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Par la force des arbres

Bande dessinée publiée en 2023 aux éditions Rue de Sèvres.


D’après le roman d’ Edouard Cortés publié le 21 octobre 2020.

couverture bd Par la force des arbres

Comment retrouver de l’air quand le quotidien et son rythme infernal nous étouffe ?
Edouard Cortès a choisi, pour se libérer du « monde d’en bas », d’aller vers celui « du haut » : au bord du gouffre, il va quitter femme et enfants pendant plusieurs mois pour vivre dans une cabane de sa propre construction, nichée dans un arbre en pleine forêt.
Loin des réseaux sociaux et du tumulte de la société, il trouve une échappatoire dans le silence et la contemplation solitaire, et redécouvre des sensations essentielles au bien-être de chacun.
Après avoir retranscrit son histoire en roman, il laisse à Dominique Mermoux le soin d’adapter avec justesse et sensibilité cet étonnant récit de vie.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Par la force des arbres »

L’adaptation en bande dessinée de Par la force des arbres par Dominique Mermoux, tirée du roman autobiographique d’Édouard Cortès, s’affirme comme une œuvre sensible et riche en enseignements. À travers le récit d’un homme qui se retire dans une cabane perchée sur un chêne pour se reconnecter à la nature et à lui-même, cet album explore des thématiques très contemporaines.

Édouard Cortès, écrasé par les contraintes administratives et les échecs de son activité d’éleveur, décide de fuir un monde qui l’a vidé de son sens et de sa vitalité. À six mètres du sol, au cœur d’un chêne choisi comme refuge, il entreprend un cheminement à la fois intérieur et environnemental.

Cet isolement temporaire ne représente pas un rejet des hommes, mais un besoin viscéral de se retrouver, de panser ses blessures et de redécouvrir la beauté simple mais puissante de la nature.

Le récit, profondément humain, dialogue avec les grandes questions écologiques et existentielles de notre époque : comment habiter le monde sans l’épuiser ? Comment se redécouvrir en harmonie avec son environnement ?

L’illustration de Dominique Mermoux est une véritable ode à la nature. Ses dessins, précis et délicats, exaltent la faune et la flore du Périgord noir, transformant chaque planche en une fresque vivante et immersive. La palette douce et lumineuse, proche de l’aquarelle, offre une lecture apaisante . Les pages muettes, où le visuel prend le pas sur le texte, traduisent avec poésie la symbiose entre l’homme et la forêt.

extrait bd Par la force des arbres

Le récit, ponctué de réflexions sur le bonheur, la solitude, le lien familial et la préservation de la nature, échappe à l’écueil de la moralisation. Édouard ne cherche pas à imposer un modèle de vie, mais partage son expérience comme une parenthèse salvatrice dans un quotidien oppressant.
Ses observations philosophiques – sur le cycle de l’eau, la résilience des arbres ou encore la vacuité des objets de consommation – invitent le lecteur à ralentir et à contempler le monde avec une attention renouvelée. Pourtant, cette retraite n’est pas idéalisée : elle reste ancrée dans la réalité, avec ses limites et ses paradoxes. Édouard reste un homme moderne, utilisant des outils contemporains et maintenant un lien ténu avec ses proches.

Par la force des arbres est une méditation sur notre rapport à la nature et à nous-mêmes, une mise en garde contre les dérives de la société de consommation, et une exploration des voies possibles pour retrouver une vie pleine de sens. À la fois inspirant et apaisant, cet album parvient à toucher les lecteurs dans leur intimité tout en leur offrant une « bulle d’oxygène » bienvenue.

Dominique Mermoux et Édouard Cortès réussissent une adaptation fidèle du roman, où texte et image dialoguent avec harmonie. Une lecture à recommander à tous ceux en quête de sens, de nature et de sérénité.


Le Grand Monde

Bande dessinée publiée en 2025 aux éditions Rue de Sèvres.


D’après le livre de Pierre Lemaitre publié le 25 janvier 2022.

couverture bd Le Grand Monde

Beyrouth, 1948.


Les enfants de la famille Pelletier quittent le foyer familial en quête de sens et d’indépendance.
De Paris à Saigon, toutes et tous vont se confronter aux réalités de la vie, dans le monde fracturé de l’après-guerre.

