Catégorie : Classique Du 20ème Siècle

Poly

Album publié en 2020 aux Editions Glénat.


Adapté des romans de Cécile Aubry publiés à partir de 1964. (22 romans publiés de 1964 à 1986).

couverture bd Poly

1964.
Louise, accompagnée de Cécile, sa petite fille de 10 ans, revient dans un petit village des Cévennes où elle passait ses vacances enfant. Le village est dominé par un château médiéval à moitié en ruines et occupé par un étrange personnage : Victor.
Alors que Cécile peine à nouer des liens d’amitié avec ses nouveaux camarades, elle découvre qu’un cirque itinérant s’installe en ville.
Emerveillée et fascinée par le spectacle, Cécile y fait la connaissance de Poly, un jeune poney qui s’avère être maltraité par le propriétaire du cirque, M. Brancalou.
Choquée et indignée, elle imagine un stratagème pour libérer le poney de son enclos grillagé.
Peu à peu, s’établit entre l’enfant et l’animal une relation de confiance, un apprivoisement réciproque. Cécile a enfin le sentiment d’avoir trouvé un ami, son meilleur ami. Tout le monde recherche Poly, les habitants du village, les gendarmes, et surtout M. Brancalou.
Seul Victor finit par percer le secret de Cécile. Elle décide alors de rejoindre secrètement son père en Italie pour sauver Poly des griffes de Brancalou.

Adaptation fidèle du livre (publié chez XO éditions) et du film de Nicolas Vanier (qui sort en même temps que la BD), Poly propose une bande dessinée en phase avec beaucoup de questions actuelles, tant par le caractère des personnages que par les thèmes abordés, notamment sur le rapport homme animal…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Poly »

Sortie en octobre 2020 chez Glénat, cette bande dessinée adapte le film de Nicolas Vanier paru la même année. Scénario et dessin de Steven Lejeune, couleurs de Roberto Burgazzoli. 48 pages qui ressuscitent l’univers de Cécile Aubry, créatrice de Poly dans les années 1960.​

La BD se déroule en 1964 aux Cévennes. Cécile, 10 ans, arrive au village de Beaucastel avec sa mère Louise. L’intégration scolaire peine. Mais l’arrivée du cirque de Brancalou change tout : elle y découvre Poly, jeune ponette vedette du spectacle, maltraitée par son propriétaire. C’est le coup de foudre. Cécile imagine un audacieux plan pour sauver l’animal et l’emmener secrètement en Italie chez son père.​

Le mérite de Steven Lejeune ? Il ancre l’histoire dans des enjeux contemporains sans trahir Cécile Aubry : condition animale, malveillance des adultes, solitude enfantine face au monde des grandes personnes. Cécile n’est pas une héroïne flamboyante mais une enfant fragile, déracinée, qui trouve dans Poly une raison de se battre.

extrait bd Poly

Graphiquement, Steven Lejeune adopte un dessin réaliste et précis. Les paysages des Cévennes respirent la poésie des années 1960 : décors flamboyants, couleurs chaleureuses. Les émotions des personnages transparaissent nettement.

Destiné à qui ? Enfants sensibles à la cause animale, nostalgiques de Cécile Aubry, et amateurs d’aventures familiales authentiques.

Hercule Poirot – Le meurtre de Roger Ackroyd

Album publié en 2026 aux éditions Paquet.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre d’Agatha Christie publié le 19 juin 1926.

couverture bd Hercule Poirot - Le meurtre de Roger Ackroyd

Qui l’eût cru ? Hercule Poirot a pris sa retraite et cultive des courges…
King’s Abbott abrite en effet le célèbre détective, mais personne n’est au courant, le limier belge s’étant installé en toute discrétion. Seul son ami Roger Ackroyd, le riche industriel, est dans la confidence.
Mais ce dernier a bien des soucis. Son beau-fils n’en fait qu’à sa tête, sa soeur lorgne sur l’héritage et madame Ferrars vient de mourir… Un suicide, semble-t-il…
Ou peut-être un meurtre…
Une enquête commence, qui va entrainer Poirot sur les traces d’un étonnant criminel !

