L’Envahissant cadavre de la plaine Monceau
Album publié en 2017 aux éditions Casterman.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Léo Malet publié le 17 novembre 1959.

Mars 1959.
Nestor Burma a rendez-vous dans les beaux quartiers de l’ouest parisien.
Mais quand il se présente au domicile de sa future cliente, c’est pour la découvrir tout refroidie, ainsi que son mari.
Un double suicide, du moins en apparence. Une enquête du détective de choc dans le dix-septième arrondissement de Paris.
La bd « L’Envahissant cadavre de la plaine Monceau » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Envahissant cadavre de la plaine Monceau »
Publiée en 2017 chez Casterman, la version colorisée de L’Envahissant cadavre de la plaine Monceau offre une relecture feutrée de l’adaptation d’Emmanuel Moynot (2009) du roman policier de Léo Malet (1959). Sous la supervision spirituelle de Jacques Tardi, cette enquête plonge le détective Nestor Burma dans l’opulence feutrée du 17e arrondissement de Paris.
L’intrigue brille par sa peinture sociale acérée de la haute bourgeoisie de la fin des années 1950. Derrière les façades bourgeoises, le scénario explore avec cynisme les thèmes du chantage, des secrets d’alcôve et de l’hypocrisie de classe. Burma y apparaît plus désabusé que jamais, opposant sa verve populaire et son ironie mordante aux manières guindées de ses clients. Sa profondeur psychologique s’enrichit d’une lassitude tangible face aux faux-semblants des notables.

Graphiquement, la mise en couleurs enrichit l’immersion dramatique sans jamais parasiter la rigueur du trait d’Emmanuel Moynot. Elle oppose magistralement la froideur bleutée et automnale des perspectives du parc Monceau aux tonalités chaudes mais lourdes des intérieurs cossus, salons feutrés aux boiseries sombres et lumières tamisées des hôtels particuliers. Les teintes appliquées fonctionnent comme un révélateur psychologique, renforçant la sensation d’étouffement qui pèse sur les protagonistes et isolant la silhouette imperméable de Burma dans ce décor de cire.
Cette mouture colorisée insuffle une modernité au récit tout en préservant sa noirceur critique d’origine.




