Catégorie : Classique Du 20ème Siècle

Nausea

Album publié en 2011 aux éditions Cornelius.


Résumé éditeur

Inspiré partiellement du roman La nausée de Jean-Paul Sartre publié en avril 1938.

couverture bd Nausea

Ce nouveau volume de l’anthologie Robert Crumb rassemble des histoires publiées dans le magazine Weirdo, créée avec sa femme, Aline Kominsky, au début des années 80.
Elles marquent une évolution du dessinateur vers un style plus réaliste et plus sombre. Crumb y pastiche les Classic Illustrated qui prétendaient donner un vernis de culture aux comics en adaptant en bande dessinée des monuments de la littérature.
Ses Klassic Komics utilisent l’imagerie crue et brutale des comics des années 50 pour rendre la violence et le désespoir d’oeuvres littéraires qui le touchent personnellement, comme La Nausée de Sartre ou la biographie de Jelly Roll Morton.
Philip K. Dick, Sartre ou Boswell, chacun d’eux représente un aspect de Crumb, qui réalise ici un passionnant autoportrait éclaté. Mais l’ironie n’est jamais loin. Les escapades sexuelles de Boswell, traitées à la façon de Hogarth, sont l’occasion de ridiculiser le décalage entre les prétentions intellectuelles de l’homme et ses pulsions charnelles.

Mais c’est avec un sérieux et une compassion inattendues que Crumb reprend 16 des 238 cas de perversions sexuelles recensés par le Psychopathia sexualis : Étude médico-légale à l’usage des médecins et des juristes du baron psychiatre von Krafft-Ebing. Le lecteur retrouvera aussi le Crumb érotomane avec Bad Karma, fantasme en roue libre, oscillant entre désir de puissance et haine de soi, et un hommage étonnant à Bécassine, qui entre ainsi dans le Panthéon masturbatoire de Robert Crumb. Nausea est incontestablement l’un des meilleurs volumes de cette anthologie.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Nausea »

Nouveau volume de l’anthologie que l’éditeur consacre à Robert Crumb, ce recueil rassemble des histoires parues dans Weirdo, la revue que le dessinateur américain avait fondée avec son épouse Aline Kominsky au début des années 1980. Figure fondatrice de la bande dessinée underground, Robert Crumb y aborde une période où son trait se fait plus réaliste et plus sombre, et où l’autodérision côtoie sans cesse la provocation.

Le fil le plus stimulant de ce volume tient à ses Klassic Komics, pastiche des Classic Illustrated qui prétendaient jadis anoblir les comics en adaptant les classiques. Robert Crumb en retourne le principe, employant l’imagerie crue des comics des années 1950 pour restituer la violence et le désespoir d’œuvres qui le touchent, dont La Nausée de Sartre à laquelle le titre fait écho. Le recueil fonctionne ainsi comme un autoportrait éclaté, où Philip K. Dick, Sartre ou le mémorialiste Boswell renvoient chacun une facette de l’auteur. L’ironie reste constante, notamment lorsque les frasques de Boswell servent à moquer l’écart entre prétentions intellectuelles et pulsions. Plus inattendue, la reprise de plusieurs cas tirés du Psychopathia sexualis de Krafft-Ebing est traitée avec un sérieux et une compassion qui nuancent la réputation sulfureuse du dessinateur.

extrait bd Nausea

Le dessin de Robert Crumb, à la hachure dense héritée de la gravure, alterne la caricature grimaçante et une minutie presque documentaire. Cette virtuosité graphique donne à ses obsessions une force indéniable.

L’ouvrage s’adresse à un lectorat adulte, amateur de bande dessinée underground et de l’œuvre de Robert Crumb.

Papier tue-mouches

Album publié en 2018 aux éditions La Table Ronde.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Dashiell Hammett publié en aout 1929.