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Hercule Poirot – Le meurtre de Roger Ackroyd »

LA BD sortira en juin 2026 à l’occasion du centenaire de sa première publication.

Les chefs d’œuvre de Lovecraft – Le cauchemar d’Innsmouth – Tome 2

Album publié en 2022 aux éditions Ki-oon.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft publiée en avril 1936.

Les meilleurs récits de Howard Phillips Lovecraft en manga et au format roman graphique !

Innsmouth est une ville bien étrange. Jadis prospère, elle paraît désormais à l’abandon, et les rares habitants semblent tous victimes d’une même affection qui déforme membres et visage…
Robert Olmstead, voyageur de passage, cherche à en savoir plus. Le vieux Zadok Allen lui conte alors une sinistre histoire…

Quelques générations plus tôt, le capitaine Obed March aurait livré la cité aux griffes d’innommables créatures marines pour construire sa fortune !
Ébranlé, Robert n’a plus qu’une idée en tête : quitter ce terrible endroit. Mais sa curiosité pourrait encore lui coûter cher…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le cauchemar d’Innsmouth – Tome 2 »

Adaptation de la nouvelle de H.P. Lovecraft (1931-1936), ce second tome consolide le statut de Gou Tanabe comme maître de la transposition visuelle de l’univers « lovecraftien ». Le récit, délibérément structuré en emboîtement narratif, accélère son crescendo horrifique lors de la nuit piégée du protagoniste Robert Olmstead à la Gilman House. Tandis que le premier tome éclairait les méandres sociaux d’Innsmouth par le dialogue, celui-ci bascule dans l’horreur viscérale et la chasse poursuite effrénée.

Graphiquement, Gou Tanabe excelle dans la représentation architecturale : les toits décrépis de la ville côtière au crépuscule, les façades délitescentes et l’omniprésence d’un Récif du Diable menaçant. L’utilisation du noir et blanc renforce l’atmosphère étouffante. Les créatures marines, bien qu’implicites visuellement, génèrent une palpable inquiétude par leur suggestion plutôt que leur exposition brute. Cette retenue stratégique maximise l’angoisse psychologique du lecteur.

Fidèle au texte source, Gou Tanabe respecte scrupuleusement la narration de H.P. Lovecraft tout en y insufflant une dynamique visuelle absente du médium littéraire. Recommandé aux amateurs de science-fiction horrifique et aux passionnés de H.P. Lovecraft en quête d’une relecture contemporaine enrichie.

Les chefs d’œuvre de Lovecraft – Le cauchemar d’Innsmouth – Tome 1

Album publié en 2021 aux éditions Ki-oon.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft publiée en avril 1936.

couverture bd Le cauchemar d Innsmouth - Tome 1

Pénétrez dans la sinistre bourgade d’Innsmouth, théâtre de tous les cauchemars !

En 1927, le jeune Robert Olmstead débarque à Newburyport. En quête de ses origines, il n’a d’autre option, pour atteindre sa destination, que de prendre un bus qui passe par Innsmouth, ville voisine sur laquelle courent d’effroyables rumeurs : pacte avec les démons, habitants difformes, culte ésotérique d’un étrange dieu marin… La peur qu’elle inspire est telle que personne n’ose s’y rendre, et nul ne sait ce qui se cache derrière les façades de ses maisons délabrées…

Pourtant, les mises en garde des résidents de Newburyport, loin de décourager Robert, le poussent au contraire à s’intéresser à ce lieu pestiféré : il décide d’explorer les méandres de la cité maudite ! C’est le début d’une descente aux enfers qui le mènera aux portes de la folie…

Découvrez la majestueuse adaptation d’un des récits les plus complexes et haletants d’H. P. Lovecraft ! Mêlant polar, suspense et horreur, Le Cauchemar d’Innsmouth ancre les obsessions de Lovecraft dans le quotidien d’une ville sinistre dont personne ne sort indemne.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le cauchemar d’Innsmouth – Tome 1 »

