Catégorie : Litterature en BD

Les Misérables – Tome 1 – Fantine

Bande dessinée publiée en 2019 aux éditions Jungle.


D’après le roman de Victor Hugo paru le 3 avril 1862.

couverture bd bd Les Misérables - Tome 1 - Fantine

L’histoire de Fantine constitue la première partie de l’œuvre majeure de Victor Hugo. « Les Misérables« .

On y fait la connaissance de Jean Valjean, un ancien forçat dont la vie va être bouleversée par la rencontre d’un saint homme. On suit les péripéties de la vie de Fantine, mère d’une petite Cosette.

On y rencontre aussi Javert, un policier acharné à la perte de Jean Valjean ainsi qu’un couple d’aubergistes peu sympathiques, les Thénardier.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Misérables – Tome 1 – Fantine »

Dans Les Misérables – Tome 1 : Fantine, Maxe L’Hermenier réussit à adapter avec finesse et modernité le classique de Victor Hugo, en offrant une version graphique à la fois respectueuse et accessible.

Le scénario, bien que simplifié pour le format de la bande dessinée, conserve la force des thèmes centraux : l’injustice sociale, la rédemption et la lutte des classes. Jean Valjean, marqué par ses années de bagne, trouve ici une dimension plus visuelle, intensifiée par les illustrations de Looky et Siamh, qui dépeignent avec brio les contrastes entre la lumière et l’obscurité, symboles de la lutte intérieure du personnage.

extrait bd Les Misérables - Tome 1 - Fantine

Les dessins, très expressifs, apportent une émotion palpable, notamment dans la représentation de la descente tragique de Fantine. Maxe L’Hermenier parvient à maintenir un bon rythme narratif tout en restant fidèle aux moments forts de l’œuvre d’origine. Le découpage en scènes permet une immersion fluide dans cette époque tourmentée, avec un accent particulier sur les visages et les décors qui soulignent la dureté des conditions de vie.

Pour les amateurs de l’œuvre de Victor Hugo, cette bande dessinée est un bel hommage qui s’éloigne de la simple adaptation pour offrir une réinterprétation visuelle riche et poignante. Loin de dénaturer l’original, Maxe L’Hermenier et son équipe donnent une nouvelle vie à cette tragédie intemporelle.


L’étranger

Bande dessinée publiée en 2023 aux éditions Michel Lafon.


D’après le roman d’ Albert Camus publié en 1942.

couverture bd L’étranger

L’adaptation inédite en manga du plus grand roman d’Albert Camus, Prix Nobel de littérature.

 » Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »

Étranger à la société, étranger à sa propre vie, Meursault paraît indifférent à tout. La mort de sa mère, une demande en mariage, la violence d’un voisin proxénète…

Jusqu’au meurtre qu’il commet sur une plage sans raison autre qu’un soleil aveuglant et une chaleur étouffante. Un acte qui l’entraîne sur le banc des accusés pour un jugement sans appel.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’étranger »

Ryota Kurumado livre une adaptation captivante et audacieuse de L’Étranger d’Albert Camus, qui allie les codes graphiques du manga à la profondeur littéraire de l’œuvre originale.

Publiée chez Michel Lafon, cette version apporte une nouvelle dimension visuelle à l’un des récits les plus iconiques de la littérature du XXe siècle. En adoptant un style graphique minimaliste, Ryota Kurumado parvient à saisir le détachement et l’indifférence de Meursault, reflétant parfaitement son aliénation vis-à-vis de la société et de ses propres émotions.

L’art de Ryota Kurumado se distingue par son épure et son efficacité. Les paysages étouffants de l’Algérie coloniale prennent vie à travers des jeux de lumière saisissants, où le soleil, omniprésent, devient presque un personnage à part entière, dictant le cours des événements, notamment lors de la scène du meurtre sur la plage. Ce traitement visuel subtil et maîtrisé apporte une tension dramatique sans alourdir l’œuvre originale, respectant ainsi la sobriété du texte de Camus.

extrait bd L’étranger

Cette adaptation est une porte d’entrée fascinante pour un public plus large à l’oeuvre de Camus. En fusionnant deux cultures artistiques, Ryota Kurumado réussit à rendre accessible une œuvre majeure. Cette bande dessinée est un pont saisissant entre l’univers littéraire et celui du manga, une réussite tant esthétique que narrative.

