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Philocomix – T1 – Dix philosophes, Dix approches du bonheur

Album publié en 2020 aux Editions Rue de Sèvres.


couverture bd Philocomix - T1 - Dix philosophes, Dix approches du bonheur

Comment définir le bonheur, et comment atteindre la plénitude ?
Les auteurs présentent, sous forme de bande dessinée et avec humour, les pensées de dix grands philosophes analysant le bien-être.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Philocomix – T1 – Dix philosophes, Dix approches du bonheur »

Philocomix constitue un projet éditorial ambitieux qui s’attaque à la quête universelle du bonheur. Anne-Lise Combeaud, Jean-Philippe Thivet et Jérôme Vermer proposent une vulgarisation accessible de dix approches philosophiques majeures. L’ouvrage explore les pensées de Platon, Épicure, Sénèque, Montaigne, Descartes, Pascal, Kant, Bentham, Schopenhauer et Nietzsche, interrogeant leurs conceptions respectives du bonheur.

La force de la BD réside dans sa méthode didactique : courte biographie, résumé théorique, scène humoristique explicative, puis fiche pratique d’application. Cette approche rend accessibles des concepts complexes en synthétisant des siècles de réflexion philosophique en formules mémorables. L’humour et la dédramatisation de la démarche philosophique abolissent les barrières psychologiques, créant un espace de dialogue décomplexant qui favorise la réflexion critique.

extrait bd Philocomix - T1 - Dix philosophes, Dix approches du bonheur

Le style visuel d’Anne-Lise Combeaud, graphiste de formation, adopte un parti pris simple et fonctionnel. Ses dessins simples mais créatifs constituent un support efficace au propos philosophique, utilisant diagrammes et cartes historiques pour contextualiser les époques. Cette approche privilégie la clarté pédagogique à la sophistication esthétique.

Philocomix réussit le pari difficile de la vulgarisation philosophique. L’ouvrage propose une version simplifiée mais non simpliste des grandes théories du bonheur. Le succès commercial (130 000 exemplaires vendus)  témoigne de cette réussite.

Cette bande dessinée est une exemple de vulgarisation, qui s’adresse autant aux lycéens qu’aux adultes souhaitant revisiter les grands questionnements existentiels avec bienveillance.

Entre les lignes

Album publié en 2021 aux éditions Rue de Sèvres.


Résumé éditeur

D’après le roman Toutes les histoires d’amour du monde de Baptiste Beaulieu publiée le 17 octobre 2018.

Lorsqu’il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d’amour, le père de Baptiste sombre dans une profonde mélancolie. Baptiste, lui, tombe des nues : Moïse, son grand-père, y raconte toute l’histoire de sa vie.
Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue : Anne-Lise Schmidt.
Naviguant entre les grands drames du xxe siècle et des témoignages d’aujourd’hui glanés dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Baptiste devra percer le lourd secret d’un homme et lever le voile sur un mystère qui va chambouler toute une famille…

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Entre les lignes »

« Entre les lignes«  de Dominique Mermoux, adaptation du roman autobiographique « Toutes les histoires d’amour du monde«  de Baptiste Beaulieu, se révèle être un roman graphique d’une profondeur émotionnelle qui explore avec une délicatesse remarquable les liens familiaux brisés et les secrets enfouis. 

La BD déploie un scénario d’une intelligence remarquable, alternant entre deux temporalités distinctes qui se nourrissent mutuellement. D’une part, nous suivons Baptiste dans sa quête contemporaine pour percer le mystère de son grand-père Moïse, récemment décédé. D’autre part, nous plongeons dans les carnets intimes de ce dernier, où il raconte sa vie à une mystérieuse Anne-Lise Schmidt. Cette double narration épistolaire permet au lecteur de découvrir progressivement l’histoire de Moïse, né en 1910 à Fourmies, qui traverse les grands drames du XXe siècle avec en toile de fond une histoire d’amour impossible avec Hennie, une jeune Allemande rencontrée pendant son adolescence.

Le récit révèle comment les non-dits familiaux se transmettent de génération en génération, créant des blessures invisibles qui affectent les relations père-fils sur trois générations. Baptiste Beaulieu, médecin de formation, livre ici un témoignage authentique sur sa propre famille, transformant une histoire personnelle en une fresque universelle sur l’amour, la guerre et les secrets de famille.

