Catégorie : Histoire

L’Alsace à tout prix ! – Tome 1

Album publié en 2014 aux éditions du Signe.


Résumé éditeur

couverture bd L’Alsace à tout prix ! - Tome 1

Cette bande dessinée retrace les principaux combats ayant eu lieu en Alsace en 1914 et 1915 (libération d’Altkirch et de Thann, prises de Mulhouse, de Munster, batailles du Val de Liepvre (jusqu’à Sainte-Marie-aux Mines), de l’Hartmannswillerkopf et du Linge) tant du côté français que du côté allemand.


Nous y découvrons également certains aspects de la vie quotidienne des Alsaciens pendant cette période.


De grandes figures historiques alsaciennes et nationales évoquent avec force la Grande Guerre dans les deux départements.


Un cahier historique de 16 pages complète cet ouvrage en apportant le regard original d’historiens renommés comme Jean-Noël Grandhomme, Florian Hensel, Thérèse Puppinck.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Alsace à tout prix ! – Tome 1 »

« L’Alsace à tout prix ! – Tome 1« , de Jean Paillot et Frédéric Garcia, s’affirme comme une bande dessinée historique singulière qui explore la complexité des identités alsaciennes durant la Première Guerre mondiale. À travers une narration soignée et des personnages profondément ancrés dans leur contexte, cette œuvre éclaire les tensions et les déchirements vécus par une population prise entre deux nations.

La grande force de cet album réside dans son engagement à représenter fidèlement les événements tragiques qui ont marqué la région de l’Alsace. Loin des récits héroïques classiques, le scénario de Paillot met en lumière les dilemmes moraux et les loyautés contradictoires de ses personnages.

extrait bd L’Alsace à tout prix ! - Tome 1

Sur le plan graphique, Frédéric Garcia apporte une rigueur documentaire à ses illustrations, renforçant ainsi la dimension historique de l’œuvre. Les paysages de l’Alsace, magnifiquement restitués, servent de toile de fond à un récit où chaque coup de pinceau semble murmurer les douleurs passées de cette terre meurtrie.

Toutefois, si l’approche régionale confère à l’album une authenticité indéniable, elle peut également limiter son universalité, rendant l’œuvre moins accessible à un public non familier des particularités alsaciennes.

Malgré cela, « L’Alsace à tout prix ! – Tome 1 » reste une lecture incontournable pour les passionnés d’histoire et de bande dessinée, offrant un témoignage poignant sur une époque où l’identité se forgeait dans le sang et le sacrifice.


Malgré-Nous

Album publié en 2022 aux éditions du Signe.


Résumé éditeur

Le 22 juin 1940, La France capitule devant l’Allemagne et signe l’armistice qui ne précise dans aucune de ses clauses le sort réservé à l’Alsace et à la Moselle.
Et pourtant… Le 4 juillet 1940, l’ancienne frontière franco-allemande telle que tracée par Bismarck en 1871 est rétablie.
Le 2 août 1940, l’Alsace et la Moselle cessent d’être un territoire français et deviennent des provinces d’origine allemande. La Moselle est rattachée au Gau (territoire administratif) de Sarre Palatinat, et l’Alsace au pays de Bade.
Alors commence la germanisation de nos trois départements : l’adhésion obligatoire à la « Jeunesse Hitlérienne » pour les garçons et les filles, l’instauration du Service National du Travail, le RAD – Reichsarbeitsdienst -, et enfin, en août 1942, l’incorporation dans l’armée allemande.

Au mépris de toutes les lois internationales et de celles de l’honneur, 103 000 Alsaciens, 31 000 Mosellans et 21 000 femmes de nos trois départements vont être contraints d’endosser l’uniforme allemand. On les appellera les « Malgré-Nous ».C’est l’histoire tragique que ces femmes et ces hommes ont vécue il y a quatre-vingt ans, que nous nous proposons de retracer dans cet ouvrage.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Malgré-Nous »

La bande dessinée Malgré-Nous de Charly Damm et François Abel nous emmène à travers différents lieux emblématiques qui marquent les étapes du périple tragique des jeunes Alsaciens et Mosellans enrôlés de force dans l’armée allemande.

