Apporte-moi de l’amour
Album publié en 1999 aux éditions Mille et Une Nuits.
Résumé éditeur
D’après les recueils de nouvelles Apporte-moi de l’amour et There’s no business ordinaire de Charles Bukowski publiés en 1983.

Deux nouvelles parfaitement représentatives d’une des plus fortes personnalités de la littérature américaine contemporaine.
Souvent taxé de misanthropie, il revendiquait l’influence de Céline, Charles Bukowski (1920-1994) vilipenda sans pitié et sans relâche les médiocrités de l’Amérique blanche.
Cette édition reprend les illustrations originales de Robert Crumb, autre figure emblématique de la contre-culture underground.
La bd « Apporte-moi de l’amour » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Apporte-moi de l’amour »
Apporte-moi de l’amour réunit deux nouvelles de Charles Bukowski, traduites et postfacées par Jean-Luc Fromental, et accompagnées des illustrations de Robert Crumb. Ce n’est pas une bande dessinée à proprement parler, mais un recueil où le dessin dialogue avec le texte, rencontre logique entre deux figures majeures de la contre-culture américaine.
La nouvelle-titre suit Harry qui rend visite à Gloria, sa femme internée en hôpital psychiatrique, en pleine phase maniaque. Entre insultes, larmes et soupçons d’adultère, l’échange révèle un couple à la dérive, d’autant que les accusations de Gloria ne sont pas infondées : Harry rejoindra bientôt sa maîtresse au motel.
Charles Bukowski y déploie son réalisme cru où l’amour réclamé se heurte au mensonge et à la lâcheté. La seconde nouvelle oppose un comique sur le déclin à un public hostile dans un hôtel de Las Vegas, et bascule elle aussi vers l’humiliation. Les deux récits partagent une même mécanique : la parole qui dérape jusqu’à l’affrontement physique.
Le trait de Robert Crumb épouse parfaitement cette matière. Son dessin sombre, aux hachures nerveuses et aux physionomies caricaturales, accuse la laideur ordinaire des corps et des visages sans jamais la juger. Robert Crumb ne cherche pas l’illustration décorative : il prolonge la crudité de Charles Bukowski, en donnant chair à ses paumés et à leur détresse. La postface de Jean-Luc Fromental éclaire utilement les affinités entre les deux hommes, autodidactes marqués par un père autoritaire et hostiles à la mystique hippie.
L’ensemble forme une porte d’entrée idéale vers l’univers de Charles Bukowski. On le recommandera aux amateurs de littérature du dirty realism et aux lecteurs curieux de l’art underground de Robert Crumb.