Dominique Mermoux déploie dans cette adaptation une virtuosité graphique qui distingue les deux niveaux temporels du récit. Pour les séquences contemporaines, il adopte un style BD classique coloré, avec des traits marqués et une colorisation vive qui ancrent l’action dans le présent. En revanche, pour les lettres de Moïse, il opte pour un style crayonné en bichromie, utilisant des tons pastel bleus et marron qui évoquent l’intimité des carnets de voyage dessinés.

extrait bd Entre les lignes

Les parties consacrées aux souvenirs de Moïse, souvent traitées à l’aquarelle, dégagent une poésie visuelle. Dominique Mermoux, formé aux Arts décoratifs de Strasbourg et récompensé par plusieurs prix « Jeunes Talents », maîtrise parfaitement l’art de faire corps avec l’émotion du texte.

Au-delà de son aspect esthétique, « Entre les lignes » porte un message universel sur la nécessité de la communication intergénérationnelle. La quête de Baptiste pour comprendre son grand-père devient progressivement un pont vers son propre père, illustrant cette vérité que les histoires du passé éclairent souvent les blessures du présent.

Les critiques soulignent unanimement la puissance émotionnelle de cette adaptation, saluant la capacité de Dominique Mermoux à transformer un récit dense en une expérience visuelle bouleversante. La BD a reçu un accueil chaleureux du public, obtenant une note moyenne de 4,14/5 sur BDFugue.

« Entre les lignes » est un roman graphique qui rappelle que derrière chaque famille se cachent des histoires d’amour, de sacrifice et de résilience. Dominique Mermoux et Baptiste Beaulieu offrent ici une œuvre mature et accessible, qui permet de comprendre comment l’Histoire avec un grand H façonne nos histoires personnelles.

L’iliade et l’odyssée

Albums publiés en 2015 aux Editions Rue de Sèvres.


Adapté de l’œuvre de Homère (écrite vers -800 AV JC).

Limpide, enlevé, ciselé, Homère a de quoi être fier, son récit n’a pas pris une ride.
La plus grande légende du monde occidental en 168 dessins à l’humour décapant !
On croit les connaître, ces histoires éternelles, et pourtant Soledad a le don de nous les faire redécouvrir, et de faire vivre leurs innombrables personnages comme s’ils venaient tout juste de tourner le coin de la rue.
Tout cela sur un ton léger, piquant et parfaitement contemporain, qui nous fait toucher du doigt, l’air de rien, l’inusable modernité de cette saga !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’iliade et l’odyssée »

Soledad Bravi réussit avec L’Iliade et l’Odyssée un pari audacieux : condenser la quintessence des deux chefs-d’œuvre d’Homère en moins de cent pages, tout en leur insufflant une vitalité contemporaine et un humour rafraîchissant.
Publiée chez Rue de Sèvres en 2015, cette adaptation puise sa matière dans les planches initialement parues dans le magazine Elle, et s’adresse à un large public, des adolescents aux adultes, sans exclure les plus jeunes lecteurs curieux.

Soledad Bravi opte pour un style graphique minimaliste, presque enfantin, où chaque dessin, dépouillé mais expressif, fonctionne comme un raccourci visuel ingénieux : une assemblée de rois devient une simple enfilade de couronnes, les héros arborent des mines espiègles, et les décors s’effacent au profit de l’action. 

L’autrice privilégie les épisodes emblématiques et les figures marquantes, tout en injectant un humour décapant et un langage résolument actuel : Hélène est une « bombasse », les Troyens s’exclament « On est les champions » après l’entrée du cheval de bois. Ce ton décalé, jamais irrévérencieux, démystifie les héros antiques et rend leur humanité palpable, tout en soulignant la permanence des passions et des travers humains. L’essentiel de la trame demeure, et la psychologie des personnages, même esquissée, gagne en accessibilité et en proximité.

L’Iliade et l’Odyssée de Soledad Bravi s’impose comme une porte d’entrée idéale à la mythologie grecque, à recommander aux néophytes, aux jeunes lecteurs, mais aussi à tous ceux qui souhaitent redécouvrir Homère sous un angle ludique et contemporain.
Un album aussi réjouissant qu’intelligent, qui prouve que les grands mythes n’ont rien perdu de leur modernité.

