Auteur/autrice : Sébastien D

Contes et légendes des pays Celtes


Album publié en 2009 aux Editions Petit à Petit.


couverture bd Contes et légendes des pays celtes

Ce livre offre une merveilleuse découverte en image de la tradition celtique dans son sens le plus large, telle qu’enracinée dans la culture de la Bretagne, de l’Irlande, de l’Ecosse et du Pays de Galles à travers des contes populaires, des mythes, des épopées, des légendes… histoires drôles, tragiques, merveilleuses, effrayantes, ou simplement humaines.
Les contes et légendes des pays celtes sont un véritable enchantement et une merveilleuse initiation à la mythologie celtique.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Contes et légendes des pays Celtes »

Contes et légendes des pays celtes en bandes dessinées est un album collectif qui propose une porte d’entrée solide dans l’imaginaire celtique, en mêlant récits dessinés et éclairages documentaires. Fidèle à la ligne éditoriale de la maison, l’ouvrage repose sur un concept efficace : mêler le plaisir de la BD à la curiosité documentaire

Concrètement, l’album alterne entre des histoires courtes dessinées et des pages de contexte. Ces sections documentaires ne sont pas là pour faire du remplissage : elles offrent des clés indispensables pour comprendre l’origine des mythes, qu’ils viennent de Bretagne, d’Irlande ou d’Écosse. On apprend autant qu’on s’évade, ce qui donne à la lecture une vraie épaisseur.

extrait bd Contes et légendes des pays celtes

Graphiquement, le principe même de l’album, plusieurs dessinateurs, plusieurs sensibilités, devient un atout. Les changements de style ne brouillent pas la lecture ; ils accompagnent au contraire la diversité des ambiances, passant d’une scène intime à une séquence plus épique avec une vraie efficacité visuelle.

Au final, c’est une lecture accessible, idéale pour qui veut découvrir (ou redécouvrir) les légendes celtes à travers une forme vivante, pédagogique et inspirée.

Moby Dick (Will Eisner)

Albums publiés en 1998 aux éditions USA.


Résumé éditeur

Le roman d’Herman Melville publié pour la première fois le 18 octobre 1851.

Moby Dick est l’histoire de la dangereuse obsession d’un homme. Pour se venger d’une ancienne blessure, un vieux capitaine traque une baleine blanche à travers les océans, en faisant face aux pires dangers et en y amenant tout l’équipage contre son gré.

Cet album raconte l’histoire classique d’aventures de Herman Melville, revue et simplifiée par le maître incontesté de la bande dessinée moderne, Will Eisner.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Moby Dick »

Will Eisner a su faire preuve de humilité face au monument littéraire de Herman Melville. Son adaptation de 1998, réduite à une trentaine de pages, ne cherche pas à capturer l’intégralité du roman, mais plutôt à en extraire le cœur battant : l’obsession du Capitaine Achab et sa chasse impitoyable à Moby Dick.

Le trait minimaliste de Will Eisner joue un rôle primordial. Les décors épurés, les cases dépouillées, tout concourt à placer l’accent sur le drame psychologique des personnages. Rien ne vient parasiter le récit. Cette austérité visuelle renforce le sentiment d’isolement des marins du Pequod et l’étrangeté de leur quête obsessive.

extrait bd Moby Dick

La couleur constitue un atout majeur. Là où les adaptations antérieures proposaient une approche plate et conventionnelle, Will Eisner crée une atmosphère. Les mers, les ciels variant graduellement, les teintes sombres qui s’intensifient : tout cela soutient la progression dramatique du voyage vers l’inéluctable.
Cette version courte abandonne les digressions philosophiques du roman, ses chapitres techniques sur la chasse à la baleine, la profondeur des portraits de personnages. Mais c’est un choix assumé. Will Eisner ne prétend pas rivaliser avec l’original, il le distille.

Le résultat ? Une lecture captivante qui restitue l’émotion d’ Herman Melville. Une BD pour découvrir ou redécouvrir ce mythe intemporel. C’est une belle porte d’entrée vers le roman complet.

