Auteur/autrice : Sébastien D

La Longue Route

Album publié en 2025 aux éditions Gallimard.


Résumé

D’après l’œuvre de Bernard Moitessier publiée en 1971.

couverture bd La Longue Route

La Longue Route est une adaptation illustrée du récit mythique de Bernard Moitessier, navigateur de légende. L’ouvrage retrace son tour du monde et demi en solitaire, réalisé entre 1968 et 1969 à bord de son ketch, le Joshua.
Parti de Plymouth pour participer à la première course autour du monde en solitaire et sans escale, Bernard Moitessier, après avoir « bouclé la boucle » en vainqueur potentiel, choisit de ne pas rentrer et poursuit sa route vers le Pacifique, refusant la gloire et les honneurs.

Ce récit autobiographique, devenu culte parmi les marins et les amateurs d’aventure, est un véritable chant à la mer et à la liberté.
Bernard Moitessier y partage ses réflexions sur la solitude, la nature, la résistance humaine et la quête de sens, tout en décrivant la beauté et la rudesse de l’océan.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Longue Route »

La Longue Route de Stéphane Melchior et Younn Locard transforme le récit mythique de Bernard Moitessier en une épopée graphique saisissante. Cette adaptation de 344 pages retrace l’aventure extraordinaire du navigateur qui, en 1968, abandonna volontairement la première course autour du monde en solitaire pour poursuivre sa route vers l’infini océanique.

Le duo d’auteurs, tous deux imprégnés de culture maritime, livre une BD d’une rare justesse. Stéphane Melchior, qui vit au Bono près du lieu de repos de Bernard Moitessier , et Younn Locard, issu d’une famille de navigateurs, transcendent la simple adaptation biographique pour créer un véritable journal de bord introspectif.

extrait bd La Longue Route

Le style graphique de Younn Locard frappe par ses compositions inventives et son trait qui vibre comme des drisses sous les alizés. L’usage de quatorze nuances de gris colorés et l’aspect esquissé des dessins confèrent à l’ensemble une authenticité de carnet de voyage. Cette approche visuelle épouse l’introspection du navigateur, privilégiant l’émotion sur le spectaculaire.

La BD explore avec finesse les thèmes universels de la liberté, de la solitude choisie et du questionnement existentiel face à la modernité. Plus qu’un récit d’aventure, c’est une méditation poétique sur l’homme face à l’immensité qui résonne encore avec une troublante modernité.

Chronique des calanques : La dernière femme

Bande dessinée publiée en 2025 aux éditions Fedora.


couverture bd Chronique des calanques : La dernière femme

Alba, jeune femme préhistorique, ne vit que pour la chasse et se retrouve au désespoir lorsqu’elle apprend qu’une fois devenue femme elle devra renoncer à cette activité réservée aux hommes.
Révoltée, elle refuse cet avenir qu’on lui impose et s’engage alors dans une lutte contre la loi du clan.
Mais c’est vers le passé qu’elle va tenter de chercher des réponses et retrouver de l’espoir, plongeant jusqu’aux racines même des mystères de Terre-Mère : quels secrets cette grotte inondée et obscure mais remplie des ombres d’une époque bien différente renferme-t-elle ?  
Alba devra traverser bien des obstacles et des dangers pour trouver sa place dans ce monde.

Appréhender la grotte Cosquer telle que nos ancêtres du pléistocène la voyaient m’a toujours paru essentiel pour l’interprétation de ses œuvres. Ainsi, dès 2001, je proposais une étude pour tenter de restituer la façon dont les hommes préhistoriques avaient pu percevoir et utiliser ses reliefs, ses voûtes et ses parois grâce à leurs moyens d’éclairage primitifs. Mais comment rendre par la photographie toute la beauté et l’exactitude des ambiances lumineuses ainsi créées ?


Au début des années 2000, la sensibilité, la dynamique et la résolution des capteurs photos numériques ne s’y prêtaient pas et l’usage des films argentiques avait aussi ses propres limites. Joël Polomski, par la force et la précision de son dessin, nous invite enfin, avec une restitution parfaite, à la contemplation de ces décors fascinants. Oui, aujourd’hui, la plus juste représentation des ambiances souterraines que j’ai pu vivre en 30 ans de travail dans la grotte Cosquer se trouve dans les livres que vous avez en main.