L’orangeraie

Album publié en 2025 aux Editions Rue de Sèvres.


Adapté du roman de Larry Tremblay publié pour la première fois le 10 septembre 2013.

couverture bd L'orangeraie

Amed et Aziz, frères jumeaux de neuf ans, vivent paisiblement à l’ombre des orangers.
Mais un jour, un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents et s’emparant de leur enfance.
Un des chefs du village demande alors à leur père de sacrifier un de ses fils derrière les lignes ennemies, en hommage aux défunts.
L’amour d’une mère peut cependant influer sur le destin.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’orangeraie »

Cette adaptation en bande dessinée du roman de Larry Tremblay est une réussite artistique. L’orangeraie, paru aux éditions Rue de Sèvres en mai 2025, transforme avec délicatesse le bouleversant récit de deux frères jumeaux confrontés aux horreurs de la guerre.

L’histoire d’Amed et Aziz, ces jumeaux de neuf ans dont l’existence paisible bascule lorsqu’un obus tue leurs grands-parents, trouve dans cette adaptation graphique sa quatrième incarnation. Après le roman primé de 2013, traduit en 23 langues et récompensé par une douzaine de prix littéraires, l’œuvre a déjà conquis les planches théâtrales en 2016 et inspiré un opéra en 2021. 

Pierre Lecrenier déploie ici un style visuel remarquable. Son trait, que l’on peut qualifié de « sommaire » mais profondément expressif, traduit les états d’âme complexes des personnages. L’illustrateur belge, diplômé de l’École de Recherche Graphique de Bruxelles et habitué aux collaborations avec Larry Tremblay depuis Le Garçon au visage disparu, maîtrise parfaitement l’art de la suggestion.

extrait bd L'orangeraie

La construction des planches révèle une créativité saisissante. Pierre Lecrenier multiplie les angles de vue et varie intelligemment les formats de vignettes, créant un rythme qui dynamise la narration. Les petites cases se multiplient parfois pour faire « exploser » la page, technique particulièrement efficace.

La mise en couleurs est l’un des points forts de cette adaptation. Pierre Lecrenier choisit des teintes douces qui contrastent délibérément avec la violence du sujet. Cette approche chromatique renforce paradoxalement son impact émotionnel. Les scènes nocturnes, moments privilégiés de réflexion, s’appuient sur des pigments plus sombres, notamment le turquoise et le noir.

L’adaptation respecte l’intention originale de Larry Tremblay : ne situer ni dans le temps ni l’espace cette tragédie familiale. Cette indétermination géographique et temporelle transforme l’œuvre en parabole universelle sur les conséquences dévastatrices de la guerre sur l’enfance.

Cette adaptation graphique de L’orangeraie est une œuvre sensible et touchante, où la maîtrise technique de Pierre Lecrenier sert la puissance du scénario de Larry Tremblay. A lire sans hésitation.

Vipère au poing

Album publié en 2025 aux éditions Rue De Sèvres.


Résumé éditeur

D’après le roman d’Hervé Bazin publié le 5 mai 1948.

couverture bd Vipère au poing

Jean Rezeau, dit Brasse-Bouillon, vit avec ses frères auprès d’une mère odieuse et acerbe qu’ils surnomment Folcoche.
En grande partie autobiographique, le roman d’Hervé Bazin fut plusieurs fois adapté au cinéma.
Frédéric Rébéna s’empare aujourd’hui de cette oeuvre transgénérationnelle pour une première interprétation pleine de sensibilité en bande dessinée.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Vipère au poing »

 Vipère au poing est une adaptation brillante du roman d’Hervé Bazin (1948), revisitée en bande dessinée par Frédéric Rébéna. Parue en avril 2025 aux éditions Rue de Sèvres, cette version restitue avec une acuité contemporaine la cruauté domestique et la résilience de Jean Rezeau, dit Brasse-Bouillon, et de ses frères, livrés à la tyrannie de leur mère, Folcoche.

