Albums publiés en 2026 aux Editions L’Iconoclaste.
Résumé éditeur
Très librement adapté des œuvres de Franz Kafka (dont la Métamorphose publiée pour la première fois en octobre 1915).
Pourquoi sommes-nous fascinés par le pouvoir et incapables de nous révolter quand il nous opprime ?
Tiphaine Rivière s’empare avec humour et intelligence de La Métamorphose de Kafka. À travers la vie des membres d’une famille, à la maison, au lycée et au travail, elle met en scène les mécanismes de domination que Kafka n’a cessé d’explorer : un fils face à son père autoritaire, une mère face à son entreprise, et tous les personnages, en tant que citoyens, face à l’État. Famille, travail, politique : une BD qui nous invite à réfléchir à nos propres mécanismes d’oppression et à nous demander pourquoi il est si difficile de désobéir.
La bd « Kafka, les mécanismes du pouvoir » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Kafka, les mécanismes du pouvoir »
Album publié en 2008 aux Editions Emmanuel Proust.
Résumé éditeur
Adapté des nouvelles de H.P. Lovecraft dont Le Temple publié en septembre 1925.
Au travers de ce répugnant cimetière de l’univers, j’entendis un roulement étouffé, provenant de chambres obscures et inconcevables situées bien au-delà du temps. Là où dansent lentement, avec maladresse, les derniers dieux, gigantesques et ténébreux. Gothiques et terrifiantes, cinq nouvelles du maître de l’épouvante Howard Phillips Lovecraft, adaptées en bande dessinée par l’argentin Hernan Rodriguez.
La bd « Le temple » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le temple »
Publié en 2008 aux éditions Emmanuel Proust dans la collection Atmosphères, Le Temple révèle tout le talent de l’artiste argentin Hernán Rodríguez dans l’adaptation de cinq nouvelles iconiques d’H.P. Lovecraft. Cette œuvre de 72 pages plonge le lecteur dans l’univers onirique et terrifiant du maître de l’épouvante.
L’album rassemble cinq récits majeurs : L’Étranger, La Musique d’Erich Zann, Nyarlathotep, La Cité sans nom et Le Temple. Cette nouvelle éponyme, écrite par Lovecraft en 1920 et située durant la Première Guerre mondiale, narre la descente aux enfers d’un équipage de sous-marin allemand confronté à une malédiction surnaturelle après avoir récupéré une mystérieuse statuette d’ivoire. Hernán Rodríguez réussit à transposer la folie progressive qui saisit les personnages d’H.P. Lovecraft, capturant cette atmosphère oppressante et désespérée caractéristique de l’auteur.
Le style graphique d’Hernán Rodríguez constitue la force de cette adaptation. Son trait détaillé, ses compositions complexes où plusieurs scènes coexistent sur différents plans narratifs, et sa palette chromatique sombre créent une ambiance gothique parfaitement adaptée à l’univers d’H.P. Lovecraft. Ses planches fourmillent de détails qui maintiennent le lecteur dans un état de fascination inquiète, entre émerveillement graphique et malaise palpable.
Cette BD s’impose comme une adaptation remarquable qui honore l’œuvre originale. Cette bande dessinée constitue une porte d’entrée idéale pour découvrir H.P. Lovecraft sous un angle nouveau.
Adapté de la nouvelle de Tonino Benacquista publié en novembre 1993 dans le recueil de nouvelles intitulé La Machine à broyer les petites filles.
Publié initialement en 2000, La Boîte Noire est à nouveau disponible dans une nouvelle édition. Une adaptation virtuose de la nouvelle de Tonino Benacquista par Jacques Ferrandez, qui ravira les amateurs de l’auteur de Malavita comme ceux des Carnets d’Orient.
La bd « La Boîte Noire » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Boîte Noire »
Transposer la plume acérée de Tonino Benacquista n’est jamais aisé, tant son écriture repose sur l’implicite. Pourtant, en s’emparant de La Boîte noire en 2000, Jacques Ferrandez a réussi à transformer une nouvelle psychologique en une BD d’une densité rare.
