Sans Famille – Tome 1
Album publié en 1991 aux éditions Bayard.
Résumé éditeur
D’après le roman « Sans Famille » d’Hector Malot publié le 19 avril 1878.

Enfant abandonné, recueilli, puis vendu pour quelques francs, Rémi est sauvé de l’hospice par un mystérieux saltimbanque, Signor Vitalis,
qui l’initie sur les routes de France.
Ensemble, ils chantent en public des airs italiens et montent des spectacles avec Joli Cœur, le singe, et trois chiens savants. Mais un jour, Vitalis meurt…
Rémi trouve refuge dans une famille et se lie d’amitié avec la petite Lise.
Est-il enfin à l’abri de la misère ?
Ce bonheur va-t-il durer ?
La bd « Sans Famille – Tome 1 » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Sans Famille – Tome 1 »
Parue en 1991 chez Bayard Jeunesse, cette bande dessinée adapte le grand classique « Sans Famille » d’Hector Malot (1878), un roman fondateur de la littérature jeunesse française. Mathilde Ferguson au scénario et Pierre Frisano au dessin relèvent le défi de transposer ce texte exigeant en langage visuel pour les jeunes lecteurs.
Le récit suit Rémi, un enfant trouvé vendu à Vitalis, musicien ambulant, qui parcourt les routes de France au XIXe siècle. C’est un voyage initiatique marqué par la pauvreté, l’injustice et l’espoir. Mathilde Ferguson préserve les forces du roman : une critique lucide des inégalités sociales du XIXe siècle et des maltraitances envers les enfants, sans édulcorer l’histoire.

Le trait réaliste et classique de Pierre Frisano soutient cette atmosphère sérieuse. Les paysages français se déploient avec une certaine rigueur documentaire, tandis que les personnages gagnent en humanité grâce aux échanges de regards et aux gestes tendres. La relation naissante entre Rémi et Vitalis crée une poignante tension : cette figure d’autorité devient un refuge dans un monde hostile.
Ce qui distingue cette adaptation est son courage. Plutôt que de transformer le roman en aventure joyeuse, Mathilde Ferguson maintient une nuance troublante : on comprend dès les premières pages que Rémi est un enfant exploité.
Sans Famille en BD demeure une transposition fidèle et pudique, qui transforme un chef-d’œuvre littéraire en expérience visuelle, sans trahir la gravité du texte original.




