original fait office de voix, conférant à Roger une dignité de « héros ordinaire » lucide, dense, jamais plaintif.
L’album éclaire un angle mort de la mémoire collective : le quotidien des 1 600 000 soldats français transférés en Allemagne, dont beaucoup, comme Roger, choisirent le silence au retour. Primé coup de cœur au festival de Saint-Malo 2011, Planetebd Le Carnet de Roger s’inscrit dans la lignée de La Guerre d’Alan d’Emmanuel Guibert, même souci d’exactitude, même tendresse pour l’anonyme élevé au rang de témoin irremplaçable.
À recommander à tout lecteur sensible au devoir de mémoire, à l’histoire sociale de la Seconde Guerre mondiale, et à la BD documentaire exigeante.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

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