La Guerre éternelle – Tome 3 – Major Mandella 2203/3177

Album publié en 1989 aux Editions Dupuis.


Adapté du roman « The Forever War« de Joe Haldeman publié pour la première fois en décembre 1974.

couverture bd Tome 3 Major Mandella 2203/3177

Promu major et à la tête de sa propre compagnie, William Mandella retrouve Marygay Potter qui vient de donner naissance à un fils, un enfant conçu dans un lointain passé qui nait au 32ème siècle.
Ensemble, ils sont affectés sur une planète reculée des confins de l’humanité, Middle Finger, un avant-poste stratégique que l’armée terrienne doit absolument défendre contre l’ennemi Tauran.

Mandella, maintenant âgé de 412 ans mais ayant l’apparence d’un homme dans la quarantaine, n’a pratiquement jamais vu les Taurans qu’il combat depuis un millénaire. Les technologies qu’il maîtrisait ne signifient plus rien, le fossé entre sa formation de physicien et le présent s’étend sur des millénaires, comme celui qui sépare Galilée d’Einstein. Le conflit spatial qui dure depuis 1143 ans s’est transformé en une guerre d’usure sans fin, une succession de batailles sanglantes dénuées de sens.

Dans ce dernier tome, Joe Haldeman et Marvano concentrent leurs efforts sur les véritables batailles spatiales, longues, meurtrières, et sans gloire aucune. La vision graphique reste aussi sombre et désolée. Mandella et Marygay sont désormais les seuls survivants de leur unité initiale. Leur amour, leur seul point d’ancrage, devient leur plus grande fragilité…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre éternelle – Tome 3 – Major Mandella »

Le dernier tome de cette trilogie Marvano/Joe Haldeman est une conclusion impitoyable. Mandella, maintenant major et commandant une compagnie entière, a 412 ans mais en paraît 40. ​

Ce qui frappe d’abord, c’est que Joe Haldeman concentre enfin l’action sur de véritables batailles spatiales. Pas de suspense héroïque : des massacres sanglants, répétitifs, dénués de sens. Les combattants tombent pour des planètes dont personne ne comprend l’utilité stratégique. Chaque victoire rapproche simplement les soldats de la victoire suivante, dans une boucle infinie. Mandella, seul survivant de sa première unité avec Marygay, découvre que l’amour, sa dernière ancre humaine, peut être transformé en arme contre lui par une dernière mutation du conflit.

extrait bd Tome 3 Major Mandella 2203/3177

Graphiquement, Marvano maintient son parti pris d’austérité visuelle. Les vaisseaux de guerre sont gris, les explosions sans éclat, les morts sans dignité. Ce refus de spectaculaire renforce l’horreur quotidienne du conflit. Tout cela fonctionne pour montrer comment la guerre broie les individus en poussière.

La véritable force du tome réside dans son dénouement : une révélation cynique et brillante sur l’absurdité absolue du conflit. C’est une fin qui refuse le réconfort du lecteur. La Guerre éternelle s’achève non pas en apothéose, mais en constat d’échec collectif.

Une trilogie majeure de science-fiction en BD, sans compromis.

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