Dès l’introduction, Frédéric Rébéna installe un huis-clos oppressant en évoquant l’année 1922, lors du retour brutal de Paule Rezeau de Chine, et la reprise en main impitoyable de la Belle Angerie. Le scénario ménage plusieurs variations de tension : l’écriture alterne récitatif sobre et ellipses graphiques, renforçant la suggestion de la violence psychologique plutôt que sa représentation frontale, suivant la volonté de l’auteur de ne pas montrer de contact physique.

extrait bd Vipère au poing

Sur le plan visuel, le dessin se caractérise par un trait vif, nerveux et dépouillé, où la palette limitée accentue les contrastes entre l’ombre des intérieurs et les rares touches de couleur chaude. Les regards croisés entre enfants et mère deviennent de véritables paysages émotionnels, soulignant l’emprise et la révolte sous-jacentes.

Cette bande dessinée allie fidélité au roman d’origine et audace graphique : elle se recommande aux amateurs de d’Hervé Bazin.

Le Serpent majuscule

Album publié en 2025 aux éditions Rue de Sèvres.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Pierre Lemaitre publié le 12 mai 2021.

couverture bd Le Serpent majuscule

Mathilde est une tueuse à gages septuagénaire. Henri, son ancien camarade dans la Résistance pour qui elle exécute les missions, tente de la protéger. Mais, imprévisible, les accès de violences de Mathilde et son manque de discrétion inquiètent ses véritables commanditaires qui décident de l’éliminer avant qu’elle ne devienne incontrôlable.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Serpent majuscule »

Le Serpent majuscule de Dominique Monféry, adaptation en bande dessinée du premier roman de Pierre Lemaitre, s’impose comme un polar graphique d’une rare originalité. Plongée dans la France des années 1980, l’œuvre met en scène Mathilde, septuagénaire à l’apparence inoffensive, mais tueuse à gages redoutable, dont les accès de violence et la discrétion déclinante inquiètent ses commanditaires, anciens camarades de la Résistance.

La narration, portée par l’humour noir et le ton pince-sans-rire de Pierre Lemaitre, oscille entre jubilation macabre et émotion sourde. Mathilde, loin des archétypes du genre, séduit par sa complexité : femme vieillissante, oscillant entre lucidité et premiers signes de déclin, elle navigue dans une spirale sanglante où l’humanité affleure derrière la brutalité. Le récit, dense et fluide, multiplie les rebondissements et dresse une galerie de personnages secondaires attachants.

extrait bd Le Serpent majuscule

Graphiquement, Dominique Monféry sublime le scénario par un style pastel et aquarelle, rehaussé de tons sépia qui évoquent magnifiquement l’atmosphère rétro des années 80. Les visages expressifs, le découpage classique dynamisé lors des scènes d’action, et la colorisation subtile confèrent à l’ensemble une dimension cinématographique. Chaque planche, loin de l’exercice de style, sert la tension et l’ironie du récit.

Le Serpent majuscule s’adresse aux amateurs de polar noir, de récits atypiques et de personnages hors normes. Un album à la fois jubilatoire et implacable, qui renouvelle le genre avec une audace réjouissante et un sens du détail graphique remarquable. À découvrir sans hésitation !

Cadres noirs – Tome 3 : Après

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Rue de Sèvres.


D’après le roman de Pierre Lemaitre publié le 3 février 2010.

couverture bd Cadres noirs - Tome 3 : Après

Après plusieurs mois de détention pour la prise d’otages qu’il a effectuée lors d’une session de recrutement, Alain Delambre est finalement libéré.
Le plan qu’il a déployé depuis sa cellule visant à faire payer la compagnie responsable de sa situation s’étant parfaitement déroulé, il compte aller au bout de celui-ci avec sa liberté fraîchement regagnée.
C’est sans compter le colosse auquel Alain et ses quelques alliés s’attaquent. Séquestration de sa famille et de ses amis, intimidation : Alain s’est lancé dans un jeu plus que dangereux dans lequel la chance peut très vite tourner. Il ne lui reste que trop peu de temps pour mener à bien son projet et sauver sa famille.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Cadres noirs – Tome 3 : Après »

« Cadres noirs – Tome 3 : Après« , de Pascal Bertho et Giuseppe Liotti concluent de façon magistrale l’adaptation de l’œuvre de Pierre Lemaitre. Ce dernier volet, porté par une narration haletante et une tension omniprésente, nous plonge dans les tourments d’Alain Delambre, un personnage déchiré entre vengeance personnelle et survie familiale.

