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Horla 2.0

Bande dessiné dessinée publiée en 2018 aux éditions Emmanuel Proust Éditions


Adapté librement du roman de Guy de Maupassant publié en 1886.

couverture bd Horla 2.0

K. est un homme à tête de lapin. Concepteur d’un logiciel innovant de réalité augmentée, il est chargé de déployer son programme en Lointaine Province.

Cette simple formalité se transforme en épreuve de force lorsque, gagné par la fatigue, il assiste impuissant à la déliquescence de son travail.

Physiquement atteint et moralement perturbé, K. trouve réconfort dans une curieuse ruelle abandonnée du quartier haut de la ville. Au grès de ses balades urbaines il croisera trois femmes, deux chats et un renard apprivoisé. Rencontres fortuites fruit du hasard ou habile tricotage d’un scénario fantasque ?

C’est dans les limbes de ses cauchemars que K. trouvera la réponse. Librement adapté de la nouvelle de Maupassant, HORLÀ 2.0 est un récit fantastique qui explore le bien-fondé de notre réalité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Horla 2.0 »

Horla 2.0 de Serge Annequin est une bande dessinée qui parvient à redéfinir les frontières du fantastique en mariant avec habileté le récit classique de Maupassant avec les théories modernes de la physique quantique.

Cette œuvre se distingue non seulement par son originalité narrative, mais aussi par la richesse de ses références littéraires et culturelles, créant une expérience de lecture à la fois stimulante.

Le protagoniste, un homme à tête de lapin nommé K., évolue dans un univers où les règles du réel semblent constamment remises en question. Serge Annequin excelle dans l’art de brouiller les repères du lecteur, le plongeant dans un monde où la technologie, la métaphysique et le fantastique coexistent en harmonie.

L’intrigue, bien que complexe, est portée par une écriture fluide et des dialogues percutants, qui parviennent à rendre accessibles des concepts aussi ardus que la superposition quantique ou le paradoxe du chat de Schrödinger.

extrait bd Horla 2.0

Graphiquement, le style de Serge Annequin, faussement naïf, est en réalité d’une précision redoutable, chaque détail ayant son importance. Ce choix stylistique contribue à instaurer une atmosphère à la fois poétique et inquiétante, en parfaite adéquation avec le propos de l’album.

Horla 2.0 n’est pas seulement une relecture du classique de Maupassant, mais une véritable œuvre d’art qui invite à une réflexion profonde sur la nature de la réalité et sur notre relation à la technologie.

L’Homme qui rit

Bande dessinée publiée en 2000 aux éditions Glénat.


D’après le roman de Victor Hugo publié en avril 1869.

couverture bd L'Homme qui rit

Tout le monde connaît Victor Hugo et sa capacité à créer des univers où le sordide côtoie le sublime. Mais tout le monde ne connaît pas encore Fernando De Felipe ; cela ne devrait plus tarder.


Après deux séries très remarquées par les lecteurs de BD (Museum et Black Deker), la publication de cette très libre adaptation de L’Homme qui rit devrait convaincre les derniers sceptiques de l’incommensurable talent de cet artiste.


Son trait vivant et fluide et ses couleurs audacieuses font de ce directeur artistique de l’université de Barcelone l’un des plus intéressants auteurs espagnols du moment.
Mélangeant les techniques et les styles avec l’originalité qui le caractérise, De Felipe pousse encore plus loin les limites de la BD dans cet album envoûtant et sombre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Homme qui rit »

Dans sa bande dessinée L’Homme qui rit, Fernando de Felipe revisite l’œuvre de Victor Hugo avec une vision résolument sombre et déstabilisante.

Cet album distille une atmosphère oppressante à travers des illustrations frappantes et un récit condensé. De Felipe se concentre sur l’aspect grotesque de l’histoire, accentuant la tragédie du personnage principal, Gwynplaine, dont le rire figé devient une métaphore poignante de la condition humaine et de l’injustice sociale.

Les choix artistiques de l’auteur, notamment son style graphique marqué par des contrastes intenses et des visages déformés, créent une tension constante. Ce parti pris peut cependant diviser. On peut y voir une adaptation fidèle à l’esprit du roman, ou alors regretter la simplification inévitable des thèmes profonds d’Hugo.

