Catégorie : Toutes les BD

Jan Karski – Edition 10 ans

Album publié en 2021 aux éditions Steinkis.


Résumé éditeur

couverture bd Jan Karski - Edition 10 ans

 » Monsieur, je n’ai pas dit que ce jeune homme mentait. J’ai dit que je suis incapable de le croire. Ce n’est pas la même chose. « 

1939. Jan Kozielewski, jeune Polonais de bonne famille, catholique, est happé par la guerre. Sous le nom de Jan Karski, il devient un agent de la résistance.

Sa mission : s’introduire au coeur du ghetto de Varsovie puis dans un camp d’extermination et transmettre son rapport au Président des États-Unis.

Peu de livres relatent l’histoire – extraordinaire, incroyable et passionnante – de Karski.

Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso lui rendent hommage à travers ce roman graphique.
Prix Cezam Île-de-France 2016


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Jan Karski – Edition 10 ans »

La bande dessinée « Jan Karski » de Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso, publiée par Steinkis, est une œuvre qui interpelle par sa profondeur historique et émotionnelle.

À travers un dessin sobre mais puissant, Bonaccorso nous plonge dans l’horreur de la Seconde Guerre mondiale, rendant hommage à l’intrépidité de Jan Karski, ce résistant polonais devenu témoin des atrocités nazies.

Le scénario, habilement construit par Rizzo, retrace le parcours héroïque de Karski, depuis son engagement dans la résistance jusqu’à ses rencontres avec les dirigeants alliés, dont Churchill et Roosevelt. La BD s’appuie sur les mémoires de Karski, mais intègre également des éléments romancés, créant un récit à la fois fidèle et captivant.

extrait bd Jan Karski - Edition 10 ans

Le dessin, à la fois simple et expressif, capte l’essence des émotions, rendant palpable la terreur vécue dans le ghetto de Varsovie et les camps de transit.

« Jan Karski » reste une œuvre essentielle pour le devoir de mémoire. Cette bande dessinée est un hommage poignant à un homme dont le courage et la détermination ont permis de révéler au monde une des pages les plus sombres de l’histoire humaine​.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Pierre de Porcaro – Prêtre clandestin volontaire

Album publié en 2025 aux Editions Plein Vent.


De 1938 à 1945, 2720 prêtres, religieux et séminaristes sont déportés dans le camp de concentration de Dachau. 1034 d’entre eux y laisseront la vie.

Pendant la 2e guerre mondiale, Pierre de Porcaro, prêtre du diocèse de Versailles est envoyé clandestinement en Allemagne pour assister les Français envoyés de force pour y travailler.
Dénoncé, il est déporté à Dachau où il meurt en mars 1945 à l’âge de 41 ans.

Dans les Yvelines où il a vécu, il laisse le souvenir d’une âme lumineuse, zélée et toute donnée à son rôle de prêtre. Son procès en béatification est engagé.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Pierre de Porcaro – Prêtre clandestin volontaire »

Cette adaptation graphique du destin tragique de Pierre de Porcaro, prêtre du diocèse de Versailles mort à Dachau en 1945, nous fait découvrir une facette oubliée de la seconde Guerre Mondiale. Pierre Amar et l’illustrateur Venzac livrent un récit poignant sur l’une des pages les plus méconnues de la résistance spirituelle française.

La BD retrace avec précision le parcours de ce jeune prêtre breton, depuis son enfance dans une famille militaire marquée par la Grande Guerre jusqu’à sa mort au typhus dans la « baraque des prêtres » de Dachau. Le scénario dépeint un homme de chair et de sang, animé par une foi authentique mais confronté aux dilemmes moraux de son époque. La progression dramatique – captivité, retour, départ volontaire vers l’Allemagne puis déportation – structure efficacement le scénario.

extrait bd Pierre de Porcaro - Prêtre clandestin volontaire

Les illustrations de Venzac, réalisées à l’aquarelle, apportent une dimension visuelle « douce et colorée » qui contraste délibérément avec la dureté du propos. Cette approche graphique classique permet une lecture accessible tout en préservant la gravité du témoignage historique.

L’ouvrage s’enrichit d’un dossier documentaire de Guillaume Zeller « Dachau, Golgotha contemporain », qui replace le destin individuel de Porcaro dans le contexte plus large des 2 720 prêtres déportés dans ce camp. Cette contextualisation historique souligne l’exemplarité du parcours du protagoniste au sein de la Mission Saint Paul, ces vingt-six prêtres français partis clandestinement soutenir les travailleurs du STO.

