Catégorie : Litterature en BD

Crime et Châtiment

Album publié en 2019 aux Editions Kurokawa.


Adapté de l’œuvre de Fiodor Dostoïevski(publiée pour la première fois en décembre 1866).

couverture bd Crime et Châtiment

Une fabuleuse adaptation manga du grand classique Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski !

À cause de la situation de pauvreté dans laquelle il vit, l’étudiant Raskolnikov finit par assassiner une vieille usurière pour lui voler son argent.

Brillant, il est convaincu que sa théorie du génie lui permettra d’atteindre des sommets. Mais c’était sans compter sur les soupçons du juge d’instruction à son encontre, sa rencontre avec Sonia et ses propre remords…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Crime et Châtiment »

L’adaptation manga de Crime et Châtiment par Hiromi Iwashita, publiée dans la collection Kurosavoir, offre une relecture captivante du chef-d’œuvre de Fiodor Dostoïevski.
En transposant ce monument littéraire dans un format graphique, Hiromi Iwashita parvient à rendre accessible une œuvre dense et complexe, tout en conservant l’essence de ses thèmes centraux : la culpabilité, la rédemption et la critique sociale.

Le récit suit Rodion Raskolnikov, un étudiant rongé par la pauvreté, qui commet un meurtre sous prétexte d’une idéologie utilitariste. L’adaptation met en lumière son cheminement intérieur, entre justification morale et remords dévorants. Si le manga simplifie certains aspects philosophiques du roman pour les rendre plus digestes, il conserve l’essentiel du message : le poids des actes et la quête d’expiation. La focalisation sur Raskolnikov comme narrateur-personnage renforce l’immersion dans ses tourments psychologiques

extrait bd Crime et Châtiment

Le dessin semi-réaliste d’Hiromi Iwashita excelle à capturer l’atmosphère oppressante de Saint-Pétersbourg au XIXe siècle. Les détails architecturaux et les contrastes entre misère et grandeur urbaine servent magnifiquement le récit. Les expressions des personnages traduisent avec intensité leurs émotions, bien que certaines exagérations graphiques frôlent parfois le caricatural.

Cette adaptation est une porte d’entrée idéale pour les jeunes lecteurs ou les néophytes souhaitant découvrir l’univers de Fiodor Dostoïevski. Si elle ne remplace pas la richesse du texte original, elle réussit à vulgariser avec intelligence une œuvre exigeante. À recommander aux amateurs de mangas et aux curieux désireux d’explorer les grands classiques littéraires sous un angle nouveau.

Voyages avec un âne dans les Cévennes

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Alcide.


Adapté du récit de Robert Louis Stevenson publié en juin 1879.

Robert Louis Stevenson, l’auteur de L’Île au trésor, part à la découverte du pays des Camisards…

Au gré des rencontres, il croque ses personnages avec verve, à commencer par Modestine, son attachante ânesse. Au cœur de paysages mémorables, R. L. Stevenson s’égare parfois mais affronte l’adversité avec élégance et humour, à l’image de l’évocation de la Bête du Gévaudan ou de ses nuits à la belle étoile.


Le dessin de Marlène Merveilleux et la fidèle adaptation d’Alexandre Cot rendent avec finesse l’épique traversée des Cévennes d’un Stevenson épris de liberté et d’aventure.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Voyage avec un âne »

La bande dessinée « Voyages avec un âne dans les Cévennes« , magnifiquement illustrée par Marlène Merveilleux et adaptée par Alexandre Cot, est une réussite indéniable. Cette œuvre parvient à transmettre avec brio l’atmosphère du périple de Robert Louis Stevenson à travers les Cévennes, rendant hommage au texte original tout en offrant une interprétation graphique immersive et captivante.