Dès les premières pages, le lecteur est plongé dans l’atmosphère oppressante de l’Alsace annexée par le Troisième Reich, où les conscrits sont arrachés à leur terre natale. Les rues et villages, dessinés avec un réalisme poignant par François Abel, restituent l’ambiance lourde et tendue de cette région, partagée entre sa culture française et son incorporation forcée dans l’Allemagne nazie.

Le récit nous entraîne ensuite sur le front de l’Est, où la brutalité des combats et les conditions extrêmes sont dépeintes avec une intensité visuelle qui laisse peu de place à l’imagination. Les tranchées, les campagnes enneigées de Russie, et les paysages désolés deviennent des personnages à part entière, symbolisant à la fois l’horreur de la guerre et l’isolement des soldats. Abel parvient à capturer l’hostilité de ces lieux, renforçant le sentiment de perdition qui hante les protagonistes.

Enfin, le retour dans une Alsace en ruines, libérée mais défigurée, ne marque pas pour autant la fin du calvaire. Les lieux de mémoire, les cimetières militaires et les monuments en hommage aux victimes soulignent la persistance des blessures. Cette dernière partie de la BD illustre le déchirement identitaire et la difficulté de retrouver une place dans une société marquée par la guerre et les trahisons.

Cette BD est une œuvre puissante et évocatrice. MalgréNous se distingue ainsi comme une BD essentielle pour sa dimension historique.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

L’Alsace déracinée

Album publié en 2021 aux éditions du Signe.


Résumé éditeur

couverture bd L’Alsace déracinée

Ni les paroles pleines de bonnes intentions, ni les ouvrages de la ligne Maginot construits sur 1 500 kilomètres le long des frontières nationales n’empêcheront l’Allemagne d’envahir la France.

L’Alsace, comme sa voisine la Moselle, va connaître une des pages les plus sombres de son histoire, celle de l’occupation allemande nazie.
Le 1er septembre 1939, devant l’imminence de la guerre, les habitants des localités alsaciennes situées le long de la frontière avec l’Allemagne sont évacués. 374 000 Alsaciens provenant de 107 communes bas-rhinoises prennent la direction du sud-ouest de la France, principalement en Dordogne, en Haute-Vienne et dans l’Indre.
Ceux des 79 communes haut-rhinoises sont évacués vers le Gers, la Haute-Garonne et les Landes.

Après l’armistice de juin 1940, une question se pose à ces réfugiés : rester dans les départements d’accueil ou rentrer au pays ?
Ceux qui rentrent assistent alors à la défrancisation et à la nazification de l’Alsace ainsi qu’à l’expulsion des juifs, tsiganes, communistes, syndicalistes, religieux et de tous ceux qui « n’entrent pas dans l’idéologie nazie.
C’est l’histoire de ces Alsaciens évacués, expulsés, réfugiés que « Lisel » vous propose de raconter dans ces pages.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Alsace déracinée »

L’Alsace déracinée est une œuvre qui s’inscrit dans la tradition des récits graphiques mémoriels, abordant des sujets historiques avec une sensibilité à la fois didactique et émotionnelle. Scénarisée par Charly Damm et illustrée par Jean-Marie Cuzin, cette bande dessinée raconte le drame des Alsaciens expulsés de leur terre natale durant la Seconde Guerre mondiale, un épisode souvent méconnu mais pourtant marquant.

À travers des illustrations aux couleurs froides et une mise en scène soignée, Cuzin parvient à capturer la tristesse et la résilience de ces familles déracinées. Les planches, sans être révolutionnaires sur le plan artistique, se montrent efficaces pour ancrer le lecteur dans cette période troublée, où chaque visage exprime la douleur de l’exil.

Le scénario, bien documenté, ne se contente pas de relater des faits historiques ; il parvient à humaniser le récit en se concentrant sur le choc culturel et les défis auxquels ces Alsaciens ont dû faire face dans leur nouvelle vie. La dimension historique est renforcée par l’inclusion d’un chapitre dédié aux Juifs alsaciens et au camp du Struthof, ajoutant une profondeur supplémentaire à l’œuvre.

Cette bande dessinée réussit à éveiller la conscience du lecteur sur un chapitre oublié de l’histoire française, tout en offrant un hommage digne et respectueux aux victimes de cette tragédie.