Cette bande dessinée, qui fait découvrir un pan méconnu de la Seconde Guerre mondiale, est un témoignage nécessaire sur ces « martyrs de l’apostolat » dont la cause de béatification demeure ouverte.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Fan Man, L’homme au ventilo

Album publié en 2025 aux éditions Petit à Petit.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de William Kotzwinkle publiée en 1974.

couverture bd FAN MAN, L homme au ventilo

Une promenade enchantée au cœur d’un New York beatnik, cosmopolite et rugissant !
Ici Horse Badorties, mec, en direct du Lower East Side à New York. Voilà le plan, mec : le maestro Badorties t’attend ce soir à l’église St Nancy, baby, pour la répétition de la Chorale de l’Amour, où on chantera dans des ventilateurs à s’en faire frissonner les tympans. VENTILO, mec. Le doux murmure mélodique régulier qu’ils produisent est le seul moyen de nous tenir en parfaite harmonie, mec.


Horse Badorties squatte un appartement dans lequel il entasse des monceaux d’objets et d’ordures, au point de ne plus pouvoir différencier son évier d’un fauteuil.
Son esprit enfumé et ses capacités de concentration inexistantes le promènent de Greenwich Village à Chinatown, dans une réjouissante ode à la liberté et au plaisir de l’errance.

Le livre culte de William Kotzwinkle, Fan Man, enfin adapté en bd par Gaet’s et Julien Monier !

logo fnac

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Fan Man, L’homme au ventilo »

Adaptant le roman culte de William Kotzwinkle (1974), Fan Man, L’homme au ventilo propulse le lecteur dans le New York underground des années 1970, à la suite de Horse Badorties, hippie lunaire et collectionneur compulsif, obsédé par la création d’une improbable « Chorale de l’Amour ». Gaët’s et Julien Monier, déjà salués pour leur série RIP, relèvent ici le défi d’un texte réputé inadaptable, en restituant toute sa folie douce et son humour absurde.

La bande dessinée excelle à rendre la dérive existentielle de Horse, antihéros attachant par sa liberté radicale et sa marginalité. Son errance, ponctuée de rencontres fantasques et de quêtes absurdes (ventilateurs, « poulettes »), devient une ode à la contre-culture et à l’errance urbaine.
Le récit, fidèle à l’esprit du roman, oscille entre satire sociale et poésie du chaos, explorant la frontière ténue entre génie et folie. Les dialogues, truffés de tics de langage (« mec », « baby »), ancrent la narration dans une oralité débridée, parfois déroutante mais toujours authentique.

Julien Monier signe un travail remarquable : son trait expressif et précis, donne vie à un New York grouillant de détails, baigné de teintes chaudes qui évoquent à la fois la décadence et l’énergie du flower power
La mise en page inventive épouse le désordre mental et physique du protagoniste, tandis que les pleines pages rythment le récit et soulignent l’intensité émotionnelle de certaines séquences. 

Fan Man, L’homme au ventilo est une adaptation audacieuse, parfois exigeante, mais toujours habitée par une énergie folle. Si la narration peut dérouter par sa fidélité à l’oralité du roman, le voyage proposé séduira les amateurs de récits expérimentaux et de contre-culture. Un album à recommander aux lecteurs curieux, ouverts à l’absurde et à l’excentricité graphique, qui y trouveront un « very good trip » unique et inoubliable.

À fleur de peau

Bande dessinée publiée en 2022 aux éditions Leduc.


D’après le livre de Saverio Tomasella publié le 15 mai 2017.

Flora a tout pour être heureuse : une famille aimante, drôle et brillante, des amis sincères, un jardin qu’elle aime.

Pourtant, elle a l’impression que son extrême sensibilité perturbe sa confiance et la pousse parfois à se replier sur elle-même. Elle se sent différente des autres.

C’est alors qu’elle rencontre Marc, professeur de yoga et de méditation, qui l’aide à transcender son ultrasensibilité.

Flora apprend alors à la vivre comme une force pour s’épanouir.

Un récit touchant qui permettra à chacun d’avancer sur son chemin intérieur.

Saverio Tomasella est docteur en psychologie, chercheur et écrivain. Il est le fondateur d’un Observatoire sur l’ultrasensibilité. Ses travaux sur l’hypersensibilité font désormais référence. Cette BD est l’adaptation de son roman éponyme, véritable best-seller vendu à plus de 100 000 exemplaires (éditions Leduc, 2017 ; Pocket, 2018).