« J’ai choisi Papier tue-mouches à la fin de l’année 1975 parmi une liste de projets de livres qui m’avaient intéressés autrefois (…).
Ce qui me plaisait le plus avec Papier tue-mouches, c’est que tout y était un peu miteux, presque ordinaire. Les protagonistes ne sont ni très pauvres, ni très riches, les détectives ne sont pas des surhommes, et du côté des criminels, il n’y a rien d’extravagant non plus. Ça m’intéressait de savoir s’il était possible de raconter l’histoire sur environ 60 à 90 pages en utilisant à chaque fois des dessins en pleine page ou des dessins répartis sur une double page, en ajoutant le moins de texte possible sous les images… Presque sept ans plus tard, voilà où j’en étais : les quelques 60 à 90 pages initialement prévues étaient devenues un livre de 288 pages.
 » Hans Hillmann.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Papier tue-mouches »

Célèbre pour ses affiches de films en Allemagne, Hans Hillmann entreprend au milieu des années 1970 un projet singulier, mettre en images une nouvelle de Dashiell Hammett. Ce qui devait tenir en soixante à quatre-vingt-dix planches en réclamera plus de deux cents, achevées après sept années de travail. Le récit, un classique du roman noir, suit un détective lancé sur la trace d’une jeune fille de bonne famille éprise de voyous, dans un monde volontairement miteux où ni les criminels ni les enquêteurs n’ont rien d’extraordinaire.

Le parti pris graphique fait toute la singularité du livre. Hans Hillmann adopte une maquette d’une rigueur absolue, une page ou une double page pour une seule image en noir et blanc, avec le minimum de texte sous les cases. Cette économie, qui rapproche l’objet du cinéma muet autant que du roman-photo, oblige le lecteur à ralentir et à scruter chaque planche comme un enquêteur passant une scène de crime au crible.
La narration passe par les détails, une ombre, un reflet, un objet laissé au second plan, et la lenteur imposée devient le vrai sujet de l’expérience. Art Spiegelman, dans sa préface, souligne combien cet ouvrage antérieur à la notion même de roman graphique en anticipe les ambitions.

extrait bd Papier tue-mouches

Le noir et blanc de Hans Hillmann, fourmillant de matière et de contrastes, tient du fusain autant que de la gravure, et confère à chaque image une densité de tableau.

L’ouvrage s’adresse aux amateurs de roman noir et de bande dessinée expérimentale.

La Guerre des Boutons

Bande dessinée publiée en 2012 aux éditions Vents d’Ouest.


D’après le roman de Louis Pergaud publié en 1912.

couverture  La Guerre bddes Boutons

Des jeux à prendre très au sérieux !

La campagne française, à la fin du XIXe siècle. Comme à chaque rentrée scolaire, entre les deux villages voisins de Longeverne et Velrans, c’est la guerre…
Une guerre terrible, menée par les valeureux Lebrac et l’Aztec du Gué et émaillée de tactiques inédites comme la bagarre tout nu !
En effet, la suprême humiliation des vaincus étant de voir leurs boutons de culotte pillés par les vainqueurs, les courageux soldats sont prêts à tout pour sauvegarder leur honneur…

Ce roman de Louis Pergaud publié en 1912 est l’un des plus célèbres récits d’enfance de la littérature. Il fleure bon l’amitié indéfectible, les bobos sur les genoux et l’encre des porte-plume d’écolier !
En voici une adaptation toute en rondeur, enfantine et potache !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre des boutons »

Christophe Lemoine adapte le roman que Louis Pergaud a publié en 1912, dessiné par Cécile Brosseau et mis en couleurs par Kaori. Entre Longeverne et Velrans, deux villages de campagne, la guerre reprend à chaque rentrée scolaire. Les armées ont dix ans, leurs chefs s’appellent Lebrac et l’Aztec, et le butin consiste à découdre les boutons de culotte des prisonniers, humiliation dont personne ne se relève avant le soir, quand il faut rentrer à la maison tenir son pantalon.

L’adaptation évite le principal piège du roman, cette légende de douce France rurale que le temps a plaquée sur lui. Christophe Lemoine garde la rivalité pour ce qu’elle est, une querelle de clocher héritée des adultes et rejouée par les enfants avec un sérieux militaire. Il conserve aussi le point de vue des gamins, leur langue crue, leurs conseils de guerre et leur organisation. La réduction du roman en quarante-huit pages fait perdre des digressions, mais l’essentiel tient : la peur du père, la solidarité de bande, la cruauté sans méchanceté qui appartient à cet âge.

extrait bd La Guerre des Boutons - éditions Vents d Ouest

Le trait de Cécile Brosseau est rond, doux, tourné vers l’enfance, et c’est ce décalage qui fonctionne. Des visages aussi aimables rendent plus sensibles les genoux écorchés, les gifles et les représailles. Kaori installe des couleurs pastel qui vont dans le même sens, celui d’un souvenir plutôt que d’un reportage.

