Étiquette : 2015

Confidences à Allah

Album publié en 2015 aux éditions Futuropolis.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Saphia Azzeddine publiée pour la première fois le 4 janvier 2008.

couverture bd Confidences à Allah

Comment devenir libre quand tout vous prédestine à la soumission ?
Itinéraire d’une jeune fille musulmane d’aujourd’hui, Confidences à Allah est un témoignage direct, cru et cependant plein de poésie et d’humour, sur l’oppression des femmes.

Eddy Simon et Marie Avril adaptent le monologue fiévreux de Saphia Azzeddine, portrait sans concession d’une jeune femme qui rêve d’émancipation et refuse de se soumettre.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Confidences à Allah »

Publié en 2015 chez Futuropolis, Confidences à Allah transpose avec justesse le roman éponyme de Saphia Azzeddine (2008) sous la plume du scénariste Eddy Simon et le pinceau de Marie Avril. Cette bande dessinée de 88 pages suit Jbara, jeune bergère de seize ans des montagnes du Maghreb, contrainte à l’exil après une grossesse qui la bannit de sa famille.

L’œuvre réussit le pari délicat de préserver l’intensité du monologue original tout en l’adaptant au langage séquentiel. Eddy Simon orchestre habilement la confidence permanente de Jbara à Allah, transformant ce dialogue intime en fil conducteur. La protagoniste traverse prostitution, prison et rédemption avec une lucidité désarmante, portée par une rage contenue et un humour grinçant qui rendent son parcours profondément humain.

Marie Avril déploie un style à la fois précis et vivant, aux couleurs méditerranéennes qui contrastent avec la dureté du propos. Ses cadrages quasi-cinématographiques et sa mise en couleurs nuancée amplifient les émotions, oscillant entre tendresse et violence. Le trait expressif de l’artiste lyonnaise, habitée par une sensibilité particulière pour les destins féminins, dépasse la simple illustration pour devenir véritable interprétation graphique.

Confidences à Allah s’impose comme un témoignage bouleversant sur la condition féminine, porté par un duo créatif. Rarement les adaptations de BD en romans sont aussi réussies.

L’iliade et l’odyssée

Albums publiés en 2015 aux Editions Rue de Sèvres.


Adapté de l’œuvre de Homère (écrite vers -800 AV JC).

Limpide, enlevé, ciselé, Homère a de quoi être fier, son récit n’a pas pris une ride.
La plus grande légende du monde occidental en 168 dessins à l’humour décapant !
On croit les connaître, ces histoires éternelles, et pourtant Soledad a le don de nous les faire redécouvrir, et de faire vivre leurs innombrables personnages comme s’ils venaient tout juste de tourner le coin de la rue.
Tout cela sur un ton léger, piquant et parfaitement contemporain, qui nous fait toucher du doigt, l’air de rien, l’inusable modernité de cette saga !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’iliade et l’odyssée »

Soledad Bravi réussit avec L’Iliade et l’Odyssée un pari audacieux : condenser la quintessence des deux chefs-d’œuvre d’Homère en moins de cent pages, tout en leur insufflant une vitalité contemporaine et un humour rafraîchissant.
Publiée chez Rue de Sèvres en 2015, cette adaptation puise sa matière dans les planches initialement parues dans le magazine Elle, et s’adresse à un large public, des adolescents aux adultes, sans exclure les plus jeunes lecteurs curieux.

Soledad Bravi opte pour un style graphique minimaliste, presque enfantin, où chaque dessin, dépouillé mais expressif, fonctionne comme un raccourci visuel ingénieux : une assemblée de rois devient une simple enfilade de couronnes, les héros arborent des mines espiègles, et les décors s’effacent au profit de l’action. 

L’autrice privilégie les épisodes emblématiques et les figures marquantes, tout en injectant un humour décapant et un langage résolument actuel : Hélène est une « bombasse », les Troyens s’exclament « On est les champions » après l’entrée du cheval de bois. Ce ton décalé, jamais irrévérencieux, démystifie les héros antiques et rend leur humanité palpable, tout en soulignant la permanence des passions et des travers humains. L’essentiel de la trame demeure, et la psychologie des personnages, même esquissée, gagne en accessibilité et en proximité.