Contes des mille et une nuits

Album publié aux éditions Adonis en 2007.


Publié pour la première fois par Antoine Galland vers 1704.

couverture bd Contes des mille et une nuits

Un Calife est captivé par les contes merveilleux que lui narre la babillarde Shéhérazade, au point qu’il la laisse vivre un jour, puis un autre jour encore, se disant en lui-même qu’il la fera bien toujours mourir quand elle parviendra à la fin de son dernier conte.
Mais, sans cesse, elle reprend ses récits. En voici deux parmi cent et mille. En premier, celui de la princesse à marier Nourannahar que trois frères courtisent et qui sont envoyés au devant d’épreuves afin de se départager.
Sortilèges, transports dans les airs abolissant le temps, villes grouillantes aux confins de la Perse et de la Chine. Rencontres de mages et de magiciens, voyage au centre de la Terre auprès de la fée Pari-Banou…
Vient ensuite l’histoire de la princesse Gelnare dont le palais est sous la Mer, qui épouse un prince de la Terre. Leur fils Bader est bientôt aux prises tour à tour avec des génies malfaisants ou bienfaisants, des magiciennes, le cruel roi de Samandal dont il veut épouser la fille. Chacun s’ingénie à entraver ou aider sa quête vers l’amour de sa bien-aimée…

Contes sans fin, toujours recommencés, mots qui coulent comme une source merveilleuse d’entre les lèvres de Shéhérazade. Mais le Calife, comme il lui parut, ne demandait pas mieux que de les entendre, elle poursuivit donc sans attendre son ordre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Contes des mille et une nuits »

S’attaquer à un monument comme les Mille et Une Nuits est un pari risqué, souvent piégeux. C’est pourtant le défi relevé avec assurance par Daniel Bardet dans cet album paru aux éditions Adonis/Glénat. Connu pour sa rigueur historique sur Les Chemins de Malefosse, le scénariste évite ici l’écueil de la compilation indigeste pour revenir à la source véritable du récit : la traduction d’Antoine Galland.

Daniel Bardet opère des choix narratifs chirurgicaux, se focalisant sur des pépites comme l’histoire du prince Ahmed et de la fée Pari-Banou. Ce parti-pris restitue la véritable mécanique du conte oriental : cette narration en « tiroirs » où la parole devient une arme de survie. On y retrouve une Shéhérazade stratège et une densité psychologique que les adaptations jeunesse ont souvent gommée. Le texte respecte la saveur littéraire du XVIIIe siècle, mêlant le merveilleux à une certaine cruauté sans fausse pudeur.

extrait bd Contes des mille et une nuits

Aux pinceaux, Rachid Nawa livre une partition graphique étonnante. Son trait réaliste ancre le mythe dans une matière tangible, loin des imageries vaporeuses habituelles. Ses décors fouillés et son travail sur les textures confèrent à l’ensemble une atmosphère pesante et envoûtante. La mise en couleurs, chaude et contrastée, sert la dramaturgie.

Cet album réussit le tour de force de concilier le respect du texte classique et le dynamisme de la bande dessinée moderne. Une redécouverte pour les amateurs de littérature qui souhaitent voir les mots de d’Antoine Galland prendre vie.

Dracula

Album publié en 2020 aux Editions Nobi Nobi.


Adapté du roman de Bram Stocker publié le 26 mai 1897.

couverture bd Dracula

Pour la première fois en manga, le roman culte de Bram Stoker devenu un mythe moderne !
Un sombre personnage, le comte Dracula, réside dans un terrifiant château perdu en Transylvanie. Il projette de s’installer à Londres, terre pleine de nouvelles opportunités et de victimes potentielles qui lui permettront de maintenir son effroyable règne et son immortalité.
Après avoir attaqué plusieurs victimes, le vampire est pris en chasse par l’équipe du téméraire professeur Van Helsing, composée notamment du notaire Jonathan Harker et de sa femme Mina.
Tous se sont donné pour mission de l’arrêter à tout prix, avant qu’il ne soit trop tard.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Dracula »

L’adaptation manga de Dracula que propose Nobi Nobi réussit le pari de transformer le roman de Bram Stocker en récit séquentiel sans le trahir. Virginia Nitouhei impose un trait réaliste et épuré. Pas de débauche graphique, pas de gore spectaculaire : le malaise naît de l’atmosphère, des regards échangés, de la tension psychologique qui monte insidieusement.

