Étiquette : Auteur bd : Cécile

La Guerre des Boutons

Bande dessinée publiée en 2012 aux éditions Vents d’Ouest.


D’après le roman de Louis Pergaud publié en 1912.

couverture  La Guerre bddes Boutons

Des jeux à prendre très au sérieux !

La campagne française, à la fin du XIXe siècle. Comme à chaque rentrée scolaire, entre les deux villages voisins de Longeverne et Velrans, c’est la guerre…
Une guerre terrible, menée par les valeureux Lebrac et l’Aztec du Gué et émaillée de tactiques inédites comme la bagarre tout nu !
En effet, la suprême humiliation des vaincus étant de voir leurs boutons de culotte pillés par les vainqueurs, les courageux soldats sont prêts à tout pour sauvegarder leur honneur…

Ce roman de Louis Pergaud publié en 1912 est l’un des plus célèbres récits d’enfance de la littérature. Il fleure bon l’amitié indéfectible, les bobos sur les genoux et l’encre des porte-plume d’écolier !
En voici une adaptation toute en rondeur, enfantine et potache !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre des boutons »

Christophe Lemoine adapte le roman que Louis Pergaud a publié en 1912, dessiné par Cécile Brosseau et mis en couleurs par Kaori. Entre Longeverne et Velrans, deux villages de campagne, la guerre reprend à chaque rentrée scolaire. Les armées ont dix ans, leurs chefs s’appellent Lebrac et l’Aztec, et le butin consiste à découdre les boutons de culotte des prisonniers, humiliation dont personne ne se relève avant le soir, quand il faut rentrer à la maison tenir son pantalon.

L’adaptation évite le principal piège du roman, cette légende de douce France rurale que le temps a plaquée sur lui. Christophe Lemoine garde la rivalité pour ce qu’elle est, une querelle de clocher héritée des adultes et rejouée par les enfants avec un sérieux militaire. Il conserve aussi le point de vue des gamins, leur langue crue, leurs conseils de guerre et leur organisation. La réduction du roman en quarante-huit pages fait perdre des digressions, mais l’essentiel tient : la peur du père, la solidarité de bande, la cruauté sans méchanceté qui appartient à cet âge.

extrait bd La Guerre des Boutons - éditions Vents d Ouest

Le trait de Cécile Brosseau est rond, doux, tourné vers l’enfance, et c’est ce décalage qui fonctionne. Des visages aussi aimables rendent plus sensibles les genoux écorchés, les gifles et les représailles. Kaori installe des couleurs pastel qui vont dans le même sens, celui d’un souvenir plutôt que d’un reportage.

À conseiller à partir de neuf ou dix ans, aux lecteurs qui ne connaissent le titre que par les films,.


Poil de Carotte (Glénat)

Bande dessinée publiée en 2014 aux éditions Vent d’Ouest (Glénat).


D’après le roman de Jules Renard publié en 1894.

« Tout le monde ne peut pas être orphelin… »

François est le petit dernier de la famille Lepic. Mais tout le monde l’appelle « Poil de carotte » à cause de ses cheveux roux et de ses taches de rousseur.

Mal-aimé, il subit sans arrêt les reproches de sa mère et l’indifférence de son père et de ses frères et sœurs.

On lui confie toujours les tâches les plus ingrates : aller fermer la porte du poulailler en pleine nuit ou encore achever les perdrix que son père a chassées.

Pour lutter contre les humiliations du quotidien et braver le monde injuste des adultes, notre brave Poil de carotte va devoir se montrer rusé.

Christophe Lemoine s’allie au trait léger et sensible de Cécile pour adapter en bande dessinée le chef-d’œuvre de Jules Renard, l’occasion pour les plus jeunes de découvrir ce classique de la littérature pétri d’humanité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Poil de Carotte »

La bande dessinée « Poil de Carotte« , adaptation par Christophe Lemoine et Cécile du roman de Jules Renard, se dresse comme un pont audacieux entre classicisme et modernité, entre fidélité et innovation. La tâche n’était pas aisée : transposer en dessins un récit dont la puissance réside dans l’acuité des mots, dans la peinture sans concession d’une enfance meurtrie par l’incompréhension et la cruauté maternelle.

