Tamara Drewe
Album publié en 2024 aux Editions Denoël.
Résumé éditeur
Adapté librement du roman Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy publié le 23 novembre 1874.

Avec son nez refait, ses jambes interminables, ses airs de princesse sexy, son job dans la presse de caniveau, ses aspirations à la célébrité et sa facilité à briser les coeurs, Tamara Drewe est l’Amazone urbaine du XXIᵉ siècle.
Son retour à la campagne, dans le village où a vécu sa mère, est un choc pour la petite communauté qui y prospère en paix.
Hommes et femmes, bobos et ruraux, auteur à gros tirage, universitaire frustré, rock star au rancart, fils du pays, teenagers locales gavées de people, tous et toutes sont attirés par Tamara, dont la beauté pyromane, les liaisons dangereuses et les divagations amoureuses éveillent d’obscures passions et provoquent un enchaînement de circonstances aboutissant à une tragédie à la Posy Simmonds, c’est-à-dire à la fois poignante et absurde.
Librement inspiré du roman de Thomas Hardy Loin de la foule déchaînée, un portrait à charge délicieusement cruel et ironique de l’Angleterre d’aujourd’hui.
La bd « Tamara Drewe » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Tamara Drewe »
Couronnée du Grand Prix d’Angoulême, Posy Simmonds occupe une place singulière dans le roman graphique européen, celle d’une satiriste de mœurs héritière du roman anglais. « Tamara Drewe » en fournit une illustration accomplie.
Transposée dans la campagne anglaise contemporaine, l’intrigue reprend librement « Loin de la foule déchaînée » de Thomas Hardy : le retour au village de Tamara, chroniqueuse people au physique refait, bouleverse la quiétude d’une pension d’écrivains et précipite jalousies, adultères et drame.
Le récit doit sa richesse à sa construction chorale. Posy Simmonds fait alterner des pavés de texte, qui recueillent les voix intérieures de Glen l’universitaire en panne d’inspiration, de Beth l’épouse dévouée ou de l’adolescente Casey, et des séquences en cases où l’action se déploie. Fait notable, Tamara reste vue de l’extérieur, jamais narratrice, ce qui la maintient énigmatique. Chaque personnage dévoile ainsi ses lâchetés, ses vanités et ses illusions, dans une comédie sociale que Posy Simmonds observe avec une ironie féroce mais sans mépris.

Graphiquement, son trait léger et ses couleurs pastel restituent avec justesse les collines, les fermes et les intérieurs bourgeois. Le dessin fourmille de détails qui trahissent les fractures du lieu, entre ruraux modestes et citadins fortunés venus jouer à la vie champêtre.
À la fois drôle et cruelle, cette relecture moderne de Thomas Hardy s’adresse aux amateurs de comédie de mœurs, aux lecteurs de littérature anglaise.




