Ce que j’ai vu à Auschwitz – Les cahiers d’Alter
Album publié en 2026 aux Editions Dupuis.
Résumé éditeur
Adapté de l’essai d’Alter Fajnzylberg écrit en 1945 et publié par son fils Roger Fajnzylberg le 17 janvier 2025.

La publication des cahiers d’Alter Fajnzylberg, détenu à Auschwitz-Birkenau d’avril 1942 à janvier 1945, forcé d’intégrer pendant dix-huit mois un Sonderkommando, constitue une contribution exceptionnelle à l’histoire de la Shoah.
Ces écrits inédits, rédigés en polonais à son arrivée en France, entre l’automne 1945 et le printemps 1946, dans l’urgence de dire ce qu’il avait vu dans les camps, furent alors enfouis dans une boîte à chaussures ? comme un secret brûlant.
Il a fallu des décennies à son fils unique Roger pour les extirper du passé, les faire transcrire, traduire et les contextualiser grâce à l’aide de l’historien Alban Perrin.
Un témoignage d’autant plus important que les rescapés des Sonderkommandos sont très rares, les nazis ayant veillé à éliminer tous les témoins directs de leur abominable entreprise.
Le témoignage bouleversant d’Alter Fajnzylberg, Juif déporté et rescapé d’Auschwitz, est adapté en BD, pour lui rendre hommage, par deux scénaristes spécialistes du sujet, Jean-David Morvan (Madeleine, résistante, Adieu Birkenau) et Victor Matet (Adieu Birkenau), avec la complicité du dessinateur Rafael Ortiz (Sur le front de Corée). Ce témoignage est en outre contextualisé par l’historien Alban Perrin.
La bd « Ce que j’ai vu à Auschwitz – Les cahiers d’Alter » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ce que j’ai vu à Auschwitz – Les cahiers d’Alter »
Il existe des témoignages que le silence a failli engloutir. Près de vingt ans après la mort d’Alter Fajnzylberg, son fils Roger a ouvert une vieille boîte à chaussures contenant quatre cahiers rédigés en polonais, récit d’un destin exceptionnel, depuis les Brigades internationales en Espagne jusqu’aux chambre à gaz d’Auschwitz.
Ces écrits inédits, rédigés dans l’urgence entre l’automne 1945 et le printemps 1946, furent enfouis comme un secret brûlant pendant des décennies. C’est ce chemin de la mémoire retrouvée que Jean-David Morvan et Victor Matet adaptent aujourd’hui avec une maîtrise remarquable.
La force de la BD tient à sa double structure : le récit montre le cheminement de Roger Fajnzylberg jusqu’à la publication des témoignages, tout en faisant vivre la jeunesse militante d’Alter en Pologne, la guerre d’Espagne, les camps de réfugiés, jusqu’à Auschwitz. Ce va-et-vient entre les deux temporalités donne au récit de la profondeur, transformant une transmission filiale en acte de résistance contre l’oubli.
La couverture elle-même révèle Alter dans une vue en plongée entre deux époques : son uniforme rayé de déporté d’un côté, et de l’autre l’homme écrivant ses cahiers assis à un bureau. Cette image concentre toute l’ambition de l’ouvrage. Rafael Ortiz donne encore plus de puissance à son trait, s’attardant sur les visages, marquant les esprits avec une mise en pages intense, sublimée par la mise en couleurs d’Hiroyuki Ooshima et Florian Soussigne.

Le style adopté est sobre, presque académique, restituant avec retenue l’absurdité et la violence extrême du système concentrationnaire. Un choix esthétique qui paradoxalement amplifie l’émotion plutôt qu’il ne la neutralise.
Complété d’un cahier historique de l’historien Alban Perrin, ce one-shot de 128 pages est un outil de mémoire indispensable, aussi bien pour les lycéens que pour tout lecteur soucieux de comprendre la Shoah dans toute sa singularité humaine.