À conseiller à partir de neuf ou dix ans, aux lecteurs qui ne connaissent le titre que par les films,.


Jeeves – Les aventures d’un valet de chambre

Album publié en 2026 aux éditions Robinson.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle Le Grand handicap du sermon de P.G. Wodehouse publié en juin 1922.

couverture bd Jeeves - Les aventures d'un valet de chambre

Londes, 1922.
Bertie, héritier paresseux, et Jeeves, valet modèle, forment un duo atypique.
Lorsque Bertie reçoit une mystérieuse invitation de ses amis pour un week-end à Twing Hall, il accepte sans hésiter. Sur place, Bertie se laisse entraîner dans une aventure aussi étrange que divertissante.
Entre rivalités et intrigues sentimentales, les protagonistes ne sont pas au bout de leurs surprises.

P.G. Wodehouse (de son nom complet Pelham Grenville Wodehouse, 1881-1975) est un écrivain britannique, considéré comme l’un des maîtres de la comédie littéraire en langue anglaise.
Wodehouse est surtout connu pour ses romans humoristiques pleins de situations absurdes, de jeux de mots et d’un style très élégant et léger.
Ses oeuvres les plus célèbres tournent autour de personnages récurrents, notamment :

  • Bertie Wooster, jeune aristocrate un peu naïf
  • Jeeves, son valet extrêmement intelligent, qui résout toutes les situations.

Il a écrit plus de 90 livres et est toujours très lu aujourd’hui. Il est considéré comme un des plus grands auteurs humoristiques de tous les temps, influençant de nombreux écrivains.

Béjà s’inspire de la nouvelle Le Grand handicap du sermon  pour livrer une intrigue ausis drôle que rétro.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Jeeves – Les aventures d’un valet de chambre »

La BD sortira en octobre 2026.

extrait bd Jeeves - Les aventures d'un valet de chambre

Orlando

Album publié en 2021 aux éditions Misma.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Virginia Woolf publié le 11 octobre 1928.

couverture bd Orlando

« Un murmure, un frisson, l’étrange silence de la nature… »
ORLANDO, jeune poète un peu efféminé, écrit de la poésie au sommet de sa colline, et c’est la seule chose qui compte pour lui.
Un jour sa mère décide de l’envoyer à la cour du roi pour qu’il devienne « un homme digne et viril »…
Si elle savait ! Ayant toujours pour but, et pour guide, l’écriture et la poésie, Orlando va effectuer un voyage initiatique et être confronté à toutes sortes d’aventures et d’expériences surprenantes.
En adaptant à sa sauce le roman ORLANDO de Virginia Woolf, Delphine Panique présente un album léger et drôle, qui mêle à la fois références à la littérature, à la culture populaire et aux récits de voyage tout en questionnant au passage le genre et la sexualité.
Longtemps épuisé, le tout premier album de Delphine Panique chez Misma fait peau neuve dans une nouvelle édition agrémentée de pages en couleurs dans lesquelles l’autrice revient sur son rapport à l’œuvre de Virginia Woolf et sur sa manière si particulière d’adapter ce roman.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Orlando »

Delphine Panique s’empare du roman que Virginia Woolf fit paraître en 1928, cette biographie imaginaire d’un personnage traversant les siècles en changeant de sexe. Le parti pris est annoncé sans détour, il s’agit d’une adaptation très libre, l’autrice s’appuyant sur le souvenir marquant mais flou d’une lecture ancienne plutôt que sur une transposition fidèle. Son Orlando est un jeune poète un peu efféminé, occupé à écrire au sommet de sa colline, que sa mère expédie à la cour du roi pour en faire un homme viril.