Les illustrations de Marlène Merveilleux séduisent par leur précision et leur sensibilité. Chaque vignette reflète les paysages sauvages et majestueux des Cévennes, immergeant le lecteur dans un cadre naturel qui oscille entre douceur et rudesse. L’illustratrice réussit à capturer les détails des montagnes, des villages et des rencontres de Robert Louis Stevenson. Les couleurs et les traits expriment une justesse visuelle qui rend chaque page aussi plaisante à contempler qu’à parcourir.

extrait bd Voyage avec un âne

Quant au scénario d’Alexandre Cot, il reste fidèle au texte de Robert Louis Stevenson, respectant l’humour et la profondeur des réflexions de l’auteur. La narration est fluide, accessible, et conserve le rythme contemplatif du voyage original. Alexandre Cot réussit à adapter les pensées et les anecdotes du célèbre écrivain écossais, sans en altérer la sincérité.

« Voyages avec un âne dans les Cévennes » est une œuvre élégante et respectueuse du texte de Robert Louis Stevenson, qui séduira aussi bien les amateurs de bande dessinée que les passionnés de littérature. C’est une invitation à la découverte, un voyage visuel et littéraire qui ne laisse pas indifférent.

L’Île Au Trésor

Livre illustré publié en 2022 aux Editions Daniel Maghen.


Adapté de l’œuvre de R L Stevenson (publiée pour la première fois le 14 novembre 1883).

couyverture bd L Île Au Trésor

Le rêve de Riff Reb’s et celui de ses lecteurs se réalise dans cette superbe édition – enrichie d’une centaine d’illustrations – du plus célèbre des romans de pirates.


La vie du jeune Jim Hawkins bascule le jour où un marin ivrogne et balafré s’installe dans l’auberge tenue par ses parents. Qui est réellement celui que l’on surnomme le « capitaine » ? Pourquoi se cache t-il ?

Une nuit, des pirates attaquent l’auberge. Jim n’a que le temps de s’enfuir, emportant avec lui le secret du vieux forban découvert dans son coffre : la carte d’une île abritant un fabuleux trésor, celui du célèbre Flint. Il embarque alors sur l’Hispaniola pour aller chercher le trésor.

Un soir, il surprend une conversation entre les marins du bord et comprend que l’équipage est en réalité une bande de pirates dont le chef, Long John Silver, est sur le point de lancer une mutinerie.

Malgré cette trahison, Jim réussit à trouver le trésor et reprendre la mer, mais c’est sans compter sur l’intelligence et la fourberie de Silver…

Riff Reb’s, grand dessinateur de la mer, illustre les scènes mythiques du roman, présenté ici dans son texte intégral, avec la traduction moderne de Jean-Jacques Greif.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Île Au Trésor »

Dans son adaptation magistrale de L’Île au Trésor, Riff Reb’s revisite le grand classique de Robert Louis Stevenson avec un mélange audacieux de fidélité et d’innovation artistique.

Publié par les éditions Daniel Maghen, cet ouvrage transcende le simple format de la bande dessinée pour s’imposer comme une véritable œuvre d’art littéraire et visuelle.

Les illustrations de Riff Reb’s, oscillant entre noir et blanc et éclats de couleurs, donnent vie aux atmosphères maritimes et aux personnages emblématiques du récit. Jim Hawkins, Long John Silver et leurs compagnons prennent une dimension nouvelle, portée par des expressions et des paysages d’une force saisissante. Chaque page plonge le lecteur dans une immersion totale, renforçant la tension dramatique et l’aura mystérieuse qui imprègnent ce chef-d’œuvre.

extrait bd L Île Au Trésor

La nouvelle traduction de Jean-Jacques Greif, moderne et fluide, s’accorde parfaitement avec le style graphique, rendant l’histoire accessible. Le soin apporté à l’édition, avec une reliure élégante et un papier de haute qualité, en fait également un bel objet, à la fois pour les passionnés de littérature classique et les amateurs d’ouvrages artistiques.

L’Île au Trésor de Riff Reb’s est une célébration de l’aventure et de l’art, une invitation à redécouvrir un mythe littéraire sous un nouveau jour.

Un trésor à mettre entre toutes les mains.

Nymphéas noirs

Album publié en 2019 aux Editions Dupuis.