L’intrigue nous plonge dans le sillage d’Arthur Seligman, rescapé d’un accident de la route qui s’éveille dans le coton d’une chambre d’hôpital. Son seul lien avec le monde ? Une « boîte noire » : le carnet où une infirmière a consigné ses délires de comateux. On retrouve ici le thème fétiche de Tonino Benacquista « la quête identitaire » traité non pas comme une enquête policière classique, mais comme un huis clos mental étouffant. La force du récit réside dans ce basculement permanent entre la reconstruction de soi et la paranoïa qui s’installe.
Graphiquement, Jacques Ferrandez délaisse le soleil de ses fresques historiques pour une palette plus sourde, presque clinique. Son usage de la couleur directe et du lavis apporte une dimension organique aux silences du récit. Le trait se fait plus nerveux pour illustrer les zones d’ombre de Seligman, capturant avec brio la fragilité d’un homme qui ne sait plus s’il doit croire en sa propre vérité.
Loin de trahir le texte original, Jacques Ferrandez en sublime l’amertume et l’angoisse. Une pépite du roman noir à la française.
D’après le roman « Bank Shot » (deuxième volet des aventures de John Dortmunder) de Donald E. Westlake publié en avril 1972.
Une bande de braqueurs tente de s’emparer d’un mobile home bourré d’argent dans cette réjouissante aventure imaginée par « l’homme le plus drôle du monde », selon le célèbre Washington Post. John Dortmunder, l’alter ego malchanceux de Parker, prépare son prochain gros coup : le vol d’une banque de Main Street qui a temporairement déménagé dans un mobile home. Pour s’emparer du magot, Dortmunder n’a qu’à neutraliser les agents de sécurité, à mettre sur roues la « banque » mobile et à s’enfuir. Tout ça serait simple si notre héros n’avait pas la poisse… Tout le charme des années 1970 et l’humour de Westlake restitués par un graphisme rétro et des couleurs pop. Un classique du polar intemporel créé par Donald Westlake, alias Richard Stark, et adapté avec brio par Jesús Iglesias et Doug Headline.
La bd « Dortmunder – Bank Shot » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Dortmunder – Bank Shot »
D’après le roman de Luis Sepulveda publié en juin 1989.
Le roman emblématique de Luis Sepulveda, brillamment adapté en roman graphique par Cever !
Dans le village reculé d’El Idilio, aux confins de l’Amazonie équatorienne, la mort violente d’un homme blanc ravive les tensions entre colons et Indiens Shuars, injustement accusés du meurtre. Seul Antonio José Bolívar, vieil homme taciturne qui connaît la forêt mieux que personne, pressent une autre vérité. Déroulant le fil de ses souvenirs, il se remémore son arrivée sur cette terre hostile et l’amour perdu de son épouse, dont la disparition a laissé en lui une blessure ouverte. Tour à tour accueilli puis rejeté par les Shuars, il a trouvé refuge dans la lecture de romans d’amour, fragiles remparts contre la solitude et la folie. Mais aujourd’hui, le destin va l’obliger à sortir de sa réserve et à reprendre le chemin de la forêt… Magnifié par le dessin de Cever, le chef-d’œuvre de Luis Sepúlveda (plus d’un million d’exemplaires vendus !) mêle brillamment récit d’aventure, fable écologique et roman humaniste.
La bd « Le vieux qui lisait des romans d’amour » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le vieux qui lisait des romans d’amour »
D’après l’œuvre d’Octavia E. Butler publiée en juin 1979 sous le titre Kindred.