Après la fresque des Enfants du désastre, Christian de Metter poursuit son remarquable travail d’adaptation de l’oeuvre de Pierre Lemaitre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Grand Monde »

Avec Le Grand Monde, Christian De Metter signe une adaptation magistrale du roman de Pierre Lemaitre, plongeant le lecteur dans une fresque familiale et historique captivante. Située entre 1946 et 1960, cette œuvre explore les destins croisés des quatre enfants Pelletier, de Beyrouth à Paris en passant par Saïgon, sur fond de Trente Glorieuses et de bouleversements post-coloniaux.

Une narration riche et immersive
Le récit mêle habilement chronique familiale et polar, avec des intrigues multiples : une enquête criminelle en France, des magouilles financières en Indochine, et des secrets enfouis menaçant l’équilibre familial.
Chaque personnage est finement développé : François, journaliste ambitieux ; Étienne, confronté aux zones d’ombre du colonialisme ; Hélène, tiraillée entre ses rêves artistiques et les réalités parisiennes ; et Jean, écrasé par ses échecs personnels. La structure narrative en flashbacks maintient une tension constante, tandis que les thèmes abordés – quête d’identité, héritage familial et désillusion – résonnent avec une profondeur universelle.

extrait bd Le Grand Monde

Un style graphique saisissant
Le dessin de Christian De Metter est un véritable atout. Son utilisation subtile des gris colorés capture parfaitement l’atmosphère pesante de l’après-guerre et les contrastes entre les lieux : la moiteur lumineuse de Saïgon, le gris bétonné de Paris, ou encore la chaleur méditerranéenne de Beyrouth. La noirceur du trait accentue l’intensité dramatique des scènes clés tout en renforçant l’aspect policier du récit. La mise en couleurs numérique ajoute une dimension émotionnelle qui sublime chaque planche.


Le Grand Monde est une œuvre dense et passionnante qui séduira les amateurs de récits historiques et d’intrigues complexes. Par son réalisme et sa richesse narrative, elle s’adresse autant aux lecteurs fidèles de Pierre Lemaitre qu’à ceux découvrant son univers. Une lecture incontournable pour quiconque apprécie les bandes dessinées ambitieuses et immersives.

Gone with the wind – Tome 2

Album publié en 2025 aux éditions Rue de Sèvres.


Adapté de l’œuvre de Margaret Mitchell paru en 1936.

couverture bd Gone with the wind - Tome 2

Suite et fin de la tourbillonnante histoire de Scarlett O’Hara, dont le caractère intrépide et la passion amoureuse avec Rhett Butler auront transporté des millions de lecteurs à travers le monde.

Avec ce deuxième volume, Pierre Alary met le point final à une œuvre prenante permettant de redécouvrir l’œuvre de Margaret Mitchell sous son plus bel éclat.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Gone with the wind – Tome 2 »

Pierre Alary réussit un pari audacieux avec le second tome de l’adaptation en bande dessinée du chef-d’œuvre de Margaret MitchellGone with the Wind. Ce diptyque, publié par Rue de Sèvres, transcende les attentes en offrant une lecture à la fois fidèle et profondément personnelle.

Une héroïne complexe dans un monde en mutation
Ce deuxième tome plonge le lecteur dans l’après-Guerre de Sécession, où Scarlett O’Hara, désormais plus dure et calculatrice, lutte pour préserver Tara et sa survie.
Scarlett incarne une figure fascinante : égoïste mais courageuse, manipulatrice mais vulnérable. Son affrontement émotionnel avec Rhett Butler, entre passion et désillusions, est magnifiquement mis en scène, enrichissant la profondeur psychologique des personnages.

Une mise en scène magistrale
Le talent visuel de Pierre Alary brille à chaque planche. Ses dessins expressifs capturent aussi bien le chaos des ruines d’Atlanta que l’intimité des scènes émotionnelles. Les couleurs jouent un rôle clé : chaudes et vibrantes pour les moments d’espoir, ternes et oppressantes pour refléter la désolation.
Les regards des personnages, presque cinématographiques, véhiculent une intensité rare qui amplifie chaque interaction. Ce soin graphique sublime l’histoire tout en rendant hommage à l’œuvre originale.

extrait bd Gone with the wind - Tome 2

Une adaptation incontournable
Avec ce second tome, Pierre Alary offre une relecture captivante et moderne d’un classique intemporel. Il s’adresse autant aux amateurs du roman qu’à ceux découvrant cette fresque historique pour la première fois.
Un indispensable pour les amateurs de littérature adaptée en BD.


