La Callas et Pasolini – Un amour impossible
Album publié en 2023 aux éditions Dupuis.
Résumé éditeur
Pier Paolo Pasolini en BD (5 mars 1922 / 2 novembre 1975).

1969, point de rupture pour Pier Paolo Pasolini et Maria Callas.
Eux qui ont chacun été des icônes des milieux artistiques et culturels voient leurs carrières se déliter, leurs lumières ternir, et leurs amours échouer.
Autour d’eux, c’est la danse des passions compliquées, des gens usés par les sentiments et le cinéma, Elizabeth Taylor et Richard Burton, Jacky et Onassis, le clan Kennedy…
Ils se croisent, le temps du tournage éprouvant de Médée, où l’un est réalisateur et l’autre joue le rôle-titre.
C’est la naissance d’une relation atypique et complexe entre ces deux figures aux vies tourmentées. Un amour platonique, intense, qui s’épanouit le temps d’un voyage au Brésil, comme une parenthèse dans leurs destins tragiques. L’occasion pour eux de se ressourcer et de découvrir un univers fascinant et dangereux, aux antipodes des sphères mondaines italiennes auxquelles ils sont habitués.
Avec Un Amour impossible, Jean Dufaux peut librement exprimer son amour pour le cinéma et la poésie en romançant la touchante histoire de deux icônes de la scène artistique des années 60.
Sara Briotti est une jeune dessinatrice italienne. Son amour pour sa ville natale, Rome, l’aide à sublimer les ambiances chaudes de la dolce vita italienne.
La bd « La Callas et Pasolini, un amour impossible » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Callas et Pasolini, un amour impossible »
Certaines rencontres n’existent vraiment qu’à la faveur d’un déclin partagé. En 1969, Pier Paolo Pasolini et Maria Callas se croisent sur le tournage de Médée, lui derrière la caméra, elle dans le rôle-titre, au moment où leurs deux astres pâlissent. De cet instant, Jean Dufaux tire le fil d’un récit sur la solitude et le réconfort, dessiné par l’Italienne Sara Briotti et mis en couleur par Alice Scimia.
Ce que capte le mieux Jean Dufaux, c’est le vertige de deux êtres délaissés. Pasolini vient de perdre Ninetto Davoli, la Callas a été abandonnée par Onassis. Le scénariste les fait se reconnaître dans cette blessure commune, et construit un amour qui ne sera jamais consommé, tout de conversations, de silences et d’une échappée brésilienne loin de Rome. Le romanesque prend ici le pas sur la stricte biographie : Jean Dufaux invente les mots que ces deux figures auraient pu se dire, sans jamais forcer le trait de la légende.

Sara Briotti, dont c’est le premier album, révèle un vrai sens du portrait. Née à Rome, elle restitue la chaleur de la dolce vita comme les teintes plus lourdes du Brésil, et ses cadrages posés donnent au récit une tenue de film. Les couleurs d’Alice Scimia enveloppent les visages d’une lumière déclinante, accordée à la mélancolie du propos.
L’édition de tête ajoute à cette lecture le plaisir de l’objet : un frontispice inédit, signé et numéroté, sur beau papier. Pour l’amateur, c’est l’occasion de posséder autrement un livre où le dessin mérite qu’on s’y attarde.
Sur beau papier et en édition numérotée, le dessin de Sara Briotti révèle mieux encore la lumière déclinante qui baigne la rencontre de la diva et du poète.





