Hemingway, mort d’un léopard
Album publié en 1992 aux éditions Glénat.
Résumé éditeur
Ernest Hemingway en BD (21 juillet 1899 / 2 juillet 1961).

Le plaisir de l’image…
Le plaisir de l’écriture…
Pour chaque écrivain, pour chaque interprétation, un dessinateur différent.
Après « Sade » et la mise en abîme de son imaginaire, revu par le talent de Griffo et avant le « Pasolini » de Massimo Rotundo, voici la ligne claire, le discours net et sans fioritures d’Ernest Hemingway.
Hemingway à l’heure où le corps des femmes devient un dernier refuge, une dernière étape, avant l’oubli.
Hemingway à Cuba, les bars louches, une chambre à côté de la sienne, où sommeillent deux tueurs revenus de tout.
Hemingway rongé par le passé, les dernières chasses devant les neiges éternelles du Kilimandjaro. Et la mort de ce léopard qui a tout entraîné derrière lui, le désir des uns, la folie des autres…
Le talent de Marc Malès éclate ici. Il se remarque au détour d’un cadrage sec, resserré sur un visage, un regard, comme il peut jouer sur l’éclatement fiévreux d’espaces aux horizons sans fin…
Jean Dufaux, en écrivain de l’image, revisite avec éclat les trajectoires artistiques et aventureuses de quelques-uns des créateurs les plus importants du siècle.
La bd « Hemingway, mort d’un léopard » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Hemingway, mort d’un léopard »
Dans son cycle consacré aux zones d’ombre des grands écrivains, le scénariste Jean Dufaux s’attache à Ernest Hemingway et choisit d’éclairer non toute une vie, mais deux territoires qui l’ont façonné. « Hemingway, mort d’un léopard », mis en images par Marc Malès, tient moins de la biographie que de la fiction, et situe son récit dans la dernière partie de l’existence de l’écrivain.
L’essentiel se déroule durant ses années cubaines. Installé près de La Havane à partir de 1939, Ernest Hemingway y apparaît vieillissant, retranché entre les bars louches et une chambre d’hôtel où rôdent deux tueurs désabusés, rongé par un passé qui ne le lâche pas. À cette moiteur tropicale répondent, en contrepoint, les souvenirs des safaris africains des années 1930, ces chasses devant les neiges du Kilimandjaro qui nourrirent sa légende autant que son œuvre.

Jean Dufaux joue avec finesse de la frontière entre la vie et la fiction : la carcasse du léopard qui donne son titre à l’album renvoie à la nouvelle « Les Neiges du Kilimandjaro », dont l’énigme, que cherchait ce fauve à une telle altitude, devient la métaphore d’un homme obsédé par sa propre fin. La chasse, la culpabilité et la mélancolie tissent le portrait d’un géant qui ne se survit qu’en se racontant.
Marc Malès épouse cette gravité par un dessin réaliste et une couleur atmosphérique, qui oppose la lumière crue de l’Afrique à la nuit poisseuse des intérieurs cubains, plus proche du roman noir que de l’aventure exotique.
Entre les fauves d’Afrique et les tueurs de La Havane, Jean Dufaux et Marc Malès rappellent qu’Ernest Hemingway n’a jamais cessé d’être le personnage le plus romanesque de ses propres livres.