Miss Marple – À l’hôtel Bertram

Album publié en 2021 aux éditions Paquet.


Résumé éditeur

Adapté du roman d’Agatha Christie publié le 15 novembre 1965.

Une attaque de banque à St Mary Mead… Et le caissier tué… Voilà qui rend Miss Marple perplexe.

D’autant qu’elle a assisté au vol et bien reconnu l’un des malfaiteurs. Mais la police n’y croit pas, le principal suspect étant en vacances à l’autre bout du monde.

Il est peut-être temps pour Jane Marple de prendre un peu de recul. Et pourquoi pas retourner à Londres et passer quelques jours tranquilles à l’Hôtel Bertram ?

A l’Hôtel Bertram est une des plus surprenantes enquête Miss Marple, personnage atypique, sorte de « détective de salon de thé » qui vit à St Mary Mead, village imaginaire de la campagne anglaise. Une de ses maximes favorites dit que « la nature humaine est partout la même ».

logo fnac

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Miss Marple – À l’hôtel Bertram »

Dans Miss Marple – À l’hôtel Bertram, Dominique Ziegler offre une adaptation en bande dessinée captivante du classique d’Agatha Christie, en collaboration avec l’illustrateur Olivier Dauger.

Publiée en 2021, cette œuvre plonge immédiatement le lecteur dans l’ambiance feutrée et mystérieuse de l’Angleterre des années 1950.

L’Hôtel Bertram, un établissement à la fois élégant et chargé de secrets, est parfaitement rendu par les dessins réalistes de Dauger. Les détails minutieux des décors et des costumes créent un cadre visuellement immersif, tandis que les couleurs de Myriam Lavialle apportent une chaleur douce et un contraste saisissant avec l’intrigue criminelle.

extrait bd Miss Marple - À l'hôtel Bertram

Côté scénario, Ziegler parvient à maintenir le suspense tout en restant fidèle aux fondamentaux de l’œuvre originale. Miss Marple, cette détective amateur à l’intelligence affûtée, observe et dénoue les fils d’une intrigue complexe avec la même subtilité que dans les romans d’Agatha Christie.

Cette adaptation est une réussite. Elle parvient à transposer sur le plan graphique le charme indéniable de l’univers d’Agatha Christie, tout en offrant une lecture agréable, à la fois pour les novices et les connaisseurs.

Un polar en BD qui mérite sa place dans la bibliothèque des amateurs du genre.

Horla 2.0

Bande dessiné dessinée publiée en 2018 aux éditions Emmanuel Proust Éditions


Adapté librement du roman de Guy de Maupassant publié en 1886.

couverture bd Horla 2.0

K. est un homme à tête de lapin. Concepteur d’un logiciel innovant de réalité augmentée, il est chargé de déployer son programme en Lointaine Province.

Cette simple formalité se transforme en épreuve de force lorsque, gagné par la fatigue, il assiste impuissant à la déliquescence de son travail.

Physiquement atteint et moralement perturbé, K. trouve réconfort dans une curieuse ruelle abandonnée du quartier haut de la ville. Au grès de ses balades urbaines il croisera trois femmes, deux chats et un renard apprivoisé. Rencontres fortuites fruit du hasard ou habile tricotage d’un scénario fantasque ?

C’est dans les limbes de ses cauchemars que K. trouvera la réponse. Librement adapté de la nouvelle de Maupassant, HORLÀ 2.0 est un récit fantastique qui explore le bien-fondé de notre réalité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Horla 2.0 »

Horla 2.0 de Serge Annequin est une bande dessinée qui parvient à redéfinir les frontières du fantastique en mariant avec habileté le récit classique de Maupassant avec les théories modernes de la physique quantique.

Cette œuvre se distingue non seulement par son originalité narrative, mais aussi par la richesse de ses références littéraires et culturelles, créant une expérience de lecture à la fois stimulante.

