Le Sommet des Dieux – Tome 3

Album publié en 2011 aux éditions Kana.


Résumé éditeur

Adapté du roman Le Sommet des Dieux (Kamigami no Itadaki) de Baku Yumemakura publié le 4 aout 1997.

Le tome 3 s’ouvre sur le 6 juin 1924, lorsque George Mallory et Andrew « Sandy » Irvine, bouteilles d’oxygène et vivres et appareil photo sur le dos, quittèrent le camp 4 accompagnés de huit porteurs pour tenter d’atteindre le sommet de l’Everest.
On suit leurs traces jusqu’à l’altitude à laquelle ils ont disparu.
Ont-ils atteint le sommet ?
On retrouva des années plus tard quelques effets personnels mais jamais leur appareil photo Kodak ne refit surface officiellement.
Le fabricant assure pourtant que si le film est encore dans l’appareil, il est possible de le développer, même plus de cinquante ans après.
L’énigme serait-elle donc sur le point d’être résolue…?
C’est la question que se pose Fukamachi, à Katmandou, en essayant de pister l’appareil photo qui lui a été dérobé et Habu Jôji qu’il a vraisemblablement ramassé près du toit du monde.
« L’histoire de l’ascension des monts himalayens s’est poursuivie sans interruption depuis le 19e siècle.
Mais elle est peut-être en train de se clore lentement, par l’intermédiaire de Habu. Et, par l’intermédiaire de l’appareil photo de Mallory, Fukamachi est là pour assister au tomber de rideau
. »

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Sommet des Dieux – Tome 3 »

Pivot central de la pentalogie adaptée du roman de Baku Yumemakura, ce troisième tome du Sommet des Dieux marque un tournant décisif. Après les longs flashbacks sur la jeunesse des protagonistes, Jirō Taniguchi recentre son récit sur le temps présent de l’enquête. Le reporter Fukamachi retrouve enfin la trace de l’insaisissable Habu Jōji à Katmandou, scellant le destin croisé de ces deux hommes au pied de l’Himalaya.

Ce volume brille par sa tension dramatique, glissant subtilement du documentaire historique vers le thriller psychologique de haute volée. Le thème du renoncement et du sacrifice y est traité avec acuité. À travers les figures tragiques du passé qui hantent Habu, notamment le souvenir du jeune Kishi, l’auteur explore la culpabilité du survivant. La psychologie des personnages s’épaissit : Habu n’apparaît plus seulement comme un monstre d’égoïsme, mais comme un homme condamné à grimper pour continuer à exister, tandis que Fukamachi passe du statut de simple observateur à celui de témoin spirituel.

Graphiquement, l’art de Jirō Taniguchi insuffle une dimension presque mystique au récit. Les ruelles étouffantes et vibrantes de Katmandou contrastent radicalement avec la pureté géométrique et écrasante des parois rocheuses. Le découpage de l’auteur, caractérisé par de grandes cases panoramiques silencieuses, suspend le temps et installe une atmosphère de recueillement avant la confrontation finale avec l’Everest. Le soin apporté aux détails techniques de l’équipement moderne renforce le réalisme immersif de l’œuvre.

Ce troisième opus confirme la trajectoire magistrale de la série. Plus intimiste mais viscéralement intense. Une œuvre majeure où le manga rejoint la grande littérature.

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