L’Homme qui rit de De Felipe se présente non seulement comme une interprétation graphique de qualité, mais aussi comme une réflexion moderne sur les inégalités et le destin, qui résonne encore aujourd’hui.

Cette bande dessinée est un tour de force qui mérite d’être découverte, tant pour son approche artistique que pour la réinvention du classique littéraire d’Hugo qu’elle propose.

Piège Nuptial

Bande dessinée publiée en 2012 aux éditions Casterman.


Adapté du roman de Douglas Kennedy publié le 21 juillet 1994.

couverture bd Piège Nuptial

Le Bestseller de Douglas Kennedy enfin en BD !

Parti au hasard du bush australien où il fait un break entre deux boulots, un jeune Américain, Nick, noue une liaison qu’il pense sans lendemain avec Angie, une auto-stoppeuse ramassée sur la route.

Mais l’histoire prend un tour très inattendu. Drogué à son insu par Angie, Nick reprend connaissance à Wollanup, une localité qui ne figure même pas sur les cartes, en plein cœur du désert.

Devenu contre son gré le « mari » d’Angie, Nick va faire connaissance avec sa nouvelle famille : une communauté humaine fruste, violente et dégénérée, dont les chefs de famille défendent à quiconque de quitter le groupe, sous peine de mort…

Dépouillé de son passeport et de son argent, placé sous une surveillance constante, Nick ne pense plus qu’à s’enfuir. Mais comment s’échapper de cet enfer ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Piège Nuptial »

Dans « Piège Nuptial », Christian De Metter parvient à capturer l’intensité narrative du roman de Douglas Kennedy en transformant cette œuvre littéraire en une bande dessinée remarquable.

De Metter, déjà reconnu pour son talent d’adaptateur, crée ici un thriller visuellement oppressant où chaque case est soigneusement pensée pour immerger le lecteur dans un univers où la tension est palpable à chaque instant.

L’histoire, qui suit les mésaventures d’un journaliste américain piégé dans le désert australien, se déploie avec une fluidité narrative qui témoigne de la maîtrise de l’auteur dans l’art de la bande dessinée.

Les illustrations, dominées par des tons sombres et des contrastes saisissants, renforcent le sentiment de claustrophobie et d’inquiétude qui traverse le récit. De Metter utilise habilement l’aquarelle pour créer des ambiances qui oscillent entre le rêve et le cauchemar, rendant la descente aux enfers du protagoniste d’autant plus immersive.

Le point fort de cette œuvre réside dans son atmosphère anxiogène et sa capacité à maintenir le lecteur en haleine du début à la fin. « Piège Nuptial » est un exemple brillant de la manière dont une bande dessinée peut non seulement adapter mais sublimer une œuvre littéraire.

Un incontournable pour les amateurs de thrillers psychologiques, d’adaptations visuelles réussies​ et les fans de Douglas Kennedy.

Le Portrait de Dorian Gray

Album publié en 2008 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre d’Oscar Wilde publiée en 1890.

couverture bd Le Portrait de Dorian Gray

Dorian Gray est un jeune dandy d’une rare beauté.

L’un de ses amis et peintre, Basil Hallward, décide de faire son portrait et, fasciné par ce modèle, il parvient au paroxysme de son art. Dorian Gray, lui-même, tombe amoureux de son propre reflet.

Il fait ainsi le voeu de conserver l’éclat de sa jeunesse, et le portrait accuse l’outrage du temps à sa place.

Mais la perpétuelle quête de la beauté l’amène à regretter amèrement ce pacte narcissique.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Portrait de Dorian Gray »

Stanislas Gros propose une brillante adaptation en bande dessinée du classique d’Oscar Wilde, « Le Portrait de Dorian Gray« .

Fidèle à l’œuvre originale, Gros réussit à capturer l’essence du roman tout en offrant une nouvelle dimension visuelle à cette histoire intemporelle. Ses illustrations détaillées et élégantes transportent le lecteur dans l’univers victorien, ajoutant une profondeur supplémentaire aux thèmes de la beauté, de la jeunesse et de la corruption morale.

extrait bd Le Portrait de Dorian Gray

L’ironie mordante et le sarcasme de Wilde sont habilement retranscrits, rendant hommage à l’esprit de l’auteur tout en rendant l’histoire accessible à un nouveau public. Les personnages, notamment Dorian et Basil, sont superbement incarnés, leurs émotions et transformations habilement représentées à travers le dessin précis et expressif de Gros​.