Le protagoniste, un homme à tête de lapin nommé K., évolue dans un univers où les règles du réel semblent constamment remises en question. Serge Annequin excelle dans l’art de brouiller les repères du lecteur, le plongeant dans un monde où la technologie, la métaphysique et le fantastique coexistent en harmonie.

L’intrigue, bien que complexe, est portée par une écriture fluide et des dialogues percutants, qui parviennent à rendre accessibles des concepts aussi ardus que la superposition quantique ou le paradoxe du chat de Schrödinger.

extrait bd Horla 2.0

Graphiquement, le style de Serge Annequin, faussement naïf, est en réalité d’une précision redoutable, chaque détail ayant son importance. Ce choix stylistique contribue à instaurer une atmosphère à la fois poétique et inquiétante, en parfaite adéquation avec le propos de l’album.

Horla 2.0 n’est pas seulement une relecture du classique de Maupassant, mais une véritable œuvre d’art qui invite à une réflexion profonde sur la nature de la réalité et sur notre relation à la technologie.

La Guerre des boutons – Intégrale

Bande dessinée publiée en 2019 aux éditions Dargaud.


D’après le roman de Louis Pergaud publié en 1912.

Sur le chemin de l’école, Tigibus et Grandgibus du village de Longeverne se font attaquer par la bande des Velrans au cri de « tous les Longevernes sont des couilles molles ».

Quand les enfants de Longeverne comprennent qu’il s’agit là d’un grave affront, leur chef, Lebrac, lance une expédition punitive de nuit.

« Tou lé Velran son dé paignes cu ! » est inscrit à la craie blanche sur le mur de l’église de Velrans.

Préparez vos frondes, c’est la guerre des boutons qui vient de commencer !

Cette intégrale réunit les deux tomes de l’adaptation de « La Guerre des boutons« .


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre des boutons – Intégrale »

Olivier Berlion, en adaptant « La Guerre des boutons« , s’attaque à un monument de la littérature française, et il le fait avec une précision qui mérite d’être saluée.

Cette bande dessinée, publiée en intégrale, nous replonge dans les querelles enfantines du village de Longeverne, où l’honneur et l’ingéniosité des jeunes protagonistes prennent une dimension quasi mythique. Berlion réussit à capturer la vivacité et la ruse des personnages, tout en restituant fidèlement l’atmosphère rurale d’une France intemporelle.

Les illustrations de Berlion, soutenues par les couleurs de Christian Favrelle, ajoutent une profondeur visuelle à cette histoire bien connue. Chaque case est imprégnée de détails qui évoquent à la fois la simplicité et la rudesse de la vie à la campagne. Les expressions des personnages, particulièrement celles des enfants, sont rendues avec une sensibilité qui renforce leur humanité, tout en restant fidèles à l’esprit espiègle du récit original.

Cette fidélité au texte de Louis Pergaud peut également être perçue comme une limite. Berlion choisit de ne pas s’écarter du chemin tracé par l’auteur, ce qui pourrait décevoir les lecteurs en quête d’une relecture plus innovante ou contemporaine.

Pour ceux qui chérissent l’œuvre originale, cette bande dessinée offre une adaptation respectueuse et magnifiquement illustrée, qui ravive avec tendresse les souvenirs d’une enfance lointaine.

« La Guerre des boutons – Intégrale » est une réussite esthétique et narrative, ancrée dans la tradition tout en étant portée par une vision artistique claire et maîtrisée.


La Guerre des boutons – Tome 2 – Pourris de Velran

Bande dessinée publiée en 2012 aux éditions Dargaud.


D’après le roman de Louis Pergaud publié en 1912.

Dans « Pourris de Velrans », le second tome de La Guerre des boutons façon Berlion, le combat se prépare, et, chez les Longeverne, la mobilisation est générale !

La Guerre des boutons, 2e épisode. Avant de repartir au front, Lebrac, Gambette, Camus, La Crique, Grangibus et Tigibus, aidés de Marine et Geneviève, s’activent pour constituer un trésor de guerre riche en boutons, élastiques et bretelles. Même ce trouillard de Bacaillé participe à l’effort de guerre !