Mais, que l’on s’y trompe pas, ce livre n’est pas qu’un simple récit, un de plus, sur une préhistoire fantasmée, où chacun projette ses certitudes pour combler les vides archéologiques. Non, il va bien au-delà, entraînant le lecteur, à travers une trame fondée sur la connaissance scientifique, à s’interroger sur comment « faire société ».

C’est une question délicate posée depuis l’apparition des premiers groupes humains et l’accroissement démographique, amenant l’auteur à nous proposer une redécouverte de la grotte Cosquer et ce moment critique de l’humanité lorsque celle-ci s’invente de nouvelles règles sous la pression du changement climatique et biologique mais où se développent aussi, avec la notion de propriété territoriale, la jalousie, la guerre et le patriarcat.
Ce livre est une réflexion sur notre passé et une inspiration pour notre avenir, nous rappelant l’importance de l’égalité et de la justice dans la construction de nos sociétés.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Chronique des calanques : La dernière femme »

La BD de Joël Polomski nous transporte dans un récit, où la grotte Cosquer devient le théâtre d’une quête identitaire bouleversanteAlba, jeune chasseuse préhistorique rebelle, incarne une révolte fondatrice contre les interdits imposés par sa tribu. Privée de sa passion pour la chasse au moment de devenir femme selon les codes de son clan, elle entame une fuite existentielle qui la mène aux profondeurs mystérieuses d’une grotte inondée.

Joël Polomski déploie un récit initiatique où l’héroïne découvre, dans les ténèbres de la caverne, les traces d’un passé révélateur. Cette grotte-sanctuaire, évocation directe de la grotte Cosquer, devient un personnage à part entière. Les peintures rupestres et les vestiges qu’Alba y contemple lui révèlent l’existence d’autres femmes, libres et respectées, remettant en question l’ordre patriarcal de sa tribu. Cette dimension archéologique, rigoureusement documentée grâce à la collaboration avec Luc Vanrell, spécialiste reconnu de la grotte Cosquer, confère à la BD une authenticité saisissante.

extrait bd Chronique des calanques : La dernière femme

Le dessin de Joël Polomski, caractérisé par une approche picturale et minérale, sublime les paysages des Calanques. Ses tonalités ocres, bleutées et brunes évoquent avec justesse la roche, l’eau et la terre de ce territoire méditerranéen. L’auteur, reconnu pour son travail méticuleux et sa rigueur historique, alterne entre pages contemplatives et séquences dynamiques. Les scènes souterraines révèlent une maîtrise remarquable du clair-obscur, où l’obscurité et la lumière des torches dialoguent dans un jeu de textures presque tactile.

Joël Polomski évite les clichés d’un passé figé pour représenter la préhistoire comme un espace de tensions culturelles et de possibles subversions. Cette vision nuancée fait écho aux récentes découvertes archéologiques démontrant la participation active des femmes à la chasse préhistorique. L’auteur parvient ainsi à questionner la construction des rôles genrés dès les âges les plus anciens, transformant son récit en parabole sur l’émancipation féminine.

La sobriété du texte, souvent réduit au minimum, laisse le dessin porter l’intensité émotionnelle. Cette économie de texte renforce le pouvoir de suggestion de l’œuvre, particulièrement lors de la découverte des peintures pariétales. Joël Polomski offre ainsi une lecture alternative et sensible de la Préhistoire, où la grotte Cosquer devient le symbole d’une mémoire féminine universelle à redécouvrir.

Chronique des calanques : La dernière femme est une BD remarquable, qui allie rigueur scientifique et qui interroge notre rapport aux origines et à l’égalité.

Le signe de Pao

Bande dessinée publiée en 2021 aux éditions Eidola.


couverture bd Le signe de Pao

Une aventure initiatique et scientifique imaginée autour de signes pariétaux réels, il y a plus de 20 000 ans.

Le jeune Wu voyage dans des paysages enneigés, propageant les découvertes techniques de son temps de tribu en tribu. Parti du bord de la Méditerranée, il atteint un jour le littoral atlantique.

Alors qu’il remonte un fleuve, il est attaqué et se réfugie auprès d’une tribu menée par une jeune fille battante, Pao, dont le front porte un signe appelé aujourd’hui signe du placard.

Il en tombe bientôt amoureux. Wu montre à la tribu de nouvelles techniques, l’aiguille à chas, l’hameçon et le propulseur.

