L’École Capucine – Tome 2 – L’Héritier
Album publié en 2010 aux éditions Vent d’Ouest.
Résumé éditeur
Une Conclusion Envoûtante du Diptyque Breton.

Que se passe-t-il quand un village breton considère un membre de sa communauté aussi malfaisant qu’une cellule malade ? Le dénouement épique de ce diptyque passionnant et envoûtant.
Le retour au village de Kerfilec du couple Honoré Pencrec’h et Camille Desfhouet ne fait pas que réveiller les cancans sur leur compte. Il dérange la tranquillité chérie des villageois. Car même si elle pense bien dissimuler ses sombres desseins, tous le redoutent ; la riche Camille est revenue pour se venger? Mais de quoi ? !
C’est pour tenter de le découvrir, qu’Hortense Malanges, directrice de l’école Capucine nichée sur l’île du Dourduff, ressort ses poudres magiques de ses malles empoussiérées. En faisant revivre un instant Camille et Honoré enfants, elle ne se doute pas qu’elle va gravement envenimer la situation !
C’est sa première expérience de sorcellerie et sans s’en rendre compte, elle laisse s’échapper le jeune Honoré. Perdu dans ce futur inconnu, il s’empresse d’attenter à la vie de la Camille adulte…de sa « future épouse » ! Heureusement que sa soeur Adeline, plus rouée qu’Hortense en matière de magie, peut ressusciter Camille et rétablir provisoirement la situation.
Mais le jeune Honoré se balade toujours dans le présent, et les soupçons du juge de paix Cuchard, dépêché de Roscoff, et tombé fou amoureux de Camille, sont loin d’être apaisés. Instrument plus ou moins complice de sa vengeance, il voudrait bien se débarrasser du mari encombrant, mais aussi punir le village tout entier de sa méchanceté envers sa bien-aimée.
De leur côté, avec beaucoup de difficultés, Honoré et son « lui-même » enfant ont fait connaissance. Ils conjuguent leurs souvenirs et leurs réflexions souvent violemment opposées, faisant resurgir à la surface un terrible passé, à l’origine de l’amertume de Camille.
Louis, l’ancien forçat amoureux d’Hortense, la sorcière Adeline, la jolie Emma, amour d’enfance d’Honoré prématurément disparue, le juge Cuchard, Camille, Honoré et tout le village ? Très vite, chacun va forcément devoir choisir son camp, car le rouleau compresseur de la vérité arrive dans l’ombre? Les évènements s’accélèrent, vers un dénouement aussi tranchant que les falaises de Kerfilec.
Comme dans le Sleepy Hollow de Tim Burton, les paysages bretons et les villageois sont de véritables protagonistes de l’histoire, bien ou malveillants avec les héros, selon qu’ils se fondent plus ou moins avec le décor?
Les thèmes abordés par Djian (la vengeance, l’innocence brisée, la cruauté de l’enfance) comme le dessin tantôt tendre tantôt cruel de Vincent, tout rappelle Peter Pan, le chef d’œuvre de Loisel?
Une référence plutôt flatteuse !
La bd « L’École Capucine – Tome 2 – L’Héritier » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée «L’École Capucine – Tome 2 – L’Héritier»
Avec ce second tome, Jean-Blaise Djian et Vincent achèvent leur diptyque breton en beauté. Le village de Kerfilec, posé sur la côte bretonne en 1852, se transforme en scène d’une enquête mêlant secrets de famille et pouvoirs surnaturels.
Ce qui fait tenir le récit, c’est la profondeur des personnages. Hortense Malanges, directrice de l’école, et Camille Desfhouet incarnent deux logiques opposées : celle du pardon et celle de la vengeance. Entre eux, les secrets s’accumulent, révélant des blessures enfouies et des destins brisés notamment celui d’Emma, dont le passé jette une ombre sur le présent. La narration progresse avec intelligence, distillant les révélations au compte-gouttes.

Graphiquement, Vincent signe un travail soigné et intemporel. Ses couleurs, subtiles et étouffées, restituent fidèlement la mélancolie de la Bretagne du XIXe siècle. L’architecture des lieux l’école, la falaise, le village devient presque un personnage à part entière, grâce au soin apporté aux détails.
Pour ceux qui aiment les histoires qui laissent des zones d’ombre, qui refusent les conclusions trop lisses, cette BD vaut le coup. À réserver aux lecteurs de fantastique discret.




