Catégorie : Classique Du 18ème Siècle

Naufrage en Patagonie – La tragique histoire de l’équipage du Wager

couverture bd Naufrage en Patagonie - La tragique histoire de l'équipage du Wager

Album publié en 2026 aux éditions Futuropolis.


Résumé éditeur

Adapté du voyage de bord de John Byron publié en mai 1768 (The Narrative of the Honourable John Byron).

couverture bd Naufrage en Patagonie - La tragique histoire de l'équipage du Wager

En septembre 1740, une escadre anglaise quitte Portsmouth à destination des mers du Sud. Son chef, le Commodore Anson, a pour mission d’attaquer et piller les prospères colonies espagnoles du Chili et du Pérou.
Après une longue et pénible traversée de l’océan Atlantique, les vaisseaux atteignent le cap Horn à la mauvaise saison et subissent une succession de tempêtes qui les dispersent durablement.

Après avoir raconté l’histoire de l’escadre du Commodore Anson, les auteurs se penchent sur le destin tragique d’un des navires, le Wager, d’après les souvenirs de John Byron, aspirant à bord du bateau et l’un des rares survivants.
Un grand récit historique au souffle épique.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Naufrage en Patagonie – La tragique histoire de l’équipage du Wager »

Christian Perrissin et Matthieu Blanchin poursuivent l’exploration des mers du Sud entamée avec Le Voyage du Commodore Anson. Après l’escadre entière, ils resserrent la focale sur un seul navire, le Wager, et racontent son naufrage d’après les souvenirs de John Byron, aspirant à bord et l’un des rares rescapés.
Ce choix de point de vue donne au récit sa colonne vertébrale : on suit la catastrophe à hauteur d’un homme jeune, embarqué presque par hasard dans une expédition de pillage lancée contre les colonies espagnoles du Pacifique.

Christian Perrissin ne cherche pas le grand frisson d’aventure. Il documente. La faim, le froid, la maladie, puis la lente désagrégation de la discipline dès que l’équipage échoue sur une côte hostile : tout est décrit avec une précision qui donne au drame son poids. Quand les naufragés se scindent en clans rivaux, chaque camp défend sa version de la loi et de l’honneur, et le lecteur reste juge. Les nombreux encadrés narratifs ralentissent parfois la lecture, mais ils ancrent chaque scène dans une matière vécue, et c’est là que le livre gagne sa crédibilité. Le vrai sujet n’est pas la tempête, c’est ce que des hommes affamés se font les uns aux autres.

extrait bd Naufrage en Patagonie - La tragique histoire de l'équipage du Wager

Le dessin de Matthieu Blanchin épouse cette misère. Son trait jeté, presque esquissé, refuse le beau navire de gravure et livre des images sales, cabossées, à la limite du brouillon. Cette apparente négligence est une justesse : elle rend le dénuement, la boue, l’épuisement, mieux qu’un dessin léché ne l’aurait fait.

En s’en tenant au seul regard de John Byron, aspirant perdu parmi les siens, le récit délaisse l’épopée maritime pour ce que la faim finit par faire aux hommes. Loin de la tempête spectaculaire, le cœur du livre est à terre, dans la lente ruine morale d’un équipage que plus rien ne tient ensemble. Un récit exigeant pour les amateurs d’histoire maritime.


Voici l’histoire du véritable HMS Wager, l’un des navires de l’expédition du commodore George Anson.

Le navire avant l’expédition

  • Vers 1734 : construction comme navire de commerce (East Indiaman) de la Compagnie des Indes orientales.
  • 1735-1736 : deux voyages vers l’Inde sous le capitaine Charles Raymond.
  • 1739 : rachat par la Royal Navy.
  • 1740 : armé pour le service naval au chantier de Deptford, enregistré comme sixième rang (28 canons) et rebaptisé Wager, en l’honneur de l’amiral Charles Wager.

L’expédition Anson et la traversée

  • Août-septembre 1740 : départ de l’escadre du commodore George Anson, six vaisseaux de guerre et deux transports, environ 1 854 hommes, avec pour mission d’attaquer les intérêts espagnols du Pacifique.
  • 1740-1741 : le capitaine initial du Wager, Dandy Kidd, meurt avant le cap Horn ; le lieutenant David Cheap prend le commandement.
  • Février-mars 1741 : l’escadre atteint le détroit de Le Maire, puis les tempêtes du cap Horn dispersent durablement les navires.
  • 1er mai 1741 : le Wager met le cap au nord trop tôt, avant d’avoir assez doublé la côte.

