Lili, toujours debout, jusqu’au bout ! De Ravensbruck à Bergen-Belsen
Album publié en 2026 aux éditions Glénat.
Résumé éditeur
Le témoignage fort et émouvant de Lili, survivante des camps de la mort.

Bien que Français car nés en France, mais de parents juifs hongrois, Charlotte Keller et Joseph Rosenberg, Lili (11 ans), Robert (10 ans) et André (3 ans), devenus apatrides suite aux mesures antisémites décrétées par le gouvernement collaborationniste de Vichy, sont arrêtés en octobre 1943, à Roubaix.
La famille connaît la prison à Lille, à Bruxelles et une antichambre flamande des camps de concentration nazis, la caserne Dossin. Déportés en Allemagne en décembre 1943, ils sont séparés. Le père, Joseph, est envoyé au camp de Buchenwald, où il sera assassiné ; la mère, Charlotte, et les enfants à celui de Ravensbrück où ils passeront une année de travaux forcés pour la mère, de malnutrition, de maladies et de mauvais traitements pour tous.
En février 1944, les Keller-Rosenberg sont envoyés au camp de Bergen-Belsen, un mouroir à ciel ouvert où sévissent les pires violences SS, la famine et une épidémie incontrôlée de typhus.
Tous les quatre survivent pourtant. Rentrés seuls en France après la libération du camp par les Britanniques, les enfants passent par le Lutetia, séjournent quelque temps dans une famille d’accueil en région parisienne, puis chez une tante en province.
Parce qu’ils sont en très mauvaise santé, ils sont envoyés en préventorium. C’est là que leur mère les retrouve… Brisés, mutiques et absents, il leur faut cependant réapprendre à vivre, mais aussi à se taire, car l’innommable n’est pas compréhensible par ceux qui ne l’ont pas vécu.
Cet album très documenté apporte un éclairage historique puissant sur le combat insensé pour la survie, dans plusieurs camps de concentration, d’une mère et de ses trois enfants. Aujourd’hui à 93 ans, Lili Keller-Rosenberg continue de porter haut la parole en mémoire des disparus.
Boris Golzio s’empare de l’histoire vraie de cette enfant survivante de la Shoah pour livrer un album digne et bouleversant, d’un réalisme saisissant. Il est postfacé par deux historiens spécialisés : André Rosenberg (le petit frère de Lili) sur le sujet des enfants dans la Shoah, et Bernhard Strebel, le grand historien allemand du système concentrationnaire nazi. Une œuvre poignante et nécessaire, cosignée par une femme qui est, toujours, restée debout.
La bd « Lili, toujours debout, jusqu’au bout ! De Ravensbruck à Bergen-Belsen » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Lili, toujours debout, jusqu’au bout ! De Ravensbruck à Bergen-Belsen »
Coécrit par la rescapée elle-même et par l’auteur de bande dessinée Boris Golzio, cet album porte à l’image le témoignage de Lili Keller-Rosenberg, l’une des dernières survivantes de la Shoah, aujourd’hui âgée de plus de quatre-vingt-dix ans. Longtemps réticente à confier son histoire à ce support qu’elle jugeait inadapté, elle a fini par y voir un moyen de transmission adapté aux nouvelles générations, à l’heure où les derniers témoins disparaissent.
Le récit s’ouvre en octobre 1943, quand Lili Keller-Rosenberg, âgée de onze ans, est arrêtée à Roubaix avec sa mère et ses deux frères, tandis que son père sera assassiné à Buchenwald. Boris Golzio adopte résolument le point de vue de l’enfant, choix qui donne au parcours vers Ravensbrück puis Bergen-Belsen une force particulière, l’incompréhension du regard enfantin rendant l’horreur plus tangible encore.
L’album fait alterner ce récit intime avec un versant documentaire sur le fonctionnement des camps, notamment Bergen-Belsen, mouroir ravagé par la famine et le typhus. Cette double approche, l’expérience vécue et l’éclairage historique, sert un projet explicite, celui de raconter pour se souvenir et pour couper court à toute contestation négationniste.

Le dessin de Boris Golzio, sobre et lisible, refuse la surenchère graphique. Cette retenue laisse toute leur place aux faits et aux visages, et rend l’album accessible à un lectorat adolescent.
L’ouvrage s’adresse aux collégiens, aux lycéens et à tous les lecteurs soucieux de mémoire. Boris Golzio et Lili Keller-Rosenberg signent une œuvre de transmission nécessaire et digne.