Cette méthode produit un livre singulier, moins soumis au modèle qu’en dialogue avec lui. Delphine Panique conserve la structure du roman initiatique et la question centrale du genre, mais y greffe des références à la culture populaire et au récit de voyage, dans un mélange revendiqué. La quête de la poésie parfaite, celle de la sérénité aussi, occupent une place au moins égale à celle de l’identité sexuelle. Le personnage de Sasha, à la fois amante et guide spirituelle, ponctue les pérégrinations d’Orlando de poèmes écrits par Sophie Régnier, qui apportent au récit des respirations lyriques bienvenues. La loufoquerie assumée ne dessert jamais le fond philosophique.

extrait bd Orlando

Le trait de Delphine Panique, très fin et presque timide, installe une atmosphère intimiste où l’étrangeté naît de la retenue plutôt que de l’effet. Le rythme alterne les séquences contemplatives et les échappées comiques, ce qui donne à l’album son caractère d’objet inclassable.

L’ouvrage s’adresse aux lecteurs de Virginia Woolf .

Là-bas

Album publié en 2013 aux éditions Dupuis.


Résumé éditeur

D’après le roman Bleu figuier d’ Anne Sibran  publié le premier avril 1999.

Bientôt l’indépendance.
Alain, pied-noir, employé dans une compagnie d’assurances, doit quitter l’Algérie.
À Paris, il rejoint sa mère et sa femme enceinte. Commence alors une autre vie.
Une vie de grisaille, loin du soleil, des plages de Bab-el-Oued, de la mer tiède.
Loin de là-bas. Une autre vie avec les blessures d’Algérie qui ne se sont pas refermées, avec la peur qui hante encore ses jours et ses nuits, les mystères qui l’entourent et les mensonges qui l’enferment.
Avec les souvenirs de là-bas. Une autre vie, avec une fille désormais. Sa fille, Jeanne, qui met ses pas dans les siens, pour trouver les mots qu’il lui fallait entendre, et lui rendre la vie.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Là-bas »

Adaptation libre du roman Bleu figuier d’Anne Sibran, qui en signe aussi le scénario, Là-bas donne au dessinateur Didier Tronchet l’occasion de quitter le registre humoristique qui l’a fait connaître. L’album raconte l’exil d’Alain, pied-noir contraint de fuir l’Algérie à la veille de l’indépendance pour rejoindre à Paris sa mère et sa femme enceinte, et la lente érosion d’un homme que le déracinement finit par éteindre.

La force du récit tient à son point de vue. C’est Jeanne, la fille d’Alain, qui raconte son père en voix intérieure, mettant ses pas dans les siens pour comprendre un silence et réparer une absence. Anne Sibran évite l’écueil du réquisitoire historique et préfère l’intime, la façon dont les blessures algériennes se transmettent, dont la nostalgie tourne à l’amertume, dont un homme humilié par les préjugés se referme sur lui-même. Le drame collectif des rapatriés affleure sans jamais écraser la chronique familiale.

Didier Tronchet adopte un trait sobre et des aplats de couleurs très lisibles, mais son geste le plus juste réside dans l’usage de la palette. Les ors et les bleus chauds de l’Algérie, ceux du soleil et de la mer de Bab-el-Oued, s’opposent aux gris pluvieux d’un Paris de grisaille. Ce contraste chromatique dit à lui seul la perte, la distance entre un paradis perdu et un exil sans relief.

Anne Sibran et Didier Tronchet signent une chronique douce-amère d’une réelle délicatesse, où l’Histoire se lit à hauteur d’un seul homme.

Le Prophète

Album publié en 2021 aux éditions Contre-dires.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre poétique et philosophique de Khalil Gibran publié le 28 septembre 1923.

L’adaptation graphique du célèbre Prophète de Khalil Gibran !