Le naufrage

  • 13 mai 1741 : le charpentier John Cummins croit apercevoir une terre à l’ouest ; l’observation n’est pas signalée.
  • 14 mai 1741 : le navire désemparé se brise au petit matin sur la côte sud du Chili. Environ 145 survivants gagnent l’île qui portera plus tard le nom d’île Wager, en plein hiver patagon.
  • 1741, sur l’île : le capitaine David Cheap abat le midship Henry Cozens ; pour le canonnier John Bulkeley, son autorité s’effondre alors.

La scission et les deux tentatives de retour

  • 14 octobre 1741 : le groupe majoritaire mené par John Bulkeley quitte l’île vers le sud, à bord du canot allongé Speedwell et de deux autres embarcations, pour tenter le détroit de Magellan.
  • 28 janvier 1742 : le Speedwell atteint la côte du Brésil ; sur les 81 partis, une trentaine seulement survit.
  • 6 mars 1742 : le groupe de Cheap quitte l’île à son tour, vers le nord, avec l’aide des Chono et de leurs canoës.
  • Juin 1742 : Cheap et les midships Byron et Campbell atteignent l’île de Chiloé ; le lieutenant Hamilton est recueilli environ trois mois plus tard.

Les retours et les suites

  • 1er janvier 1743 : Bulkeley et Cummins rentrent en Angleterre.

Le Voyage du Commodore Anson

couverture bd Le Voyage du Commodore Anson

Album publié en 2021 aux éditions Futuropolis.


Résumé éditeur

Adapté du livre Voyage autour du monde de Richard Walter publié en 1748.

couverture bd Le Voyage du Commodore Anson

« En 1740, en pleine guerre entre l’Angleterre et l’Espagne, le commodore Anson, à la tête d’une escadre de huit navires et de 2000 hommes, part autour du monde pour imposer la suprématie maritime du Royaume-Uni à la demande du roi George II.
Il ignore alors qu’il part pour un périple de 4 ans…
Un grand récit historique au souffle épique, magnifiquement raconté et mis en image par les auteurs de Martha Jane Cannary, d’après le récit de Richard Walter, chapelain de l’expédition, paru dès 1748. »
En 1740, le Commodore Anson se voit confier une escadre de 8 navires par le Roi d’Angleterre, George II.
Alors que son pays est en guerre contre l’Espagne, il doit aller harceler les colonies espagnoles du Chili et du Pérou, riches en or et en argent, puis capturer le Galion Royal en provenance de Manille dont les cales sont remplies des trésors produits en Asie.
Une mission qui l’obligera à faire le tour du monde, en passant par le cap Horn et le cap de Bonne espérance.
Anson sait, avant même de partir, que cette mission est non seulement dangereuse mais aussi, par certains côtés, complètement irréaliste. Mais avec cette nomination, il se sent porté par le souffle de l’histoire.

Hélas, la mission prend, avant même de commencer, six mois de retard : impossible de trouver les 500 soldats valides qui doivent se joindre à l’expédition, la guerre faisant rage.
Il faut rappeler les réservistes, les pensionnés ou même, les blessés, quitte à les embarquer sur des brancards…
Six mois qui leur feront passer le Cap Horn au plus fort de l’hiver…
Un combat contre la montre commence alors…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Voyage du Commodore Anson »

Christian Perrissin et Matthieu Blanchin s’emparent d’une expédition oubliée de la Royal Navy. En 1740, le commodore George Anson quitte l’Angleterre avec huit navires et près de deux mille hommes. Sa mission : harceler les possessions espagnoles d’Amérique du Sud, puis s’emparer du galion qui transporte vers l’Espagne les trésors venus d’Asie. Le périple durera quatre ans et tournera au calvaire.

