Auteur/autrice : Sébastien D

Les Rats de Montsouris

Album publié en 2020 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 23 aout 1955.

couverture bd Les Rats de Montsouris

Paris, été 1955.
Burma est engagé simultanément par deux clients résidant dans le 14e arrondissement.
L’un, Ferrand, un ancien compagnon de captivité pendant la guerre, demande l’aide du détective pour une histoire de cambriolages en série.
L’autre, un riche bourgeois du nom de Gaudebert, veut découvrir qui s’amuse à le faire chanter. À première vue, rien de commun à ces deux affaires.
Pourtant, il n’y a pas de hasard et Dynamite Burma va vite découvrir qu’elles sont en fait liées toutes les deux à la tristement célèbre bande des Rats de Montsouris, un gang de cambrioleurs spécialisés dans les caves parisiennes.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Rats de Montsouris »

Treizième volume de la série tirée de l’œuvre de Léo Malet, Les Rats de Montsouris marque un renouvellement d’équipe : François Ravard reprend le crayon, sur une adaptation d’Emmanuel Moynot et dans le prolongement de l’univers graphique fondé par Jacques Tardi, la couleur revenant à Philippe De La Fuente.

L’intrigue se déploie dans le Paris de l’été 1955, au cœur du quatorzième arrondissement. Nestor Burma y est engagé simultanément par deux clients du quartier : Ferrand, ancien compagnon de captivité au Stalag, l’entraîne dans une obscure affaire de cambriolages, tandis que le bourgeois Gaudebert cherche à démasquer un maître chanteur. Deux enquêtes sans lien apparent, que Nestor Burma finit par relier au gang des Rats de Montsouris, cambrioleurs des caves parisiennes.
Emmanuel Moynot restitue la mécanique retorse de Léo Malet, ses fausses pistes et ses ellipses, et surtout la langue du privé : l’argot des faubourgs, la gouaille façon Audiard, qui donne chair aux malfrats comme aux petites gens. La ruse initiale, où Nestor Burma doit se grimer en clochard, dit d’emblée le goût du roman pour le déguisement et le faux-semblant.

extrait bd Les Rats de Montsouris

Au dessin, François Ravard épouse l’héritage de Jacques Tardi avec une précision remarquable, sans raideur, restituant les rues, les troquets et les caves d’un quartier arpenté sous toutes ses faces. La mise en couleurs de Philippe De La Fuente, particulièrement soignée dans le dernier tiers, ancre cette flânerie policière dans une atmosphère rétro cohérente.

L’ensemble est une BD / polar classique et savoureux, servi par un dessinateur prometteur. On le recommandera aux lecteurs de Léo Malet et aux amoureux du Paris des années 1950.


Corrida aux Champs-Élysées

Album publié en 2019 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 23 février 1956.

couverture bd Corrida aux Champs-Élysées

Années 50, Burma sort à peine d’une mission bien agréable, puisqu’il servait de garde du corps à une starlette de cinéma dont, bien sûr, il est tombé amoureux.
Désœuvré, il prolonge son séjour dans l’hôtel des Champs-Élysées où résidait sa cliente et traîne à quelques avant-premières, invité par son pote Covet, journaliste au Crépuscule.
Aussi, lorsqu’une actrice sur le retour est trouvée morte d’une overdose, est-il aux premières loges pour mettre son nez dans les affaires louches du show-business.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Corrida aux Champs-Élysées »

Publié chez Casterman, l’album Corrida aux Champs-Élysées marque une étape savoureuse dans les reprises des enquêtes de Nestor Burma. Fidèle à l’héritage graphique de Jacques Tardi, c’est cette fois le dessinateur Nicolas Barral qui adapte avec brio le douzième volet des Nouveaux Mystères de Paris écrit par Léo Malet en 1956.
Nestor Burma délaisse ici ses quartiers populaires pour le chic caniculaire du 8e arrondissement, plongeant dans les coulisses du septième art après l’overdose suspecte d’une actrice. L’intrigue brille par sa déconstruction féroce du star-system des années 1950. La narration, faussement nonchalante au début, décortique habilement les thèmes des faux-semblants, des addictions et de l’ambition destructrice des producteurs et starlettes.
Nestor Burma s’y déploie avec une belle profondeur psychologique : amoureux transi d’une jeune comédienne dont il assurait la protection, il cache sous son ironie mordante une vulnérabilité touchante et un dégoût viscéral pour la corruption des puissants.

extrait bd Corrida aux Champs-Élysées

Graphiquement, Nicolas Barral livre une prestation remarquable en s’appropriant parfaitement les codes de la série. Les décors des Champs-Élysées, des cinémas d’époque aux grands hôtels, bénéficient d’une précision historique remarquable. Surtout, les visages se font plus expressifs. La mise en couleurs joue un rôle fort, opposant la lumière écrasante et étouffante d’un été parisien aux teintes feutrées des bureaux de production et des boîtes de nuit.

