Pasolini – Pig ! pig ! pig !
Album publié en 1993 aux éditions Glénat.
Résumé éditeur
Pier Paolo Pasolini en BD (5 mars 1922 / 2 novembre 1975).

En inconditionnel et fin connaisseur de la grande littérature, Jean Dufaux explore des moments peu connus de la vie de quelques écrivains d’exception…
Sade, Pasolini, Hemingway, Balzac et Hammett, il fouille les liens invisibles qui unissent la fiction à la réalité. Et, avec la complicité au dessin de Griffo, Malès, Savey et Rotundo, il nous dévoile avec subtilité l’intimité créatrice de ces géants du romanesque…
Après « Sade », revisité par le trait flamboyant de Griffo, « Hemingway » qui a vu s’armer le talent de Marc Malès, avant « Balzac », animé par le crayon sensuel de Joëlle Savey, c’est « Pier Paolo Pasolini » qu’a choisi d’évoquer Jean Dufaux.
Vingt ans après la tragique disparition du poète, Antonio Scerba, flic paumé et au bout du rouleau, enquête sur les derniers jours du cinéaste. Traquant les souvenirs, remontant le fleuve des témoignages, nous revivons les ultimes rencontres de Pasolini, jusqu’à la découverte de son corps sur une plage d’Ostie.
Qui mieux que le dessinateur Massimo Rotundo pouvait retranscrire l’étonnante galerie de personnages qui ont été témoins et acteurs de ce drame non encore élucidé.
Son trait lumineux et clair-obscur soutient cette histoire où l’étonnante trajectoire de Pasolini rejoint la légende.
La bd « Pasolini – Pig ! pig ! pig ! » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Pasolini – Pig ! pig ! pig ! »
Faire de la mort de Pasolini le point de départ d’un polar : voilà le pari de Jean Dufaux, qui signe le scénario de cet album mis en dessin et en couleur par l’Italien Massimo Rotundo. Milieu des années 1990, à Rome.
L’inspecteur Antonio Scerba enquête sur le meurtre d’un journaliste indépendant, égorgé alors qu’il détenait, dit-on, des éléments neufs sur l’assassinat du poète en 1975. Sur le mur, trois mots tracés dans le sang : Pig, Pig, Pig.
Jean Dufaux ne rédige pas une biographie de Pier Paolo Pasolini, il l’aborde en creux, par le prisme d’une fiction noire. À mesure que Scerba avance, l’enquête le renvoie à sa propre vie, à un mariage trouble et à une belle-famille pourrie de secrets, jusqu’à ce que l’inspecteur en vienne à s’identifier au cinéaste disparu. Ce jeu de miroirs entre l’enquêteur et sa proie intellectuelle donne à l’album sa densité, mais aussi sa noirceur : la violence, le sexe et la corruption y sont montrés sans détour, dans un climat de fait divers sordide qui prolonge la propre fascination de Pasolini pour les marges.

Le dessin de Massimo Rotundo, formé à la bande dessinée réaliste et à l’illustration érotique, épouse ce registre. Son trait charnel, ses cadrages appuyés et une colorisation aux teintes lourdes installent une atmosphère poisseuse, entre film noir et roman de gare assumé. Les corps y sont présents, parfois crus, au service d’un récit qui ne cherche pas à ménager le lecteur.
Sous les teintes poisseuses de Massimo Rotundo, l’assassinat du poète devient le point de départ d’un polar qui refuse toute évocation apaisée. À réserver à un public adulte et averti, familier de Pasolini et amateur de polar sombre.