L’Alsace déracinée se distingue par sa rigueur historique et son engagement à faire revivre un passé douloureux, tout en étant accessible à un large public.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Morts par la France – Thiaroye 1944

Album publié en 2018 aux éditions Les Arènes.


Résumé éditeur

couverture bd Morts par la France - Thiaroye 1944

«  LʼHistoire est une compagne de voyage intransigeante et parfois impitoyable… Elle vous fait prendre des chemins escarpés, des sentiers semés de pièges, d’embuches et de déceptions. Celle que je mʼapprête à vous raconter a été trop longtemps dissimulée. Enfouie sous des tonnes de mensonges, sous des tombereaux d’hypocrisie. Mais la vérité est comme la vie, elle trouve toujours un chemin.« 


Le 1er décembre 1944 à Thiaroye, au Sénégal, lʼarmée coloniale française ouvre le feu et assassine des centaines de soldats « indigènes », anciens prisonniers de guerre.
Depuis, lʼÉtat français ment sur cet épisode tragique et nie ce meurtre de masse.
Armelle Mabon, historienne, se bat depuis vingt ans pour rétablir la vérité.
Morts par la France rend hommage à ces soldats oubliés et tente de réhabiliter leur honneur bafoué.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Morts par la France – Thiaroye 1944 »

Avec « Morts par la France« , Pat Perna et Nicolas Otéro proposent une œuvre à la croisée du documentaire et de la bande dessinée, où l’engagement se mêle à une esthétique soignée pour révéler un pan sombre et souvent occulté de l’histoire coloniale française.

Le massacre de Thiaroye, point central du récit, est abordé à travers une narration captivante qui alterne entre les recherches acharnées de l’historienne Armelle Mabon et les événements tragiques de 1944. Ce choix permet d’éclairer les faits tout en maintenant une tension dramatique qui transporte le lecteur. Le scénario, rigoureux sans être aride, plonge dans les méandres de l’omerta et de la manipulation institutionnelle.

extrait bd Morts par la France - Thiaroye 1944

Le trait de Nicolas Otéro, à la fois expressif et précis, accentue la gravité des situations tout en humanisant les protagonistes. Les couleurs, souvent sombres, accompagnent parfaitement le ton de l’ouvrage, renforçant l’impact émotionnel.

« Morts par la France » est un outil pédagogique qui met en lumière les injustices infligées aux tirailleurs sénégalais. Les auteurs réussissent à créer une œuvre marquante, à la fois bouleversante et instructive, qui interpelle sur les responsabilités historiques et les silences d’un passé colonial complexe.

Une lecture qui se devrait incontournable pour quiconque s’interroge sur l’Histoire et les droits humains.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Le Combat des Justes – Six récits de résistance

Album publié en 2014 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

couverture bd Le Combat des Justes - Six récits de résistance

Après les témoignages des enfants juifs cachés, l’histoire de ceux qui les ont sauvés.

Six « Justes parmi les nations », des héros bien connus des historiens mais trop peu du grand public.

L’abbé Glasberg, les habitants du Chambon- sur-Lignon, le consul du Portugal…

Autant d’hommes et de femmes dont le récit authentique et touchant exprime l’humanité qui subsiste dans les événements les plus tragiques.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Combat des Justes – Six récits de résistance »

« Le Combat des Justes – Six récits de résistance » est une œuvre graphique marquante qui rend hommage à des figures méconnues de la Seconde Guerre mondiale. À travers six récits distincts, Philippe Thirault et une équipe de dessinateurs nous plongent dans les histoires de résistants ayant risqué leur vie pour sauver des juifs, leur conférant le titre de « Juste parmi les Nations ».

Chaque récit débute par une introduction biographique, suivie d’une représentation visuelle singulière, capturant les différentes facettes du courage et de l’humanité. Si on peut pointer du doigt une narration parfois trop condensée, ce choix semble réfléchi pour illustrer la diversité des actions et la multiplicité des héros anonymes de l’époque. Les dessins, variant entre noir et blanc et couleurs, renforcent cette diversité tout en apportant une dimension émotionnelle distincte à chaque histoire.

extrait bd Le Combat des Justes - Six récits de résistance

Cette diversité graphique peut parfois créer une expérience inégale. On ressent un déséquilibre entre la richesse des récits et leur mise en image, certains détails visuels semblant occulter l’essence des actions héroïques.