Adapté du roman de Michel Bussi (publié pour la première le 20 janvier 2011).

couverture bd Nymphéas noirs

Dans le village de Giverny, où Claude Monet peint quelques-unes de ses plus belles toiles, la quiétude est brusquement troublée par un meurtre inexpliqué. Tandis qu’un enquêteur est envoyé sur place pour résoudre l’affaire, trois femmes croisent son parcours.

Mais qui, de la fillette passionnée de peinture, de la séduisante institutrice ou de la vieille dame calfeutrée chez elle pour espionner ses voisins, en sait le plus sur ce crime ?

D’autant qu’une rumeur court selon laquelle des tableaux d’une immense valeur, au nombre desquels les fameux Nymphéas noirs, auraient été dérobés ou bien perdus.
Quand la passion se mêle à l’art en un jeu de miroirs, Michel Bussi nous emporte dans un tourbillon d’illusions et de mystère, merveilleusement retranscrit par Fred Duval et mis en lumière par Didier Cassegrain, dont les atmosphères évanescentes rappellent l’empreinte impressionniste.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Nymphéas noirs »

L’adaptation en bande dessinée de Nymphéas noirs, réalisée par Fred Duval et Didier Cassegrain, est une véritable invitation à la contemplation.

Transposant l’intrigue policière du roman de Michel Bussi dans un univers visuel riche et évocateur, cette œuvre se distingue par son raffinement narratif et graphique.

L’histoire se déroule dans le cadre enchanteur de Giverny, célèbre pour ses jardins immortalisés par Claude Monet. Lorsque le corps d’un homme est découvert dans la rivière, trois femmes deviennent les pivots d’une intrigue à la fois subtile et haletante. Fred Duval parvient à condenser les multiples couches de l’enquête tout en maintenant un rythme maîtrisé et une tension narrative qui tient le lecteur en haleine. Chaque rebondissement est finement dosé, menant à une conclusion inattendue.

extrait bd Nymphéas noirs

Le dessin de Didier Cassegrain est un hommage vibrant à l’impressionnisme. Par son utilisation magistrale de l’aquarelle, il crée des planches lumineuses, où chaque détail semble animé par une vie propre. Les jardins de Giverny, avec leurs jeux de lumière et reflets, deviennent presque des personnages à part entière. Les visages des protagonistes, expressifs et subtilement dessinés, renforcent l’immersion dans cette intrigue.

En mêlant avec habileté la profondeur d’un roman policier à la poésie visuelle de l’art pictural, Nymphéas noirs s’impose comme une œuvre marquante.

Que l’on soit amateur de polar ou passionné d’art, cette bande dessinée offre une expérience fascinante, entre suspense et beauté. Une réussite incontestable.

Ne lâche pas ma main

Album publié en 2023 aux Editions Dupuis.


Adapté du roman de Michel Bussi (publié pour la première fois le 7 mars 2013 ).

couverture bd Ne lâche pas ma main

Quand Liane disparaît de l’hôtel, son mari, Martial, devient le coupable idéal. Désemparé, ne sachant comment prouver son innocence, il prend la fuite avec leur fille de 6 ans.

Pour la police, cela sonne comme un aveu : la course-poursuite, au cœur de la nature luxuriante de l’île, est lancée. Une officier de police opiniâtre pourra-t-elle appréhender le suspect ?

Après le succès de l’adaptation en bande dessinée de son roman Les Nymphéas noirs, Michel Bussi revient en compagnie de Fred Duval et Didier Cassegrain pour Ne lâche pas ma main, un thriller haletant au cœur de l’île de La Réunion.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ne lâche pas ma main »

Fred Duval et Didier Cassegrain livrent avec « Ne lâche pas ma main » une adaptation magistrale du roman de Michel Bussi. La bande dessinée nous transporte au cœur de l’île de La Réunion, un décor enchanteur qui se transforme en toile de fond d’un polar haletant.