Cette adaptation graphique offre une nouvelle lecture fascinante du mythe de Dorian Gray. En préservant la profondeur philosophique et esthétique du texte original, Gros réussit le pari de séduire aussi bien les amateurs de littérature que les passionnés de bandes dessinées.

« Le Portrait de Dorian Gray » par Stanislas Gros est une œuvre qui enrichit le patrimoine de la bande dessinée française

Scrooge, Un chant de Noël

Albums publiés en 2014 aux éditions Ecole Des Loisirs.


Résumé éditeur

L’adaptation du célèbre conte de Charles Dickens publiée le 19 décembre 1843.

Londres, un 24 décembre 18…

Toute la ville s’apprête à fêter Noël… sauf Ebenezer Scrooge, un prêteur sur gages connu pour son avarice et son coeur de pierre.

Le vieil homme tyrannise Bob, son employé, méprise son neveu et ignore la misère qui l’environne. Mais pour Scrooge, cette nuit de Noël ne ressemblera à aucune autre. Le fantôme de Marley, son ancien associé mort sept ans plus tôt, vient le visiter.

Condamné à errer jusqu’à la fin des temps pour expier son avarice et sa dureté de coeur, Marley le prévient : « Si tu continues comme ça, Ebenezer, c’est aussi l’enfer qui t’attend !  »

Scrooge et le fantôme de Marley vont alors passer cette nuit de Noël à errer dans la ville, ils vont se replonger dans le passé d’Ebenezer et se projeter dans les années à venir. Effaré, Scrooge réalise que, s’il n’aime personne, personne ne l’aime non plus et que nul ne le regrettera. À son réveil, Scrooge ne sait plus s’il a ou non rêvé. Ce qu’il sait en revanche, c’est qu’il doit changer de vie ! Et vite !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Scrooge, Un chant de Noël »

« Scrooge, Un chant de Noël« , adapté par Rodolphe et magnifiquement illustré par Estelle Meyrand, s’inscrit dans la lignée des réinterprétations contemporaines du célèbre conte de Dickens. Loin d’être une simple transposition, cette bande dessinée capte l’attention par son ambiance visuelle saisissante et son récit poignant, fidèle aux valeurs morales intemporelles que véhicule l’œuvre originale.

Rodolphe réussit avec brio à rendre accessible aux jeunes lecteurs l’histoire du vieil usurier aigri, Ebenezer Scrooge, qui, la veille de Noël, se retrouve confronté à ses fautes passées, présentes et futures, grâce aux interventions de spectres inquiétants. Le scénario, tout en respectant la structure narrative de Dickens, adopte un rythme adapté à un public moderne, où chaque planche participe à l’évolution psychologique du personnage principal.

extrait bd Scrooge, Un chant de Noël

Les illustrations d’Estelle Meyrand apportent une touche de poésie et de mystère, renforçant le contraste entre la froideur du monde de Scrooge et la chaleur que ce dernier découvre au fil du récit. Les choix esthétiques, tels que l’usage de couleurs douces et de textures riches, contribuent à ancrer l’histoire dans une atmosphère à la fois onirique et nostalgique.

Cette bande dessinée est un petit bijou, aussi esthétique que moralement enrichissant, qui résonnera longtemps après la dernière page tournée.

Les Chambres du cerveau

Album publié en 2008 aux éditions Actes Sud.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle « Markheim » de Robert Louis Stevenson publiée en décembre 1885.

couverture bd Les Chambres du cerveau

Comme dans un mauvais rêve où il viendrait de commettre un crime crapuleux, Markheim se trouve submergée par les tourments de son existence.
Laurent Maffre adapte avec maestria la nouvelle «Markheim» de R.L. Stevenson qui annonce «L’étrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde.»
Je m’étais longtemps efforcé d’écrire une histoire sur ce sujet, de trouver un corps, un véhicule pour ce puissant sentiment de dualité humaine qui, par instants, assaille et terrasse fatalement l’esprit de toute créature pensante”. R.L. Stevenson

Laurent Maffre enseigne les arts-appliqués à Paris. Il a publié une adaptation, sélectionnée à Angoulême en 2007, de «L’Homme qui s’évada » d’Albert Londres.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Chambres du cerveau »

« Les Chambres du cerveau » de Laurent Maffre est une œuvre qui impressionne par sa profondeur et sa noirceur. Adaptée de la nouvelle « Markheim » de Robert Louis Stevenson, cette bande dessinée explore les thèmes de la dualité humaine et de la folie avec une maîtrise remarquable.