Ancienne parisienne, Maelline a opéré un retour à la terre en même temps qu’elle abandonne un travail de bureau pour se dévouer à l’écriture. Elle vit aujourd’hui à la campagne avec son conjoint, ses enfants et toute une ménagerie, et travaille sur plusieurs projets de bandes dessinées au coeur desquels transparaît l’importance du respect des autres, de son environnement… et de soi-même. 

Bela Pinheiro raconte ses histoires en images en alliant numérique et traditionnel – notamment l’aquarelle et le pastel gras. Illustratrice et chercheuse brésilienne, les univers de la lecture l’émerveillent chaque jour.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « À fleur de peau »

À fleur de peau, d’Isabelle Bauthian, est une bande dessinée d’une rare délicatesse, abordant un thème souvent sous-représenté dans la littérature : l’hypersensibilité.

Le scénario, inspiré du roman à succès de Saverio Tomasella, suit Flora, une jeune femme en quête d’équilibre dans un monde qui ne semble pas toujours compatible avec sa nature profondément sensible.

Bauthian, avec une grande justesse, dépeint les défis que rencontrent les personnes hypersensibles, tout en leur offrant un message d’espoir. Le personnage de Marc, le professeur de yoga, devient un guide pour Flora, lui apprenant à transformer ce qui pourrait être perçu comme une faiblesse en une véritable force intérieure.

extrait bd À fleur de peau

Ce parcours initiatique est rendu encore plus puissant par les illustrations d’Isabela Pinheiro, dont le style combine aquarelle et techniques numériques pour créer une atmosphère apaisante et introspective.

Loin des récits traditionnels, cette bande dessinée se distingue par sa profondeur et son invitation à l’introspection. Elle s’adresse tant aux lecteurs qui se reconnaîtront dans les traits de Flora qu’à ceux qui cherchent à mieux comprendre les dynamiques émotionnelles de leur entourage.

À fleur de peau est un hymne à l’acceptation de soi, un encouragement à embrasser pleinement ses particularités pour en tirer une force incommensurable.

Cette bande dessinée est une œuvre à la fois émotive et édifiante, qui saura toucher les cœurs.

Vous n’aurez pas les enfants

Bande dessinée publiée en 2025 aux éditions Glénat.


D’après le livre de Valérie Portheret publié le 6 mai 2020.

L’incroyable sauvetage des enfants juifs de Vénissieux.

couverture bd Vous n'aurez pas les enfants

Août 1942, région lyonnaise. Dans une France déchirée, le gouvernement de Vichy s’apprête à organiser une nouvelle rafle après le Vel’ d’Hiv’, en livrant à l’occupant nazi des juifs étrangers de la zone libre.
Parmi eux figurent des centaines d’enfants. Quand l’abbé Glasberg apprend ce qui se trame, il a peu de temps devant lui pour agir. Fondateur de L’Amitié chrétienne, l’homme d’Église a épluché méthodiquement les lois jusqu’à trouver une faille : ses espoirs reposent sur une liste d’exemptions !
Sous couvert d’aider à trier les internés qui affluent, l’Abbé entame un véritable combat administratif. Grâce à une chaine de solidarité d’une ampleur inédite formée par des citoyens, des résistants et des membres de l’œuvre chrétienne, il va réussir à exfiltrer un très grand nombre de personnes du camp de Vénissieux en fournissant notamment de faux documents.
Mais il sait que les convois vont bientôt emmener les femmes et les enfants qui restent. Il sait aussi qu’un ultime alinéa stipule l’impensable. Si les parents abandonnent leurs enfants, ces derniers ne peuvent être déportés. Le stratagème est déchirant. Dans la nuit du 28 au 29 août 1942, des mères et des pères vont faire un dernier acte d’amour pour éviter à leurs enfants la solution finale.

Le sauvetage de 108 enfants du camp de transit de Vénissieux restera à jamais dans les mémoires. Arnaud Le Gouëfflec et Olivier Balez livrent une adaptation fidèle du livre de l’historienne Valérie Portheret qui signe ici la préface, à travers un album bouleversant où se pose la question de la responsabilité de chacun.
Entre témoignage et travail de mémoire, le trait est sombre et le scénario concis. Il n’y a pas ici de grand héros, mais une solidarité qui rend compte du courage collectif face à l’inacceptable. Une œuvre édifiante à mettre entre toutes les mains.
Historienne, Valérie Portheret a reconstitué, au terme de vingt-cinq ans de recherches, ce sauvetage des enfants du camp de Vénissieux, recueillant partout dans le monde, la parole d’un très grand nombre d’entre eux.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Vous n’aurez pas les enfants »