Cette adaptation de Nicolas Barral redynamise le mythe Nestor Burma avec un sens du rythme impeccable. Recommandé aux amoureux d’un Paris rétro et fan de Nestor Burma.


L’homme au sang bleu

Album publié en 2017 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié en 1945.

couverture bd L'homme au sang bleu

Quand un aristo de province lui propose une simple surveillance, Burma n’hésite pas et saute dans le premier train.
Faut dire que monsieur le comte réside à Cannes et qu’en cette fin d’été 1946, voilà une mission qui fleure bon le farniente…
Une enquête du détective de choc sur la côte d’Azur.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’homme au sang bleu »

Onzième volume de la série tirée de l’œuvre de Léo Malet, L’Homme au sang bleu adapte le troisième roman de Nestor Burma, écrit en 1945. Emmanuel Moynot en assure l’adaptation et le dessin, prolongeant l’univers graphique fondé par Jacques Tardi, tandis que Chantal Quillec signe les couleurs. L’album a ceci de singulier qu’il arrache le détective à son Paris habituel.

Nous sommes à la fin de l’été 1946. Lassé d’une capitale trop paisible, Nestor Burma accepte une simple mission de surveillance pour le compte d’un aristocrate de province et file vers Cannes. À peine descendu du train, il assiste à une fusillade, avant d’apprendre que son client s’est donné la mort. Le frère du défunt le charge alors d’élucider ce suicide suspect.
Emmanuel Moynot déploie une intrigue foisonnante où se croisent drogue, fausse monnaie, music-halls et trahisons, fidèle à la mécanique retorse de Léo Malet. Le dépaysement fait tout le sel de l’album : transplanté sous le soleil, Nestor Burma conserve sa gouaille et son flair, mais se heurte à une faune méridionale, tel ce commissaire nonchalant à l’accent chantant, qui évoque irrésistiblement l’univers de Pagnol.

extrait bd L'homme au sang bleu

Côté dessin, Emmanuel Moynot personnalise l’héritage de Jacques Tardi. Son trait légèrement cabossé gagne en expressivité et met en valeur les décors ensoleillés de la Côte d’Azur, tranchant avec la grisaille parisienne des épisodes précédents. La couleur de Chantal Quillec accompagne ce changement d’atmosphère, plus lumineuse sans rien perdre de la tension.

Cette BD est un polar rétro dépaysant et solidement mené. On le recommandera aux amateurs de romans noirs, aux lecteurs de Léo Malet et à ceux que séduit le Midi des années 1940.


Nestor Burma contre C.Q.F.D.

Album publié en 2016 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié en 1945.

couverture bd Nestor Burma contre C.Q.F.D.

1942. Nestor Burma vient à peine de rouvrir l’agence Fiat Lux qu’il tombe sur une affaire « en or » : retrouver trois lingots disparus lors de l’attaque d’un train postal avant guerre.
Quelques mois après 120 rue de la gare, la deuxième enquête du détective de choc dans le Paris occupé.




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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Nestor Burma contre C.Q.F.D. »

Dixième volume de la série consacrée au privé de Léo Malet, Nestor Burma contre C.Q.F.D. adapte la deuxième enquête du détective, écrite au sortir de la guerre. Emmanuel Moynot en signe l’adaptation, le découpage et le dessin, dans le sillage graphique tracé par Jacques Tardi, tandis que Chantal Quillec assure la couleur.

Fidèle au roman, le récit plonge dans le Paris occupé de mars 1942. À peine rentré du stalag et l’agence Fiat Lux rouverte, Nestor Burma croise dans un abri antiaérien une rousse énigmatique qui le sème aussitôt. Le voici bientôt suspecté du meurtre d’un comédien retrouvé avec une carte de son agence en poche, contraint d’enquêter pour se disculper, sur fond de lingots d’or dérobés lors de l’attaque d’un train postal.
Emmanuel Moynot restitue avec justesse le caractère du personnage : la gouaille de Nestor Burma, son verbe fleuri façon Audiard, son goût des femmes fatales et sa débrouille dans une capitale grise de restrictions et de couvre-feux. Les faux-semblants s’enchaînent, servis par des dialogues savoureux qui font tout le sel de l’univers de Léo Malet.

