Au cœur des solitudes
Album publié en 2023 aux éditions Sarbacane.
Résumé éditeur

1867. Une scierie tourne à plein régime dans un bruit effroyable quand soudain, des ouvriers courent secourir un homme à terre.
Il s’est blessé gravement aux yeux. John Muir a déjà vingt-neuf ans et il est confiné dans une chambre obscure : il est probable qu’il reste aveugle. Mais miraculeusement, après des mois d’une convalescence quasi mystique, il recouvre la vue.
C’est décidé, il va tout quitter et embrasser son rêve de toujours : partir plein Sud à la rencontre de la vie sauvage.
Armé de son seul courage, de sa jeunesse, d’une loupe et d’une presse botanique, il parcourra ainsi des centaines de kilomètres, à pied, de l’Indiana à la Floride.
Imaginez une nature sauvage presque inviolée, où seuls rôdent quelques dangereux soldats du Sud en déshérence et d’anciens esclaves jetés hors des anciennes plantations…
La bd « Au cœur des solitudes » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Au cœur des solitudes »
Il y a des albums qu’on referme lentement, comme pour retenir encore un peu la lumière qu’ils dégagent. Au cœur des solitudes est de ceux-là. L’auteur rennais Lomig y retrace le destin de John Muir, pionnier de l’écologie moderne, dont la vie bascule en 1867 lorsqu’un accident en scierie le prive provisoirement de la vue.
De cette nuit intérieure naît une renaissance : John Muir abandonne tout pour parcourir à pied, de l’Indiana à la Floride, une Amérique encore sauvage et meurtrie par les cicatrices de la Guerre de Sécession.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la sobriété du scénario. Lomig n’explique pas, il montre. Les flash-back sur l’enfance écossaise de John Muir, fils d’un père autoritaire et rigoriste, s’intercalent avec discrétion. On comprend, sans qu’on nous le dise, d’où vient cette soif de liberté.

Le noir et blanc confère une puissance évocatrice rare. Les planches consacrées à la flore et aux oiseaux sont d’une précision naturaliste qui n’écrase jamais la poésie. L’immensité des paysages américains est restituée avec une économie de moyens remarquable : une page, un horizon, et le vertige est là.
Rarement une bande dessinée aura autant donné envie de lever les yeux de ses pages pour regarder dehors. Une BD essentielle, pour les amoureux de nature comme pour les lecteurs en quête de sens.