L’Iliade et l’Odyssée de Soledad Bravi s’impose comme une porte d’entrée idéale à la mythologie grecque, à recommander aux néophytes, aux jeunes lecteurs, mais aussi à tous ceux qui souhaitent redécouvrir Homère sous un angle ludique et contemporain.
Un album aussi réjouissant qu’intelligent, qui prouve que les grands mythes n’ont rien perdu de leur modernité.

Le Grand Abri – La vie d’un clan il y a 9000 ans en Basse-Provence

Bande dessinée publiée en 2015 aux éditions Actilia.


couverture bd Le Grand Abri - La vie d'un clan il y a 9000 ans en Basse-Provence

Site préhistorique emblématique, mondialement connu, la Font-aux-Pigeons, ou Grand Abri de Châteauneuf, se situe sur le versant nord de la chaîne de la Nerthe, à l’orée du village actuel et à seulement quelques minutes de marche de l’Etang de Berre et de la mer Méditerranée.

Connu depuis le début du XXe siècle, il a fait l’objet de nombreuses fouilles, hélas trop souvent désordonnées, avant les recherches méthodiques et l’étude scientifique du Pr. Escalon de Fonton, à partir des années 50.

Les objets découverts sont conservés au Muséum d’Histoire naturelle de Marseille, et pour ce qui concerne les dernières fouilles (J. Courtin, 1979), dans le Musée local de Châteauneuf-les-Martigues.

Amateur aussi enthousiaste que passionné, Toomaï Boucherat assure bénévolement, depuis des années déjà, des animations sur le thème de la vie préhistorique, essentiellement en milieu scolaire, mais aussi dans des associations, des musées, et diverses manifestations publiques. Expérimentateur de talent, il fait revivre devant enfants et adultes le génie inventif et l’habileté technique de nos lointains ancêtres.
Toomaï Boucherat présente un ouvrage visant à faire mieux connaître cette période passionnante. Au travers d’une bande dessinée scientifique, il s’est adjoint une dessinatrice de BD connue et de grand talent, Priscille Mahieu, du Dr Carole Cheval pour les recherches scientifiques associées et de Vincent Ollivier géomorphologue du collège de France, pour étayer les travaux des nombreux scientifiques qui ont étudié le site de Châteauneuf.

C’est donc un opus, ludique certes, mais en même temps un outil pédagogique d’excellente tenue. L’action romanesque se déroule dans le cadre de la Basse-Provence, en reconstituant l’environnement d’alors, sur des bases strictement scientifiques.
L’intérêt d’un tel projet n’échappera pas aux enseignants, de même qu’aux parents, car il éveillera les enfants – aussi bien que les adultes d’ailleurs – à la connaissance d’un patrimoine prestigieux, celui de nos origines.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Grand Abri – La vie d’un clan il y a 9000 ans en Basse-Provence »

Dans Le Grand Abri, Toomaï Boucherat réussit un pari audacieux : transporter le lecteur 9000 ans en arrière, au cœur d’un clan préhistorique vivant en Basse-Provence. Ce projet hybride, mêlant bande dessinée et pédagogie, fascine par sa capacité à rendre accessible une période lointaine tout en captivant son public.

Le scénario, finement élaboré, s’appuie sur des recherches rigoureuses, soutenues par des contributions scientifiques comme celles de Carole Cheval. Chaque détail, des gestes quotidiens aux interactions sociales du clan, est finement pensé pour offrir une immersion crédible dans la vie de ces ancêtres lointains. La dimension pédagogique du récit, par ailleurs, est habilement intégrée, sans jamais alourdir la narration.

Toomaï Boucherat parvient à équilibrer l’intrigue humaine avec des pages explicatives, permettant aux lecteurs d’acquérir des connaissances sans interrompre le plaisir du récit.

Le trait limpide et expressif de Priscille Mahieu magnifie cette immersion. Ses illustrations, à la fois vivantes et précises, apportent une dimension visuelle puissante qui donne corps aux personnages et à leurs environnements. Ce mariage réussi entre rigueur historique et art graphique fait de cette œuvre un modèle de bande dessinée documentaire.

Bienvenue chez les Bretons !

Album publié en 2015 aux éditions De Borée.


Résumé éditeur

couverture bd Bienvenue chez les Bretons !

La Bretagne, c’est le pays que va découvrir Édouard en accompagnant Soizic, sa femme, en vacances : des histoires, des galettes, des légendes et du vent marin, de la musique et une fierté heureuse…

Suivez-les au fil de ce périple, qui vous fera découvrir, ou redécouvrir, des expressions bretonnes que chaque page, chaque situation, illustre et met en scène.