Mon traître

Album publié en 2018 aux éditions Rue de Sèvres.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Sorj Chalandon publiée en 2008.

couverture bd Mon traître

Antoine, luthier parisien se prend d’amour pour l’Irlande.

Fasciné par sa culture, ses paysages et par la chaleur des gens, le jeune français rencontre Jim et Cathy qui deviendront des amis précieux. Tous font partie du mouvement républicain irlandais, et mènent des actions pour le compte de l’IRA .

Un soir à Belfast, il fait la connaissance du charismatique Tyrone Meehan,  responsable de l’IRA, vétéran de tous les combats  contre la puissance britannique. Antoine ne tarde pas à embrasser la cause de ce peuple.

Captivé, le jeune Français trouve en Tyrone un mentor, un ami très cher, presque un père. Puis un traître…

« Mon traître », comme l’appelle Antoine, pour désigner cet homme qui fut en réalité, vingt-cinq ans durant, un agent agissant pour le compte des Anglais. Il les avait tous trahis, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis et lui, chaque matin, chaque soir…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mon traître »

« Mon traître » de Pierre Alary, adaptation du roman de Sorj Chalandon, se révèle être une œuvre magistrale qui capte l’essence du conflit nord-irlandais à travers les yeux d’Antoine, un luthier parisien. Tombé amoureux de l’Irlande, Antoine noue une amitié profonde avec Tyrone Meehan, une figure de l’IRA. Cette relation, empreinte de confiance et d’admiration, est brusquement remise en question lorsqu’Antoine découvre la trahison de Meehan.

Alary utilise une palette de couleurs monochromatiques et sombres, qui reflètent parfaitement la gravité et la tension de l’époque. Cette utilisation judicieuse des couleurs permet de plonger le lecteur dans l’atmosphère pesante du conflit nord-irlandais. Les critiques notent que ces choix esthétiques ajoutent une dimension émotionnelle forte aux scènes, rendant les moments de trahison et de désillusion encore plus poignants.

extrait bd Mon traître

La finesse du trait d’Alary et son souci du détail sont également remarquables. Chaque planche est soigneusement composée, avec des angles de vue rapprochés qui mettent en valeur les expressions et les émotions des personnages. Cette attention aux détails visuels permet de renforcer la narration et de créer une connexion intime entre le lecteur et les personnages.

« Mon traître » est une œuvre incontournable pour ceux qui s’intéressent aux récits historiques et aux explorations psychologiques. Alary offre une adaptation fidèle et émouvante du roman de Chalandon, rendant hommage à la complexité et à la douleur des combats humains et politiques.

Retour à Killybegs

Album publié en 2019 aux éditions Rue de Sèvres.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Sorj Chalandon publiée en 2011.

Tyrone Meehan figure mythique de l’IRA et traître à la cause nationaliste irlandaise pendant une vingtaine d’années a été dénoncé par les Anglais.

« Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L’IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n’ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j’en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et j’enrage. N’écoutez rien de ce qu’ils prétendront. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m’avoir connu. Personne n’a jamais été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd’hui, c’est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu’après moi, j’espère le silence. »

Tyrone Meehan raconte sa vie gâchée, la violence familiale, sa confusion jusqu’à sa trahison. Retour à Killybegs respire la passion et le désespoir d’un homme qui, un jour, n’a pas eu le choix et s’est enfoncé dans la nuit et dans la honte.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Retour à Killybegs »

« Retour à Killybegs » est une adaptation en bande dessinée du roman éponyme de Sorj Chalandon, superbement réalisée par Pierre Alary.

Le récit explore la vie tumultueuse de Tyrone Meehan, figure légendaire de l’IRA devenue traître à sa cause. Par ses souvenirs, Tyrone nous plonge dans son enfance, marquée par un père alcoolique et violent, son engagement dans la lutte pour l’indépendance irlandaise, et sa descente inexorable vers la trahison.

L’œuvre se distingue par sa profondeur émotionnelle et sa richesse historique. Les dialogues introspectifs de Tyrone, confronté aux fantômes de son passé, permettent de comprendre les motivations complexes derrière ses actions. L’auteur ne se contente pas de relater les événements; il les contextualise, offrant un aperçu nuancé des conflits internes et externes qui ont façonné le parcours de Tyrone.