L’intrigue démarre sur les chapeaux de roue avec la mystérieuse disparition de Liane Bellion dans un hôtel paradisiaque. Rapidement, la suspicion s’abat sur son mari, Martial, qui, en compagnie de leur fille, tente de fuir. Ce récit de fuite, ponctué de rebondissements, maintient une tension constante et tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Fred Duval parvient à capturer la densité psychologique et les subtilités narratives du roman original, tout en insufflant une dynamique propre au format BD. Quant à Didier Cassegrain, il illumine chaque planche par des illustrations somptueuses. Les paysages de La Réunion, magnifiquement détaillés, contrastent avec l’atmosphère oppressante de la chasse à l’homme. Le choix des couleurs, souvent vives et chatoyantes, accentue la beauté exotique tout en renforçant l’immersion.

extrait bd Ne lâche pas ma main

Les personnages, aux traits expressifs, s’animent dans des compositions qui traduisent à la fois l’émotion et l’urgence du récit. Cette adaptation offre ainsi une lecture fluide et visuellement envoûtante, fidèle à l’univers de Michel Bussi tout en exploitant les possibilités uniques de la bande dessinée.

« Ne lâche pas ma main » est une œuvre incontournable pour les amateurs de polars. Une véritable réussite dans l’univers des adaptations littéraires.

Le Magicien d’Oz – Tome 1

Album publié en 2024 aux Editions Jungle.


Adapté de l’œuvre de Lyman Frank Baum (publiée pour la première fois le 17 mai 1900).

couverture bd Le Magicien d'Oz - Tome 1

Le classique de Lyman Frank Baum adapté en BD jeunesse.

Dorothée est une jeune fille qui vit dans une ferme avec son oncle et sa tante. Un jour, elle est emportée par une tornade dans un lieu étrange : le pays d’Oz.

Commence alors un voyage extraordinaire pour rentrer chez elle. Heureusement, elle ne sera pas seule dans son aventure. Accompagnée de son chien Toto, elle croisera le chemin de créatures aussi fantastiques qu’attachantes…

Un carnet pédagogique rédigé et validé par des enseignants complète cet album.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Magicien d’Oz – Tome 1 »

L’adaptation en bande dessinée du classique de Lyman Frank Baum par Maxe L’Hermenier et Hélène Canac est une véritable réussite qui saura captiver les jeunes lecteurs tout en séduisant les amateurs du récit original.
Ce premier tome, publié par les éditions Jungle, retrace avec fidélité l’histoire de Dorothée, emportée par une tornade au pays magique d’Oz, où elle entreprend un périple pour retrouver son foyer.

Une narration intemporelle et accessible
Le scénario reste fidèle à l’œuvre originale tout en simplifiant certains aspects pour convenir à un jeune public. Chaque personnage, qu’il s’agisse de l’Épouvantail en quête d’un cerveau ou du Lion peureux, apporte une dimension émotionnelle et une morale enrichissante. La progression narrative est fluide et ponctuée de moments d’entraide et de découvertes qui maintiennent l’intérêt du lecteur.

extrait bd Le Magicien d'Oz - Tome 1

Un style graphique enchanteur
Les illustrations d’Hélène Canac modernisent le récit tout en conservant son charme féerique. Les couleurs vives et les traits doux insufflent une atmosphère chaleureuse et immersive. Chaque page est un régal visuel, transportant le lecteur dans des paysages fantastiques qui rendent hommage à l’univers d’Oz. Ce style graphique contribue à rendre l’histoire accessible et engageante pour les plus jeunes.

« Le Magicien d’Oz – Tome 1 : La Cité d’Émeraude » est une porte d’entrée idéale vers ce classique intemporel. Son mélange réussi de narration captivante et de visuels enchanteurs en fait un ouvrage parfait pour initier les enfants à la magie de la littérature. À offrir sans hésitation aux jeunes lecteurs ou à ceux qui souhaitent redécouvrir Oz sous un nouveau jour.

La Belle au bois dormant

Album publié en 2024 aux Editions Glénat.