Une grande galerie de personnages, réels ou fantastiques, dans des décors aussi riches que la Bretagne elle-même !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Bienvenue chez les Bretons ! »

Plongée vivifiante dans le cœur de la BretagneBienvenue chez les Bretons ! de Christophe Rouet et Vixente est une BD qui célèbre avec humour et tendresse l’âme bretonne. Publiée en 2015, cette bande dessinée propose un voyage à travers les paysages, les traditions et les personnages hauts en couleur de cette région si singulière.

Le récit, structuré comme une promenade à travers des villages et ports bretons, mêle anecdotes historiques, légendes et scènes du quotidien. Les auteurs capturent l’essence d’une culture riche et vivace, où modernité et traditions ancestrales cohabitent harmonieusement. Les dialogues regorgent d’expressions locales savoureuses, offrant au lecteur un véritable bain linguistique et culturel.

extrait bd Bienvenue chez les Bretons !

Le style visuel de Vixente est un véritable atout. Ses illustrations détaillées donnent vie aux landes balayées par le vent, aux chapelles pittoresques et aux bistrots animés. Les couleurs vibrantes insufflent une énergie palpable à chaque page, tandis que les traits caricaturaux des personnages ajoutent une touche d’humour bienvenue. 

Bienvenue chez les Bretons ! est une ode joyeuse à la Bretagne, idéale pour ceux qui souhaitent découvrir ou redécouvrir cette région sous un angle ludique et authentique. 


Thalès de Milet – Les aventures virtuelles de Zia et Léo

Bande dessinée publiée en 2015 aux éditions Ellipses.


couverture bd Thalès de Milet - Les aventures virtuelles de Zia et Léo

Zia a une recherche à faire sur Thalès de Milet. En cliquant sur un lien qui propose des rencontres virtuelles, son frère et elle se retrouvent à Milet, à l’époque de Thalès.

Ils accompagneront celui-ci dans un voyage qui les mènera à Delphes pour consulter un oracle, puis en Égypte où Thalès est mis au défi de mesurer la Grande Pyramide.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Thalès de Milet – Les aventures virtuelles de Zia et Léo »

Dans Thalès de Milet – Les aventures virtuelles de Zia et Léo, nous livre une bande dessinée qui allie habilement pédagogie et divertissement.

Le récit nous plonge dans un voyage à travers le temps, où les jeunes Zia et Léo se retrouvent transportés dans l’Antiquité pour rencontrer le célèbre philosophe et mathématicien Thalès. Ce périple immersif, qui les conduit de Milet à Delphes et même jusqu’en Égypte, est l’occasion d’explorer des concepts historiques et mathématiques de manière ludique.

L’un des aspects les plus appréciables de cette œuvre est sa capacité à rendre accessibles des notions scientifiques complexes, comme la géométrie, à un jeune public. À travers des dialogues dynamiques et des situations intrigantes, André Ross parvient à captiver ses lecteurs tout en leur offrant une expérience d’apprentissage enrichissante. Les aventures des deux protagonistes sont ainsi autant d’opportunités pour découvrir la méthode de Thalès pour mesurer la Grande Pyramide ou comprendre le fonctionnement des oracles.

extrait bd Thalès de Milet - Les aventures virtuelles de Zia et Léo

Visuellement, la simplicité du dessin permet de focaliser l’attention sur l’intrigue et les concepts développés. Les illustrations, loin de saturer les pages de détails inutiles, accompagnent judicieusement le texte, facilitant la compréhension des plus jeunes.

Cette bande dessinée parvient à éveiller la curiosité intellectuelle des enfants tout en les divertissant. Elle incarne parfaitement le mariage entre science et fiction, rappelant que l’apprentissage peut être aussi passionnant que n’importe quelle aventure fantastique​

Charles de Gaulle – 1916-1921 – Le prisonnier

Album publié en 2015 aux éditions Bamboo.


Résumé éditeur

couverture bd Charles de Gaulle - 1916-1921 - Le prisonnier

Avant d’être le fondateur de la Résistance le 18 juin 1940 et le président de la République en 1958, le général de Gaulle a d’abord été un combattant de la Grande Guerre, un officier plein d’assurance et d’illusions.

Fait prisonnier sur le champ de bataille de Verdun en 1916, le capitaine de Gaulle tente à sept reprises de s’évader des forteresses allemandes.