« Le Combat des Justes » est une bande dessinée à la fois didactique et touchante, réussissant à mettre en lumière des histoires essentielles tout en invitant à la réflexion sur la notion de courage et de solidarité humaine.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

La Guerre de 39/45 – Histoire Juniors

Album publié aux éditions Hachette en 1980.


couverture bd La Guerre de 39 45 - Histoire Juniors

Charlemagne, Marco Polo, Louis XIV, Pasteur, la Guerre de 39/45…
Qui ne connaît pas ces noms ou ces événements célèbres ?


Mais savez-vous exactement à quelle époque ces personnages illustres ont vécu et à quel moment se sont déroulés ces événements célèbres ?


Les ouvrages de cette collection vous renseigneront utilement par le texte et par l’image sur les grands hommes et les grands événements qui ont fortement marqué l’Histoire.


Ils vous apprendront aussi comment les gens s’habillaient, comment ils vivaient et travaillaient aux différentes époques de cette Histoire.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre de 39/45 – Histoire Juniors »

« La Guerre de 39/45 » de Jean Mathiex et Daniel Picard est une bande dessinée ambitieuse qui se distingue par sa volonté d’éduquer les jeunes lecteurs sur la Seconde Guerre mondiale.

À travers des illustrations soignées et un récit clair, l’œuvre parvient à rendre accessible une période historique complexe.

Mathiex excelle dans l’art de la vulgarisation, simplifiant des événements tout en conservant leur essence factuelle. Le trait de Picard, précis et évocateur, capte l’attention des jeunes tout en offrant une immersion visuelle dans l’époque.

La pédagogie est clairement le point fort de cette bande dessinée, la rendant idéale pour une première approche de la guerre pour les enfants.

« La Guerre de 39/45 » est un outil précieux pour l’éducation historique des jeunes, mariant pédagogie et illustration avec brio.

Rose Valland, capitaine Beaux-Arts

Bande dessinée publiée en 2009 aux éditions Dupuis.


Récit d’un acte individuel de résistance à l’occupant, devenu la mission d’une vie.

couverture bd Rose Valland, capitaine Beaux-Arts

Dès le début de l’occupation, Rose Valland, attachée de conservation au Jeu de Paume, recense dans le plus grand secret les œuvres volées aux Juifs, stockées là en attendant d’être acheminées en Allemagne.

En 1945, avant même la signature de l’armistice, elle part à la recherche des œuvres volées, pour les ramener et les restituer à leurs propriétaires. On estime aujourd’hui qu’elle est à l’origine du sauvetage de plus de la moitié du patrimoine culturel juif, dès l’immédiat après-guerre.

La première partie de l’album retrace en bande dessinée la vie de Rose Valland, la deuxième partie est une chronologie détaillée et très richement illustrée de photos et documents inédits d’époque.
– « Un vrai coup de coeur, un livre pédagogique, instructif et passionnant. Cette BD est formidable » – Olivia de Lamberterie (France 2 – Télé Matin)


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Rose Valland, capitaine Beaux-Arts »

« Rose Valland, capitaine Beaux-Arts » est une bande dessinée biographique qui illumine la vie et les exploits d’une figure méconnue de la Seconde Guerre mondiale. À travers un récit captivant et une documentation rigoureuse, l’ouvrage offre une plongée fascinante dans le monde de l’art sous l’occupation nazie.

Le talent du duo Claire Bouilhac et Emmanuelle Polack au scénario, combiné aux dessins expressifs de Catel, donne vie à l’histoire de Rose Valland, une conservatrice d’art française qui a risqué sa vie pour documenter les vols d’œuvres d’art par les nazis. On est rapidement immergé dans l’atmosphère oppressante de l’époque, avec des illustrations poignantes qui capturent à la fois la beauté des œuvres et la gravité des événements.

extrait Rose Valland, capitaine Beaux-Arts

Cependant, il y a une limitation notable : la partie bande dessinée de vingt pages semble trop brève pour rendre pleinement justice à l’ampleur de la mission de Valland. Cette concision laisse le lecteur sur sa faim, désireux d’en savoir plus sur cette héroïne exceptionnelle. En revanche, la deuxième partie du livre, riche en photographies et documents d’époque, compense partiellement ce manque en apportant une dimension historique précieuse et approfondie.