Adaptation de la nouvelle de H.P. Lovecraft écrite en 1931 (publiée en 1936), le premier tome du Cauchemar d’Innsmouth de Gou Tanabe transpose l’univers du « maître de l’horreur » en manga. Publié en 2021 par Ki-oon, ce récit en deux tomes suit Robert Olmstead, un jeune homme curieux qui explore la sinistre ville côtière d’Innsmouth et découvre progressivement l’existence d’une malédiction séculaire impliquant un culte dédié aux créatures marines appelées « Ceux des profondeurs ».

extrait bd Le cauchemar d Innsmouth - Tome 1

Le talent de Gou Tanabe réside dans son travail graphique impressionniste : ses dessins en noir et blanc dégagent une atmosphère étouffante et claustrophobe grâce à des jeux d’ombre minutieux et une accumulation de détails savamment dosée. La mise en scène maitrisée crée un suspense croissant où le lecteur devient complice du protagoniste dans sa descente aux enfers.
Ce premier tome captive par son establishment d’une horreur sourde et progressive, invitant irrésistiblement à découvrir son dénouement au tome suivant. Une adaptation d’une fidélité remarquable qui renouvelle magistralement un classique de la littérature horrifique.

L’Amérique ou le disparu

Album publié en 2013 aux Editions Pasteque.


Adapté du roman L’Amérique (ou le Disparu) de Franz Kafka publié pour la première fois en décembre 1927.

Adaptation du roman inachevé de Franz Kafka (1883-1924), L’Amérique (ou le Disparu) relate, sur un ton tragicomique, les tribulations de Karl Rossmann, jeune Pragois exilé en Amérique par ses parents parce qu’il a, bien malgré lui, engrossé la bonne.
Laissé à lui-même, sans ressources, naïf et plein de bonne volonté, l’adolescent cherche tant bien que mal à se tailler une place dans ce monde incompréhensible, parfois amical, le plus souvent hostile, pour se voir tour à tour exploité par des individus sans scrupules ou accusé injustement de tous les maux.
A l’image de cette statue de la Liberté brandissant le glaive plutôt que le flambeau, l’Amérique proposée ici paraît un peu décalée, mais en même temps étrangement réelle.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Amérique ou le disparu »

Réal Godbout livre une belle adaptation en bande dessinée du roman inachevé de Franz Kafka, publié en 2013 aux éditions de la Pastèque. Une entreprise délicate que de domestiquer en images l’univers Franz Kafka, et pourtant, c’est réussi.

Le récit suit Karl Rossmann, un jeune Allemand envoyé en Amérique après un scandale familial, dans sa succession de mésaventures qui le font dégringoler socialement. Réal Godbout a compris quelque chose d’essentiel : chez Franz Kafka, sous le poids du destin arbitraire, il y a une forme de burlesque involontaire. Chaque tentative de Karl pour s’en sortir tourne au ridicule organisé, chaque « bienfaiteur » s’avère un prédateur. C’est drôle et cruel à la fois, et c’est précisément ce que l’adaptation restitue.

extrait bd  L Amérique ou le disparu

Sur le plan graphique, le dessin rond et épuré de Réal Godbout surprend d’abord. On s’attendrait à du gris kafkaïen, et voilà qu’on trouve des formes douces, presque mignonnes. Mais c’est justement l’astuce : cette apparence bienveillante contraste merveilleusement avec la malveillance systématique qui entoure le pauvre Karl. Le style amplifie l’absurdité plutôt que de la noyer.

Réal Godbout a passé sept ans sur ce projet de BD, et ça se voit dans les détails : des choix visuels malins (la Statue de la Liberté armée d’une épée, par exemple), un rythme narratif qui ne traîne pas, une vraie compréhension du roman de Franz Kafka.