Revivez le destin de cet homme hors du commun.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Charles de Gaulle – 1916-1921 – Le prisonnier »

La bande dessinée « Charles de Gaulle – 1916-1921 : Le prisonnier« , scénarisée par Jean-Yves Le Naour et illustrée par Claude Plumail, propose une plongée fascinante dans une période méconnue de la vie du futur général.

Loin des images traditionnelles de Charles de Gaulle, cette œuvre explore les années où, jeune capitaine, il est capturé lors de la bataille de Verdun et emprisonné en Allemagne.

Le Naour, historien réputé, réussit à allier rigueur historique et narration captivante. Il peint un portrait nuancé de de Gaulle, montrant un homme déterminé mais aussi arrogant, bien décidé à ne pas rester inactif derrière les barreaux. Ce portrait détonne et captive, offrant une nouvelle perspective sur cet homme avant qu’il ne devienne l’icône de la Résistance française.

extrait bd Charles de Gaulle - 1916-1921 - Le prisonnier

Le dessin de Claude Plumail, quant à lui, adopte un style classique qui sied bien au sujet. L’ensemble est agréable à l’œil et contribue efficacement à l’atmosphère générale du récit. Les couleurs d’Albertine Ralenti viennent rehausser le tout, apportant une certaine chaleur à des scènes qui auraient pu être austères.

L’ajout d’un cahier historique en fin d’album est un atout indéniable, permettant au lecteur de mieux comprendre le contexte et de prolonger l’expérience de lecture.


Le Monde perdu – Tome 2

Album publié en 2015 aux éditions Soleil.


Résumé éditeur

Adapté du roman d’Arthur Conan Doyle publié en octobre 1912.

couverture bd Le Monde perdu - Tome 2

Il n’y a pas de mots pour décrire ce qui s’offre enfin à nos yeux !
L’expédition du professeur Challenger continue son périple en Amazonie et c’est complètement éberlué que tous découvrent enfin les dinosaures tant espérés.
Leur long voyage n’aura pas été vain !
Alors que certaines espèces sont inoffensives et herbivores d’autres sont beaucoup plus hostiles aux humains et l’équipe manque même de se faire dévorer. Comme Summerlee préconise de rebrousser chemin et de revenir avec plus d’hommes et surtout plus d’armes, Challenger s’y refuse soutenu par ses compagnons.
Mais le danger n’est pas seulement dû aux créatures, la nuit alors que de terrifiants cris retentissent, des silhouettes observent le campement…

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Monde perdu – Tome 2 »

Adaptation libre du roman éponyme de Sir Arthur Conan Doyle, cet opus entraîne les lecteurs dans les profondeurs de l’Amazonie où survivent des espèces préhistoriques. Le scénario de Christophe Bec exploite habilement le mélange entre quête scientifique et dangers primitifs, renforcé par des rebondissements qui « mettent le lecteur sur ses gardes au moindre changement de page ». L’équipe d’explorateurs menée par le professeur Challenger affronte dinosaures et autres menaces avec une intensité dramatique bien dosée.

Le duo d’artistes italiens Faina et Salvatori livre des planches spectaculaires, où les créatures préhistoriques fond froid dans le dos tout en restant crédibles scientifiquement. Leur collaboration avec le coloriste Andrea Scoppetta crée des ambiances visuelles contrastées entre luxuriance de la jungle et terreur des confrontations – qui servent parfaitement le récit. La précision des détails anatomiques et des paysages témoigne d’une recherche documentaire solide.

couverture bd Le Monde perdu - Tome 2

Le tome 2 accentue la tension narrative grâce à un découpage cinématographique, alternant scènes d’action frénétiques et moments de suspense contemplatifs. La BD soulève aussi une réflexion subtile sur l’évolution de la civilisation et la disparition d’espèces, thème résonnant avec les enjeux écologiques contemporains.

Avec ce second volet, la série confirme son statut de référence dans le registre de l’aventure archéologique. Les amateurs de récit palpitant et d’esthétique soignée y trouveront leur compte, tandis que les références à Conan Doyle séduiront les puristes. Nous attendons maintenant le tome 3 avec impatience !


La Seconde Guerre mondiale racontée aux enfants – Tome 1

Album publié en 2015 aux éditions du Triomphe.


