Chaka – D’après l’œuvre de Thomas Mofolo
Album publié en 2018 aux Editions Harmattan.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Thomas Mofolo publié en 1977.

Ne réussissant pas à avoir d’une de ses quatre femmes un enfant mâle pour lui succéder, Senza’ngakona, chef d’une petite tribu d’Afrique du Sud au XVIIIᵉ siècle, s’éprend d’une jeune femme, Nandi, et lui fait un enfant hors mariage, un garçon, Chaka.
Enfant du péché, Chaka est rejeté par les siens. Obligé de s’enfuir, il commence une longue errance qui l’amènera à un destin hors du commun. Devenu le chef mythique de son peuple, Chaka lancera ses armées à la conquête d’un empire qui ne cessera de s’étendre jusqu’à s’opposer quelques décennies plus tard à la volonté expansionniste de la couronne britannique.
À mi-chemin entre récit historique et légende, Chaka, d’après l’œuvre de Thomas Mofolo, revient sur la naissance d’une des plus grandes épopées du continent, celle des zoulous, le peuple du ciel. Une histoire pleine de magie, de folie et de sang.
La bd « Chaka » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Chaka »
Le fondateur de l’empire zoulou méritait qu’un auteur africain s’empare de sa légende. C’est ce que fait cette bande dessinée, portée par le scénario de Jean-François Chanson et le dessin de l’Ivoirien Koffi Roger N’Guessan, d’après le roman que le Mosotho (habitant du Lesotho) Thomas Mofolo publia en 1925. Le récit remonte à la naissance de Chaka, fils d’un chef et d’une union hors mariage, rejeté par les siens, contraint à l’errance, puis promis à un destin qui fera de lui le bâtisseur d’une nation.
L’album assume sa nature d’épopée, à mi-chemin du fait historique et du mythe. Jean-François Chanson conserve la part de magie et de sorcellerie du roman de Thomas Mofolo, ces pactes qui accompagnent l’ascension de Chaka et en scellent la démesure. Le personnage n’est pas lissé : ambitieux jusqu’à la cruauté, prêt à sacrifier ce qu’il a de plus cher, il garde l’ambivalence qui fascine depuis un siècle, tyran pour les uns, héros fondateur pour les autres. Le livre a le mérite de montrer une organisation politique et militaire construite avant tout contact avec l’Occident, renversant le regard habituel sur cette histoire.

Le dessin de Koffi Roger N’Guessan affiche une naïveté apparente qui n’exclut pas l’expressivité. Il soigne les scènes de foule, les parures des rois et des guerriers, l’ambiance des villages. Sa colorisation, dominée par les bruns et les ocres, installe une teinte de terre qui colle aux paysages d’Afrique australe, même si cette palette resserrée finit par manquer de contrastes.
En gardant la magie et la démesure du roman de Thomas Mofolo, Jean-François Chanson restitue un Chaka ambivalent, héros fondateur autant que tyran.