Les illustrations de Pierre Alary sont à la hauteur de la narration. Les planches, aux tons monochromes oscillant entre le vert et l’ocre, capturent parfaitement l’atmosphère sombre et mélancolique du récit. La précision du trait et l’élégance de la mise en page renforcent l’immersion du lecteur, rendant palpable la tension et le désarroi du protagoniste.

Ce roman graphique va au-delà de la simple adaptation; il devient une œuvre à part entière, enrichissant le matériau original de Chalandon. Les choix esthétiques et narratifs d’Alary apportent une dimension supplémentaire à l’histoire, permettant une immersion totale dans les tourments de Tyrone.

« Retour à Killybegs » est une exploration poignante de la trahison, du désespoir et de la quête de rédemption. Il nous rappelle que la frontière entre héros et traître est souvent floue et que derrière chaque acte de trahison se cache une histoire humaine complexe et déchirante.

Un must-read pour les amateurs de bandes dessinées et d’histoire contemporaine.

Les Évasions perdues – Stablack, l’université de la collaboration

Album publié en 2024 aux éditions Rue de Sèvres.


Résumé éditeur

Lorsque la France s’effondre en juin 1940, Jacques Leboy se retrouve comme tant d’autres déporté vers l’est sans aucune certitude sur son avenir.

Arrivé au terme de son voyage au camp de Stablack, il est assigné à un segment du stalag 1A peu commun.

Cette section dite « aspilag », fruit d’un accord entre les autorités nazies et le gouvernement de Vichy, était en effet destinée à n’accueillir que des aspirants officiers de l’armée française vaincue.

Dans ce camp-université, un seul but : former une élite française pour la « nouvelle europe » d’après la victoire allemande. Au gré de sa captivité et de ses tentatives d’évasions, Jacques questionnera tour à tour ses choix politiques et moraux, ainsi que sa foi en la religion et en l’humanité.

Jusqu’à pouvoir, près de quarante ans plus tard, raconter ce pan méconnu de l’histoire à son plus jeune fils.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Évasions perdues – Stablack, l’université de la collaboration »

Dans Les Évasions perdues – Stablack, l’université de la collaboration, Thomas Legrand et François Warzala nous entraînent dans un récit aussi intime que captivant.

Inspiré de l’histoire familiale de l’auteur, ce roman graphique explore avec finesse une page méconnue de la Seconde Guerre mondiale. Jacques Leboy, prisonnier français dans le camp de Stablack, se retrouve plongé dans une formation idéologique ambiguë orchestrée par le régime nazi, visant à modeler l’élite française de la « nouvelle Europe ».

Thomas Legrand, à travers des dialogues réalistes et une narration subtile, capte les tourments intérieurs de ses personnages, tiraillés entre collaboration et résistance. Chaque page dépeint un dilemme moral où se mêlent survie, dignité et trahison, rendant l’histoire poignante et profondément humaine.

extrait bd Les Évasions perdues - Stablack, l'université de la collaboration

Les illustrations de François Warzala jouent un rôle crucial dans l’ambiance du récit. Son style graphique, précis et détaillé, s’accorde parfaitement avec la gravité du sujet. Les tons sombres et le trait expressif nous plongent dans l’atmosphère oppressante du camp, renforçant l’empathie pour les personnages et leurs luttes.

En 256 pages, Les Évasions perdues interroge sur les choix individuels en temps de guerre et éclaire une facette obscure de la collaboration.

Cette œuvre puissante et éducative, enrichie de documents historiques, s’impose comme une lecture incontournable pour les passionnés d’histoire et les amateurs de bandes dessinées sur la Seconde Guerre Mondiale.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Camp de Stablack

Une rose seule

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Rue de Sèvres.


D’après le roman de Muriel Barbery publié le 19 aout 2020.

couverture bd Une rose seule

Rose arrive au Japon pour la première fois de sa vie, sur les traces d’un père qu’elle n’a jamais connu.

Celui-ci, décédé depuis peu, lui avait laissé une lettre à son intention, l’invitant à se rendre dans ce pays si lointain qui est en partie le sien.

Accueillie à Kyoto, elle est guidée par Paul, l’assistant de son père, à travers un itinéraire imaginé par le défunt, semé de temples et de jardins, d’émotions et de rencontres, qui va lui permettre dépasser l’amertume et la colère liées à l’absence pour se laisser emporter par le tourbillon de ses origines enfin retrouvées.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Une rose seule »

Une Rose Seule, adapté par Kan Takahama du roman de Muriel Barbery, est une œuvre délicate et introspective qui plonge le lecteur dans un voyage au cœur du Japon, à la fois géographique et émotionnel.