Adapté de l’œuvre de Charles Perrault (publiée pour la première fois en 1697).

couverture bd La Belle au bois dormant

Quatre versions existent du conte de la belle endormie, ce mythe qui a traversé les siècles. Deux d’entre elles ont particulièrement marqué notre imaginaire, les plus récentes, celles écrite par Charles PerraultLa Belle au Bois Dormant (1697), puis la variante des frères Grimm, Fleur-d’Épine (1812).

Perrault propose l’archétype de la version classique et romantique. Quand la reine donne naissance à son premier enfant, Aurore, toutes les fées-marraines sont conviées aux festivités. Toutes, sauf une ! Pour se venger de cet affront, la vieille femme mise à l’écart jette une terrible malédiction sur l’enfant. La jeune princesse, plongée dans un sommeil centenaire, ne pourra être réveillée que par le fils d’un roi…

Mais il existe d’autres versions, plus sombres, loin de cette belle histoire sentimentale et idéalisée. Dans une nouvelle catalane publiée au tout début du XIVsiècle, et œuvre d’un auteur inconnu, le lecteur se voit plongé dans un monde régi par les pulsions qui révèle un univers plus suffocant.

Découvrez et redécouvrez ces deux versions du conte, que la talentueuse équipe réunie autour de Luc Ferry met en scène en puisant aux sources des textes fondateurs, et illustrées avec féerie et réalisme par Gianenrico Bonacorsi, déjà auteur entre autres de DionysosRoméo et JulietteCarmenAdam et Ève et L’Arche de Noé.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Belle au bois dormant »

Avec La Belle au bois dormant, Clotilde Bruneau et Gianenrico Bonacorsi revisitent un mythe intemporel en explorant des versions contrastées de ce conte célèbre : une adaptation catalane du XIVe siècle, celle plus connue de Charles Perrault (1697) . Cette double approche révèle la richesse et l’évolution culturelle de cette histoire, oscillant entre cruauté médiévale et romantisme classique.

Le scénario de Clotilde Bruneau plonge le lecteur dans des univers radicalement différents. La version catalane, sombre et brutale, expose un monde régi par les pulsions humaines, tandis que la version de Perrault adopte une tonalité plus douce et manichéenne. Ce contraste met en lumière la transformation des récits au fil des siècles, tout en questionnant les notions de morale et de consentement. La profondeur psychologique des personnages, notamment celle du prince dans la première version, enrichit l’expérience narrative.

extrait bd La Belle au bois dormant

Le dessin de Gianenrico Bonacorsi, rehaussé par les couleurs subtiles de Simon Champelovier, mêle classicisme et modernité. Inspiré par l’Art nouveau, son trait réaliste donne vie à un Moyen Âge riche en détails visuels. Certaines séquences, comme l’arrivée du prince auprès de la princesse endormie, se distinguent par des cadrages cinématographiques et une mise en page inventive qui renforcent l’immersion.

Cette bande dessinée explore les facettes méconnues d’un conte emblématique. Le dossier final, signé Luc Ferry, offre une analyse philosophique et historique précieuse, complétant parfaitement ce voyage dans le temps. Une relecture incontournable pour quiconque souhaite redécouvrir La Belle au bois dormant sous un jour nouveau.

Les frères Karamazov

Album publié en 2020 aux Editions Kurokawa.


Adapté de l’œuvre de Fiodor Dostoïevski (publiée pour la première fois le novembre 1880).

couverture bd Les frères Karamazov

Une fabuleuse adaptation manga du grand classique Les frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski !

L’exubérant et avide Fiodor Karamazov a été assassiné. La disparition de ce chef plonge le reste de la famille dans un combat de coq. Quel sens donner à l’existence de Dieu ?

À ce qui est admissible ou pardonnable ? Et qui est l’assassin ? 