Pao envisage alors d’utiliser cette nouvelle arme pour se libérer du joug de leurs voisins menés par le cruel Sar, vêtu d’un costume d’oiseau de proie.

Le signe du placard ou aviforme dessiné sur le front de Pao est présent dans plusieurs grottes françaises en Charente, Dordogne, dans le Lot et à Marseille. Il est souvent accompagné d’un homme transpercé de sagaies.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le signe de Pao »

Dans « Le Signe de Pao« , Jean-François Chanson et Juliette Vaast nous transportent à une époque préhistorique fascinante, mêlant avec talent aventure humaine et découverte archéologique.

L’histoire, bien que fictive, s’appuie sur des références historiques précises, enrichissant ainsi le récit d’une profondeur rare pour une bande dessinée de ce genre. Wu, le protagoniste, symbolise à lui seul le progrès et la curiosité humaine, tandis que Pao incarne la résistance face à l’oppression.

Jean-François Chanson propose un scénario captivant où amour, vengeance et survie s’entrelacent, créant un rythme haletant. Le lecteur est immédiatement immergé dans une époque lointaine mais rendue accessible grâce à des dialogues justes et des intrigues universelles. Le signe mystérieux que porte Pao sur son front, véritable fil rouge du récit, donne une dimension presque mystique à l’œuvre, tout en restant ancré dans des réalités archéologiques​.

extrait bd Le signe de Pao

Les illustrations de Juliette Vaast sont un autre point fort du livre. Son trait précis, allié à des décors fidèles à l’environnement préhistorique, permet de donner vie à ce monde ancien avec une clarté visuelle remarquable. Chaque planche nous plonge dans une atmosphère à la fois sauvage et poétique​.

« Le Signe de Pao » est une œuvre à la fois divertissante et pédagogique, où l’authenticité des détails historiques renforce un récit passionnant.

Une aventure qui saura ravir autant les amateurs de bande dessinée que les passionnés de préhistoire.

La Tempête – 3 jours et 3 nuits en enfer

Album publié en 2025 aux Editions Locus Solus.


couverture bd La Tempête - 3 jours et 3 nuits en enfer

Ce titre est basé sur une histoire vraie, celle de la fameuse tempête de septembre 1930, la plus forte et la plus meurtrière du XXe siècle pour la marine en France, dans les ports de la pointe du Finistère jusqu’à La Rochelle.
Des jours et des nuits en enfer pour 27 bateaux de pêche qui coulent au sud de l’Irlande, et plus de 200 morts/disparus.

Le navire thonier Saint-Budoc sur lequel le lecteur/la lectrice embarque se fait le narrateur du drame : on suit ce que vit et ressent l’équipage en accédant aux pensées – et au passé – de ceux qui versent leur sang à bord, sur « son » pont : le capitaine Tonkin, patron ou mestr bag ; Trompe-la-Mort ; le vieux Fañch Brigand, dit Bamboche ; et enfin le mousse Jakez Louarn, dont c’est la première marée…
Pendant qu’à terre les épouses, les sœurs, les ouvrières des conserveries remarquent dans les fameux intersignes (un objet qui tombe, le son d’un tocsin imaginaire…) que quelque chose d’anormal se passe, là-bas…
La vie à bord – le bateau, les gestes et paroles des marins, leurs attitudes face aux éléments – est décrite avec un réalisme bluffant, qui nous transporte au plus près de l’événement.
On s’attache au personnage du jeune mousse qui révèle son courage dans l’adversité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Tempête – 3 jours et 3 nuits en enfer »

Publié en mai 2025 aux éditions Locus Solus, La Tempête – 3 jours et 3 nuits en enfer réunit le scénariste brestois Michaël Le Galli et le dessinateur finistérien Stéphane Héloret autour d’un projet longuement mûri. Cette bande dessinée de 64 pages plonge le lecteur dans la catastrophe maritime la plus meurtrière du XXe siècle en France : la tempête du 17 au 20 septembre 1930, qui coûta la vie à 207 marins et fit sombrer 27 dundees au large de l’Irlande.

Le duo d’auteurs finistériens transforme le thonier Saint-Budoc en narrateur de cette tragédie, suivant l’équipage dans ses derniers instants. Le scénario de Michaël Le Galli excelle dans la caractérisation des personnages : le capitaine Tonkin, le vieux Fañch Brigand dit Bamboche, Trompe-la-Mort et surtout le jeune mousse Jakez Louarn, dont c’est la première marée. 