L’œuvre parle à la fois à ceux qui connaissent Franz Kafka et à ceux qui le découvrent ici. Une belle réussite, finalement.

extrait bd  L Amérique ou le disparu

Le passager clandestin

Album publié en 2018 aux éditions Omnibus.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de George Simenon publiée le 5 décembre 1947.

Du pont d’un paquebot aux paysages enchanteurs de Tahiti, un roman exotique de Simenon magnifié par le dessin et les couleurs de Loustal.
Il y avait six canots sur le pont, calés dans leur berceau, sans compter la grande baleinière. Chacun était recouvert d’une bâche en grosse toile grise qui formait tente.
Une de ces bâches remuait, un vide se dessinait entre elle et le plat-bord, et l’on aurait pu penser à la présence de quelque animal si l’on n’avait distingué des doigts humains.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le passager clandestin »

Paru en 2018 aux éditions Omnibus, ce livre illustré reprend le roman policier de Georges Simenon publié en 1947. L’écrivain belge y raconte une histoire captivante : à bord du cargo Aramis, qui navigue de Panama à Tahiti, trois personnages immoraux mais fascinants cherchent à retrouver un héritier pour s’approprier sa fortune. Le passager clandestin du titre ?

Georges Simenon excelle dans la création de personnages complexes : le major Owen, vieux militaire anglais ; Lotte, danseuse énigmatique ; Alfred Mougins, criminel en fuite. Ces trois figures ne sont pas des héros, mais des êtres mus par l’intérêt et la survie. L’auteur explore comment la quête d’héritage révèle les peurs profondes et la corruption du cœur humain. Les dialogues restent étonnamment modernes, sans jugement moralisateur. À travers cette intrigue en plusieurs bandes, Georges Simenon peint la solitude et la fascination que l’argent exerce sur nos âmes.

Le dessinateur Jacques de Loustal se révèle le complément idéal de ce texte. Ses 50 illustrations originales en couleur restituent l’atmosphère tropicale avec maestria : vert sombre des arbres, bleu du ciel, blanc éclatant des costumes coloniaux. Son trait noir et ombré crée une ambiance sensuelle et interlope. Les visages féminins portent ce regard mystérieux caractéristique de Georges Simenon : des femmes qui en disent plus par le silence que par les paroles.

Cette version illustrée transforme le roman en expérience visuelle complète. Elle séduira les lecteurs de Georges Simenon. Une belle réussite.

14 août 1945 – Le jour le plus long du Japon

Album publié en 2026 aux Editions Petit à Petit.


Adapté de l’essai Le jour le plus long du Japon : Le fatidique 15 août de Kazutoshi Handô publié le 25 aout 1965.

Le 14 août 1945, le destin du Japon bascule lorsque l’empereur Hirohito décide de mettre fin à la guerre. Tandis que le Japon s’apprête à capituler, une partie de l’armée refuse l’inacceptable et prépare un coup d’État pour empêcher l’annonce de la reddition.

Entre trahisons, tensions politiques et dilemmes moraux, le Japon vit les 24 heures les plus décisives de son histoire moderne !

Dans ce tome unique adapté du best-seller de Kazutoshi Handô , Yukinobu Hoshino, auteur de 2001 Night Stories (Glénat) et Blue Hole (Pika), livre un thriller historique aussi rigoureux que palpitant !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « 14 août 1945 – Le jour le plus long du Japon »

Le manga sortira en février 2026.

La Guerre éternelle – Tome 3 – Major Mandella 2203/3177

Album publié en 1989 aux Editions Dupuis.


Adapté du roman « The Forever War« de Joe Haldeman publié pour la première fois en décembre 1974.

couverture bd Tome 3 Major Mandella 2203/3177

Promu major et à la tête de sa propre compagnie, William Mandella retrouve Marygay Potter qui vient de donner naissance à un fils, un enfant conçu dans un lointain passé qui nait au 32ème siècle.
Ensemble, ils sont affectés sur une planète reculée des confins de l’humanité, Middle Finger, un avant-poste stratégique que l’armée terrienne doit absolument défendre contre l’ennemi Tauran.