La possession de ce pactole et, bientôt, la construction d’une cabane secrète décuplent les forces des petits gars de Longeverne. Ces pourris de Velrans n’ont qu’à bien se tenir…

Ce second album signe la fin de La Guerre des boutons, un extraordinaire récit d’aventures lu par des générations de Français et remarquablement adapté en bande dessinée par Olivier Berlion.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre des boutons – Tome 2 »

Le deuxième tome de la bande dessinée La Guerre des Boutons intitulé Pourris de Velrans par Olivier Berlion est une adaptation remarquable du roman de Louis Pergaud.

Cette série, composée de trois volumes, s’attache à retranscrire l’esprit de l’œuvre originale tout en y apportant une touche personnelle à travers le style graphique et la mise en scène de Berlion.

Dans ce deuxième tome, le conflit entre les enfants des villages de Longeverne et Velrans s’intensifie. Les Longeverne, menés par Lebrac, se préparent à un affrontement décisif. Le récit se concentre sur l’organisation méticuleuse des jeunes protagonistes pour collecter des boutons, des élastiques et d’autres « trésors de guerre », tout en construisant une cabane secrète.

Cet album conserve l’aspect ludique et enfantin de la guerre entre les deux villages, mais aborde aussi des thèmes plus profonds tels que l’honneur et la camaraderie.

Le dessin d’Olivier Berlion se distingue par sa précision et son dynamisme, capturant à merveille l’innocence et la gravité des jeunes personnages. L’auteur parvient à insuffler une authenticité aux décors ruraux, tout en rendant hommage à la France des années 1910. La couleur, subtilement choisie par Christian Favrelle, ajoute une dimension supplémentaire à l’immersion dans cette époque révolue.

On saluera la fidélité de l’adaptation tout en reconnaissant la capacité de Berlion à moderniser l’œuvre pour un public contemporain. L’intrigue, rythmée et pleine de rebondissements, garde le lecteur captivé du début à la fin.

La Guerre des boutons – Tome 2 – Pourris de Velran est une bande dessinée réussie qui plaira tant aux nostalgiques de l’œuvre originale qu’aux nouveaux lecteurs, grâce à la finesse du dessin et à l’habileté narrative d’Olivier Berlion.


La Guerre des boutons – Tome 1 – L’honneur des Longeverne

Bande dessinée publiée en 2011 aux éditions Dargaud.


D’après le roman de Louis Pergaud publié en 1912.

couverture bd La Guerre des boutons - Tome 1

Sur le chemin de l’école, Tigibus et Grandgibus du village de Longeverne se font attaquer par la bande des Velrans au cri de « tous les Longevernes sont des couilles molles ».

Quand les enfants de Longeverne comprennent qu’il s’agit là d’un grave affront, leur chef, Lebrac, lance une expédition punitive de nuit.

« Tou lé Velran son dé paignes cu ! » est inscrit à la craie blanche sur le mur de l’église de Velrans.

Préparez vos frondes, c’est la guerre des boutons qui vient de commencer !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre des boutons – Tome 1 »

Olivier Berlion nous offre avec La Guerre des boutons – Tome 1 : L’Honneur des Longeverne une adaptation en bande dessinée qui allie avec succès respect de l’œuvre originale et modernité de la bande dessinée.

Dès les premières planches, on est frappé par la précision du dessin, qui recrée fidèlement l’atmosphère de la campagne française d’antan. Les personnages, des enfants intrépides, sont croqués avec un réalisme saisissant qui renforce l’authenticité du récit. Les couleurs, signées Christian Favrelle, apportent une dimension visuelle évocatrice, rappelant les tons doux et terreux de la vie rurale.

