Le Sommet des Dieux – Tome 4
Album publié en 2011 aux éditions Kana.
Résumé éditeur
Adapté du roman Le Sommet des Dieux (Kamigami no Itadaki) de Baku Yumemakura publié le 4 aout 1997.

Tandis que l’appareil photo qui aurait pu appartenir au célèbre alpiniste disparu George Mallory suscite toujours toutes les convoitises, Fukamachi entreprend de suivre en tant que photographe l’ascension clandestine de Habu Jôji sur la face Sud Ouest de l’Everest, en hiver et sans oxygène !!
Habu accepte uniquement à la condition qu’ils n’aient plus de contacts une fois l’ascension commencée et que chacun se débrouille. Fukamachi rejoint alors Habu pour la période d’acclimatation à l’altitude où il va en apprendre un peu plus sur ce mystérieux et fascinant personnage et peut-être également sur lui-même !
La bd « Le Sommet des Dieux – Tome 4 » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Sommet des Dieux – Tome 4 »
Avant-dernier chapitre de l’adaptation du roman de Baku Yumemakura par Jirō Taniguchi, ce quatrième tome du Sommet des Dieux hisse le récit vers son paroxysme. L’enquête journalistique cède définitivement la place à l’action brute : l’affrontement tant attendu avec la face sud-ouest de l’Everest en hivernal et en solitaire. Le reporter Fukamachi bascule ici du rôle d’enquêteur à celui de compagnon de cordée partiel, liant indéfectiblement son destin à celui du taciturne Habu Jōji.
Ce volume atteint une intensité dramatique vertigineuse en explorant la dualité de la condition humaine face à l’impossible. Jirō Taniguchi orchestre une transition psychologique cruciale : l’obsession individualiste de Habu se mue en une lutte universelle pour la survie. Le thème de la transmission et de la fraternité y est traité avec une pudeur poignante. À travers les épreuves physiques extrêmes et le manque d’oxygène, l’auteur dissèque la métamorphose de Fukamachi, dont le regard fige le génie et la démesure de Habu pour la postérité.

Visuellement, l’œuvre livre des planches d’un réalisme saisissant, terrifiant de précision technique. Le trait de Jirō Taniguchi sublime la verticalité et le gigantisme de la chaîne himalayenne, écrasant les silhouettes humaines sous l’immensité blanche. Le découpage, alternant de longs silences contemplatifs et de violentes tempêtes de lignes de force, restitue à la perfection le rythme de la haute altitude : l’effort surhumain, la morsure du gel et le ralentissement du temps.
Ce quatrième opus est un monument de tension et de pureté graphique. Un sommet de la bande dessinée contemporaine qui coupe littéralement le souffle.