La force du scénario réside dans son intensité dramatique, construite avec minutie. Les rebondissements, loin d’être gratuits, servent une intrigue solidement charpentée qui explore les limites morales et psychologiques de ses protagonistes. Alain Delambre, anti-héros par excellence, gagne en complexité dans ce dénouement où chaque décision paraît irrémédiable.

extrait bd "Cadres noirs - Tome 3 : Après"

Sur le plan visuel, Giuseppe Liotti livre un travail remarquable. Ses dessins, empreints de réalisme et de sobriété, accompagnent avec élégance le ton grave de l’histoire. Le dynamisme des scènes d’action contraste habilement avec la finesse des moments plus introspectifs, créant un équilibre visuel qui capte et retient l’attention du lecteur.

Ce dernier opus se concentre sur l’humain, ses failles et ses contradictions. Ce choix lui donne une dimension plus intime et universelle.

« Cadres noirs – Tome 3 : Après » est une conclusion forte et mémorable, un thriller captivant qui marquera les amateurs de bandes dessinées.


Cadres noirs – Tome 2 : Pendant

Bande dessinée publiée en 2023 aux éditions Rue de Sèvres.


D’après le roman de Pierre Lemaitre publié le 3 février 2010.

couverture bd Cadres noirs - Tome 2 : Pendant

Alain Delambre est un cadre de 57 ans anéanti par quatre années de chômage sans espoir. Quand l’opportunité d’un entretien d’embauche pour un grand groupe s’offre à lui, il n’hésite pas à s’impliquer corps et âme dans la méthode de recrutement quelque peu étrange : un jeu de rôles sous forme de prise d’otages, qui tourne mal et le fait se retrouver en prison.

Incarcéré dans l’attente de son jugement, il tente de justifier ses actes auprès de l’opinion publique, et de maintenir les liens avec sa famille dévastée par le drame. Ses méthodes interpellent cependant les industriels responsables de sa situation : et si Alain Delambre avait tout planifié dès le début… ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Cadres noirs – Tome 2 : Pendant »

Avec « Cadres noirs Tome 2 : Pendant« , Giuseppe Liotti et Pascal Bertho poursuivent brillamment l’adaptation du roman de Pierre Lemaitre, offrant une BD d’une rare intensité. Le récit plonge le lecteur dans les méandres d’un thriller social où les enjeux personnels et sociétaux se croisent dans une trame captivante.

Les auteurs mettent en lumière la chute vertigineuse d’Alain Delambre, un homme broyé par les rouages d’un système économique impitoyable. Ce deuxième opus excelle par son écriture qui, tout en restant fidèle au roman d’origine, insuffle une tension palpable et un regard critique acéré sur le monde du travail contemporain. La narration, habilement construite entre flashbacks et présent, offre un scénario, tout en maintenant un suspense haletant.

extrait bd Cadres noirs - Tome 2 : Pendant

Le travail graphique de Giuseppe Liotti mérite une mention particulière. Ses illustrations, d’une grande précision, parviennent à capturer l’intensité émotionnelle des personnages tout en restituant avec force l’atmosphère oppressante de l’univers décrit. Chaque planche est un véritable tableau, où la froideur des décors d’entreprise contraste avec les visages marqués par la détresse et la détermination.

« Cadres noirs Tome 2 : Pendant » est une réflexion incisive sur les dérives du capitalisme et sur l’impact du travail dans nos vies. Un thriller social poignant qui, par sa profondeur et sa réalisation soignée, s’impose comme une lecture incontournable.


Cadres noirs – Tome 1 : Avant

Bande dessinée publiée en 2022 aux éditions Rue de Sèvres.