Dana, jeune femme noire vivant dans les années 1970, est soudainement et inexplicablement transportée de sa maison en Californie vers le Sud d’avant la guerre civile (1861-1865). Alors qu’elle voyage dans le temps en plusieurs allers et retours entre sa réalité contemporaine où elle est une femme libre et l’époque de la guerre de Sécession, elle se retrouve à devoir survivre dans une plantation sudiste, confrontée à Rufus, son ancêtre blanc et esclavagiste. Adapté du célèbre roman d’Octavia E. Butler, Liens de sang (Kindred) a reçu l’Eisner Awards 2018 de la meilleure adaptation d’une oeuvre littéraire. Dans son roman, Octavia E. Butler explore en profondeur la violence et la perte d’humanité causées par l’esclavage aux Etats-Unis, et souligne son impact complexe et durable sur le monde actuel.
La bd « Liens de sang » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Liens de sang »
Adapté de la nouvelle de Shirley Jackson publiée le 26 juin 1948 dans les pages du magazine The New Yorker.
Dans un village de la Nouvelle-Angleterre, chaque année, au mois de juin, on organise La Loterie, un rituel immuable, où il est moins question de gagner que de perdre, à jamais… Immense classique de la littérature américaine, La Loterie, inquiétante dystopie sur les inégalités de classe, a été écrit par Shirley Jackson en 1948. Figure matricielle du genre fantastique et de l’épouvante, la romancière du Vermont est une des influences majeures de Stephen King et de Joyce Carol Oates. Aujourd’hui, son petit-fils dessinateur Miles Hyman en livre une adaptation graphique à la beauté glaciale. Cette nouvelle édition se distingue par des couleurs retravaillées par l’auteur, une illustration de couverture inédite, et un avant-propos de Joyce Carol Oates.
La bd « La Loterie » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Loterie »
Adapté du roman de Jean-Patrick Manchette publié le 11 avril 1972.
Après Le Petit bleu de la côte ouest et La Position du tireur couché, Jacques Tardi revient avec une troisième adaptation d’un roman de Jean-Patrick Manchette : Ô dingos, Ô châteaux! Jean-Patrick Manchette change ici de registre avec ce road movie sanglant et déjanté, mené tambour battant. Le livre a obtenu le Grand Prix de la littérature policière. Avec près de 100 pages ce récit est aussi l’une des adaptations les plus ambitieuses de Tardi.
La bd « Ô Dingos, ô Chateaux ! » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ô Dingos, ô Chateaux ! »
L’alchimie entre le scalpel de Jean-Patrick Manchette et la mine de Jacques Tardi atteint, dans Ô dingos, ô châteaux !, une forme de perfection noire. En s’emparant de ce manifeste du polar de 1972, Jacques Tardi dépasse la simple illustration pour signer une véritable autopsie graphique de la France des « Trente Glorieuses » finissantes.
Le récit nous précipite dans une dérive sanglante où Julie, jeune babysitter vulnérable sortant de psychiatrie, devient la proie d’une machination bourgeoise d’une violence inouïe. Fidèle à l’écriture « blanche » et comportementaliste de Jean-Patrick Manchette, l’album fustige le cynisme d’une société où la vie humaine se négocie comme une simple marchandise. Le titre lui-même, détournement grinçant du vers de Rimbaud, donne le ton : c’est la chronique d’une folie ordinaire au cœur d’un monde qui se prétend rationnel.
Visuellement, le noir et blanc charbonneux de Jacques Tardi est d’une efficacité redoutable. Son trait capture l’âpreté des zones industrielles et la froideur des demeures de province avec une précision presque sociologique. L’expressivité des personnages, oscillant entre détresse et grotesque, soutient une narration haletante où chaque case semble imprégnée d’une tension sourde. Le découpage, d’une fluidité magistrale, souligne l’inéluctabilité de cette tragédie moderne.
La BD résonne comme un écho vénéneux au vers célèbre d’Arthur Rimbaud. Là où le poète invoquait la quête de l’innocence et de l’âme dans ses « Saisons », Jean-Patrick Manchette et Jacques Tardi leur substituent la fureur des « Dingos »
Adapté du roman de Jean-Patrick Manchette publié en aout 1981.