L’authenticité du récit s’appuie sur une documentation rigoureuse de cette tempête d’équinoxe qui frappa particulièrement les ports bretons d’Étel, Groix et Port-Louis. Le traitement des intersignes, ces présages que ressentent les femmes restées à terre, ancre profondément l’œuvre dans la culture maritime bretonne.

extrati bd La Tempête - 3 jours et 3 nuits en enfer

Stéphane Héloret, formé aux Beaux-Arts de Rennes et à l’École de Bande Dessinée d’Angoulême, livre ici un travail graphique d’une maturité saisissante. Son trait « abouti » traduit avec justesse la dureté de la pêche dans les regards et les postures des personnages. La couverture, zébrée par un éclair foudroyant qui fend la mer, annonce d’emblée l’intensité visuelle de l’album.

Le dessinateur quimpérois, dont le grand-père était pêcheur sur un misainier (petit bateau de pêche Breton), insuffle une authenticité aux scènes maritimes. Son style graphique soutient la montée dramatique, particulièrement dans les séquences où l’équipage doit laisser ses états d’âme de côté pour contourner le destin.

La Tempête s’impose comme un témoignage graphique sur cette catastrophe. Cette bande dessinée maritime s’adressera aux passionnés d’histoire navale ainsi qu’aux passionnés d’histoire Bretonne. Cette BD honore la mémoire des marins disparus en septembre 1930.



Lieux visités par la bd en Bretagne

EtelIle de GroixPort-Louis

La maison des enfants – L’incroyable sauvetage des enfants juifs de Moissac

Album publié en 2025 aux Editions Plein Vent.


couverture bd La maison des enfants

Après la rafle du Vel d’Hiv en juillet 1942, l’étau se resserre sur les Juifs vivant en zone libre.
À Moissac, dans le Sud-Ouest, une maison, tenue par un couple d’éclaireurs israélites, accueille des enfants. La menace d’une rafle se rapproche. Pour leur permettre d’échapper à la déportation, un réseau de résistants juifs, baptisé La Sixième, va tenter de tous les sauver avec la complicité d’habitants de la ville.
Commence alors une course contre la montre afin de mettre les enfants à l’abri. De jeunes scouts vont s’engager dans cette opération périlleuse, avec pour seules armes le courage et le sens du sacrifice.
Cette bande dessinée met en lumière l’action de La Sixième et de tous les résistants qui ont œuvré à ce sauvetage.
Une histoire vraie et exemplaire pour la jeunesse d’aujourd’hui.
Leur devise était « servir ». Elle le restera jusqu’au bout.Anny Latour


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La maison des enfants »

Publié aux éditions Plein Vent en mai 2025, La maison des enfants illustre avec une précision documentaire l’un des épisodes les plus méconnus de la Résistance française. Pierre-Roland Saint-Dizier, scénariste spécialisé dans les récits historiques, s’empare de l’histoire authentique de la maison de Moissac qui abrita près de 500 enfants juifs entre 1939 et 1943.

Le récit débute après la rafle du Vel d’Hiv de juillet 1942, quand l’étau se resserre sur les Juifs en zone libre. Pierre-Roland Saint-Dizier orchestre magistralement la course contre la montre menée par le réseau de résistants juifs baptisé « La Sixième », dirigé par des figures comme Robert Gamzon (alias Castor) et le couple Shatta et Bouli Simon. La scénario privilégie l’humanité des personnages sans tomber dans l’excès, révélant la complexité psychologique des jeunes scouts engagés dans cette mission périlleuse.

extrait bd La maison des enfants

Andrea Mutti, dessinateur italien reconnu pour son trait réaliste et précis, livre ici une interprétation visuelle d’une rare justesse. Son style, déjà éprouvé dans des œuvres historiques comme Campus Stellae, sert parfaitement l’intensité dramatique du récit. La colorisation d’Angelo Bussacchini, maître de la technique à l’huile, apporte une profondeur émotionnelle.