L’histoire suit Rose, une botaniste française, qui arrive à Kyoto pour découvrir les racines de son père qu’elle n’a jamais connu. Guidée par Paul, l’assistant de son père, elle parcourt un itinéraire marqué par des temples, des jardins et des rencontres qui lui permettent de se reconnecter avec elle-même et ses origines.

L’intérêt de cet album ne réside pas tant dans une intrigue surprenante, mais plutôt dans l’expérience immersive qu’il propose. Le récit se développe lentement, au rythme des pas de Rose à travers Kyoto, avec une atmosphère contemplative accentuée par les illustrations sensibles et détaillées de Kan Takahama.

extrait bd Une rose seule

Les thèmes de la quête identitaire, de la réconciliation avec le passé, et du deuil sont abordés avec une grande finesse. La relation entre Rose et Paul, subtilement tissée, sert de fil conducteur à cette exploration intérieure.

Une Rose Seule est une bande dessinée introspective qui offre une expérience riche et émouvante, magnifiquement illustrée et imprégnée de la sérénité des paysages japonais.

Une pour toutes

Album publié en 2024 aux éditions Rue de Sèvres


Résumé éditeur

D’après le roman de Jean-Laurent Del Socorro publié en 2022.

couverture bd Une pour toutes

Elle se bat à l’épée, collectionne les amants et amantes, se produit en tant que chanteuse à l’opéra de Marseille…

Femme hors du temps et de tout cadre, Julie d’Aubigny – dite Julie Maupin – a traversé le XVIIe siècle avec une audace et un courage dont peu de femmes ont osé faire preuve à cette époque.

Elevée à la cour de Versailles, et rapidement désireuse de vivre selon ses désirs , elle mène une vie faite de rencontres, d’étonnement et d’histoires parfois rocambolesques, mais bien réelles.

Jusqu’à sa mort à l’âge de 35 ans, la liberté aura été le maître mot de son intense existence.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Une pour toutes »


Dans ‘Une pour toutes‘, Dominique Monféry tisse un tableau visuel saisissant de la vie tumultueuse de Julie d’Aubigny, une figure audacieuse du XVIIe siècle. À travers des illustrations somptueuses et un récit captivant, Monféry nous plonge dans l’univers fascinant d’une femme qui a défié les normes sociales de son époque avec un courage et une détermination hors du commun.

L’héroïne, Julie Maupin, est présentée comme une femme en avance sur son temps, oscillant entre une liberté féroce et une quête constante de sens. Son caractère impétueux et son refus catégorique des contraintes imposées par la société confèrent à l’histoire une intensité dramatique poignante.

L’ajout du personnage de Méphistophélès apporte une dimension supplémentaire à l’œuvre, offrant un contraste saisissant avec la détermination farouche de Julie. Leur relation tumultueuse et ambiguë ajoute une profondeur psychologique qui enrichit le récit et suscite la réflexion sur la nature humaine et ses désirs les plus profonds.

extrait bd Une pour toutes

Les illustrations exquises de Monféry captent parfaitement l’essence de l’époque et la personnalité flamboyante de Julie. Les décors somptueux et les personnages expressifs transportent le lecteur dans un monde vibrant de passion, de danger et d’aventure.

Une pour toutes‘ est une œuvre visuellement époustouflante qui offre une plongée captivante dans l’histoire d’une femme hors du commun, défiant les conventions et embrassant sa liberté avec une intensité flamboyante.

La Neige en deuil

Bande dessinée publiée en 2023 aux éditions Rue de Sèvre.


D’après le roman de Henri Troyat publié le 15 mars 1952.

couverture bd La Neige en deuil

Isaïe et Marcellin, deux frères, vivent depuis toujours dans leur bergerie familiale au sein de la montagne.

Tout semble pourtant les opposer. Isaïe, marqué par un grave accident d’alpinisme lui ayant laissé des séquelles, vit pour s’occuper de ses moutons.

À l’opposé, Marcellin rêve de quitter la monotonie de ce quotidien pour rejoindre la ville et ouvrir son magasin.

Un jour, un avion s’écrase au sommet de la montagne. On raconte qu’il abrite de l’or.