Côté dessin, Emmanuel Moynot s’approprie l’héritage de Jacques Tardi plutôt que de l’imiter, avec un trait plus personnel, volontiers appuyé sur les silhouettes. La grande réussite tient à la couleur de Chantal Quillec : sa palette terne, presque glauque, restitue l’atmosphère poisseuse du Paris de l’Occupation et ancre l’intrigue dans son époque.

L’ensemble est un polar rétro efficace et atmosphérique. On le recommandera aux amateurs de romans noirs, aux lecteurs de Léo Malet et aux nostalgiques du Paris des années 1940.


Micmac moche au Boul’Mich

Album publié en 2015 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 15 mars 1954.

Le suicide d’un étudiant en médecine oblige Nestor Burma à réviser ses classiques et à arpenter les trottoirs glacés du Quartier latin.
Une enquête du détective de choc dans le cinquième arrondissement de Paris. Nestor Burma, le détective qui met le mystère K.O !

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Micmac moche au Boul’Mich »

Deuxième adaptation de Nestor Burma signée Nicolas Barral, après Boulevard… ossements, Micmac moche au Boul’Mich transpose le roman de Léo Malet en se coulant dans l’univers graphique créé par Jacques Tardi. Nicolas Barral en assure cette fois le scénario, le dessin et la couleur, pour une enquête ancrée dans le cinquième arrondissement parisien.

L’affaire se noue autour d’une mort troublante. Jacqueline Carrier vient trouver le détective Nestor Burma, convaincue que le décès de son fiancé, Paul Leverrier, jeune étudiant en médecine, n’est pas le suicide qu’ont conclu la police et le commissaire Faroux.
L’originalité du récit tient à ce renversement : nul mystère apparent au départ, si bien que Nestor Burma enquête moins pour confondre un coupable que pour épargner à sa cliente de sombrer dans le chagrin. Fidèle à la noirceur de Léo Malet, l’intrigue explore des thèmes rudes, du deuil aux secrets d’un milieu interlope, et déploie une galerie de suspects savoureuse, de la comédienne naïve au médecin véreux, en passant par un mage-guérisseur. L’humour du privé tempère la gravité du propos.

extrait bd Micmac moche au Boul'Mich

Le grand atout de l’album tient à sa mise en couleurs. Nicolas Barral respecte le trait hérité de Jacques Tardi, mais la couleur lui permet de sublimer l’atmosphère : l’éclairage jaunâtre des cafés, le bois patiné des bureaux du quai des Orfèvres, la neige qui recouvre le Quartier latin. Le découpage nerveux et les scènes d’action dynamiques restituent le rythme d’un vrai polar.

L’ensemble est une adaptation savoureuse et rigoureuse. On la recommandera aux amateurs de polars rétro, aux nostalgiques du Paris des années cinquante et aux lecteurs de Léo Malet séduits par l’univers de Jacques Tardi.

Boulevard… ossements

Album publié en 2019 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 15 juin 1957.

couverture bd Boulevard... ossements

Mars 1959.
Nestor Burma a rendez-vous dans les beaux quartiers de l’ouest parisien.
Mais quand il se présente au domicile de sa future cliente, c’est pour la découvrir tout refroidie, ainsi que son mari.
Un double suicide, du moins en apparence. Une enquête du détective de choc dans le dix-septième arrondissement de Paris.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Boulevard… ossements »

Huitième volet de la série que Jacques Tardi consacra en bande dessinée aux enquêtes de Nestor Burma, Boulevard… ossements adapte le roman éponyme de Léo Malet. Après Jacques Tardi puis Emmanuel Moynot, c’est Nicolas Barral qui reprend le flambeau, dans une version désormais entièrement mise en couleurs et augmentée de planches restées inédites.

L’intrigue déploie tout le sel du polar de Léo Malet. Alors qu’il vient de gagner à la loterie avec sa secrétaire Hélène Chatelain, le détective Nestor Burma accepte la requête d’un diamantaire du neuvième arrondissement, qui l’entraîne vers un énigmatique restaurateur chinois et une filière de Russes blancs exilés.
De cadavres en fausses pistes, l’affaire mêle diamants de la couronne impériale, complot anti-bolchevique et lingerie de luxe. Nicolas Barral restitue avec fidélité la mécanique retorse et l’humour grinçant de Léo Malet, ainsi que la gouaille d’un privé qui distribue et encaisse les coups. Hélène Chatelain y gagne un rôle actif, loin du simple faire-valoir, ce qui donne au duo son épaisseur.

extrait bd Boulevard... ossements

Le dessin de Nicolas Barral se coule dans l’univers graphique de Jacques Tardi sans le décalquer. Son trait, un rien plus fin, excelle dans les décors : le neuvième arrondissement des années cinquante, ses immeubles haussmanniens, ses automobiles et ses ruelles, revit avec un sens aigu du détail et de la perspective. La mise en couleurs, feutrée, accentue l’atmosphère de Paname nocturne sans jamais trahir la sobriété d’origine, et les scènes d’action conservent leur dynamisme.