Cette bande dessinée s’impose comme un témoignage essentiel, fidèle à la devise des Éclaireurs Israélites de France : « servir ». Une œuvre indispensable pour transmettre aux jeunes générations cette page d’héroïsme ordinaire, où courage et sens du sacrifice ont permis de sauver des centaines de vies.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Moissac

Paroles d’enfants cachés 1939 – 1945

Album publié en 2025 aux Editions Soleil.


couverture bd Paroles d'enfants cachés 1939 - 1945

À l’âge de l’insouciance, projetés dans la guerre, marqués d’une étoile jaune et souvent séparés de leurs parents, des milliers d’enfants ont dû apprendre à se méfier, à mentir et se cacher.
Ils ont noté leurs souvenirs dans des lettres ou des journaux intimes, adaptés ici en histoires courtes qui constituent un témoignage attestant des parts d’ombre et de lumière de notre Histoire.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Paroles d’enfants cachés 1939 – 1945 »

La BD sortira en septembre 2025.


Les Enfants de Buchenwald

Album publié en 2025 aux Editions Steinkis.


couverture bd Les Enfants de Buchenwald

En avril 1945, à la libération du camp de Buchenwald, plus d’un millier d’enfants juifs ne savent pas où aller. Ils ont miraculeusement survécu et sont pour la plupart orphelins. Une mobilisation internationale, animée par l’Œuvre de Secours aux Enfants, organise leur prise en charge et tente de les aider.
En juin 1945, 426 d’entre eux sont accueillis en Normandie, le temps d’un été. Ils sont en mauvaise santé, traumatisés et sans repères. Médecins, éducateurs et assistantes sociales vont les soigner, les aider à se reconstruire, et à reprendre goût à la vie.

Dans ce récit inspiré de témoignages, Dominique Missika nous raconte l’histoire bouleversante des Enfants de Buchenwald.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Enfants de Buchenwald »

En juin 1945, 426 enfants survivants de Buchenwald trouvent refuge en Normandie, au préventorium d’Écouis, sous l’égide de l’Œuvre de Secours aux Enfants. Cette page méconnue de l’après-Shoah constitue le cœur du roman graphique Les Enfants de Buchenwald, fruit de la collaboration entre l’historienne Dominique Missika, l’illustratrice Anaïs Depommier et la coloriste Alessandra Alexakis.

Dominique Missika, forte de son expertise d’historienne et de son travail à la Fondation pour la Mémoire de la Shoah , choisit délibérément de ne pas représenter l’horreur des camps mais de se concentrer sur « l’après » : ce moment crucial où des orphelins traumatisés doivent réapprendre leur humanité. Le récit, nourri de témoignages authentiques et d’un travail documentaire de deux ans , suit le parcours de quatre personnages fictifs mais représentatifs : Zeev, Fischel, Chaïm et Aron. Cette approche permet d’incarner l’expérience collective tout en préservant la vérité historique des 426 jeunes survivants accueillis en France.

extrait bd Les Enfants de Buchenwald

Anaïs Depommier, formée à l’école Émile Cohl , développe un style graphique d’une sobriété remarquable qui évite l’écueil du voyeurisme. Ses dessins servent parfaitement le propos : plutôt que d’illustrer l’indicible, ils accompagnent avec délicatesse la reconstruction progressive de ces adolescents. Alessandra Alexakis apporte une mise en couleur qui « donne une touche de douceur aux personnages malgré l’horreur » , créant une atmosphère propice à l’empathie.

L’ouvrage s’appuie sur une documentation exceptionnelle : témoignages de survivants comme Elie Wiesel, archives de l’OSE, photographies d’époque. Il met en lumière le rôle déterminant des éducateurs – Rachel Minc, Gaby Cohen, Judith Hemmendinger – qui accompagnèrent ces jeunes dans leur retour à la vie. Cette rigueur transforme la bande dessinée en véritable outil pédagogique, particulièrement adapté aux établissements scolaires.

En évoquant ces semaines cruciales de l’été 1945 à Écouis, la BD révèle comment l’humanité peut renaître après l’indicible, grâce à la bienveillance et à la solidarité. Cette bande dessinée, portée par une équipe créatrice de talent et éditée avec soin par Steinkis , est une œuvre remarquable pour transmettre la mémoire de la Shoah aux nouvelles générations.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Camp de Buchenwald

Homo Sapiens – Histoire(s) de notre humanité

Bande dessinée publiée en 2019 aux éditions Lombard.


couverture bd Homo Sapiens - Histoire(s) de notre humanité

Homo Sapiens, c’est nous, et depuis longtemps car 200 000 ans, ce n’est pas rien.

De nouvelles techniques permettent de voir à l’intérieur des fossiles, entre protéines, gènes et anatomie.