À dix-huit ans, Terrier est amoureux d’une jeune fille d’un milieu plus aisé qui lui promet de l’attendre dix ans le temps qu’il fasse fortune. Terrier s’engage dans l’armée, devient mercenaire puis tueur à gages. Son but est simple : gagner suffisamment d’argent pour aller chercher sa bien aimée. À trente ans, Terrier décide de se retirer pour retrouver sa promise comme promis. Mais rien ne se passe comme prévu… Ce roman est certainement l’un des plus célèbres du prince de la Série Noire. Avec près de 100 pages en noir et blanc, il est aussi l’une des adaptations les plus ambitieuses de Tardi.
La bd « La position du tireur couché » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La position du tireur couché »
Il y a des rencontres qui relèvent de l’évidence. En adaptant La position du tireur couché, Jacques Tardi ne s’est pas contenté d’illustrer Jean-Patrick Manchette : il a gravé dans le métal froid le testament du néo-polar français.
On y suit Martin Terrier, tueur à gages dont la volonté de « décrocher » se heurte à une machine sociale implacable. Ici, point de romantisme. Fidèle au style de l’œuvre originale de 1981, le récit refuse toute psychologie de comptoir. Martin Terrier est un rouage, une pièce d’usine qui saigne, piégée dans une fable politique où le capitalisme a le visage d’une organisation sans âme. C’est sec, nerveux, et d’une lucidité désespérante.
Graphiquement, c’est une gifle de grisaille. Tardi déploie un noir et blanc poisseux qui capture à merveille la France des zones industrielles et des chambres d’hôtels anonymes. Ses « tronches » habituelles, marquées par une lassitude existentielle, donnent une chair incroyable au texte. Les scènes d’action, d’une violence clinique et sans fioritures, soutiennent un rythme qui ne laisse jamais respirer le lecteur.
Cet album est une relecture habitée, une œuvre de « sale gosse » qui cogne là où ça fait mal. Jacques Tardi et Jean-Patrick Manchette signent ici le portrait d’un monde qui finit de s’effondrer.
Adapté du roman de James Carlos Blake publié en aout 1996.
Quoi de mieux pour narrer l’épopée de la révolution mexicaine que de se mettre dans la peau de Rodolfo Fierro, le plus fidèle et irréductible compagnon de Pancho Villa ? À travers son récit, c’est l’histoire chaotique du Mexique au début du XXe siècle qui défile. L’odyssée grandiose et pitoyable de ces révolutionnaires à la fois idéalistes et cruels. Entre faits et fiction, une vision très noire, d’où émergent des moments d’authentique grandeur, le dévouement et le courage d’hommes sans mesure, qui embrassent ta vie et la mort avec la même fougue. Une réflexion sur le sens de l’action révolutionnaire.
La bd « Les Amis de Pancho Villa » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Amis de Pancho Villa »
Adapter le monument littéraire de James Carlos Blake tenait de la gageure, tant son texte suinte la poudre et le sang. Pourtant, avec Les Amis de Pancho Villa, Léonard Chemineau ne se contente pas d’illustrer la Révolution mexicaine : il en restitue toute la fureur.
Loin de l’image d’Épinal du bandit au grand cœur, l’album nous plonge dans la brutalité nue des Dorados, l’élite de Pancho Villa. À travers le regard glaçant de Rodolfo Fierro, le « boucher », le récit dissèque une fraternité toxique où l’idéal révolutionnaire se noie progressivement dans une violence aveugle. La narration ne juge pas, elle expose, avec une fidélité redoutable au texte original, la mécanique implacable de la loyauté en temps de guerre.
Le trait de Léonard Chemineau est à la hauteur de cette noirceur. Le dessin est nerveux, gratté, comme érodé par le vent des sierras. Il n’y a pas de place ici pour la ligne claire : les ombres sont tranchantes et les « gueules » des protagonistes portent les stigmates de l’histoire. Les scènes de cavalerie, d’un dynamisme étourdissant, rappellent que la guerre est avant tout un chaos cinétique.
C’est une œuvre âpre, une fresque crépusculaire pour qui veut comprendre l’envers du décor de la légende mexicaine. Une réussite totale.
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