Les ruelles de Londres, le château transylvanien, chaque environnement respire l’authenticité. Les aplats noirs créent une densité visuelle oppressante sans basculer dans l’excès. L’illustratrice comprend que l’horreur véritable n’est pas celle qu’on montre, mais celle qu’on suggère.

extrait bd Dracula

Sur le plan narratif, Stacy King préserve l’essence du texte original : cette collision entre rationalité victorienne et forces incompréhensibles. Van Helsing n’est pas simplement un chasseur de vampires, mais un savant confronté à l’impuissance de la science. C’est cette tension existentielle que le format manga illumine particulièrement bien, en épurant la verbosité du roman.

Une porte d’entrée moderne vers le mythe de Dracula, respectueuse de ses origines gothiques mais vivifiée par l’art du Manga, cette adaptation vaut le détour.

Charles de Gaulle … mais la France libérée

Album publié en 2026 aux éditions Bamboo.


Résumé éditeur

couverture bd Charles de Gaulle ... mais la France libérée

En juin 1944, à la veille du Débarquement, Charles de Gaulle doit encore imposer sa légitimité.
Tenu à l’écart par les Alliés et contesté par Franklin D. Roosevelt, il refuse que la France libérée soit placée sous administration étrangère.
Entre 1944 et 1945, il manoeuvre pour rétablir l’autorité nationale et placer le pays dans le camp des vainqueurs. Le chef de la France libre devient homme d’État de la fin de la guerre jusqu’en 1946.
S’en suit une traversée du désert qui s’achève en 1958, lorsqu’il revient au pouvoir dans une France en crise et fonde la Ve République.
Mais en mai 1968, face à la contestation étudiante et sociale, celui qui fut autrefois l’homme du recours paraît dépassé, comme rattrapé par le temps et ses propres souvenirs.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Charles de Gaulle … mais la France libérée »

Pas encore d’avis.

extrait bd Charles de Gaulle ... mais la France libérée

Les Amis de Pancho Villa

Album publié en 2012 aux Editions Casterman.


Adapté du roman de James Carlos Blake publié en aout 1996.

couvertrue bd Les Amis de Pancho Villa

Quoi de mieux pour narrer l’épopée de la révolution mexicaine que de se mettre dans la peau de Rodolfo Fierro, le plus fidèle et irréductible compagnon de Pancho Villa ?
À travers son récit, c’est l’histoire chaotique du Mexique au début du XXe siècle qui défile.
L’odyssée grandiose et pitoyable de ces révolutionnaires à la fois idéalistes et cruels.
Entre faits et fiction, une vision très noire, d’où émergent des moments d’authentique grandeur, le dévouement et le courage d’hommes sans mesure, qui embrassent ta vie et la mort avec la même fougue.
Une réflexion sur le sens de l’action révolutionnaire.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Amis de Pancho Villa »

Adapter le monument littéraire de James Carlos Blake tenait de la gageure, tant son texte suinte la poudre et le sang. Pourtant, avec Les Amis de Pancho Villa, Léonard Chemineau ne se contente pas d’illustrer la Révolution mexicaine : il en restitue toute la fureur.

