La Nuit de Saint-Germain-des-Prés
Album publié en 2017 aux éditions Casterman.
Résumé éditeur
Adapté du roman Le Sapin pousse dans les caves ( titre original de La Nuit de Saint-Germain-des-Prés) de Léo Malet publié le 23 aout 1955.

Paris, été 1957.
Nestor Burma enquête pour le compte d’un client dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés.
Manière pour le détective de nouer quelques connaissances parmi les cercles artistiques et intellectuels qui semblent avoir élu domicile dans ce secteur de Paris : écrivains, critiques, musiciens.
C’est sur les traces de l’un deux, justement, que Burma est lancé : Charlie Mac Gee, batteur de jazz talentueux, et sans doute aux prises, aussi, avec les milieux de la drogue et de la délinquance qui gravitent autour de ce genre d’artiste.
Avec le concours de Marcelle, compagne de circonstance, Burma parvient finalement à loger son client, dans un hôtel de la rive gauche.
Il n’y a qu’un seul ennui : il est mort…
La bd « La Nuit de Saint-Germain-des-Prés » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Nuit de Saint-Germain-des-Prés »
Publiée en 2017 chez Casterman, la version colorisée de La Nuit de Saint-Germain-des-Prés offre une relecture de l’adaptation par Emmanuel Moynot du roman policier de Léo Malet. Chapeautée spirituellement par Jacques Tardi, cette enquête plonge le détective Nestor Burma dans le bouillonnement nocturne et intellectuel du 6e arrondissement de Paris.
L’intrigue dépasse le simple vol de bijoux pour ausculter la faune nocturne de l’après-guerre. Emmanuel Moynot capte avec acuité le cynisme de Burma face au snobisme intellectuel, au trafic de stupéfiants et à la désillusion d’une jeunesse bourgeoise en quête de sensations fortes. Le détective s’y meut avec sa verve habituelle, observateur lucide d’un quartier en pleine effervescence, dissimulant sa propre lassitude derrière une ironie mordante.

Graphiquement, cette édition de 2017 métamorphose l’expérience de lecture. La mise en couleurs enrichit l’immersion dramatique. Elle oppose magistralement la chaleur dorée et festive des intérieurs de cafés mythiques, comme le Flore, aux tonalités froides et bleutées de la nuit parisienne. Sous les voûtes des caves de jazz, des teintes chaudes et tamisées recréent l’atmosphère enfumée et enivrante de l’époque. La couleur apporte une dimension organique aux décors d’après-guerre des carrosseries de tractions aux affiches murales, renforçant la portée historique du récit.
Cette version colorisée sublime l’adaptation en lui insufflant une atmosphère sensorielle et feutrée. Elle est vivement recommandée aux lecteurs désireux de redécouvrir le Paris des années 1950 sous un éclairage inédit.