Les Frères Karamazov, l’un des piliers de l’œuvre de Dostoïevski, est superbement adapté dans un manga au trait puissant.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les frères Karamazov »

L’adaptation manga de Les Frères Karamazov, réalisée par Hiromi Iwashita et publiée chez Kurokawa, est une œuvre remarquable qui réussit à condenser l’essence du chef-d’œuvre de Fiodor Dostoïevski en 320 pages.
Fidèle à l’esprit du roman, cette bande dessinée explore des thèmes universels tels que la foi, le doute, la culpabilité et les tensions familiales dans une Russie du XIXe siècle tourmentée par des conflits sociaux et moraux.

L’intrigue suit les trois frères KaramazovDimitri, Ivan et Aliocha – chacun incarnant une facette de l’âme humaine : la passion, la raison et la foi. Leur confrontation avec leur père dépravé, Fiodor, mène à une tragédie familiale où le parricide devient le pivot narratif.
Les dilemmes philosophiques du roman sont habilement abordés, notamment la question du bien et du mal ou encore le libre arbitre. Bien que l’adaptation simplifie certains aspects complexes de l’œuvre originale, elle conserve une profondeur psychologique suffisante pour captiver les lecteurs

extrait bd Les frères Karamazov

Les dessins d’Hiromi Iwashita mêle réalisme et expressivité propre au manga. Les traits exagérés des personnages accentuent leurs émotions et rendent palpable leur tourment intérieur. Les décors détaillés plongent le lecteur dans une Russie rurale authentique, renforçant l’atmosphère dramatique de l’histoire.

Cette adaptation est une porte d’entrée idéale pour découvrir Fiodor Dostoïevski. Elle s’adresse aussi bien aux amateurs de mangas qu’aux lecteurs curieux d’explorer la littérature russe sous un format plus accessible. Un excellent travail d’interprétation qui honore l’œuvre originale tout en proposant une expérience visuelle et narrative captivante.

Fils de ploucs 3 – Adieu Plougourvest

Album publié en 2024 aux éditions Ouest France.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Jean Rohou publié pour la première fois le 5 avril 2005.

Fils de ploucs a sans doute été la plus grosse vente de littérature des Éditions Ouest-France.

On doit cette analyse très juste de la culture rurale bretonne à Jean Rohou, fils de paysan de Plougourvest dans le Léon (et locuteur breton), qui est devenu professeur d’université (Rennes 2).

Dans son récit tout y passe : le rythme de vie, la religion, l’église, le cimetière et le village, l’école, le monde paysan, la langue bretonne, les voisins, la maladie, la mort, etc. Cette histoire est désormais proposée en roman graphique.

Ce troisième tome, « Adieu Plougourvest » raconte les premiers pas de Jean en dehors de sa communauté villageoise de Plougourvest, les années au collège puis au lycée à Rennes et enfin à Paris. Les premiers émois amoureux…

On retrouve avec bonheur tous les personnages du village, ses parents, Monsieur le Recteur. Les dialogues ne se privent pas d’expressions en langue bretonne (traduites) qui ne manquent pas de sel. Le roman graphique parle de tous ces sujets, met en scène les personnages, et raconte un monde disparu et attachant.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Fils de ploucs 3 – Adieu Plougourvest »

Jean Rohou et Clara Vialletelle concluent en beauté cette trilogie autobiographique avec un troisième volume où l’auteur quitte son village de Plougourvest pour le collège de Rennes, le lycée, puis Paris. Le récit conserve la rigueur historique propre à Jean Rohou : né en 1934 dans une famille de paysans du Léon, il évoque sans nostalgie ni misérabilisme les traditions rurales bretonnes, l’apprentissage du breton, le poids de l’Église et la langue maternelle.

L’enfance cède ici la place à l’adolescence : les premiers émois amoureux, la confrontation à l’instruction publique et à la laïcité, et l’émancipation intellectuelle de Jean. Les dialogues, souvent ponctués d’expressions en breton subtilement traduites, rendent la langue vivante et témoignent du fossé grandissant entre ses origines et le monde urbain.

extrati bd Fils de ploucs 3 - Adieu Plougourvest

Le trait de Clara Vialletelle, délicat et épuré, sublime chaque planche : un noir et blanc ponctué de camaïeux sépia qui souligne la mélancolie du départ et l’espoir du nouveau départ. Les cadrages alternent gros plans sensibles et décors minimalistes, reflétant la tension entre intimité et ouverture sur le monde.