Loin de l’image d’Épinal du bandit au grand cœur, l’album nous plonge dans la brutalité nue des Dorados, l’élite de Pancho Villa. À travers le regard glaçant de Rodolfo Fierro, le « boucher », le récit dissèque une fraternité toxique où l’idéal révolutionnaire se noie progressivement dans une violence aveugle. La narration ne juge pas, elle expose, avec une fidélité redoutable au texte original, la mécanique implacable de la loyauté en temps de guerre.

extrait bd Les Amis de Pancho Villa

Le trait de Léonard Chemineau est à la hauteur de cette noirceur. Le dessin est nerveux, gratté, comme érodé par le vent des sierras. Il n’y a pas de place ici pour la ligne claire : les ombres sont tranchantes et les « gueules » des protagonistes portent les stigmates de l’histoire. Les scènes de cavalerie, d’un dynamisme étourdissant, rappellent que la guerre est avant tout un chaos cinétique.

C’est une œuvre âpre, une fresque crépusculaire pour qui veut comprendre l’envers du décor de la légende mexicaine. Une réussite totale.

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise

Album publié en 2017 aux Editions Futuropolis.


Adapté du roman de Sijie Dai publié le 20 janvier 2000.

couverture bd Balzac et la Petite Tailleuse chinoise

En pleine Révolution culturelle lancée par Mao Zedong, Ma et Luo, deux amis de 17 et 18 ans, sont envoyés en rééducation dans la province du Sichuan car ils sont considérés comme des «intellectuels».
Les deux amis rencontrent la fille du tailleur voisin, considérée comme la plus belle de la montagne, mais sans instruction. Tous deux en tombent immédiatement amoureux.
Ils décident de voler une valise de livres interdits de grands auteurs occidentaux du XIXe siècle.
Luo en fait le serment : «Avec ces livres, je transformerai la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde».


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Balzac et la Petite Tailleuse chinoise »

Balzac et la petite tailleuse chinoise transpose avec beaucoup de justesse le roman de Sijie Dai dans un langage de bande dessinée à la fois ample et sensible. L’histoire se déroule dans la Chine du début des années 1970, en pleine Révolution culturelle : deux adolescents, Luo et Ma, sont envoyés en « rééducation » dans un village de montagne. Leur quotidien, rythmé par le labeur et la surveillance, bascule lorsqu’ils mettent la main sur une valise de livres interdits. À partir de là, la littérature devient un passage secret : elle ouvre des brèches dans un monde fermé, et redessine le champ des possibles.

Le récit fonctionne comme un apprentissage sous contrainte, où l’intime et le politique se nouent sans jamais forcer l’effet. La relation entre Luo, Ma et la Petite Tailleuse évite le schéma simpliste : l’éveil qu’apportent les lectures n’efface ni les rapports de domination, ni les contradictions du désir. C’est précisément cette zone grise entre fascination, amour, manipulation et besoin de liberté qui donne sa force aux personnages.

extrait bd Balzac et la Petite Tailleuse chinoise

Graphiquement, Freddy Nadolny Poustochkine privilégie des compositions qui respirent, souvent moins “case à case” que portées par de grandes images. Les paysages de montagne, la mine, les intérieurs pauvres : tout participe d’une atmosphère à la fois rude et presque hypnotique. La couleur, travaillée par climats, renforce l’oppression du quotidien autant qu’elle laisse affleurer, par moments, l’élan romanesque des lectures.

A découvrir.

Puissant tricératops

Album publié en 2025 aux Editions Sens Dessus Dessous.


Comprendre la « guerre des os » entre paléontologues, découvrir les caractéristiques uniques du tricératops, trembler face à l’attaque d’un tyrannosaure sur un troupeau de tricératops, assister à la naissance des bébés tricératops, mieux comprendre le processus de fossilisation, participer à la vente aux enchères d’un crâne de tricératops…
Un récit pour tout savoir sur l’un des plus célèbres dinosaures !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Puissant tricératops »

Pas encore d’avis.

Dante Alighieri – Le Premier de mes amis

Album publié en 2021 aux éditions Kleiner Flug.


Résumé éditeur

Dante Alighieri en BD (1265 / 14 septembre 1321).