Mandella, maintenant âgé de 412 ans mais ayant l’apparence d’un homme dans la quarantaine, n’a pratiquement jamais vu les Taurans qu’il combat depuis un millénaire. Les technologies qu’il maîtrisait ne signifient plus rien, le fossé entre sa formation de physicien et le présent s’étend sur des millénaires, comme celui qui sépare Galilée d’Einstein. Le conflit spatial qui dure depuis 1143 ans s’est transformé en une guerre d’usure sans fin, une succession de batailles sanglantes dénuées de sens.

Dans ce dernier tome, Joe Haldeman et Marvano concentrent leurs efforts sur les véritables batailles spatiales, longues, meurtrières, et sans gloire aucune. La vision graphique reste aussi sombre et désolée. Mandella et Marygay sont désormais les seuls survivants de leur unité initiale. Leur amour, leur seul point d’ancrage, devient leur plus grande fragilité…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre éternelle – Tome 3 – Major Mandella »

Le dernier tome de cette trilogie Marvano/Joe Haldeman est une conclusion impitoyable. Mandella, maintenant major et commandant une compagnie entière, a 412 ans mais en paraît 40. ​

Ce qui frappe d’abord, c’est que Joe Haldeman concentre enfin l’action sur de véritables batailles spatiales. Pas de suspense héroïque : des massacres sanglants, répétitifs, dénués de sens. Les combattants tombent pour des planètes dont personne ne comprend l’utilité stratégique. Chaque victoire rapproche simplement les soldats de la victoire suivante, dans une boucle infinie. Mandella, seul survivant de sa première unité avec Marygay, découvre que l’amour, sa dernière ancre humaine, peut être transformé en arme contre lui par une dernière mutation du conflit.

extrait bd Tome 3 Major Mandella 2203/3177

Graphiquement, Marvano maintient son parti pris d’austérité visuelle. Les vaisseaux de guerre sont gris, les explosions sans éclat, les morts sans dignité. Ce refus de spectaculaire renforce l’horreur quotidienne du conflit. Tout cela fonctionne pour montrer comment la guerre broie les individus en poussière.

La véritable force du tome réside dans son dénouement : une révélation cynique et brillante sur l’absurdité absolue du conflit. C’est une fin qui refuse le réconfort du lecteur. La Guerre éternelle s’achève non pas en apothéose, mais en constat d’échec collectif.

Une trilogie majeure de science-fiction en BD, sans compromis.

La Guerre éternelle – Tome 2 – Lieutenant Mandella 2020/2203

Album publié en 1989 aux Editions Dupuis.


Adapté du roman « The Forever War » de Joe Haldeman publié pour la première fois en décembre 1974.

couverture bd La Guerre éternelle - Tome 2 - Lieutenant Mandella

Après l’expérience du feu et un premier combat ayant mis en déroute l’ennemi, les survivants du groupe reviennent sur Terre près de 25 ans après leur départ. Bien que seuls huit mois se soient écoulés pour Mandella et ses camarades en raison du décalage temporel relativiste, une décennie a passé sur Terre.

À travers ce récit, Haldeman expose de façon très ingénieuse le retour à la vie quotidienne des soldats après la guerre et leur dure adaptation dans une société qui a radicalement changé. La Terre n’est plus celle qu’ils ont quittée : c’est un monde devenu dystonique, régimenté, où le gouvernement contrôle l’emploi, la nourriture et la médecine.
Mandella et son compagnon Marygay Potter, incapables de s’adapter à ce nouvel univers hostile, décident de se réengager dans l’UNEF (United Nations Exploratory Force).

Promu lieutenant, Mandella commande désormais des soldats et affronte de nouveaux défis militaires et personnels. Le paradoxe temporel continue de les séparer inexorablement de l’humanité qu’ils cherchent à protéger, amplifiant la sensation d’isolement et d’absurdité existentielle au cœur du récit.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre éternelle – Tome 2 – Lieutenant Mandella »

Le deuxième tome de Marvano et Joe Haldeman va droit au cœur du sujet : le vrai drame, ce n’est pas la bataille spatiale, c’est le retour. Mandella revient sur Terre après huit mois de voyage à la vitesse lumière. Problème : dix ans se sont écoulés sur la planète.