Adaptant le travail monumental de l’historienne Valérie Portheret, Arnaud Le Gouëfflec (scénario) et Olivier Balez (dessin) livrent avec « Vous n’aurez pas les enfants » une bande dessinée bouleversante, fidèle à la mémoire du sauvetage de 108 enfants juifs du camp de Vénissieux en août 1942. L’album s’inscrit dans la droite ligne du livre éponyme de Valérie Portheret, fruit de plus de vingt-cinq ans de recherches et de témoignages collectés à travers le monde.

Le récit s’attache à restituer la complexité morale et la tension de cette opération de sauvetage, menée par un réseau composite de résistants, de membres de l’Amitié chrétienne, de l’OSE et de simples citoyens, sous la houlette de l’abbé Glasberg et du cardinal Gerlier
Ici, pas de héros isolés mais une chaîne de solidarité, où chaque personnage, même secondaire, incarne la résistance civile face à la barbarie. La narration, concise et précise, évite tout baragouin inutile pour mieux laisser émerger la profondeur psychologique des protagonistes, confrontés à des choix impossibles et à la « banalité du mal »

extrait bd Vous n'aurez pas les enfants

Le trait sombre d’Olivier Balez, rehaussé de couleurs froides et de mises en page originales, souligne la gravité du propos tout en rendant palpable l’atmosphère oppressante de l’époque. L’alternance de formats – grandes planches, vignettes resserrées, jeux de teintes rouges et bleues – rythme le récit et guide le lecteur à travers la confusion des rafles, la tension des gares et l’intimité des adieux déchirants.

« Vous n’aurez pas les enfants » s’impose comme un travail de mémoire essentiel, à la fois pédagogique et profondément humain.
Par sa rigueur historique, la sobriété de sa narration et la force de son parti pris graphique, l’album touche juste et interroge la responsabilité individuelle face à l’Histoire. À recommander sans réserve aux enseignants et aux passionnés d’histoire.

Suite Française – Tempête en juin

Bande dessinée publiée en 2015 aux éditions Denoël.


D’après le roman de Irène Némirovsky publié le avril 2004.

Une décennie après le triomphe mondial de Suite française, roman miraculeusement réchappé de l’oubli, prix Renaudot 2004, Emmanuel Moynot s’empare du premier volet du diptyque, Tempête en juin.

Sous sa plume acérée, le classique d’Irène Némirovsky trouve sa dimension visuelle. Comme dans un film de Renoir ou d’Altman, les personnages, les trajectoires, les destinées se heurtent et s’emmêlent sur les routes de l’Exode de juin 1940, traçant le portrait de ces heures noires où il a semblé que la donne sociale, morale, nationale se rebattait intégralement.

Les figures inoubliables qui peuplent les pages de Némirovsky prennent corps. On retrouve comme si on les avait toujours connus le banquier Corbin, le gentil couple Michaud, la tribu des Péricand, l’infortuné abbé Philippe, la frivole Arlette Corail, le sinistre Corte et sa maîtresse écervelée, tous les autres, les perdants, les affreux, les purs et les morts de cette débâcle française.

Et l’on découvre au passage que l’auteur de David Golder – dont on connait la passion pour la narration cinématographique – aurait fait une grande scénariste.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Suite Française – Tempête en juin »

Dans Suite Française : Tempête en juin, Emmanuel Moynot réalise une adaptation graphique du roman d’Irène Némirovsky qui transcende le simple exercice de style.

En s’emparant de ce texte poignant, Moynot parvient à offrir une lecture visuelle à la fois fidèle et inventive, capturant avec acuité la complexité des personnages et la noirceur de l’époque. Son trait, à la fois précis et évocateur, mêle habilement élégance et profondeur, donnant vie aux nuances émotionnelles qui traversent l’œuvre.

Le contraste entre la sobriété des lavis noir et blanc et l’intensité des scènes dépeintes renforce le sentiment d’une tragédie inévitable. On soulignera la justesse de l’adaptation, où chaque case semble résonner avec la même force que les mots d’origine. Moynot ne se contente pas de transposer une histoire; il l’habite, offrant aux lecteurs une expérience immersive qui rend hommage à l’œuvre originale tout en affirmant sa propre identité artistique.