Christian Perrissin s’appuie sur le témoignage de Richard Walter, aumônier embarqué, qui publia son récit en 1748. De cette source, l’album garde le grain du document vécu. On avance escale après escale, tempête après tempête, en épousant le regard d’hommes qui ignorent où les mène leur obstination. Le franchissement du cap Horn, les avaries, la maladie qui vide les ponts : le livre ne masque rien du prix payé par l’équipage. Ce qui frappe, c’est l’acharnement d’une poignée de survivants à tenir bon.

extrait bd Le Voyage du Commodore Anson

Le dessin de Matthieu Blanchin déroute d’abord. Le trait paraît jeté, presque esquissé. Ce choix donne à l’ensemble l’allure d’un carnet de bord griffonné dans l’urgence, entre deux quarts. La couleur reste sobre et laisse respirer la ligne. On lit ces deux cent soixante-douze pages comme on tournerait celles d’un journal retrouvé.

En suivant l’expédition escale après escale, l’album fait de l’endurance de l’équipage, plus que du butin, le véritable enjeu du voyage. À conseiller aux amateurs de grand récit d’aventure historique et de littérature maritime.

Voyage autour de ma chambre

Album publié en 2021 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

Adapté du récit de Xavier de Maistre publié en 1795.

couverture bd Voyage autour de ma chambre

Plus loin que la nuit et le jour.
Franck vit avec son temps. C’est un homme qui, comme une foule de gens pressés, s’est laissé emporter par la vague digitale sans s’interroger…
Jusqu’au jour où son téléphone et son ordinateur cassent accidentellement. Franck se voit alors contraint d’attendre chez lui pendant dix longues journées l’appel du S.A.V…
Pendant toute cette période, il ne peut plus accéder à cet espace numérique où les pensées s’occupent sans être stimulées. La rupture est brutale, et le manque d’abord sévère.
Coincé entre les quatre murs de son appartement, il cherche désespérément à s’occuper et finit par s’atteler à une minutieuse visite de cet endroit dans lequel il vit quotidiennement, mais qu’il ne regardait plus. Franck va vite réaliser qu’il lui suffit d’un mouvement de la pensée pour s’évader et que les seules limites sont celles de son imagination.
Au cours de ses voyages immobiles, Franck visite un bouge de la renaissance, s’invite à une soirée de la Fashion Week ou revit de manière nuancée les derniers instants d’une relation amoureuse passée…

Alors que le monde a plus que jamais saisi le sens du mot confinement, Voyage autour de ma chambre raconte aussi le bonheur des frontières sans limite. Libre adaptation du roman de Xavier de Maistre écrit en 1794, on y retrouve un récit où le voyage et l’épopée émergent du rien.
Mais, en déplaçant l’histoire et en l’habillant de jolis traits, Aurélie Herrou et Sagar l’ont entièrement renouvelée. Une odyssée qui résonnera avec le quotidien de nombre d’entre nous.Retrouvez également dans l’ouvrage la présence exceptionnelle des dessins de Jul dont les personnages se sont invités le temps de quelques pages.
Retrouvez également dans l’ouvrage la présence exceptionnelle des dessins de Jul dont les personnages se sont invités le temps de quelques pages.


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Sonnets érotiques

Album publié en 1994 aux éditions Vertige Graphic.


Résumé éditeur

Adapté des poèmes de Giorgio Baffo publié en 1771.

couverture bd Sonnets érotiques

Considéré comme l’un des écrivains vénitiens les plus importants du XVIIIe siècle, Giorgio Baffo (1694-1768) occupa une place notable dans la République de Venise (il en fut à la fois un magistrat et un sénateur) tout en révélant dans ses écrits un point de vue bien plus polémique.
Poète et philosophe libertin: un tel compatriote ne pouvait que susciter l’intérêt de Hugo Pratt, qui accompagne ici les visions érotiques du poète d’aquarelles inspirées de quelques-unes des femmes qu’il a lui-même connues.


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Les contes du boudoir hanté – Volume 3

Album publié en 2010 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre de Pu Songling publié en 1766.

couverture bd Les contes du boudoir hanté - Volume 3

Qiao, d’origine modeste, et Lian tombent éperdument amoureux au premier regard.
Mais la belle est promise au futur vainqueur du concours de poésie organisée prochainement.
Le jeune homme y participe alors et brille par son esprit, éclipsant tous les concurrents.
Hélas, le père de Lian refuse d’accorder la main de son unique fille à un homme qui n’est pas de son rang.
S’ensuit une terrible histoire d’amour et de mort.