Sa mère a vieilli d’une décennie. Son frère est devenu un vieillard. Les villes ne ressemblent plus à rien. Pire encore, la société s’est transformée en cauchemar bureaucratique : le gouvernement contrôle tout : l’emploi, la nourriture, les relations. Mandella découvre qu’il ne peut pas s’adapter. Sa solde est tellement taxée qu’il ne peut rien faire d’autre que de se réengager. L’armée l’a piégé : c’est l’unique issue.

Là réside la vraie force du scénario. Joe Haldeman ne cherche pas à nous étonner avec des explosions spatiales. Il décortique l’aliénation psychologique d’un soldat qui n’a plus sa place nulle part. Mandella et Marygay Potter tentent de trouver refuge dans leur amour, mais même ça devient compliqué dans un système qui remodèle constamment la réalité.

extrait bd La Guerre éternelle - Tome 2 - Lieutenant Mandella

Visuellement, Marvano maintient sa ligne : des teintes gris-bleu, un trait économe, peu de fantaisie. Une scène de repas en famille devient aussi angoissante qu’un combat. Rien de gratuit, tout au service de l’histoire.

Ce tome confirme que la série ne raconte pas une guerre spatiale classique. C’est une réflexion sombre sur le prix humain du militarisme et sur la façon dont le temps s’écoule différemment selon qui tu es. Belle BD de science-fiction.

La Guerre éternelle – Tome 1 – Lieutenant Mandella 2010/2020

Album publié en 1988 aux Editions Dupuis.


Adapté du roman « The Forever War« de Joe Haldeman publié pour la première fois en décembre 1974.

couverture bd La Guerre éternelle - Tome 1 - Lieutenant Mandella 2010/2020

Un commando militaire débarque sur une planète pour détruire une base opérationnelle ennemie dont il ignore tout.
Tenaillé par la peur, placé en état de « postsuggestion hypnotique » afin d’activer ses réflexes de haine, les soldats se livreront au massacre absurde d’un peuple pacifique.
Le récit poignant d’une guerre sale, qui transpose dans le cadre de la science-fiction le conflit vietnamien.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre éternelle – Tome 1 – Lieutenant Mandella »

Marvano et Joe Haldeman signent une adaptation graphique remarquable du roman fondateur de Haldeman. Adapté par celui qui a connu la guerre du Viêt-Nam, ce récit transpose avec force l’absurdité du conflit en univers futuriste.

Le premier tome suit William Mandella, scientifique enrôlé de force dans l’armée terrienne pour combattre les Taurans, une race extraterrestre mystérieuse. L’intrigue repose sur un paradoxe fascinant : les soldats voyagent à vitesse lumière et ne vieillissent que de quelques mois, tandis que des années s’écoulent sur Terre. Mandella devient progressivement un étranger dans son propre temps. Ce décalage temporel n’est pas qu’un artifice : c’est le cœur du roman, bien plus que les combats spatiaux.

extrait bd La Guerre éternelle - Tome 1 - Lieutenant Mandella 2010/2020

Graphiquement, Marvano privilégie un trait réaliste et épuré. Une austérité qui renforce la froideur du monde militaire. Les scènes de combat frappent par leur crudité notamment le massacre des Taurans au premier contact. Le découpage affirme une maîtrise technique certaine. Les machines de guerre, minutieusement dessinées, côtoient des paysages minéraux.​

Le scénario s’attaque aussi à des thèmes qui résonnent encore : la propagande d’État, la censure de l’information, et surtout l’absurdité d’une armée hyper-technisée où les soldats combattent à l’épée. C’est une critique en règle de la machine militaire et de son indifférence aux individus.

Cette bande dessinée reste une référence incontournable en science-fiction. Une très belle adaptation en BD d’un roman qui mérite d’être redécouvert.