« Le plaisir est un chant de liberté, mais il n’est pas la liberté. Il est l’épanouissement de vos désirs, mais il n’est pas leur fruit. »

Dans cette adaptation graphique du célèbre Prophète de Khalil Gibran, le conte du prophète Almustafa est entrecroisé avec l’histoire d’une femme qui veille sur son père souffrant.
Le dessinateur de renom, Pete Katz, donne vie à ce recueil de 28 poèmes qui offrent des observations profondes et intemporelles sur de nombreux aspects de la vie – l’amour, la liberté, la douleur, la beauté, la mort… Il remet ainsi ces poèmes au goût du jour pour faire connaître l’un des ouvrages spirituels classiques les plus populaires au monde à une nouvelle génération de lecteurs.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Prophète »

Publié pour porter à un nouveau public l’un des textes spirituels les plus lus au monde, cet album adapte en bande dessinée Le Prophète de Khalil Gibran, recueil de vingt-huit méditations en prose paru en 1923. Le dessinateur Pete Katz met en images le conte d’Almustafa, ce sage qui, sur le point de quitter la cité d’Orphalese après des années d’exil, livre ses enseignements aux habitants venus l’interroger sur l’amour, le travail, la joie ou la mort.

Le parti pris le plus original de Pete Katz consiste à entrelacer ce texte ancien avec une trame contemporaine, celle d’une jeune femme veillant son père malade. Ce contrepoint intime ancre les aphorismes de Khalil Gibran dans une expérience concrète du deuil et de la tendresse filiale. Les paroles du prophète cessent d’être des sentences abstraites pour accompagner une douleur bien réelle, gagnant en résonance ce qu’elles auraient pu perdre en solennité.

Graphiquement, Pete Katz déploie des planches aux couleurs chaudes et à la lumière dorée, évoquant l’Orient méditerranéen cher à Khalil Gibran. Il alterne les grandes compositions symboliques, où le corps et les éléments dialoguent, et des scènes plus feutrées pour la veillée contemporaine. Le trait, souple et lisible, rend accessibles des textes réputés difficiles.

L’album s’adresse aux lecteurs curieux de spiritualité et de poésie, et ceux qui découvriraient Khalil Gibran pour la première fois. Pete Katz réussit une transposition respectueuse et sensible, qui donne chair à une sagesse centenaire sans jamais la figer.

Millénium – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes – Tome 1

Album publié en 2013 aux éditions Dupuis.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Stieg Larsson publié le 24 aout 2005.

couverture bd Millénium - Les hommes qui n'aimaient pas les femmes - Tome 1

Mis à l’écart du magazine Millenium, Mikael Blomkvist est engagé pour reprendre l’enquête sur l’héritière Vanger disparue 44 ans plus tôt.
Le journaliste accepte contre la promesse d’informations sur les cartels suédois. Son chemin croise alors celui de Lisbeth Salander.
Pirate informatique surdouée, experte en close-combat et totalement asociale, Lisbeth applique aux « hommes qui n’aiment pas les femmes » sa propre notion de la justice.
Dès la première page – une impressionnante plongée sur le désespoir de Henrik VangerHoms et Runberg nous embarquent à nouveau dans un thriller ancré dans la réalité suédoise que connaît parfaitement le scénariste pour y travailler une partie de l’année.
L’histoire est mise en scène de façon spectaculaire et invite à voir Millenium comme vous ne l’avez jamais lu.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Millénium – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes – Tome 1 »

Premier volet d’une ambitieuse adaptation en bande dessinée, Millénium, Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes porte à l’image le roman noir de Stieg Larsson, phénomène mondial de la littérature policière. Le scénario est signé Sylvain Runberg, qui connaît bien la Suède pour y vivre une partie de l’année, et le dessin José Homs.

Ce tome d’ouverture installe les pièces du puzzle. Mikael Blomkvist, journaliste du magazine Millénium fragilisé par une condamnation, est engagé par le vieil industriel Henrik Vanger pour élucider la disparition d’Harriet, une adolescente de sa famille évanouie d’une île isolée quarante-quatre ans plus tôt.
En parallèle surgit Lisbeth Salander, hackeuse surdouée au look punk, asociale et insaisissable, qui applique aux hommes violents sa propre justice. Sylvain Runberg tient l’équilibre entre la fidélité au récit et le resserrement qu’impose la bande dessinée, et campe d’emblée la vraie force de l’œuvre : la psychologie de cette héroïne cabossée, dont la révolte face aux violences faites aux femmes irrigue toute l’intrigue. Le titre, loin d’être un ornement, annonce la noirceur d’un livre qui plonge sans concession dans les secrets de famille et la brutalité ordinaire.