Le récit débute par l’entrée de Markheim chez un antiquaire, avec une intention apparente d’acheter un cadeau de Noël. Cependant, les événements prennent rapidement une tournure sinistre, plongeant le lecteur dans un huis clos oppressant. Les dialogues entre Markheim et son ombre, qui représente ses propres démons intérieurs, ajoutent une dimension psychologique intense à l’intrigue​​.

extrait bd Les Chambres du cerveau

L’originalité de cette bande dessinée réside non seulement dans son sujet, mais aussi dans son format. Avec des dimensions de 25×36 cm, Maffre utilise pleinement l’espace pour créer des compositions visuellement frappantes. Les planches, dominées par des tons sombres, évoquent une atmosphère pesante où le noir et le blanc jouent un rôle crucial. Le dessin charbonneux renforce le sentiment d’angoisse et de paranoïa qui habite le personnage principal​​.

Maffre démontre une habileté particulière dans le découpage de ses planches, variant les formats pour intensifier les moments clés du récit. Les références subtiles à la peinture, à la littérature et au cinéma enrichissent la lecture, offrant plusieurs niveaux d’interprétation aux lecteurs avertis​​.

« Les Chambres du cerveau » est bien plus qu’une simple adaptation; c’est une exploration artistique et narrative des recoins les plus sombres de l’esprit humain. Par son approche innovante et sa profondeur thématique, Laurent Maffre confirme que la bande dessinée peut être un médium puissant pour traiter des sujets complexes et introspectifs.

Une œuvre incontournable pour les amateurs de bandes dessinées et de littérature classique.

Divine Comédie

Album publié aux éditions Soleil en 2021.


Adapté de l’œuvre de Dante Alighieri composée en 1303 et 1321.

Comprenez et appréciez la Divine Comédie de Dante, le premier chef-d’oeuvre de la littérature italienne, grâce au manga !

Brûlant d’un amour sans retour pour Béatrice, Dante perd toute volonté de vivre au décès de celle-ci.

Soudain, il s’aperçoit qu’il erre dans une bien sombre forêt.

Il y rencontre Virgile, le poète de la Rome Antique, et pour trouver sa voie, décide de voyager avec lui à travers les divers « royaumes de l’après-vie ».


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Divine Comédie »

L’adaptation manga de « La Divine Comédie » par Variety Artworks, éditée par Soleil, propose une interprétation visuellement frappante de l’épopée de Dante Alighieri. Cette initiative audacieuse vise à rendre ce chef-d’œuvre littéraire accessible à un public moderne, en particulier les adolescents et jeunes adultes.

L’œuvre respecte la trame originale : Dante, dévasté par la mort de Béatrice, est guidé par Virgile à travers l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis. Cette quête spirituelle et philosophique est riche en allégories et visions infernales, retranscrites avec une certaine fidélité qui ravira les amateurs de classiques littéraires​​.

Cependant, l’adaptation n’est pas exempte de critiques. Les illustrations sont inégales, certaines planches étant magnifiquement détaillées tandis que d’autres semblent moins travaillées, ce qui peut parfois briser l’immersion du lecteur​. Malgré ces fluctuations, le style artistique parvient souvent à capturer l’atmosphère dramatique et mystique du texte original.

Les simplifications nécessaires pour adapter ce poème complexe en format manga sont perceptibles, mais elles permettent de rendre l’œuvre plus abordable pour les néophytes. On peut noter que cette approche rend hommage à l’esprit de l’original tout en étant suffisamment accessible pour attirer un nouveau public​.

« La Divine Comédie » par Variety Artworks est une adaptation digne d’intérêt qui, malgré quelques imperfections visuelles, réussit à introduire un classique intemporel à une nouvelle génération.