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Les contes du boudoir hanté – Volume 2

Album publié en 2008 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre de Pu Songling publié en 1766.

couverture bd Les contes du boudoir hanté - Volume 2

An était un homme extrêmement bon. Il venait toujours en aide aux autres, jusqu’au jour où il sauva un renard pris au piège.
Peu de temps après avoir libéré l’animal, un vieil homme, apparu de nulle part, lui offrit le gîte et le couvert dans son humble demeure. An ne se doutait pas encore qu’en acceptant cette offre, la Providence placerait sur son chemin la belle et troublante Hua…


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Les contes du boudoir hanté – Volume 1

Album publié en 2008 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre de Pu Songling publié en 1766.

couverture bd Les contes du boudoir hanté - Volume 1

Les Contes du boudoir hanté, en chinois Liaozhai Zhiyi, sont une suite ébouriffante de 496 nouvelles fantastiques, recueillies et écrites par Pu Songling entre le XVIIe et le XVIIIe siècle.
Il y est question, entre autres, de maisons hantées, de dragons, de fantômes, de renards magiques et autres monstres du bestiaire traditionnel chinois…
Cet album est l’adaptation de la dix-neuvième histoire du deuxième rouleau de texte. Elle a pour nom celle de son héroïne : Nie Xiao Qian en chinois (  » Petite Grâce  » en français).
Cette dernière est une jeune femme fantôme condamnée à servir une démone se nourrissant du sang des humains.
Jusqu’au jour où Nie tombe amoureuse d’un voyageur désigné comme victime par sa maîtresse. L’amour sera-t-il, cette fois, plus fort que la mort ?


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Clisson et Eugénie

Album publié en 2016 aux éditions Ankama.


Résumé éditeur

Adapté du roman court de Napoléon Bonaparte rédigé en 1795.

couverture bd Clisson et Eugénie

France, fin du XVIIIe siècle.
Clisson, militaire prometteur, désabusé par la politique et les combats, se retire à la campagne.
Il y fait la rencontre de la famille Desmoulins et s’éprend de leur fille aînée, Eugénie. Mais la réalité de la guerre va venir bouleverser leur amour naissant.
Découvrez l’adaptation de l’unique histoire d’amour écrite par Napoléon Bonaparte, dans une version vibrante et moderne.


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La BD sortira en septembre 2026.

Paul et Virginie

Album publié en 2015 aux éditions IPC.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Bernardin de Saint-Pierre publié en 1788.

couverture bd Paul et Virginie

Rencontré dans les montagnes entourant Port Louis, un vieil homme raconte : il a été le témoin privilégié de l’amour tragique de Paul et Virginie, ces deux jeunes ayant grandi unis au cœur de la nature accueillante de l’Île de France, mais que la vie, et les hommes, finiront par séparer.

Ode à la nature, histoire d’amour impossible pour cause de différence sociale, vision de l’esclavage plus de deux siècles après sa parution, le bestseller de Bernardin de Saint-Pierre reprend ici vie et couleurs.

Le célèbre roman d’amour impossible, Paul et Virginie, écrit en 1787 par Bernardin de Saint-Pierre et dont l’histoire se déroule à l’île Maurice, connaît une seconde vie littéraire avec la retranscription de cette œuvre en bande dessinée.
52 planches disponibles en français et en créole sous la plume de Shenaz Patel et le coup de crayon de Laval Ng vous font ainsi replonger corps et âme dans l’histoire des deux amoureux au destin tragique.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Paul et Virginie »

Adapter Paul et Virginie en bande dessinée relevait presque du pari impossible. Ce roman, pré-romantique et précurseur, est une œuvre complexe et multiple, longtemps jugée difficile d’accès dans sa forme originale. L’avantage de cette adaptation, très réussie, réside pour beaucoup dans le scénario qui resserre la narration et accroît l’intensité dramatique du roman, qui se lit alors comme une véritable tragédie.
Shenaz Patel, romancière mauricienne, porte un regard particulier sur cette histoire ancrée dans la terre même de son île. Elle préserve l’essentiel : ode à la nature, histoire d’amour impossible pour cause de différence sociale, vision de l’esclavage. Trois piliers thématiques qui résonnent avec une acuité particulière sous sa plume. La narration en cadre (un vieillard qui raconte à un promeneur) est maintenue, garantissant la fidélité à la structure originelle tout en introduisant une distance mélancolique qui sied parfaitement au format BD.