Le dessin de José Homs constitue l’atout majeur. Son trait moderne et précis, servi par des cadrages très cinématographiques et une colorisation qui module chaque ambiance, imprime un rythme haletant. L’atmosphère, moins glaciale que celle des romans, accentue paradoxalement l’impact des scènes de violence.

Cette adaptation soignée réussit son pari d’ouverture. On la recommandera aux amateurs de polars nordiques, aux lecteurs de Stieg Larsson curieux d’une relecture graphique et à ceux qui découvrent Lisbeth Salander.


Les Découvreurs – Brève histoire de la découverte du monde

Album publié en 2026 aux éditions Albin Michel.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Daniel J. Boorstin publié le 12 octobre 1983.

couverture bd Les Découvreurs - Brève histoire de la découverte du monde

Pour quelles raisons les Chinois n’ont-ils pas découvert l’Amérique ?
Comment a-t-on pu calculer la circonférence de la Terre avec un bâton ?
Cartographier les étoiles sans télescope ?
Comprendre le fonctionnement du corps sans IRM et sans radios, ou appréhender l’évolution des espèces sans connaître l’ADN ?…

Bien plus qu’une histoire des sciences et des grandes découvertes, Daniel J. Boorstin écrit celle, jamais achevée, de l’insatiable quête de connaissance qui caractérise l’humanité.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Découvreurs – Brève histoire de la découverte du monde »

La BD sortira en septembre 2026.

Les nuits de Saturne

Album publié en 2015 aux Editions Sarbacane.


Adapté librement du roman Carnage, constellation de Marcus Malte publié le 5 février 1998.

couverture bd Les nuits de Saturne

Au départ, il y a deux êtres que tout oppose, qui n’auraient jamais dû se rencontrer et encore moins s’aimer.
D’un côté, Césaria, jeune homme paumé perché sur de hauts talons, qui se transforme peu à peu en femme et qui se prostitue. De l’autre, Milan Klovisevitch, dit Clovis, roi déchu et ancien braqueur, tout juste sorti de prison.
Dix ans de taule et la vengeance à venir pour seule nourriture. Mais avant la vengeance, il y aura la rencontre, et une passion qui ne s’explique pas.
Un polar exceptionnel d’une grande sensibilité, loin des canons habituels.
Par Pierre-Henry Gomont, PRIX SNCF DU POLAR 2015 catégorie Bande dessinée Adapté d’un roman de Marcus Malte, prix Fémina 2016 pour Le Garçon.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les nuits de Saturne »

Un homme sort de prison avec une seule idée en tête, se venger. C’est le point de départ classique que Pierre-Henry Gomont, seul au scénario, au dessin et à la couleur, détourne peu à peu vers autre chose. Adaptant librement le roman Carnage, constellation de Marcus Malte, il suit Milan Klovisevitch, dit Clovis, ancien braqueur mêlé jadis à la mouvance terroriste, qui a purgé dix ans pour une exfiltration ratée. À peine dehors, il croise Césaria, jeune femme trans qui se prostitue, lumineuse et entière. De cette rencontre que rien ne destinait à advenir naît une passion.

Tout l’art de Pierre-Henry Gomont est de laisser la vengeance en toile de fond et de placer au centre cet amour improbable. Le récit avance par allers et retours entre passé et présent, révélant par bribes ce qui a mené Clovis en cellule, tandis que le présent l’attache à Césaria malgré lui. Le vrai sujet n’est pas le règlement de comptes annoncé mais ce qui pourrait le désarmer : la tendresse, le désir, la possibilité d’une autre vie. Cette tension entre la haine qui appelle et l’amour qui retient tend le livre jusqu’à sa dernière page.

extrait bd Les nuits de Saturne

Le dessin fait le reste. Pierre-Henry Gomont travaille au lavis, dans une gamme de bleus nocturnes et de gris crépusculaires, la plupart des scènes se déroulant la nuit. Son trait souple, un peu flottant, rend la sensualité sans jamais l’exhiber. Les étreintes se suggèrent plus qu’elles ne se montrent, avec pudeur.

En laissant la vengeance en toile de fond pour filmer un amour improbable, Pierre-Henry Gomont fait de ce polar une histoire de passion bien plus que de règlement de comptes.