Crénom, Baudelaire ! – Tome 3 – Le serpent qui danse
Album publié en 2025 aux Editions Futuropolis.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Jean Teulé (publiée pour la première fois le 4 septembre 2020).

Fresque en 3 tomes, cette adaptation initiée par Jean Teulé fait la part belle à l’image et l’imaginaire.
En trois volumes, elle s’attarde sur les grandes périodes de la vie de Baudelaire et enlumine de peintures expressionnistes les grands poèmes qui jalonnent le récit.
Teulé montre un homme qui travaillait ses vers sans relâche, qui voulait réunir dans une même musique l’ignoble et le sublime, et qui a changé à jamais, avec les Fleurs du Mal, la poésie française.
Dans ce troisième tome, la parution des Fleurs du Mal est un scandale sans précédent. Étrillé par la presse, moqué par les caricaturistes, Charles Baudelaire et ses éditeurs sont condamnés à de lourdes amendes (lui qui n’a pas un sou), et sont déchus de leurs droits civiques.
Plus grave encore, il faut retirer six poèmes du recueil, soit arracher sur les exemplaires existants, les pages correspondantes, mutilant l’ouvrage et enlevant au passage d’autres poèmes…
Le soutien de certains de ses pairs, dont Victor Hugo, ainsi que l’adulation qu’il commence à recevoir de jeunes fans, le laissent de marbre. Sa situation financière n’a jamais été aussi délicate et la maladie de Jeanne empire brusquement. Il faut trouver de l’argent.
Il saisit une proposition de conférences venant de Bruxelles… sa découverte du pays et de ses habitants va laisser une trace profonde…
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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Crénom, Baudelaire ! – Tome 3 – Le serpent qui danse »
Ce troisième et dernier tome clôt le triptyque que Dominique Gelli et Tino Gelli ont consacré à l’adaptation du roman de Jean Teulé, disparu en 2022, qui avait initié ce projet chez Futuropolis. Dominique Gelli est né en 1960 et, après les Beaux-Arts de Lille, a notamment travaillé pour le cinéma avec Jacques Audiard avant de se lancer dans l’adaptation de Jean Teulé.
Ce tome 3 voit Dominique Gelli et Tino Gelli parachever l’hommage au poète : Charles Baudelaire est censuré, ses éditeurs craignent les procès, on taille dans les Fleurs du Mal. Quant à Jeanne Duval, sa muse, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, hémiplégique et abandonnée. L’exil à Bruxelles, les rechutes, la paralysie progressive : Dominique Gelli et Tino Gelli n’édulcorent rien de cette descente, mais la traitent avec une intensité qui transforme la déchéance en matière poétique à part entière.

Ce qui distingue ce volume des deux précédents, c’est la radicalisation du projet graphique. L’esthétique des Gelli verse le magnifique dans l’affreux : Paris est blanchi, étouffé, où déambule un poète rouge éclatant. Tino Gelli s’empare des vers du roman pour des doubles pages qui bousculent les codes, hybridant peinture, dessin et photographies. Dominique Gelli fait exploser les couleurs somptueuses, le rouge sang des manteaux et des robes assurant le fil conducteur de cases inoubliables.
Jean Teulé, ayant vu les découpages et couvertures des deux premiers tomes, aurait poussé les artistes à aller encore plus loin. Ce dernier volume porte la trace de cet encouragement posthume.
Un triptyque qui s’achève comme une vie de Baudelaire : en excès, en couleurs, et beaucoup trop vite. À lire d’une traite, les trois tomes dans l’ordre, sans modération.