extrait bd Paul et Virginie


Sur le plan graphique, le superbe dessin de Laval NG, avec son trait, ses jeux de couleurs et son sens du détail, supplée aux longues descriptions de Saint-Pierre. Sa palette, riche en verts tropicaux et en ocres chauds, restitue la luxuriance de l’Isle de France avec une sensualité visuelle que le texte seul peinait parfois à atteindre. Le regard humaniste et généreux de Laval NG se lit dans une dynamique propre à la bande dessinée, notamment dans les scènes d’esclavage où le dessinateur choisit de confronter le lecteur sans détour.

Les 52 planches sont disponibles en français et en créole mauricien, faisant de cet album un objet culturel à double identité : un hommage à la littérature française classique et un ancrage dans la mémoire insulaire vivante. Une réussite à recommander autant aux amateurs de bande dessinée historique qu’aux lecteurs souhaitant (re)découvrir Bernardin de Saint-Pierre sans l’austérité du texte du XVIIIe siècle.

Contes des mille et une nuits

Album publié aux éditions Adonis en 2007.


Publié pour la première fois par Antoine Galland vers 1704.

couverture bd Contes des mille et une nuits

Un Calife est captivé par les contes merveilleux que lui narre la babillarde Shéhérazade, au point qu’il la laisse vivre un jour, puis un autre jour encore, se disant en lui-même qu’il la fera bien toujours mourir quand elle parviendra à la fin de son dernier conte.
Mais, sans cesse, elle reprend ses récits. En voici deux parmi cent et mille. En premier, celui de la princesse à marier Nourannahar que trois frères courtisent et qui sont envoyés au devant d’épreuves afin de se départager.
Sortilèges, transports dans les airs abolissant le temps, villes grouillantes aux confins de la Perse et de la Chine. Rencontres de mages et de magiciens, voyage au centre de la Terre auprès de la fée Pari-Banou…
Vient ensuite l’histoire de la princesse Gelnare dont le palais est sous la Mer, qui épouse un prince de la Terre. Leur fils Bader est bientôt aux prises tour à tour avec des génies malfaisants ou bienfaisants, des magiciennes, le cruel roi de Samandal dont il veut épouser la fille. Chacun s’ingénie à entraver ou aider sa quête vers l’amour de sa bien-aimée…

Contes sans fin, toujours recommencés, mots qui coulent comme une source merveilleuse d’entre les lèvres de Shéhérazade. Mais le Calife, comme il lui parut, ne demandait pas mieux que de les entendre, elle poursuivit donc sans attendre son ordre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Contes des mille et une nuits »

S’attaquer à un monument comme les Mille et Une Nuits est un pari risqué, souvent piégeux. C’est pourtant le défi relevé avec assurance par Daniel Bardet dans cet album paru aux éditions Adonis/Glénat. Connu pour sa rigueur historique sur Les Chemins de Malefosse, le scénariste évite ici l’écueil de la compilation indigeste pour revenir à la source véritable du récit : la traduction d’Antoine Galland.

Daniel Bardet opère des choix narratifs chirurgicaux, se focalisant sur des pépites comme l’histoire du prince Ahmed et de la fée Pari-Banou. Ce parti-pris restitue la véritable mécanique du conte oriental : cette narration en « tiroirs » où la parole devient une arme de survie. On y retrouve une Shéhérazade stratège et une densité psychologique que les adaptations jeunesse ont souvent gommée. Le texte respecte la saveur littéraire du XVIIIe siècle, mêlant le merveilleux à une certaine cruauté sans fausse pudeur.

extrait bd Contes des mille et une nuits

Aux pinceaux, Rachid Nawa livre une partition graphique étonnante. Son trait réaliste ancre le mythe dans une matière tangible, loin des imageries vaporeuses habituelles. Ses décors fouillés et son travail sur les textures confèrent à l’ensemble une atmosphère pesante et envoûtante. La mise en couleurs, chaude et contrastée, sert la dramaturgie.

Cet album réussit le tour de force de concilier le respect du texte classique et le dynamisme de la bande dessinée moderne. Une redécouverte pour les amateurs de littérature qui souhaitent voir les mots de d’Antoine Galland prendre vie.