Orwell
Album publié en 2019 aux éditions Dargaud.
Résumé éditeur
La vie d‘ Éric Blair (alias George Orwell) en BD (25 juin 1903 / 21 janvier 1950).

Orwell est passé à la postérité grâce à 1984, qu’il a écrit en 1948, et à son invention prophétique de Big Brother, préfigurant, il y a soixante-dix ans, le contrôle des médias, Internet et la manipulation des données personnelles.
Mais sa vie fut tout aussi passionnante que ses livres : elle montre un homme toujours en avance sur son temps, étudiant à Eton et flic en Birmanie, combattant de la guerre d’Espagne, antistalinien et journaliste ? ses enquêtes firent d’ailleurs grand bruit.
Pierre Christin se plonge avec délectation dans cette vie hors norme.
La bd « Orwell » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Orwell »
Que reste-t-il d’Éric Blair derrière le mythe Orwell ? Grand admirateur de l’écrivain britannique, Pierre Christin signe une biographie dessinée sur celui qui l’a lui-même inspiré lorsqu’il écrivait, aux côtés d’Enki Bilal ou Jean-Claude Mézières, des bandes dessinées mettant en scène des sociétés totalitaires. L’hommage est donc doublement personnel.
En s’appuyant sur les travaux de l’essayiste Christopher Hitchens, Pierre Christin découpe la vie d’Éric Blair en quatre chapitres : « Orwell avant Orwell », « Blair invente Orwell », « Orwell orwellien » et « Après Orwell », une structure qui permet de montrer comment chaque époque de l’homme éclaire l’écrivain.
L’une des grandes forces de l’album est précisément la façon dont il montre comment le parcours personnel a nourri l’œuvre : policier en Birmanie, plongeur à Paris, combattant en Espagne, journaliste antistalinien, les expériences s’accumulent et forgent une pensée politique d’une cohérence rare.

Sur le plan formel, l’album déploie une construction à plusieurs voix. Sébastien Verdier travaille en noir et blanc réaliste, avec des touches de couleur ponctuelles pour marquer les moments forts, tandis qu’une typographie imitant une machine à écrire distingue les citations directes d’Orwell. Six dessinateurs invités, André Juillard, Olivier Balez, Manu Larcenet, Blutch, Juanjo Guarnido et Enki Bilal, illustrent chacun un épisode ou une œuvre clé, créant un contraste graphique qui s’intègre remarquablement au récit. Le portrait de Napoléon le cochon par Juanjo Guarnido reste particulièrement mémorable.
Le trait fin, précis et détaillé de Sébastien Verdier soutient parfaitement ce récit biographique sans jamais l’alourdir. Un album qui s’adresse autant aux lecteurs déjà familiers de 1984 qu’à ceux qui découvriront, avec une certaine surprise, que la vie d’Éric Blair était au moins aussi romanesque que ses fictions.

































