Premier volet de cette trilogie, « Le premier de mes amis » explore l’amitié passionnée et tourmentée liant Dante à Guido Cavalcanti et Lapo Gianni.
Le récit s’inspire du célèbre sonnet « Guido, je voudrais que toi, Lapo et moi », où le poète imagine un navire enchanté naviguant au large de Florence, emportant les trois amis et leurs compagnes pour un voyage hors du temps, dédié à l’amour et à la philosophie.
Pourtant, cette harmonie est fragile. Leurs visions opposées de la vie et de la politique finissent par rattraper les trois amis, transformant leurs simples débats littéraires en véritables conflits personnels.
Le récit nous plonge également dans le quotidien de Dante à Florence : on le découvre partageant des moments avec le musicien Casella ou se lançant dans des joutes poétiques pleines d’humour avec Forese Donati, pour le plus grand plaisir des Florentins.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Dante Alighieri – Le Premier de mes amis »

Pas encore d’avis.

extrait bd Dante Alighieri - Le Premier de mes amis

Les 4 œuvres de Dante Alighieri en BD

L'Enfer De Dante
19/01/2023

L'Enfer De Dante

Divine Comédie
29/12/2021

Divine Comédie

En enfer avec Dante
13/05/2015

En enfer avec Dante

Inferno
13/06/2013

Inferno

Un nouveau dans la ville

Album publié en 2016 aux éditions Omnibus.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de George Simenon publiée le 10 février 1950.

couverture bd Un nouveau dans la ville

Il était petit, plutôt gras sans être gros. Il paraissait la quarantaine et quelque chose de peu soigné dans sa personne faisait penser qu’il devait être célibataire.
Les deux doigts de sa main droite qui tenaient la cigarette étaient jaunis par le tabac et une demi-lune du même jaune sous la lèvre indiquait qu’il fumait ses cigarettes jusqu’à l’extrême bout.
Il était vêtu en homme des grandes villes, d’un complet bleu marine et de souliers noirs trop fins pour la région.
Son pardessus de demi-saison, couleur mastic, très fripé, était trop léger aussi pour l’hiver dans le Nord.

Dans une ville du nord des États-Unis, près de la frontière canadienne, l’arrivée d’un étranger suscite la curiosité, puis l’hostilité…

logo fnac

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Un nouveau dans la ville »

Un nouveau dans la ville est l’adaptation graphique du roman de George Simenon (1950) par Jacques de Loustal, l’un des illustrateurs les plus littéraires de la bande dessinée. Jacques de Loustal, admirateur fervent de Simenon, avait déjà collaboré sur Les Frères Rico et Six Enquêtes de Maigret. Cette nouvelle adaptation confie au crayon du maître un roman situé dans une petite ville américaine du Maine, où George Simenon avait lui-même séjourné pendant dix ans.

L’œuvre capture l’essence même de la narration de George Simenon : l’arrivée de Justin Ward, homme énigmatique porteur d’une liasse de billets, provoque une tension collective chez les habitants. Jacques de Loustal retranscrit magistralement cette atmosphère d’hostilité latente. Le roman explore l’opacité du personnage principal et la curiosité inquiète de la ville, notamment incarnée par Charlie, le tenancier du bar. Le mystère de Ward, en réalité Kennedy, un délateur en fuite, crée une mécanique narrative de suspicion croissante jusqu’à son épilogue tragique.

extrait bd Un nouveau dans la ville

Jacques de Loustal traduit l’introspection du roman de George Simenon par une ligne épurée et des teintes hivernales. Son approche picturale, oscillant entre illustration et bande dessinée, refuse la surcharge narrative. Les cafés, les paysages enneigés et les physionomies des personnages ordinaires deviennent des témoins silencieux de la tension psychologique. Cette retenue confère une dignité mélancolique à chaque scène, fidèle au ton des « romans durs » de Simenon .

Cette adaptation intéressera particulièrement les amateurs du roman de l’Après-Guerre, des adaptations graphiques ambitieuses, et des univers américains nuancés. Jacques de Loustal offre une vision respectueuse et poétique du texte original, sans concession au spectaculaire.