C’est un pont réussi entre la grande littérature et la culture populaire contemporaine, offrant une porte d’entrée engageante dans l’univers riche et complexe de Dante.

Les Misérables

Albums publiés en 2017 aux Editions Soleil.


Adapté de l’œuvre de Victor Hugo (publiée pour la première fois en 1862).

couverture bd Les Misérables

Comprenez de grandes œuvres libératrices de la pensée humaine grâce aux mangas et découvrez avec plaisir les idées fondatrices de nos sociétés !

En mars prochain, les aventures de Jean Valjean, Javert, Thénardier, Cosette et Gavroche prendront une nouvelle forme dans ce récit complet en un volume.

Octobre 1815, Jean Valjean, après 19 années de bagne, revient en France, plein de rancune contre la société.

Mais une rencontre va changer sa vie et le transformer en homme de bien. Pourtant en ces années-là , il est difficile de fuir son passé…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Misérables »

L’adaptation manga de Les Misérables par le studio Variety Artworks, éditée par Soleil, relève le défi audacieux de condenser l’épopée littéraire de Victor Hugo en un volume de 192 pages. .

La narration conserve les principaux arcs dramatiques du roman : la rédemption de Jean Valjean, l’innocence de Cosette, et la quête implacable de justice de Javert. Bien que certains personnages secondaires, comme Éponine ou Gavroche, soient sous-représentés, les thèmes centraux – la lutte contre l’injustice sociale, la rédemption et le sacrifice – restent intacts. L’intrigue est fluide et cohérente, malgré quelques raccourcis nécessaires pour adapter l’histoire au format manga.

Le style visuel excelle dans la représentation des émotions des personnages. Les visages expressifs permettent aux lecteurs de ressentir pleinement les dilemmes moraux et les souffrances des protagonistes. Cependant, le tramage parfois grossier et les décors minimalistes peuvent limiter l’immersion dans l’univers du XIXe siècle français.

Cette adaptation est une réussite pour son objectif principal : rendre Les Misérables accessible à un jeune public ou à des novices du roman classique. Si elle ne remplace pas l’œuvre originale, elle constitue une introduction ludique et respectueuse qui pourrait inciter les lecteurs à découvrir le texte de Victor Hugo. Recommandée aux amateurs de manga curieux d’explorer un classique littéraire sous un angle inédit.

Cœur des ténèbres / Un avant-poste du progrès

Livre illustré publié en 2006 aux Editions Futuropolis.


Adapté du roman de Joseph Conrad (publié pour la première fois en 1899).

couverture bd Coeur des ténèbres - Un avant-poste du progrès

Dans Coeur des ténèbres, Conrad parle de la fin des grandes explorations et de l’avènement de la gestion capitaliste dans les colonies ; il parle de la supériorité technologique des Européens ; il parle de la distance entre l’idée colonialiste fondée sur le Progrès et la réalité des formes de la domination coloniale au Congo.

Tout cela constituait l’actualité coloniale de 1898. De cette actualité, Conrad ne tire aucune conséquence politique explicite. Coeur des ténèbres, de ce point de vue, n’est pas un pamphlet anticolonialiste.

Conrad n’y demande pas, pour l' »État indépendant du Congo », une véritable indépendance. Il n’y suppose pas que les Européens aient à reconnaître aux Africains une quelconque dignité.

La dignité des Africains est d’ailleurs ambiguë dans cette nouvelle. Paradoxalement, là résident sans doute la grandeur de Conrad et la puissante actualité de son texte.

Cœur des ténèbres parlait aux Européens de 1898 de ce que c’était que le Congo, et de ce qu’ils croyaient que c’était. Mais de cette double réalité Conrad a tiré une aventure de portée bien plus générale, peut-être universelle, d’une portée qui est, en tout cas, sans aucun doute, aujourd’hui encore, d’une immense valeur.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Cœur des ténèbres / Un avant-poste du progrès »

L’adaptation graphique de Cœur des ténèbres et Un avant-poste du progrès par Jean-Philippe Stassen et Sylvain Venayre transcende les frontières de la bande dessinée classique pour offrir une œuvre à la fois visuellement saisissante et narrativement profonde.
Inspirée des récits de Joseph Conrad, cette bande dessinée explore les thèmes de la colonisation, de l’avidité humaine et du désenchantement face au progrès.