Lemoine, par son scénario, et Cécile, par son trait, ne se contentent pas de raconter : ils réinventent. Leur « Poil de Carotte » est une œuvre qui, en dépit de quelques libertés prises avec la lettre du texte source, reste profondément fidèle à son esprit. Les nuances de la souffrance de François, surnommé Poil de Carotte pour sa chevelure flamboyante et sa différence flagrante, sont esquissées avec une sensibilité qui rend hommage au matériau d’origine tout en le rendant accessible à un public contemporain, peut-être moins enclin à la lecture d’un classique du XIXe siècle.

Le dessin, à la fois léger et expressif, souligne avec justesse la dichotomie entre la légèreté apparente de l’enfance et le poids écrasant du rejet. La critique pourrait néanmoins émerger de certains choix artistiques : la représentation de la mère, moins sévère et acérée que celle dépeinte par Renard, ou encore une ambiance estivale qui semble par moments édulcorer les épreuves de notre jeune héros.

Il est vrai que l’adaptation d’une œuvre littéraire en bande dessinée est un exercice de funambule, oscillant entre deux mondes : celui de la fidélité absolue au texte et celui de la liberté créatrice. Dans ce cas précis, il est à noter que si l’essence tragique de l’œuvre de Renard est par moments atténuée, l’esprit de résilience et d’ingéniosité de Poil de Carotte est magnifié.

Cette bande dessinée est un hommage qui sait se tenir à la croisée des chemins : respectueux sans être servile, créatif sans être traître. C’est une invitation à redécouvrir Renard à travers une perspective nouvelle, à voir au-delà de la tristesse de Poil de Carotte, la beauté d’une histoire intemporelle sur la différence, l’adversité et la force indomptable de l’esprit humain.

Jacquou le Croquant

Bande dessinée publiée en 2015 aux éditions Glénat.


D’après le roman d’Eugène Le Roy publié le 15 mars 1899 (titre original : La Forêt Barade).

Un symbole intemporel de la lutte contre les injustices

couverture bd Jacquou le Croquant

En 1815, Jacquou naît à Comberges, pauvre métairie dépendante du château de l’Herm. Son père, qui travaille pour le comte de Nansac, meurt au bagne, condamné pour un meurtre qu’il n’a pas commis.

En exil, sa mère succombe à son tour des suites d’une existence trop rude. À l’âge de neuf ans, Jacquou devient orphelin.

Seul au monde, il erre de village en village jusqu’à être recueilli par le curé de Fanlac. Grâce à lui, Jacquou s’en sortira, mais il n’oubliera jamais le sort de ses parents.

En grandissant, il apprendra à transformer son désir de vengeance en un combat contre les injustices et à faire payer le cynique comte de Nansac.

Dans la lignée de La Guerre des boutons et de Poil de carotte, Christophe Lemoine et Cécile entreprennent d’adapter un nouveau classique de la littérature française afin de le faire découvrir aux plus jeunes.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Jacquou le Croquant »

Dans les méandres du Périgord du XIXe siècle, « Jacquou le Croquant » émerge comme une œuvre graphique remarquable qui porte la patte délicate et pourtant expressive de Cécile. L’adaptation par Christophe Lemoine et Cécile du roman d’Eugène Le Roy, bien que destinée à un public jeune, ne manque pas de susciter l’intérêt des adultes par son écho vibrant aux luttes sociales intemporelles.

L’album s’ouvre sur des paysages dessinés avec une tendresse presque tangible, où le trait rond et généreux de Cécile invite à l’empathie. La colorisation de Mariacristina Federico apporte une profondeur sensorielle aux pages, établissant des atmosphères qui oscillent entre la douceur des souvenirs et la rugosité des injustices sociales.

extrait bd Jacquou le Croquant

Cependant, cette douceur visuelle contraste par moments avec la rudesse des événements narrés, créant un décalage presque poétique qui pourrait déconcerter le lecteur en quête de cohérence stylistique.

Le scénario de Lemoine fait preuve d’une fidélité louable à l’œuvre originale tout en l’adaptant avec sensibilité pour un lectorat moderne. La quête de justice de Jacquou est présentée non pas comme une vendetta personnelle, mais comme un élan vers l’équité, un thème universel qui résonne encore aujourd’hui. Cette transposition d’une lutte historique en une forme accessible aux jeunes générations est l’une des forces majeures de cette adaptation.

« Jacquou le Croquant » est une œuvre qui mérite l’attention pour son traitement graphique et narratif des thèmes de la justice et de la résilience. L’ensemble forme une bande dessinée chaleureuse et engageante, reflet d’une époque révolue mais dont les échos résonnent encore dans notre conscience collective.