Le scénario reste proche du texte de Louis Pergaud, ce qui plaira sans doute aux puristes, mais pourrait manquer de surprises pour ceux qui connaissent déjà l’intrigue. Berlion réussit cependant à maintenir un rythme dynamique, grâce à des dialogues bien dosés et une mise en scène efficace des conflits entre les bandes de jeunes. L’accent est mis sur les thèmes de l’honneur et de la camaraderie.

extrait La Guerre des boutons - Tome 1 - L'honneur des Longeverne

L’adaptation souffre parfois d’une certaine linéarité narrative, inévitable lorsque l’on suit d’aussi près une œuvre déjà connue. Néanmoins, la qualité du dessin et l’attention portée aux détails permettent de surmonter cette limitation, faisant de ce premier tome une lecture plaisante et visuellement captivante.

La Guerre des boutons – Tome 1 : L’Honneur des Longeverne est une réussite pour ceux qui souhaitent redécouvrir cette histoire intemporelle sous un angle artistique différent.


Le Seigneur des rats

Album publié en 2025 aux éditions Alifbata.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Gilbert Naccache écrite en 1976.

Un vieux carnet manuscrit est retrouvé sur une plage. Son auteur, professeur d’histoire, y raconte comment il assiste, impuissant, à l’invasion de son appartement par des rats, tandis que son fidèle compagnon, le chat Nénuphar, laisse faire, impassible.
Ce crescendo de tension plonge le lecteur dans les obsessions de l’antihéros qui découvre bientôt que toute sa ville, pire même, la Terre entière, sont submergées par les rongeurs. La panique se généralise, les gouvernements déclarent l’état d’urgence, les armées sont déployées, les médias réquisitionnés, des quartiers entiers rasés.

En vain : les rats semblent avoir pris le contrôle. Mais dans un magistral retournement de situation, présent en filigrane dès les premières pages, les rôles se brouillent. Qui sont les victimes ? Qui sont les coupables ? Et qui sont les véritables bourreaux ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Seigneur des rats »

Adaptée de la nouvelle écrite en 1975 par Gilbert Naccache durant sa détention sous le régime de Bourguiba, Le Seigneur des rats renaît en 2025 sous la forme d’un roman graphique puissant, mis en images par le dessinateur et cyberactiviste tunisien Z (auteur du blog debatunisie.com). Cette œuvre, née dans les geôles tunisiennes, s’impose aujourd’hui comme une allégorie saisissante des dérives autoritaires et des luttes pour la liberté, plus actuelle que jamais.

La narration, structurée autour du carnet d’un professeur d’histoire, nous plonge dans une montée en tension : l’invasion inexorable de rats, d’abord confinée à un appartement, finit par submerger la ville, puis le monde entier. À travers ce récit d’anticipation, Gilbert Naccache interroge la nature du pouvoir, la servitude volontaire et la peur collective, brouillant sans cesse les frontières entre victimes et bourreaux. L’antihéros, épaulé par son chat Nénuphar, incarne la perplexité et l’impuissance de l’individu face à la déferlante totalitaire.

extrait bd Le Seigneur des rats

Le style graphique de Z, incisif et expressif, amplifie la force du propos. Son trait acéré, hérité de la satire politique, insuffle à chaque planche une tension palpable, rendant l’allégorie d’autant plus percutante. Les ambiances sombres et les compositions resserrées traduisent l’enfermement psychologique du narrateur, tandis que la figure du rat, omniprésente, devient le symbole d’une société sous emprise.

Un ouvrage essentiel, à la fois hommage aux prisonniers d’opinion et miroir des inquiétudes contemporaines. A lire.

Le Serpent majuscule

Album publié en 2025 aux éditions Rue de Sèvres.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Pierre Lemaitre publié le 12 mai 2021.

couverture bd Le Serpent majuscule

Mathilde est une tueuse à gages septuagénaire. Henri, son ancien camarade dans la Résistance pour qui elle exécute les missions, tente de la protéger. Mais, imprévisible, les accès de violences de Mathilde et son manque de discrétion inquiètent ses véritables commanditaires qui décident de l’éliminer avant qu’elle ne devienne incontrôlable.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Serpent majuscule »

Le Serpent majuscule de Dominique Monféry, adaptation en bande dessinée du premier roman de Pierre Lemaitre, s’impose comme un polar graphique d’une rare originalité. Plongée dans la France des années 1980, l’œuvre met en scène Mathilde, septuagénaire à l’apparence inoffensive, mais tueuse à gages redoutable, dont les accès de violence et la discrétion déclinante inquiètent ses commanditaires, anciens camarades de la Résistance.

