Le Théorème Funeste
Album publié en 2019 aux Editions Tanibis.
Résumé éditeur

Un beau jour du XVIIe siècle, le facétieux mathématicien Pierre de Fermat écrivit dans les marges d’un livre : « xn + yn = zn impossible si n > 2. J’ai trouvé une solution merveilleuse, mais la place me manque ici pour la développer. »
Un énoncé fort simple pour un théorème qui sera démontré… plus de trois siècles plus tard par le mathématicien anglais Andrew Wiles. Alexandre Kha délaisse le temps d’un court album le genre fantastique pour une approche plus documentaire, s’apparentant à son travail pour la revue Topo.
En retraçant l’histoire de ce théorème mythique, c’est une histoire des mathématiques en accéléré que nous délivre Alexandre Kha, mais c’est aussi pour lui l’occasion de relater une série de destins romanesques, une galerie de portraits de personnages en quête d’absolu, allant de l’anarchiste matheux Évariste Galois à Sophie Germain en passant par Paul Wolfskehl, que le théorème sauva du suicide.
Adoptant un trait plus épuré qu’à l’accoutumée, Alexandre Kha s’essaie à des mises en page élaborées et propose des métaphores graphiques percutantes aux concepts présentés, tout en restant parfaitement lisible.
À noter que ce récit figurera dans l’exposition permanente de la maison natale de Pierre de Fermat à Beaumont-de-Lomagne.
La bd « Le théorème funeste » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le théorème funeste »
Le Théorème funeste d’Alexandre Kha est une belle surprise : une bande dessinée consacrée au dernier théorème de Fermat, cette énigme mathématique qui a hanté trois siècles d’esprits brillants. Plutôt que de raconter la démonstration en elle-même, Alexandre Kha s’intéresse aux scientifiques qui l’ont poursuivie : Sophie Germain, Évariste Galois, Paul Wolfskehl. Des figures disparates unies par la même obsession.
Ce qui frappe d’abord, c’est le choix graphique radical. Alexandre Kha abandonne les styles plus classiques pour proposer un noir et blanc très épuré, presque dépouillé. Les compositions jouent sur des perspectives géométriques qui renforcent le sentiment de vertige intellectuel. Ce n’est pas de la décoration : le trait économe crée une distance affective qui correspond à la nature même du sujet.

Sur le plan narratif, Alexandre Kha évite le piège du résumé. Il ne nous explique pas les mathématiques. C’est sombre, parfois austère, mais d’une cohérence remarquable.
L’album ne plaira pas à tout le monde. Il demande du lecteur une certaine patience, une acceptation de ne pas avoir de résolution spectaculaire.