Mais finalement, savons-nous vraiment qui nous sommes ?

Antoine Balzeau, paléoanthropologue à la pointe de ces recherches, nous dresse un bilan de ce que la science actuelle peut véritablement déduire et conclure sur notre (pré)histoire et sur ce que cela peut nous apporter pour bâtir notre futur.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Homo Sapiens – Histoire(s) de notre humanité »

La bande dessinée Homo Sapiens – Histoire(s) de notre humanité d’Antoine Balzeau et Pierre Bailly est une œuvre qui réussit le pari de rendre accessible l’évolution humaine à travers une vulgarisation scientifique intelligente.

Publiée dans le cadre de la collection La Petite Bédéthèque des Savoirs, cette œuvre allie avec subtilité rigueur scientifique et narration visuelle claire.

Antoine Balzeau, paléoanthropologue de renom, invite le lecteur à redécouvrir l’histoire de notre espèce. Avec un discours simple, mais riche en connaissances, il déconstruit des idées reçues sur la préhistoire tout en apportant des éléments fascinants issus des dernières avancées scientifiques.

Loin de se limiter à une simple chronologie de faits, la bande dessinée aborde des questions surprenantes et stimulantes, comme la présence inexplicable du menton chez l’homme moderne, le tout avec une touche d’humour pédagogique.

Visuellement, Pierre Bailly accompagne ce voyage scientifique par des illustrations sobres mais efficaces, qui facilitent la compréhension tout en évitant l’excès de détails.

Cette BD se démarque par son approche à la fois pédagogique et divertissante. Elle parvient à capter l’attention du lecteur tout en stimulant sa curiosité intellectuelle.

Un ouvrage recommandé à tous ceux qui souhaitent comprendre, avec légèreté et précision, l’évolution fascinante de l’Homo sapiens​.


Qui était Néandertal ? L’enquête illustrée

Album publiée en 2016 aux éditions Belin.


Voici l’histoire d’une autre humanité, celle de nos cousins Néandertaliens, telle qu’on ne vous l’a encore jamais racontée. L’Homme de Néandertal nous fascine depuis sa découverte…

Peut-être savez-vous qu’il enterrait ses morts… Mais l’avez-vous déjà vu faire ? Sans doute avez-vous entendu dire qu’il était un chasseur émérite… Mais avez-vous assisté à l’une de ces chasses où les hommes, lances à la main, traquent les bêtes affolées ?

Avez-vous déjà observé des Néandertaliens apprendre à tailler des pierres à leurs enfants ? Ou assisté à leurs rencontres – et leurs amours – avec nos ancêtres Homo sapiens ?

Fruit de la rencontre entre un paléoanthropologue et un dessinateur, Qui était Néandertal ? L’enquête illustrée vous propose de découvrir toutes ces scènes inédites de la vie des Néandertaliens, et bien d’autres, basées sur les connaissances scientifiques les plus récentes.

Un ouvrage d’une profonde originalité qui permettra à tous de comprendre qui était l’Homme de Néandertal et comment il vivait.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Qui était Néandertal ? L’enquête illustrée »

Antoine Balzeau et Emmanuel Roudier livrent, avec Qui était Néandertal ? L’enquête illustrée, une œuvre visuellement éblouissante et intellectuellement captivante. Ce livre propose un fascinant retour aux origines de l’humanité à travers une approche à la fois rigoureuse et accessible.

Antoine Balzeau , paléoanthropologue reconnu, synthétise les connaissances actuelles sur Néandertal dans un format adapté à tous. Chaque chapitre est soigneusement construit pour offrir au lecteur une compréhension nuancée des découvertes scientifiques récentes, en passant par l’anatomie, les comportements sociaux, et les interactions avec Homo sapiens​.

Les illustrations de Emmanuel Roudier ajoutent une profondeur unique à l’ensemble. Elles ne se contentent pas d’accompagner le texte, mais permettent au lecteur de voyager dans un monde préhistorique minutieusement reconstitué. Ses dessins, vibrants de détails et de vie, ancrent les informations dans un imaginaire puissant, rendant palpable l’histoire millénaire de ces hommes que nous connaissons encore si peu.

L’alternance entre textes concis et planches illustrées est une force majeure de cet ouvrage. Elle permet une fluidité qui maintient l’intérêt du lecteur tout en facilitant la transmission des concepts les plus complexes.