Cet album s’impose ainsi comme une œuvre marquante, témoignant de la capacité de la bande dessinée à rivaliser avec la littérature pour raconter les drames les plus profonds de l’humanité. Un véritable tour de force, à la fois visuel et narratif.

L’Homme qui rit

Bande dessinée publiée en 2000 aux éditions Glénat.


D’après le roman de Victor Hugo publié en avril 1869.

couverture bd L'Homme qui rit

Tout le monde connaît Victor Hugo et sa capacité à créer des univers où le sordide côtoie le sublime. Mais tout le monde ne connaît pas encore Fernando De Felipe ; cela ne devrait plus tarder.


Après deux séries très remarquées par les lecteurs de BD (Museum et Black Deker), la publication de cette très libre adaptation de L’Homme qui rit devrait convaincre les derniers sceptiques de l’incommensurable talent de cet artiste.


Son trait vivant et fluide et ses couleurs audacieuses font de ce directeur artistique de l’université de Barcelone l’un des plus intéressants auteurs espagnols du moment.
Mélangeant les techniques et les styles avec l’originalité qui le caractérise, De Felipe pousse encore plus loin les limites de la BD dans cet album envoûtant et sombre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Homme qui rit »

Dans sa bande dessinée L’Homme qui rit, Fernando de Felipe revisite l’œuvre de Victor Hugo avec une vision résolument sombre et déstabilisante.

Cet album distille une atmosphère oppressante à travers des illustrations frappantes et un récit condensé. De Felipe se concentre sur l’aspect grotesque de l’histoire, accentuant la tragédie du personnage principal, Gwynplaine, dont le rire figé devient une métaphore poignante de la condition humaine et de l’injustice sociale.

Les choix artistiques de l’auteur, notamment son style graphique marqué par des contrastes intenses et des visages déformés, créent une tension constante. Ce parti pris peut cependant diviser. On peut y voir une adaptation fidèle à l’esprit du roman, ou alors regretter la simplification inévitable des thèmes profonds d’Hugo.

L’Homme qui rit de De Felipe se présente non seulement comme une interprétation graphique de qualité, mais aussi comme une réflexion moderne sur les inégalités et le destin, qui résonne encore aujourd’hui.

Cette bande dessinée est un tour de force qui mérite d’être découverte, tant pour son approche artistique que pour la réinvention du classique littéraire d’Hugo qu’elle propose.

Cadres noirs – Tome 3 : Après

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Rue de Sèvres.


D’après le roman de Pierre Lemaitre publié le 3 février 2010.

couverture bd Cadres noirs - Tome 3 : Après

Après plusieurs mois de détention pour la prise d’otages qu’il a effectuée lors d’une session de recrutement, Alain Delambre est finalement libéré.
Le plan qu’il a déployé depuis sa cellule visant à faire payer la compagnie responsable de sa situation s’étant parfaitement déroulé, il compte aller au bout de celui-ci avec sa liberté fraîchement regagnée.
C’est sans compter le colosse auquel Alain et ses quelques alliés s’attaquent. Séquestration de sa famille et de ses amis, intimidation : Alain s’est lancé dans un jeu plus que dangereux dans lequel la chance peut très vite tourner. Il ne lui reste que trop peu de temps pour mener à bien son projet et sauver sa famille.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Cadres noirs – Tome 3 : Après »

« Cadres noirs – Tome 3 : Après« , de Pascal Bertho et Giuseppe Liotti concluent de façon magistrale l’adaptation de l’œuvre de Pierre Lemaitre. Ce dernier volet, porté par une narration haletante et une tension omniprésente, nous plonge dans les tourments d’Alain Delambre, un personnage déchiré entre vengeance personnelle et survie familiale.

La force du scénario réside dans son intensité dramatique, construite avec minutie. Les rebondissements, loin d’être gratuits, servent une intrigue solidement charpentée qui explore les limites morales et psychologiques de ses protagonistes. Alain Delambre, anti-héros par excellence, gagne en complexité dans ce dénouement où chaque décision paraît irrémédiable.

extrait bd "Cadres noirs - Tome 3 : Après"

Sur le plan visuel, Giuseppe Liotti livre un travail remarquable. Ses dessins, empreints de réalisme et de sobriété, accompagnent avec élégance le ton grave de l’histoire. Le dynamisme des scènes d’action contraste habilement avec la finesse des moments plus introspectifs, créant un équilibre visuel qui capte et retient l’attention du lecteur.

Ce dernier opus se concentre sur l’humain, ses failles et ses contradictions. Ce choix lui donne une dimension plus intime et universelle.

