L’antre de l’horreur
Album publié en 2007 aux Editions Panini.
Résumé éditeur
Adapté des nouvelles d‘Edgar Allan Poe publiées entre 1827 et 1845.

Tueurs en série. Vampires. Zombies. Monstres post-apocalyptiques.
Tous ces cauchemars et d’autres hantent le monde ténébreux d’Edgar Allan Poe, revisité par le maître de l’horreur Richard Corben et ses complices dans ce recueil d’adaptations illustrées d’œuvres choisies de l’écrivain.
Des classiques de Poe transformés en bandes dessinées fantastiques, étranges et dérangeantes, et entrecoupés des textes originaux.
Un album à faire frémir d’horreur inspiré d’histoires de meurtres, de folies et de monstruosités imaginées par le grand Edgar.
« L’Antre de l’horreur » adapte dix œuvres d’Edgar Allan Poe. Voici les histoires adaptées et les dates de leur première publication :
Le Corbeau (The Raven) – Publié en 1845. Ce poème narratif, l’un des plus célèbres de Poe., raconte l’histoire d’un homme endeuillé par la mort de son amante Lenore, confronté à la visite mystérieuse d’un corbeau qui répète inlassablement « Jamais plus ».
La Dormeuse (Ligeia) – Publié en septembre 1838 dans The American Museum. Cette nouvelle relate l’histoire surnaturelle d’un narrateur dont la première femme, Ligeia, morte prématurément, semble revenir à travers son second mariage avec Lady Rowena.
Le Cœur révélateur (The Tell-Tale Heart) – Publié en 1843. Un récit à la première personne mettant en scène un narrateur qui affirme sa santé mentale tout en confessant un meurtre minutieusement planifié.
Bérénice (Berenice) – Publié en mars 1835 dans le Southern Literary Messenger. Cette nouvelle macabre raconte l’obsession d’un homme pour les dents de sa cousine mourante.
L’Esprit des morts (Spirits of the Dead) – Publié en 1827 dans Tamerlane and Other Poems, le premier recueil de Poe (originellement intitulé « Visits of the Dead »). Ce poème explore les thèmes de la mort et de l’au-delà.
Eulalie (Eulalie – A Song) – Publié en juillet 1845 dans The American Review. Il s’agit d’un poème nuptial qui célèbre le bonheur apporté par la belle Eulalie au narrateur.
Le Lac (The Lake) – Publié en 1827 dans Tamerlane and Other Poems, le recueil inaugural de Poe. Ce poème lyrique de 23 lignes exprime la fascination de Poe pour la solitude et la beauté mélancolique de la nature.
Israfel – Publié en novembre 1841 dans Lady’s Pearl. Ce poème, écrit à l’époque de son passage à West Point, parle d’un ange musicien dont le talent provoque de la jalousie.
Stances (Stanzas) – Publié en décembre 1845 dans Graham’s Magazine. Ce poème court traite de la beauté et du sommeil.
Le Ver conquérant (The Conqueror Worm) – Publié en janvier 1843 dans Graham’s Magazine. Initialement présenté comme un poème autonome, il a été intégré à la nouvelle « Ligeia » lors d’une révision en 1845 et traite de la mortalité humaine et de l’inévitabilité de la mort.
La bd « L’antre de l’horreur » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’antre de l’horreur »
L’Antre de l’horreur est une belle surprise : Richard Corben et Richard Margopoulos ont eu l’audace de revisiter dix œuvres d’Edgar Allan Poe en refusant la simple transposition. Pas question ici de faire du Poe estampillé « classique ». Non, c’est une adaptation libre, parfois même débridée, où le fantastique se mêle de gore et d’humour trash.
Richard Corben peint en noir et blanc un univers étouffant où chaque histoire respire sa propre atmosphère. Du crayon pur à l’aérographe savamment dosé, il varie ses techniques pour servir le récit : Le Corbeau oppresse, Le Lac glace, Bérénice dégoûte. C’est du travail de pro.

Le scénario, c’est plus compliqué. Richard Margopoulo qui bosse depuis longtemps dans l’horreur pulp traite les textes de d’Edgar Allan Poe comme des points de départ, pas des monuments intouchables. Israfel devient une histoire de rue, Eulalie se modernise, et ça peut perturber les fans de littérature « pure ». C’est justement ce qui rend le truc intéressant : les adaptations restent fidèles à l’essence sombre de Poe sans singer ses histoires.
Les textes originaux figurent en fin de chapitre. Ça permet de faire le lien, de voir ce qu’on a gardé, ce qu’on a transformé.
L’Antre de l’horreur, c’est pour qui ? Pour les amateurs de BD d’horreur visuellement soignée. Les puristes de la littérature, eux, risquent de grincer des dents.




