Le style graphique de Jean-Philippe Stassen est remarquable : un trait noir épais délimite des surfaces intensément colorées, créant un équilibre entre esthétisme pictural et narration. Les personnages, stylisés mais expressifs, cohabitent harmonieusement avec des décors minutieusement travaillés.

extrait bd Cœur des ténèbres / Un avant-poste du progrès

Sur le plan narratif, Sylvain Venayre enrichit l’œuvre par une contextualisation historique et une analyse critique. Les choix scénaristiques, notamment l’utilisation de détails visuels subtils pour illustrer l’horreur (comme une chaussure ensanglantée flottant sur l’eau), traduisent avec finesse la violence implicite du texte original. De plus, l’absence d’une glorification explicite des personnages européens permet une lecture nuancée où les oppresseurs et les opprimés sont confrontés à leur humanité commune.

Cette bande dessinée s’adresse aux amateurs d’œuvres littéraires revisitées et aux lecteurs en quête d’une réflexion sur les méandres de l’histoire coloniale. Une réussite artistique et intellectuelle.

« Je n’ai pas oublié… » – Histoires de la Shoah par balles

Album publié en 2024 aux éditions du Rocher.


Résumé éditeur

couverture bd "Je n'ai pas oublié..." - Histoires de la Shoah par balles

« Il a vu les nazis, le massacre des juifs, les balles dans la nuque à bout portant, les enfants traînés comme des chiens, la fosse commune se remplir la terre bouger au-dessus des cadavres. »

Un journaliste part en Pologne avec une vingtaine d’étudiants sur les traces des derniers témoins de la Shoah par balles. Elle a causé la mort de près de deux millions de victimes pendant la Seconde Guerre mondiale.

Lorsque la nature a repris ses droits, qu’il ne subsiste aucune trace de ce qui s’est produit et que les archives font défaut, il ne reste plus que leurs récits.

Mais, à 90 ans passés, ces femmes et ces hommes sont sur le point d’emporter avec eux ce qu’ils ont vu de ces fusillades de masse alors qu’ils n’étaient que des enfants : l’horreur d’un génocide en Europe de l’Est.

Cet album, inspiré de faits réels, raconte ce moment d’histoire peu connu et propose une réflexion plus globale sur les discriminations et le racisme aujourd’hui.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « « Je n’ai pas oublié… » – Histoires de la Shoah par balles »

La bande dessinée « Je n’ai pas oublié… Histoires de la Shoah par balles« , réalisée par Christophe Girard et Pierre-Roland Saint-Dizier, constitue une œuvre poignante et essentielle.

Ce roman graphique aborde une facette moins connue de la Shoah : l’extermination par fusillade de près de deux millions de Juifs et de Roms dans les pays de l’Est, un sujet souvent éclipsé par les récits des camps de concentration et des chambres à gaz.

L’album retrace le voyage d’un journaliste et de jeunes étudiants en Pologne, à la rencontre des derniers témoins de ces massacres. Les récits des survivants, tous nonagénaires, sont poignants et dévoilent des souvenirs atroces de fusillades de masse et de fosses communes. Ces témoignages sont une véritable quête de mémoire, capturée avec une justesse émotionnelle remarquable.

extrait bd "Je n'ai pas oublié..." - Histoires de la Shoah par balles

Le dessin de Christophe Girard est un élément clé de cette œuvre. Il distingue le passé du présent avec des jeux de couleurs subtils : des teintes vives pour le voyage des étudiants, des monochromes pour les événements passés. Cette dichotomie visuelle renforce l’impact des récits, permettant une immersion totale sans tomber dans le voyeurisme.

Au-delà de la simple narration historique, « Je n’ai pas oublié… » soulève des questions cruciales sur la mémoire et la transmission. Comment la nouvelle génération peut-elle porter le fardeau de ces histoires ? La bande dessinée réussit à lier le passé au présent, soulignant les dangers persistants du racisme et des discriminations.

« Je n’ai pas oublié… » est une lecture incontournable, un hommage poignant aux victimes et un appel à la vigilance pour les générations futures.