Ce dernier tome « Adieu Plougourvest » réussit son pari : proposer une fin de cycle aussi introspective que vivante. À recommander aux amateurs des mutations sociales de la Bretagne du XXᵉ siècle et aux Bretons d’un certains âge qui reconnaitront dans cette BD la vie et les paysages de leur enfance.



Lieu visité par la bd en Bretagne

Plougourvest

Casse-pipe / Carnet du cuirassier Destouches

Album publié en 2007 aux Editions Futuropolis.


Adapté de l’œuvre de Louis-Ferdinand Céline(publiée pour la première fois en 1949 pour Casse-pipe et 1913 pour Carnet du cuirassier Destouches).

couverture bd Casse-pipe / Carnet du cuirassier Destouches

Casse-pipe, c’est le temps de l’enfermement, devenu interminable. Témoin la longueur de cette première nuit, qui occupe toute la première séquence, mais la suite est à l’avenant.

L’agressivité du monde et des hommes y prend la forme de la nuit, du froid, de la pluie, de chevaux échappés qui courent dans tout cela, et un visage que Courteline et d’autres avaient déjà fait connaître en littérature, celui des gradés et des sous-officiers, d’autant plus charognes qu’ils sont eux-mêmes plus terrorisés.

L’étonnant est que, du spectacle de tant d’écrasement, qui ne cesse pas d’être sensible, naisse ligne à ligne tant de comique.

Céline est ici dans toute la maîtrise de ses moyens. Le discours et l’argot militaires sont un morceau de choix pour cette rencontre de langages qui est pour lui le commencement du style.

De cette transposition du vécu en mots, Tardi fait à son tour une transposition visuelle, avec la même fidélité à la sensibilité célinienne dont il avait déjà fait preuve dans son illustration de Voyage au bout de la nuit.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Casse-pipe / Carnet du cuirassier Destouches »

Adaptant avec une fidélité remarquable le roman inachevé de Louis-Ferdinand Céline, Jacques Tardi livre avec Casse-pipe un livre illustré d’une puissance rare, à la fois sombre et grinçante. L’album plonge le lecteur dans l’enfermement et l’absurdité du quotidien militaire à la veille de la Première Guerre mondiale, où la nuit, le froid et la pluie deviennent des personnages à part entière, oppressants et omniprésents.

Jacques Tardi excelle à restituer l’atmosphère étouffante et le comique amer du texte original. Les thèmes majeurs – l’absurdité de la guerre, la déshumanisation des soldats, l’agressivité banale des hommes et la violence des rapports hiérarchiques – sont transposés avec une acuité saisissante. Loin de tout héroïsme, les personnages, souvent anonymes, expriment une profonde lassitude, oscillant entre résignation et révolte silencieuse. L’argot militaire, cher à Louis-Ferdinand Céline, devient sous le crayon de Tardi une matière sonore et visuelle, source d’un humour noir qui désamorce la tragédie sans jamais l’édulcorer

extrait bd Casse-pipe / Carnet du cuirassier Destouches

Graphiquement, Jacques Tardi impose son style inimitable : un noir et blanc expressionniste, des aplats profonds, des visages marqués par la fatigue et la peur, des décors sobres mais évocateurs. Chaque case est pensée pour renforcer l’angoisse, l’enfermement et l’absurdité de la situation, tout en maintenant une lisibilité parfaite. Ce réalisme sombre, allié à une mise en page classique mais efficace, immerge le lecteur dans l’expérience sensorielle et psychologique des soldats.

En conclusion, one peut dire que acques Tardi y déploie toute la force de son art pour faire résonner la voix singulière de Louis-Ferdinand Céline, entre désespoir et dérision, dans un album à la fois bouleversant et d’une modernité saisissante.