Prêt à tout pour arriver à ses fins, Marcellin propose à Isaïe une dangereuse expédition à la recherche de l’épave, quitte à mettre en péril leur relation fraternelle.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Neige en deuil »

Dans l’adaptation graphique de « La Neige en Deuil » par Dominique Monféry, il y a une collision spectaculaire entre la majesté imperturbable de la montagne et la fragilité déchirante de l’âme humaine.

La montagne, personnifiée presque comme un protagoniste silencieux, est à la fois le théâtre et le juge des drames humains qui se déroulent sur ses flancs enneigés. Monféry saisit cette essence avec une maîtrise qui transcende le médium de la bande dessinée.

Le récit, emprunté au roman d’Henri Troyat, est celui d’une fraternité mise à l’épreuve par la cupidité et le désir d’évasion. Isaïe, le frère aîné, est un monument de résilience, un reliquat du passé qui se tient stoïquement contre les assauts incessants du progrès incarné par son frère cadet, Marcellin.

Le dessin de Monféry est une symphonie visuelle qui joue sur le contraste entre la chaleur des relations familiales et le froid de l’ambition, avec des paysages qui sont autant des tableaux que des toiles de fond.

extrait bd La Neige en deuil

La progression de la palette de couleurs au fil de l’histoire est notable, reflétant la tension croissante et les émotions évoluant de l’espoir à la tragédie. La forme physique de la bande dessinée elle-même, avec ses planches étendues, offre une ampleur qui émule la grandeur de la montagne, tout en permettant une proximité intime avec les personnages.

« La Neige en Deuil » est donc une œuvre qui ne parle pas seulement de deux frères ou d’une montagne, mais d’une humanité aux prises avec ses propres limites, et de la manière dont nos ambitions peuvent nous élever ou nous précipiter vers notre chute. En somme, Monféry livre une méditation graphique sur la condition humaine, tout en rendant hommage à la fois à Troyat et à la puissance de la nature.

Jusqu’ici tout va bien

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Rue de Sevres.


D’après le roman de Gary D. Schmidt publié en 2017.

1968, dans une petite ville de l’État de New York.

Un père sans repères, une mère sans remède. Deux grands frères, l’un brutal, l’autre avalé par la guerre du Vietnam.

Pas assez d’argent à la maison, des petits boulots pour se maintenir à flot. Trop de bagarres au collège. Une bibliothèque ouverte le samedi pour s’évader.

Une collection d’oiseaux éparpillée à tous les vents. Des talents inexploités. Et une envie furieuse d’en découdre avec la vie.

Dans ce contexte sinistre mais pas dénué d’espoir, Doug s’efforce de ne plus être ce que tout le monde semble penser qu’il est, un « voyou maigrichon ».

Grâce à Lil, alliée inattendue, il va trouver la force d’affronter le passage de l’adolescence et l’envie de rêver à des horizons plus radieux.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Jusqu’ici tout va bien »

Jusqu’ici tout va bien‘ de Nicolas Pitz est une adaptation graphique remarquable du roman éponyme de Gary D. Schmidt. L’histoire, située en 1968 dans une petite ville de l’État de New York, suit le parcours de Doug, un adolescent en quête d’identité dans un environnement familial et social chaotique.

Le récit, sombre mais empreint d’espoir, est porté par un dessin fin et expressif, majoritairement en noir et blanc, où la couleur, utilisée avec parcimonie, devient un véritable outil narratif. Pitz réussit à transmettre avec justesse les émotions et les tourments de Doug, personnage central attachant et résilient.

L’adaptation est fidèle au roman original, tout en offrant une nouvelle perspective grâce au médium de la bande dessinée. Pitz parvient à retranscrire la subtilité des rapports familiaux et humains, évitant ainsi le pathos. L’œuvre rend également hommage à Jean-Jacques Audubon, illustrateur naturaliste méconnu, dont les dessins d’oiseaux sont une révélation pour Doug.

Les thématiques abordées sont nombreuses et universelles : la résilience, l’amitié, la découverte de l’art et de la littérature, le tout dans le contexte de la guerre du Vietnam. Le lecteur ne peut que s’attacher à Doug, jeune homme en pleine construction, qui évolue tout au long de l’histoire.

‘Jusqu’ici tout va bien’ est une lecture forte et émouvante, une adaptation graphique réussie d’un roman inoubliable. Les touches de couleur, utilisées avec subtilité, renforcent la puissance du récit. Une magnifique découverte, à la fois coup de cœur et coup de poing, qui ne laissera personne indifférent.