Résumé éditeur

couverture bd La Seconde Guerre mondiale racontée aux enfants - Tome 1

À la suite du très bon accueil de La Grande Guerre racontée aux enfants qui correspondait à une vraie attente de la part de nos jeunes lecteurs et de leurs parents, nous retrouvons ici Guy Lehideux et Christian Goux pour la mise en images du 2e conflit mondial.

Celui-ci est toujours abondamment évoqué dans les médias et l’actualité et il fallait répondre de façon simple mais non simpliste aux questions des plus jeunes.  

Martin est revenu dans son village du sud-ouest. Tout ce qu’il a vécu durant la Grande Guerre l’a bouleversé et il essaie de transmettre à ses trois enfants le souci de la paix. Mais tout le monde a trop confiance : en la Société des Nations censée garantir la paix, dans le traité de Versailles qui a humilié le vaincu sans l’empêcher de reconstruire son armée, dans la ligne Maginot, inadaptée aux nouvelles techniques de guerre. Martin voit avec désolation ses deux fils partir pour le front, comme lui auparavant.

En 1942, la France est battue, occupée par les Allemands, le conflit s’étend sur toute la terre, l’espoir semble un mot perdu pour longtemps. Étant données l’ampleur du conflit et la complexité des enjeux, ce récit est prévu en 2 tomes. Ce premier volume commence au traité de Versailles, explique les années folles, la crise de 29, la montée des nationalismes, autant de causes pour expliquer l’avènement de Hitler et le début de la guerre.
Ce premier volume s’achève par l’attaque de Pearl Harbor qui marque la mondialisation totale du conflit en 1942. Guy Lehideux rend la lecture attrayante par de nombreux dialogues et cartes et Christian Goux par sa ligne claire aux couleurs légères rend l’image facilement mémorisable par les plus jeunes.  
Cette BD est le troisième titre de la collection Vent de l’Histoire Junior destinée à raconter en BD les pages les plus importantes de l’Histoire aux 8-11 ans tout en respectant leur niveau de connaissances historiques et leur sensibilité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Seconde Guerre mondiale racontée aux enfants – Tome 1 »

Dans La Seconde Guerre mondiale racontée aux enfants – Tome 1, Guy Lehideux parvient à initier les jeunes lecteurs à une période complexe de l’Histoire. Ce premier volume, magnifiquement illustré par Christian Goux, retrace les événements depuis la fin de la Première Guerre mondiale jusqu’à l’attaque de Pearl Harbor en 1941.

Loin de se limiter à un simple récit chronologique, l’œuvre met en lumière des aspects peu évoqués, comme la vie quotidienne des civils ou l’impact du conflit sur les animaux, ce qui enrichit l’expérience de lecture pour les jeunes publics. Les dialogues naturels et les personnages attachants permettent d’éviter toute aridité, tout en captant l’attention des lecteurs à partir de 10 ans.

Le graphisme, inspiré de la ligne claire d’Hergé, simplifie la complexité de la narration, rendant chaque événement plus facile à comprendre. Les cartes géographiques intégrées apportent une véritable plus-value didactique en illustrant les mouvements militaires et les transformations territoriales.

Guy Lehideux, dont la maîtrise du genre historique est indéniable, propose ici un récit captivant qui ne tombe jamais dans la simplification outrancière. En effet, tout en restant accessible aux jeunes, ce premier tome offre une véritable introduction au contexte géopolitique de l’époque, apte à susciter chez ses lecteurs un intérêt durable pour l’Histoire.

Cette bande dessinée s’impose comme une réussite, offrant une lecture fluide et instructive qui laisse présager un second tome tout aussi passionnant.


Suite Française – Tempête en juin

Bande dessinée publiée en 2015 aux éditions Denoël.


D’après le roman de Irène Némirovsky publié le avril 2004.

Une décennie après le triomphe mondial de Suite française, roman miraculeusement réchappé de l’oubli, prix Renaudot 2004, Emmanuel Moynot s’empare du premier volet du diptyque, Tempête en juin.

Sous sa plume acérée, le classique d’Irène Némirovsky trouve sa dimension visuelle. Comme dans un film de Renoir ou d’Altman, les personnages, les trajectoires, les destinées se heurtent et s’emmêlent sur les routes de l’Exode de juin 1940, traçant le portrait de ces heures noires où il a semblé que la donne sociale, morale, nationale se rebattait intégralement.