« Cadres noirs – Tome 3 : Après » est une conclusion forte et mémorable, un thriller captivant qui marquera les amateurs de bandes dessinées.


Cadres noirs – Tome 2 : Pendant

Bande dessinée publiée en 2023 aux éditions Rue de Sèvres.


D’après le roman de Pierre Lemaitre publié le 3 février 2010.

couverture bd Cadres noirs - Tome 2 : Pendant

Alain Delambre est un cadre de 57 ans anéanti par quatre années de chômage sans espoir. Quand l’opportunité d’un entretien d’embauche pour un grand groupe s’offre à lui, il n’hésite pas à s’impliquer corps et âme dans la méthode de recrutement quelque peu étrange : un jeu de rôles sous forme de prise d’otages, qui tourne mal et le fait se retrouver en prison.

Incarcéré dans l’attente de son jugement, il tente de justifier ses actes auprès de l’opinion publique, et de maintenir les liens avec sa famille dévastée par le drame. Ses méthodes interpellent cependant les industriels responsables de sa situation : et si Alain Delambre avait tout planifié dès le début… ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Cadres noirs – Tome 2 : Pendant »

Avec « Cadres noirs Tome 2 : Pendant« , Giuseppe Liotti et Pascal Bertho poursuivent brillamment l’adaptation du roman de Pierre Lemaitre, offrant une BD d’une rare intensité. Le récit plonge le lecteur dans les méandres d’un thriller social où les enjeux personnels et sociétaux se croisent dans une trame captivante.

Les auteurs mettent en lumière la chute vertigineuse d’Alain Delambre, un homme broyé par les rouages d’un système économique impitoyable. Ce deuxième opus excelle par son écriture qui, tout en restant fidèle au roman d’origine, insuffle une tension palpable et un regard critique acéré sur le monde du travail contemporain. La narration, habilement construite entre flashbacks et présent, offre un scénario, tout en maintenant un suspense haletant.

extrait bd Cadres noirs - Tome 2 : Pendant

Le travail graphique de Giuseppe Liotti mérite une mention particulière. Ses illustrations, d’une grande précision, parviennent à capturer l’intensité émotionnelle des personnages tout en restituant avec force l’atmosphère oppressante de l’univers décrit. Chaque planche est un véritable tableau, où la froideur des décors d’entreprise contraste avec les visages marqués par la détresse et la détermination.

« Cadres noirs Tome 2 : Pendant » est une réflexion incisive sur les dérives du capitalisme et sur l’impact du travail dans nos vies. Un thriller social poignant qui, par sa profondeur et sa réalisation soignée, s’impose comme une lecture incontournable.


La Faute au midi

Album publié en 2014 aux éditions Grand Angle.


Résumé éditeur

L’histoire vraie de trois innocents sacrifiés par la nation.

couverture bd La Faute au midi

Le 21 août 1914, les soldats provençaux du XVe corps sont lancés dans la bataille de Lorraine, sans appui d’artillerie.

C’est un massacre. 10 000 soldats sont fauchés par les obus et la mitraille avant même de voir un seul casque à pointe.

Pour Joffre, généralissime des armées françaises, cette défaite est catastrophique, car elle ruine ses plans.

Afin de se dédouaner, il rejette la faute sur les soldats du Midi, à la mauvaise réputation. Humble combattant…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Faute au midi »

Jean-Yves Le Naour, en collaboration avec le dessinateur A. Dan, nous livre avec « La Faute au Midi » une bande dessinée à la fois captivante et bouleversante, ancrée dans l’une des périodes les plus sombres de l’histoire française.

Ce récit se concentre sur l’injustice subie par les soldats du XVe Corps d’Armée, principalement issus du Sud-Est de la France, accusés à tort de lâcheté après la défaite de la bataille de Lorraine en août 1914.

Loin d’être une simple reconstitution historique, cette œuvre révèle la brutalité d’une guerre où les vies humaines sont sacrifiées sur l’autel des erreurs militaires et des préjugés. Le Naour excelle dans l’art de transformer des faits historiques en une narration poignante, rendant palpable l’angoisse et l’injustice ressenties par ces hommes.

extrait bd La Faute au midi

Le dessin d’A. Dan, à la fois sobre et expressif, ajoute une dimension visuelle intense, renforçant la tragédie vécue par les personnages.

« La Faute au Midi » est une œuvre indispensable pour ceux qui s’intéressent à la Première Guerre mondiale, offrant une réflexion profonde sur la mémoire collective et les erreurs du passé​