20 000 lieues sous les mers

Album publié en 1980 aux éditions Nathan.


Adapté de l’œuvre de Jules Verne (publiée pour la première fois le 20 juin 1870).

couverture bd 20 000 lieues sous les mers

Après le Tour du monde en quatre-vingts jours et Michel Strogoff, parus dans la même collection, nous présentons à nos lecteurs une autre adaptation d’un très célèbre roman de Jules Verne : Vingt mille lieues sous les mers.

Ce livre, paru en 1870, est le deuxième volet d’une grande trilogie commencée en 1867 avec les Enfants du capitaine Grant et achevée par l’Île mystérieuse en 1875. On y retrouve certains personnages, l’énigmatique capitaine Nemo étant le trait d’union qui relie Vingt mille lieues sous les mers à l’Île mystérieuse.

Tous ces livres font partie des œuvres maîtresses de l’auteur. Dans celui-ci, le professeur Aronnax, son serviteur et le harponneur forment un trio inoubliable. Quant au capitaine Nemo, prince indien rebelle à la Grande-Bretagne, il est le prototype de l’anti-impérialiste idéaliste et rêveur. Jules Verne se plaît manifestement à brosser ce caractère dont la personnalité secrète sera dévoilée dans l’Île mystérieuse.
Outre ces personnages attachants et l’intérêt de l’intrigue, on remarque ici l’apparition d’un prodigieux véhicule qui se meut au fond des mers : c’est l’archétype du sous-marin, que Jules Verne appelle le Nautilus.

S’il fallait rappeler la popularité toujours vivante de Jules Verne, il suffirait de dire qu’en 1954, soit près de quatre-vingt-dix ans après la parution de Vingt mille lieues sous les mers, lorsque les États-Unis lancèrent le premier sous-marin atomique, ils l’appelèrent… le Nautilus, en hommage au grand écrivain français, qui fut un si génial visionnaire.


Rares sont les romans qui ont fait rêver de sous-marins des générations entières avant même que ceux-ci n’existent vraiment. Adapter en bande dessinée 20 000 lieues sous les mers, c’est se mesurer à l’un des récits les plus visuels de Jules Verne. Le dessinateur espagnol Ramón de la Fuente relève ce pari en signant l’adaptation et le dessin, condensant le voyage du Nautilus pour de jeunes lecteurs. On y retrouve le professeur Aronnax, son fidèle Conseil et le harponneur Ned Land, recueillis à bord du sous-marin de l’énigmatique capitaine Nemo, après avoir cru poursuivre un monstre marin.

Réduire à une soixantaine de planches un roman foisonnant, célèbre pour ses inventaires savants et ses longues descriptions, oblige à choisir : Ramón de la Fuente privilégie l’aventure et les grandes scènes qui ont fait la gloire du texte, l’apparition du Nautilus, les paysages engloutis, l’affrontement avec les créatures des profondeurs. Le fil de la vengeance de Nemo et sa part d’ombre mélancolique restent davantage en retrait, mais l’essentiel du merveilleux passe. C’est une porte d’entrée vers Jules Verne plus qu’un substitut à sa prose.

Le dessin réaliste de Ramón de la Fuente s’inscrit dans la tradition des classiques illustrés, soucieux de restituer les décors et les machines. Le Nautilus, ses hublots et ses fonds marins y trouvent une présence qui doit beaucoup à l’imagerie des gravures anciennes.

En condensant le voyage du Nautilus pour les plus jeunes, Ramón de la Fuente ouvre une porte d’entrée vers l’imaginaire de Jules Verne. BD difficile à trouver actuellement.


Les œuvres de Jules Verne en BD

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