Corrida aux Champs-Élysées
Album publié en 2019 aux éditions Casterman.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Léo Malet publié le 23 février 1956.

Années 50, Burma sort à peine d’une mission bien agréable, puisqu’il servait de garde du corps à une starlette de cinéma dont, bien sûr, il est tombé amoureux.
Désœuvré, il prolonge son séjour dans l’hôtel des Champs-Élysées où résidait sa cliente et traîne à quelques avant-premières, invité par son pote Covet, journaliste au Crépuscule.
Aussi, lorsqu’une actrice sur le retour est trouvée morte d’une overdose, est-il aux premières loges pour mettre son nez dans les affaires louches du show-business.
La bd « Corrida aux Champs-Élysées » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Corrida aux Champs-Élysées »
Publié chez Casterman, l’album Corrida aux Champs-Élysées marque une étape savoureuse dans les reprises des enquêtes de Nestor Burma. Fidèle à l’héritage graphique de Jacques Tardi, c’est cette fois le dessinateur Nicolas Barral qui adapte avec brio le douzième volet des Nouveaux Mystères de Paris écrit par Léo Malet en 1956.
Nestor Burma délaisse ici ses quartiers populaires pour le chic caniculaire du 8e arrondissement, plongeant dans les coulisses du septième art après l’overdose suspecte d’une actrice. L’intrigue brille par sa déconstruction féroce du star-system des années 1950. La narration, faussement nonchalante au début, décortique habilement les thèmes des faux-semblants, des addictions et de l’ambition destructrice des producteurs et starlettes.
Nestor Burma s’y déploie avec une belle profondeur psychologique : amoureux transi d’une jeune comédienne dont il assurait la protection, il cache sous son ironie mordante une vulnérabilité touchante et un dégoût viscéral pour la corruption des puissants.

Graphiquement, Nicolas Barral livre une prestation remarquable en s’appropriant parfaitement les codes de la série. Les décors des Champs-Élysées, des cinémas d’époque aux grands hôtels, bénéficient d’une précision historique remarquable. Surtout, les visages se font plus expressifs. La mise en couleurs joue un rôle fort, opposant la lumière écrasante et étouffante d’un été parisien aux teintes feutrées des bureaux de production et des boîtes de nuit.
Cette adaptation de Nicolas Barral redynamise le mythe Nestor Burma avec un sens du rythme impeccable. Recommandé aux amoureux d’un Paris rétro et fan de Nestor Burma.




