Goodbye Bukowski
Album publié en 2014 aux éditions Casterman.
Résumé éditeur
La vie de Charles Bukowski en BD (16 aout 1920 / 9 mars 1994).

Charles Bukowski, poète et écrivain américain, à la fois adulé et contesté par la critique, est usé par la vie, l’alcool, les errances sans fin.
Son unique réconfort lui vient de sa fille, Marina, puis de Linda, la femme qui l’accompagnera jusqu’à la fin de sa vie.
Par le récit des rencontres avec les femmes qui ont croisé son existence, ses voyages à travers l’Amérique, ses années de souffrance et ses divers petits boulots, Flavio Montelli imagine avec affection le bilan d’un homme affaibli mais apaisé sur sa vie, une façon de (re)découvrir l’auteur des Contes de la folie ordinaire ou des Souvenirs d’un pas grand-chose.
La bd « Goodbye Bukowski » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Goodbye Bukowski »
Premier roman graphique de Flavio Montelli, jeune auteur italien né à Ravenne en 1984, Goodbye Bukowski s’attaque à un sujet vertigineux : mettre en images la vie de Charles Bukowski, poète maudit et romancier culte de la littérature américaine. Publié d’abord en Italie en 2012, l’album paraît en France chez Casterman en janvier 2014.
Le roman graphique saisit Bukowski à un tournant décisif : la cinquantaine, au moment où il tente de percer en littérature, père d’une fillette de six ans, s’abîmant chaque jour un peu plus dans l’alcool et la solitude. Par anecdotes juxtaposées, le récit revient sur les moments et les personnages marquants de son existence : l’écriture, l’alcool et l’addiction, les femmes, les petits boulots dégradants, et ce lien viscéral entre la page blanche et la bouteille. Cette structure délibérément fragmentée, non chronologique, construite par éclats de mémoire épouse parfaitement la prose hachée et percutante que Bukowski lui-même pratiquait.

À la première personne et en noir et blanc, d’un trait à la fois léger et très personnel, Flavio Montelli tient la chronique de ce destin littéraire hors norme. Le choix du noir et blanc n’est pas anodin : il ancre l’œuvre dans une austérité visuelle qui fait écho à l’univers dépouillé de l’écrivain, aux bars miteux et aux chambres de Los Angeles. Les vues de Los Angeles constituent d’ailleurs ce qu’il y a de plus réussi visuellement, conférant au récit une atmosphère urbaine et mélancolique saisissante.
Provocateur, jaloux, excessif, désaxé, alcoolique, mais aussi désemparé et touchant Flavio Montelli ne cherche pas à réhabiliter ni à condamner son sujet, mais à le tenir dans toute son ambivalence.
Recommandé aux lecteurs curieux de littérature américaine alternative, qui trouveront ici une porte d’entrée singulière vers l’univers de Bukowski.




