Virginia Woolf
Album publié en 2022 aux éditions Des ronds dans l’O.
Résumé éditeur
Virginia Woolf en BD (25 janvier 1882 / 28 mars 1941).

Angleterre, mars 1941.
Virginia Woolf longe les bords de la rivière Ouse. Elle ramasse une pierre, la soupèse et observe le cours d’eau.
Elle songe à la bataille féroce que le monde se livre à lui-même et qu’elle se livre à elle-même. Tout ce qui l’a amenée sur ce rivage prend vie dans d’éclatantes réminiscences, symboles de l’extrême force de ses sentiments : sa passion pour son amante Vita Sackville-West, sa tendresse pour son mari, l’irremplaçable Leonard, et la douleur de perdre les siens.
Ses œuvres nourries de ces sentiments ont révolutionné la littérature et ont fait passer à la postérité l’une des plus grandes autrices de ce monde.
La bd « Virginia Woolf » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Virginia Woolf »
Liuba Gabriele signe seule le scénario, le dessin et les couleurs de ce roman graphique d’environ cent vingt pages consacré à Virginia Woolf. Le livre s’ouvre sur le dernier jour de la romancière, saisie marchant seule au bord de la rivière, choix qui place d’emblée le récit sous le signe du bilan intérieur plutôt que de la chronologie.
Plutôt que de dérouler une vie de la naissance à la fin, Liuba Gabriele fait remonter les figures qui l’ont traversée, la sœur peintre Vanessa Bell, le cercle intellectuel de Bloomsbury, le mari et éditeur Leonard Woolf, enfin Vita Sackville-West, amie et amante dont on sait qu’elle inspira Orlando. Le texte emprunte largement aux propos de l’écrivaine elle-même, ce qui donne au portrait une justesse de ton et évite la reconstitution artificielle. L’autrice s’attache surtout à rendre sensible ce qui fait la singularité de cette écriture, ce flux de voix intérieure qui bouleversa le roman moderne, en montrant une pensée toujours en mouvement.

Le travail chromatique constitue la réussite majeure de l’album. Liuba Gabriele déploie des couleurs intenses, presque saturées, qui traduisent visuellement l’acuité et la profondeur des réflexions de son modèle. Cette palette, associée à une écriture volontiers poétique, éloigne le livre du documentaire illustré pour en faire un hommage sensible.
Économe en texte mais dense en images, l’album fonctionne comme une mosaïque de références picturales, de l’impressionnisme au fauvisme, où chaque planche tient du tableau autant que de la case. Il parlera aux familiers de Virginia Woolf, qui y reconnaîtront la trace du flux de conscience transposé en images, et donnera aux autres l’envie d’ouvrir ses romans.