Les figures inoubliables qui peuplent les pages de Némirovsky prennent corps. On retrouve comme si on les avait toujours connus le banquier Corbin, le gentil couple Michaud, la tribu des Péricand, l’infortuné abbé Philippe, la frivole Arlette Corail, le sinistre Corte et sa maîtresse écervelée, tous les autres, les perdants, les affreux, les purs et les morts de cette débâcle française.

Et l’on découvre au passage que l’auteur de David Golder – dont on connait la passion pour la narration cinématographique – aurait fait une grande scénariste.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Suite Française – Tempête en juin »

Dans Suite Française : Tempête en juin, Emmanuel Moynot réalise une adaptation graphique du roman d’Irène Némirovsky qui transcende le simple exercice de style.

En s’emparant de ce texte poignant, Moynot parvient à offrir une lecture visuelle à la fois fidèle et inventive, capturant avec acuité la complexité des personnages et la noirceur de l’époque. Son trait, à la fois précis et évocateur, mêle habilement élégance et profondeur, donnant vie aux nuances émotionnelles qui traversent l’œuvre.

Le contraste entre la sobriété des lavis noir et blanc et l’intensité des scènes dépeintes renforce le sentiment d’une tragédie inévitable. On soulignera la justesse de l’adaptation, où chaque case semble résonner avec la même force que les mots d’origine. Moynot ne se contente pas de transposer une histoire; il l’habite, offrant aux lecteurs une expérience immersive qui rend hommage à l’œuvre originale tout en affirmant sa propre identité artistique.

Cet album s’impose ainsi comme une œuvre marquante, témoignant de la capacité de la bande dessinée à rivaliser avec la littérature pour raconter les drames les plus profonds de l’humanité. Un véritable tour de force, à la fois visuel et narratif.

J’ai tué – François-Ferdinand, Archiduc d’Autriche

Album publié en 2015 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

D’un geste, il a fait basculer le monde dans l’horreur.

couverture bd J'ai tué - François-Ferdinand, Archiduc d'Autriche

En ce début d’année 1914, l’Europe est au bord de l’explosion. À tout moment, les deux blocs antagonistes, Triple Alliance contre Triple Entente, peuvent entrer en conflit.

Dès les années 1912-1913, la région des Balkans se transforme en véritable poudrière. Lycéen pauvre et tuberculeux, Gavrilo Princip souhaite libérer les Serbes de Bosnie soumis à l’oppression autrichienne.

Accompagné par deux compagnons aussi exaltés que lui, Gavrilo décide d’aller assassiner l’Héritier du trône Austro-Hongrois lors de sa visite à Sarajevo.

Parti de Belgrade, le périple de ces trois pieds nickelés est un incroyable concours de circonstances. Nul n’aurait pu prévoir, et Gavrilo moins que quiconque, que par son geste, il allait faire basculer l’Europe dans la première Guerre Mondiale.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « J’ai tué – François-Ferdinand, Archiduc d’Autriche »

La bande dessinée « J’ai tué – François-Ferdinand, Archiduc d’Autriche«  de Michaël Le Galli et Héloret s’inscrit dans une collection ambitieuse dédiée aux figures historiques dont les actes ont bouleversé le cours de l’Histoire.

Ce tome, centré sur Gavrilo Princip et l’assassinat de l’héritier du trône austro-hongrois, se distingue par une approche minutieuse mais quelque peu distante.

Le scénario de Le Galli s’efforce de retracer avec fidélité les événements qui ont conduit à ce meurtre historique. Cependant, cette rigueur factuelle semble parfois se faire au détriment de l’engagement émotionnel du lecteur. Gavrilo Princip, malgré son rôle central, reste une figure énigmatique, dépeinte de manière trop lisse pour susciter une véritable empathie ou compréhension.

extrait bd J'ai tué - François-Ferdinand, Archiduc d'Autriche

Le dessin de Héloret, d’une grande précision, offre un cadre visuel agréable mais peut-être trop sage pour le contexte dramatique qu’il illustre. Les paysages bosniaques, rendus à l’aquarelle, contrastent avec la gravité du sujet, créant une distance qui empêche l’immersion complète.

Cette bande dessinée, si elle séduit par son approche didactique et son refus de tout manichéisme, laisse néanmoins un sentiment d’inachevé. Le choix d’une narration très factuelle, alliée à un graphisme académique, en fait un ouvrage qui plaira aux amateurs d’Histoire.

Une œuvre intéressante mais qui manque d’un supplément d’âme pour véritablement marquer les esprits.