La narration, portée par l’humour noir et le ton pince-sans-rire de Pierre Lemaitre, oscille entre jubilation macabre et émotion sourde. Mathilde, loin des archétypes du genre, séduit par sa complexité : femme vieillissante, oscillant entre lucidité et premiers signes de déclin, elle navigue dans une spirale sanglante où l’humanité affleure derrière la brutalité. Le récit, dense et fluide, multiplie les rebondissements et dresse une galerie de personnages secondaires attachants.

extrait bd Le Serpent majuscule

Graphiquement, Dominique Monféry sublime le scénario par un style pastel et aquarelle, rehaussé de tons sépia qui évoquent magnifiquement l’atmosphère rétro des années 80. Les visages expressifs, le découpage classique dynamisé lors des scènes d’action, et la colorisation subtile confèrent à l’ensemble une dimension cinématographique. Chaque planche, loin de l’exercice de style, sert la tension et l’ironie du récit.

Le Serpent majuscule s’adresse aux amateurs de polar noir, de récits atypiques et de personnages hors normes. Un album à la fois jubilatoire et implacable, qui renouvelle le genre avec une audace réjouissante et un sens du détail graphique remarquable. À découvrir sans hésitation !

À la recherche du temps perdu

Albums publiés en 2018 aux Editions Soleil.


Adapté de l’œuvre de Marcel Proust (publiée pour la première fois en 1913).

couverture bd À la recherche du temps perdu

« Mon existence a maintenant franchi les limites du temps et de l’espace. »

Découvrez l’histoire de la madeleine la plus connue du monde, enfin en manga !

A l’instant où Marcel, le narrateur, mit en bouche cette madeleine, il fut pris d’une étrange sensation : les souvenirs de son enfance ressuscitèrent.

En même temps qu’il les revoyait grandir, se présentait devant lui une fresque de la haute société d’avant et d’après la Première Guerre mondiale. Ainsi démarre un long voyage, à la recherche du temps perdu…



L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « À la recherche du temps perdu »

L’adaptation manga d’À la recherche du temps perdu par Variety Artworks, publiée dans le cadre de la collection « Manga de Dokuha« , est une œuvre audacieuse qui réussit à rendre accessible le chef-d’œuvre littéraire de Marcel Proust tout en respectant son essence.
Ce seinen, destiné à un public adulte, condense les thèmes complexes du roman original : la mémoire involontaire, le passage du temps et les subtilités des relations humaines dans le contexte de la haute société française d’avant et après la Première Guerre mondiale.

La narration conserve l’esprit méditatif de Marcel Proust, bien que simplifiée pour s’adapter au format manga. Le moment emblématique de la madeleine, déclencheur des souvenirs du narrateur, est traité avec une sensibilité qui invite à explorer les profondeurs de la mémoire et du temps. Malgré les inévitables coupures dans l’intrigue, l’adaptation parvient à capturer l’essence philosophique et émotionnelle de l’œuvre originale, offrant une introduction captivante à cet univers littéraire.

extrait bd À la recherche du temps perdu

Le dessin en noir et blanc, bien que minimaliste et parfois dépourvu d’une forte personnalité artistique, soutient efficacement le récit. La simplicité des traits met en valeur les émotions des personnages et les atmosphères nostalgiques, créant un contraste intéressant avec la richesse narrative. Ce choix stylistique rend l’œuvre accessible sans sacrifier sa profondeur.

Cette adaptation est une porte d’entrée idéale pour ceux qui souhaitent découvrir ou redécouvrir À la recherche du temps perdu. Elle séduira autant les néophytes curieux que les amateurs de littérature classique désireux d’explorer une interprétation visuelle. Pari réussi pour Variety Artworks : ce manga donne envie de plonger dans l’œuvre originale de Proust.