Cabot-Caboche
Album publié en 2021 aux éditions Delcourt.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Daniel Pennac publié en 1982.

Jugé trop laid pour être adopté, le Chien est traité comme un vulgaire déchet, laissé pour mort dans une décharge. Gueule Noire, une vieille chienne qui vit là, lui vient en aide.
Son principal conseil ? Trouver au plus vite une maîtresse et, surtout, bien la dresser !
Pomme sera sa maîtresse. Mais cette petite fille a un solide caractère et va s’avérer particulièrement difficile à apprivoiser…
La bd « Cabot-Caboche d’après le roman de Daniel Pennac » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Cabot-Caboche d’après le roman de Daniel Pennac »
Grégory Panaccione signe seul le scénario, le dessin et les couleurs de cette adaptation de Cabot-Caboche, le roman que Daniel Pennac a publié en 1982. On y suit un chiot jugé trop laid pour être vendu, réchappé d’une noyade, recueilli dans une décharge par Gueule Noire, vieille chienne qui lui apprend les odeurs, la méfiance et l’art d’esquiver les carcasses balancées du haut de la falaise. Viendront ensuite la ville, puis Pomme, la petite fille qu’il faudra bien dresser.
La réussite de Grégory Panaccione tient à ce qu’il ne calque pas la prose de Daniel Pennac. Il en conserve la voix intérieure du Chien et la drôlerie des conversations entre bêtes, mais confie beaucoup au regard : les oreilles trop grandes, la truffe basse, le corps qui se ramasse par réflexe avant même le coup. La brutalité des adultes passe sans commentaire, dans un geste ou une phrase de trop, ce qui la rend plus froide encore. Surtout, l’apprivoisement fonctionne dans les deux sens. Pomme a son caractère, elle résiste, elle blesse, et le chien apprend la patience à ses dépens. Rien ici du gentil animal donneur de leçons.

Le dessin reste tenu, sur un découpage régulier qui laisse respirer les scènes muettes. Les couleurs font le gros du travail émotionnel : gris jaunes et bruns pour la décharge, lumières plus tendres dès que le Chien trouve un abri. Grégory Panaccione dessine les corps canins de dos, de biais, en course, avec une justesse d’observation.
Il fallait tout le métier de Grégory Panaccione pour rendre attachant un chien que le récit s’obstine à décrire comme laid. À lire dès neuf ou dix ans, mais l’album n’a rien d’exclusivement enfantin : les lecteurs adultes d’Un océan d’amour ou de Quelqu’un à qui parler y retrouveront la même attention aux solitudes ordinaires.