Malgré cette réserve, « Rose Valland, capitaine Beaux-Arts » demeure une œuvre indispensable pour les amateurs d’histoire et d’art. . Un hommage vibrant et éducatif qui souligne l’importance de la mémoire historique et culturelle.

Cette bande dessinée réussit le pari de rendre accessible une page méconnue de l’histoire.

Agricola 

Album publié aux éditions Rue d’Ulm en 2022.


Adapté de l’œuvre De vita Agricolae de Tacite écrite en 98.

couverture bd Agricola

Un empereur, un général, un historien… Trois destins se croisent dans l’Europe des débuts de notre ère. Au même moment, aux frontières, la guerre sévit contre les barbares. L’Empire romain va-t-il enfin triompher une fois pour toutes des Britanniques ? La résistance s’organise chez ces habitants des confins du monde connu, les derniers à être libres. Mais l’île n’est pas l’unique théâtre d’une lutte sans merci… 

L’aventure d’Agricola se poursuit à Rome. Le fil de sa destinée n’a jamais cessé de s’y tramer. L’ancien gouverneur de Grande-Bretagne finit-il empoisonné par Domitien ?

Avec une lucidité mordante, son gendre, le grand historien Tacite (vers 55-vers 120 après J. -C.) livre son propre témoignage, rendu ici dans la langue d’aujourd’hui.

Nourri des dernières avancées de la recherche en études anciennes, cet album puise dans l’iconographie du monde romain mais emprunte aussi aux époques ultérieures quelques représentations familières pour transposer le De vita Agricolae pour la première fois en images.

L’album proprement dit (90 pages) est complété d’un dossier qui comprend un guide alphabétique de l’univers de Tacite (40 pages) et le texte bilingue latin-français de l’Agricola (texte Woodman de Cambridge et traduction nouvelle).


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Agricola »

La bande dessinée Agricola se distingue par sa capacité à ressusciter une figure historique méconnue. Adaptée de l’œuvre de Tacite, cette bande dessinée plonge le lecteur au cœur des luttes de pouvoir romaines, à travers le regard de Cnaeus Julius Agricola, un général dont le destin est profondément marqué par les intrigues politiques de son époque.

Édouard Michel et Sacha Cambier de Montravel, respectivement au scénario et au dessin, déploient un talent remarquable pour marier rigueur historique et narration visuelle. Les illustrations, imprégnées d’une iconographie romaine authentique, parviennent à rendre palpable la grandeur et la décadence de l’Empire romain, tout en offrant une modernité stylistique qui capte l’attention du lecteur contemporain.

extrait Agricola

Cependant, la densité du contenu historique peut, à certains moments, alourdir le récit, rendant la lecture moins fluide pour ceux qui ne sont pas familiers avec le contexte historique de l’époque. Cela n’enlève rien à la qualité de l’œuvre qui, par son approche érudite, invite à une réflexion profonde sur le pouvoir et la mémoire, thèmes universels qui résonnent bien au-delà des frontières de la Rome antique.

Agricola n’est pas seulement une œuvre de divertissement, mais un véritable objet d’étude qui ravira tant les passionnés d’histoire que les amateurs de bande dessinée.

Robert 1944 – De Roubaix à Amiens, les derniers mois d’un résistant…

Album publié en 2015 aux éditions Les Lumières de Lille.


Résumé éditeur

couverture bd Robert 1944 - De Roubaix à Amiens, les derniers mois d'un résistant...

Robert 1944 est un travail de mémoire familiale mais aussi le récit de l’occupation de Roubaix et un épisode tragique de la résistance dans la région d’Amiens racontés dans un roman graphique de plus de 150 planches.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Robert 1944 – De Roubaix à Amiens, les derniers mois d’un résistant… »

Jean-Michel Vanweydeveldt signe avec Robert 1944 une bande dessinée poignante qui plonge le lecteur dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale à travers le regard d’un résistant.
Inspirée d’une histoire vraie, l’œuvre rend hommage à ces héros de l’ombre tout en explorant les dilemmes moraux et les sacrifices qu’impose la lutte pour la liberté.

