Marilyn, dernières séances
Album publié en 2022 aux Editions Futuropolis.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Michel Schneider publié le 1 septembre 2006.

De janvier 1960 jusqu’au 4 août 1962, Ralph Greenson fut le psychanalyste de Marilyn Monroe. Elle lui avait donné comme mission de l’aider à se lever, à jouer au cinéma, à aimer, à ne pas mourir. Ce récit retrace la relation tourmentée entre Marilyn et cet homme qui fut tour à tour un père, une mère, un ami mais qui ne put la sauver d’elle-même, de sa peur et de sa solitude. Il fut la dernière personne à l’avoir vue vivante et la première à l’avoir trouvée morte.
Lorsque l’actrice s’adresse en 1960 à Greenson, celui-ci est un psychanalyste freudien réputé de la côte ouest, mais aussi un homme fasciné par le cinéma et Marilyn est certes la déesse du sexe mais aussi une femme souffrant d’inhibitions et d’angoisses qui a déjà eu recours aux soins de deux psychanalystes à New York.
Lors de leur première rencontre, Greenson saisit la fragilité narcissique de Marilyn, manifestée notamment par une toxicomanie aux barbituriques, et avec prudence il lui refuse le divan et lui propose une psychothérapie en face à face.
Mais très vite leur relation dérape et Greenson intervient de plus en plus massivement dans la réalité, abandonnant progressivement tout ce qui aurait dû constituer le cadre analytique de cette cure. Il l’introduit dans sa famille, s’occupe de ses contrats professionnels, lui fournit lui-même les barbituriques, etc. Des deux, qui avait l’emprise sur l’autre ? Qui détruisait l’autre ? Le mystère reste entier.
Une brillante adaptation du roman de Michel Schneider, prix Interallié 2006. Louison centre son récit sur les séances entre Marilyn Monroe et son psychanalyste pour mieux nous dévoiler l’intimité d’une femme brisée derrière son statut de star.
La bd « Marilyn, dernières séances » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Marilyn, dernières séances »
Dans cet album publié chez Futuropolis, Louison s’empare du roman de Michel Schneider (Prix Interallié 2006) pour nous offrir un contre-champ bouleversant sur les deux dernières années de Marilyn Monroe. Loin des paillettes d’Hollywood, le récit se cristallise sur le face-à-face entre l’icône et son dernier psychanalyste, le docteur Ralph Greenson, de janvier 1960 à ce tragique mois d’août 1962.
La force de cette adaptation réside dans son changement de focale : le récit est ici porté par la voix de Greenson lui-même. On assiste à une dérive passionnelle et clinique où le thérapeute, pensant sauver sa patiente, finit par l’enfermer dans sa propre névrose familiale. Louison explore avec une acuité psychologique remarquable cette relation d’emprise, dépeignant une Marilyn Monroe fragmentée, en quête perpétuelle d’un regard qui ne la transformerait pas en objet de désir.

Graphiquement, le parti pris est aussi radical que sublime. L’autrice délaisse le glamour pour une bichromie aux nuances de bleu nocturne, traduisant l’étouffement et la mélancolie de la star. Son trait vibrant, presque nerveux, privilégie l’émotion pure et les silences pesants, renforçant l’aspect claustrophobique de ce huis clos psychologique. L’utilisation de la lumière souligne magnifiquement la solitude abyssale d’une femme qui s’évapore littéralement sous nos yeux.
Louison propose en BD un portrait de Marilyn d’une intensité rare, à hauteur d’être humain, en la montrant à travers le regard de son psychanalyste Ralph Greenson, dans un huis clos psychologique aussi troublant que crédible.




