Les nuits de Saturne

Album publié en 2015 aux Editions Sarbacane.


Adapté librement du roman Carnage, constellation de Marcus Malte publié le 5 février 1998.

couverture bd Les nuits de Saturne

Au départ, il y a deux êtres que tout oppose, qui n’auraient jamais dû se rencontrer et encore moins s’aimer.
D’un côté, Césaria, jeune homme paumé perché sur de hauts talons, qui se transforme peu à peu en femme et qui se prostitue. De l’autre, Milan Klovisevitch, dit Clovis, roi déchu et ancien braqueur, tout juste sorti de prison.
Dix ans de taule et la vengeance à venir pour seule nourriture. Mais avant la vengeance, il y aura la rencontre, et une passion qui ne s’explique pas.
Un polar exceptionnel d’une grande sensibilité, loin des canons habituels.
Par Pierre-Henry Gomont, PRIX SNCF DU POLAR 2015 catégorie Bande dessinée Adapté d’un roman de Marcus Malte, prix Fémina 2016 pour Le Garçon.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les nuits de Saturne »

Un homme sort de prison avec une seule idée en tête, se venger. C’est le point de départ classique que Pierre-Henry Gomont, seul au scénario, au dessin et à la couleur, détourne peu à peu vers autre chose. Adaptant librement le roman Carnage, constellation de Marcus Malte, il suit Milan Klovisevitch, dit Clovis, ancien braqueur mêlé jadis à la mouvance terroriste, qui a purgé dix ans pour une exfiltration ratée. À peine dehors, il croise Césaria, jeune femme trans qui se prostitue, lumineuse et entière. De cette rencontre que rien ne destinait à advenir naît une passion.

Tout l’art de Pierre-Henry Gomont est de laisser la vengeance en toile de fond et de placer au centre cet amour improbable. Le récit avance par allers et retours entre passé et présent, révélant par bribes ce qui a mené Clovis en cellule, tandis que le présent l’attache à Césaria malgré lui. Le vrai sujet n’est pas le règlement de comptes annoncé mais ce qui pourrait le désarmer : la tendresse, le désir, la possibilité d’une autre vie. Cette tension entre la haine qui appelle et l’amour qui retient tend le livre jusqu’à sa dernière page.

extrait bd Les nuits de Saturne

Le dessin fait le reste. Pierre-Henry Gomont travaille au lavis, dans une gamme de bleus nocturnes et de gris crépusculaires, la plupart des scènes se déroulant la nuit. Son trait souple, un peu flottant, rend la sensualité sans jamais l’exhiber. Les étreintes se suggèrent plus qu’elles ne se montrent, avec pudeur.

En laissant la vengeance en toile de fond pour filmer un amour improbable, Pierre-Henry Gomont fait de ce polar une histoire de passion bien plus que de règlement de comptes.

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