Le récit, centré sur Robert, un jeune résistant du Nord de la France, mêle habilement faits historiques et introspection personnelle. Les thèmes de la camaraderie, du courage face à l’oppression et du poids des choix résonnent avec force. Robert, loin d’être un héros idéalisé, est présenté avec ses doutes et ses failles, ce qui le rend profondément humain.

extrait bd Robert 1944 - De Roubaix à Amiens, les derniers mois d'un résistant

Le style graphique réaliste et précis de Jean-Michel Vanweydeveldt renforce l’impact émotionnel de l’histoire. Les décors minutieusement détaillés restituent l’atmosphère oppressante de la France occupée.

Une lecture essentielle pour ne jamais oublier le prix de la liberté.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Moi, Cléopâtre, dernière reine d’Égypte

Bande dessinée publiée en 2025 aux éditions Dargaud.


couverture bd Moi, Cléopâtre, dernière reine d'Égypte

Kleopatra Philopator, septième du nom, fut la dernière reine d’Égypte. D’elle, nous avons retenu son nez aquilin, ses charmes vénéneux qui ont envoûté César et Marc Antoine, et ses manigances meurtrières.
Nul ne semble pourtant se souvenir qu’elle parlait dix langues et avait lu tous les philosophes. La vérité à son propos n’aurait-elle pas été tronquée par l’Histoire ?


Vingt siècles après son règne, la reine est sortie de son mausolée, et nous la retrouvons assise face à la baie d’Alexandrie, contemplant son royaume englouti. Elle n’a pas d’ombre face au soleil levant : c’est normal, elle n’est qu’un souvenir. Une version fantomatique d’elle-même, non dénuée d’humour, qui papote avec son singe fétiche embaumé.
C’est sous ainsi sous la forme loufoque d’une reine revenante qu’Isabelle Dethan, avec la précision d’une historienne et la créativité d’une artiste, offre à cette grande femme la possibilité de nous conter sa véritable histoire.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Moi, Cléopâtre, dernière reine d’Égypte »

Isabelle Dethan livre avec Moi, Cléopâtre, dernière reine d’Égypte un portrait saisissant de la dernière souveraine ptolémaïque, loin des clichés et des fantasmes véhiculés par l’histoire officielle et la culture populaire.
S’appuyant sur une documentation rigoureuse, l’autrice choisit la voix de Cléopâtre elle-même pour déconstruire la légende, offrant une biographie à la première personne qui embrasse la complexité d’une femme érudite, stratège et profondément humaine.

La bande dessinée se distingue par une approche narrative originale : Cléopâtre, revenue d’entre les morts, contemple le XXIe siècle et confronte l’image réductrice que l’on a retenue d’elle (son nez, ses amours), dialoguant avec humour avec son singe et la momie de Khéops, son confident.
Ce dispositif permet à Isabelle Dethan d’explorer les multiples facettes de la souveraine : héritière d’une dynastie grecque, femme de pouvoir dans un monde d’hommes, mère, amante, mais aussi victime et actrice des jeux politiques et familiaux. 
La narration, fluide et ponctuée de touches d’humour, alterne entre introspection, fresque historique et réflexion sur la mémoire et la transmission.

extrait bd Moi, Cléopâtre, dernière reine d'Égypte

Graphiquement, l’album impressionne par la finesse de son trait et la richesse de ses détails. Isabelle Dethan excelle à recréer l’atmosphère de l’Égypte antique, usant de couleurs directes à l’aquarelle : des teintes sépia pour le présent spectral de Cléopâtre, des couleurs vives pour les souvenirs. La mise en page, élégante, sert la narration sans jamais l’alourdir, et chaque planche révèle le plaisir de l’autrice à restituer décors, costumes et lumières de l’Antiquité.

Moi, Cléopâtre est une réussite majeure, tant par la justesse de son propos que par la beauté de la BD. Le récit, accessible et profond, séduira les amateurs d’histoire, d’égyptologie et de portraits de femmes. Isabelle Dethan redonne à Cléopâtre sa voix, sa complexité et son humanité : une relecture brillante et nécessaire d’un destin trop souvent travesti par la légende.