Cette BD se présente ainsi comme une œuvre à la fois pédagogique et artistique, apte à émerveiller autant les passionnés de préhistoire que les novices curieux. Une véritable réussite dans le domaine de la vulgarisation scientifique illustrée.

La Font-aux-Pigeons – Histoire et aventure d’un groupe humain vivant au Grand Abri de la Font-aux-Pigeons au Cardial

Bande dessinée publiée en 2019 aux éditions Actilia.


couverture bd La Font-aux-Pigeons - Histoire et aventure d'un groupe humain vivant au Grand Abri de la Font-aux-Pigeons au Cardial

Après le Grand Abri, qui retraçait la vie des derniers chasseurs-cueilleurs provençaux, c’est à travers les aventures des hommes du Néolithique que Toomaï Boucherat fait revivre le passé prestigieux de Châteauneuf-les-Martigues, les millénaires oubliés d’une Provence sauvage où la nature était intacte, où l’on pouvait boire l’eau de tous les ruisseaux, une Provence qui fait rêver …


Et d’abord, c’est quoi, le Néolithique ? C’était jadis, dans les manuels scolaires de mon enfance, l’Age de la pierre polie. Or, le polissage d’outils de pierre (qui existe d’ailleurs, antérieurement au Néolithique, dans diverses cultures mésolithiques !) n’est qu’une des techniques novatrices (tissage, céramique, etc) qui font alors leur apparition.

En fait, la dominante de ce que l’on a appelé la révolution néolithique c’est avant tout la domestication de certaines plantes et de certains animaux, l’invention de l’agriculture et de l’élevage.

De chasseur-cueilleur nomade ou semi-nomade, l’homme devient sédentaire et producteur de nourriture. Paysan, berger, et bientôt villageois, il ambitionne désormais de dominer la nature et de la modifier. Hélas, revers de la médaille, il inaugure également les premières atteintes au milieu naturel : déforestation, défrichements, destruction de la faune sauvage.

Dans le Midi de la France, le Néolithique débute vers 5 700 avant notre ère et se termine avec l’introduction du métal (cuivre, puis bronze), vers 2 500-2 200 avant J.-C.
Paysans et bergers, ces nouveaux arrivants sont aussi des marins expérimentés. Depuis longtemps, ils ont quitté leur pays d’origine, le Proche-Orient, ce Croissant fertile où est née voici plus de 10 000 ans la domestication des plantes et des animaux. Par cabotage le long des côtes et d’îles en îles, ils se sont peu à peu dirigés vers le couchant, cet Occident mystérieux où, chaque soir, meurt le soleil.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Font-aux-Pigeons – Histoire et aventure d’un groupe humain vivant au Grand Abri de la Font-aux-Pigeons au Cardial »

La bande dessinée La Font-aux-Pigeons se distingue par son approche innovante, conjuguant rigueur historique et narration visuelle captivante.

Sous la plume de Toomaï Boucherat et les pinceaux de Priscille Mahieu, cette œuvre plonge le lecteur dans le Néolithique, époque charnière où l’homme sédentaire commence à domestiquer la nature. Ce cadre, magnifiquement illustré, sert de toile de fond à l’histoire d’un groupe humain vivant au Grand Abri de la Font-aux-Pigeons, situé dans le sud de la France.

L’un des points forts de cette bande dessinée réside dans son souci du détail, aussi bien dans le récit que dans les illustrations. Les personnages, bien que fictifs, sont profondément ancrés dans les réalités de l’époque. Les outils, les habitations, et même les techniques agricoles sont reproduits avec une grande exactitude, grâce à l’intervention de l’archéologue Carole Cheval. Ces éléments éducatifs sont intégrés de manière fluide au récit.

extrait bd La Font-aux-Pigeons - Histoire et aventure d'un groupe humain vivant au Grand Abri de la Font-aux-Pigeons au Cardial

Sur le plan artistique, Priscille Mahieu parvient à capturer avec finesse la beauté brute de la nature provençale et les défis auxquels étaient confrontés les premiers agriculteurs et éleveurs. Le contraste entre la simplicité de leur mode de vie et l’immensité sauvage qui les entoure est saisissant, créant un lien intime entre le lecteur et cette période oubliée de l’histoire.

La Font-aux-Pigeons est une œuvre exemplaire qui allie le plaisir de la lecture à une véritable leçon d’histoire, tout en restant accessible à un large public.