D’après le roman de Pierre Lemaitre publié le 3 février 2010.

couverture bd Cadres noirs - Tome 1 : Avant

Alain Delambre est un cadre de cinquante-sept ans anéanti par quatre années de chômage sans espoir.
Ancien DRH, il accepte des petits jobs démoralisants. Aussi quand un employeur, divine surprise, accepte enfin d’étudier sa candidature, Alain Delambre est prêt à tout, à emprunter de l’argent, à se disqualifier aux yeux de sa femme, de ses filles et même à participer à l’ultime épreuve de recrutement : un jeu de rôle sous la forme d’une prise d’otages.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Cadres noirs – Tome 1 : Avant »

Dans « Cadres noirs T1 : Avant« , Pascal Bertho et Giuseppe Liotti signent une adaptation graphique saisissante du roman de Pierre Lemaitre. À travers cette bande dessinée, le lecteur est plongé dans un thriller social puissant, où l’univers impitoyable de l’entreprise et les tourments personnels d’Alain Delambre, personnage principal, s’entrelacent dans une tension captivante.

Le scénario de Pascal Bertho est un modèle de construction narrative. En jonglant habilement entre passé et présent, il enrichit la compréhension des mécanismes psychologiques et sociaux qui façonnent les actions des protagonistes. Alain Delambre, ancien DRH brisé par des années de chômage, se révèle d’une complexité bouleversante, oscillant entre résilience et désespoir. Sa descente progressive dans une spirale de violence est à la fois terrifiante et profondément humaine.

Le trait de Giuseppe Liotti vient sublimer ce récit. Son dessin réaliste, précis et chargé d’émotions, donne une profondeur supplémentaire à l’histoire. Les expressions des personnages et les décors urbains sont exécutés avec une maîtrise remarquable, renforçant l’immersion dans cet univers sombre et oppressant.

Au-delà du suspense, cette œuvre se distingue par sa critique acerbe des pratiques managériales déshumanisantes et des pressions sociales liées à la précarité. « Cadres noirs T1 : Avant » est une réflexion sur les dérives du monde professionnel moderne.

Un album à la fois visuellement impactant et intellectuellement stimulant, qui saura captiver les amateurs de récits engagés.


D’Or et d’Oreillers

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Rue de de Sèvres.


D’après le roman de Flore Vesco publié le 3 mars 2021.

couverture bd D'Or et d'Oreillers

Lord Handerson, un riche héritier, a conçu un test pour choisir au mieux sa future épouse. Chaque candidate est invitée à passer une nuit à Blenkinsop Castle, seule, dans une chambre au centre de laquelle se trouve un lit d’une hauteur invraisemblable.
Pour l’heure, les prétendantes, toutes filles de bonne famille, ont été renvoyées chez elles au petit matin, sans aucune explication. Mais voici que Lord Handerson propose à Sadima de passer l’épreuve.
Robuste et vaillante, simple femme de chambre, Sadima n’a pourtant rien d’une princesse. Et pour cause, l’histoire que va vivre cette dernière, si elle s’apparente bien à de l’amour, est loin d’être un conte de fées…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « D’Or et d’Oreillers »

« D’or et d’oreillers« , l’adaptation en bande dessinée du roman de Flore Vesco par Mayalen Goust, enchante par son audace et sa poésie. Inspirée du conte classique de « La Princesse au petit pois », cette œuvre transcende la simple réécriture pour offrir un récit moderne, mystérieux et féministe.

L’histoire suit Sadima, une servante courageuse, confrontée à un test énigmatique dans un château gothique empreint de magie et de secrets. Contrairement aux héroïnes passives des contes traditionnels, Sadima incarne une femme résolue, audacieuse, et porteuse d’une critique subtile des normes sociales. La narration mêle fantastique et romantisme dans une ambiance sombre, presque inquiétante, qui flirte avec la littérature victorienne.

extrait bd D'Or et d'Oreillers

Graphiquement, Mayalen Goust sublime le récit. Ses illustrations envoûtantes, riches en détails, alternent palettes chaudes et froides pour refléter les émotions complexes des personnages. Les pleines pages et les cadrages inventifs magnifient l’univers onirique et sensuel, faisant du château un personnage à part entière.

Cette adaptation des thèmes universels tels que l’émancipation, l’amour, et l’identité réinvente les codes du conte. Une œuvre captivante et intemporelle, à la croisée des genres, qui invite à rêver et à réfléchir. À savourer sans modération !