C’est aujourd’hui dimanche
Album publié aux éditions Les Enfants Rouges en 2019.
Résumé éditeur

C’est la première fois que je voyage en camion. Cela devrait être une fête. Mais mon cœur ne peut pas être joyeux. Il restera silencieux tant que Maman ne répondra pas à mes questions. À cause de tout ça, le trajet me paraît interminable.
Le camp de Brens. Est-ce là que la police nous emmène ? Est-ce qu’il y aura d’autres enfants ? Un instituteur pour nous faire la classe ? Est-ce qu’on nous donnera des couvertures et des ustensiles pour cuisiner ? Si peu de choses sont rentrées dans notre petite valise…
Printemps 1942. Hélène a 12 ans quand elle est internée avec sa mère au camp de Brens près de Gaillac dans le Tarn. Été 2018. Mary Aulne découvre par hasard l’existence de ce lieu de honte que toute la région semble vouloir cacher. Un camp uniquement pour les femmes. En pleine zone libre.
La BD « C’est aujourd’hui dimanche » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « C’est aujourd’hui dimanche »
Au printemps 1942, Hélène a douze ans lorsqu’elle est internée avec sa mère au camp de Brens, près de Gaillac dans le Tarn. Un camp de concentration réservé aux femmes, en pleine zone libre, où des centaines de militantes politiques, de résistantes et de réfugiées étrangères sont emprisonnées.
Ce roman graphique naît d’une démarche singulière : à l’été 2018, Mary Aulne découvre par hasard l’existence de ce lieu de honte que toute la région semble vouloir effacer. Elle mène alors une enquête mémorielle jusqu’à retrouver Hélène elle-même, toujours en vie, prête à témoigner après tant d’années de silence. Cette double temporalité, 1942 et 2018, structure l’album avec intelligence, transformant le devoir de mémoire en rencontre humaine vivante.
Clémentine Pochon, passée par des études de littérature et le cours Florent avant de se consacrer au dessin, apporte un trait doux mais jamais naïf. Son traitement graphique, lignes épurées, palette sobre contraste avec la violence sourde du contexte, créant une tension visuelle. La mise en page alterne plans serrés sur les visages et cases aérées évoquant l’enfermement paradoxal d’un espace à ciel ouvert.
On referme l’album la gorge serrée, hanté par ces femmes anonymes arrachées à l’histoire officielle. Un album indispensable, recommandé dès quinze ans, pour quiconque souhaite comprendre les zones d’ombre de la France de Vichy.