L’ensemble compose une adaptation soignée et savoureuse. On la recommandera aux amateurs de polars rétro, aux nostalgiques du Paris d’après-guerre et aux lecteurs de Léo Malet séduits par l’univers de Jacques Tardi.

L’Envahissant cadavre de la plaine Monceau

Album publié en 2017 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 17 novembre 1959.

couverture bd L'Envahissant cadavre de la plaine Monceau

Mars 1959.
Nestor Burma a rendez-vous dans les beaux quartiers de l’ouest parisien.
Mais quand il se présente au domicile de sa future cliente, c’est pour la découvrir tout refroidie, ainsi que son mari.
Un double suicide, du moins en apparence. Une enquête du détective de choc dans le dix-septième arrondissement de Paris.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Envahissant cadavre de la plaine Monceau »

Publiée en 2017 chez Casterman, la version colorisée de L’Envahissant cadavre de la plaine Monceau offre une relecture feutrée de l’adaptation d’Emmanuel Moynot (2009) du roman policier de Léo Malet (1959). Sous la supervision spirituelle de Jacques Tardi, cette enquête plonge le détective Nestor Burma dans l’opulence feutrée du 17e arrondissement de Paris.

L’intrigue brille par sa peinture sociale acérée de la haute bourgeoisie de la fin des années 1950. Derrière les façades bourgeoises, le scénario explore avec cynisme les thèmes du chantage, des secrets d’alcôve et de l’hypocrisie de classe. Burma y apparaît plus désabusé que jamais, opposant sa verve populaire et son ironie mordante aux manières guindées de ses clients. Sa profondeur psychologique s’enrichit d’une lassitude tangible face aux faux-semblants des notables.

extrait bd L'Envahissant cadavre de la plaine Monceau

Graphiquement, la mise en couleurs enrichit l’immersion dramatique sans jamais parasiter la rigueur du trait d’Emmanuel Moynot. Elle oppose magistralement la froideur bleutée et automnale des perspectives du parc Monceau aux tonalités chaudes mais lourdes des intérieurs cossus, salons feutrés aux boiseries sombres et lumières tamisées des hôtels particuliers. Les teintes appliquées fonctionnent comme un révélateur psychologique, renforçant la sensation d’étouffement qui pèse sur les protagonistes et isolant la silhouette imperméable de Burma dans ce décor de cire.

Cette mouture colorisée insuffle une modernité au récit tout en préservant sa noirceur critique d’origine.

Le Soleil naît derrière le Louvre

Album publié en 2017 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 15 mars 1954.

couverture bd Le Soleil naît derrière le Louvre

Paris, été 1957.
Nestor Burma enquête pour le compte d’un client dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés.
Manière pour le détective de nouer quelques connaissances parmi les cercles artistiques et intellectuels qui semblent avoir élu domicile dans ce secteur de Paris : écrivains, critiques, musiciens.
C’est sur les traces de l’un deux, justement, que Burma est lancé : Charlie Mac Gee, batteur de jazz talentueux, et sans doute aux prises, aussi, avec les milieux de la drogue et de la délinquance qui gravitent autour de ce genre d’artiste.
Avec le concours de Marcelle, compagne de circonstance, Burma parvient finalement à loger son client, dans un hôtel de la rive gauche.
Il n’y a qu’un seul ennui : il est mort…

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Soleil naît derrière le Louvre »

Publiée en 2017, la réédition colorisée de l’album Le Soleil naît derrière le Louvre magnifie le travail d’Emmanuel Moynot, qui adaptait ici l’acte de naissance des Nouveaux Mystères de Paris écrit par Léo Malet en 1954. Cette enquête inaugurale propulse le détective Nestor Burma au cœur du 1er arrondissement, de l’opulence des galeries d’art du Louvre à la fange du milieu criminel des Halles, sur la piste du meurtre d’un riche collectionneur.

L’intrigue brille par son habileté à entrelacer la haute société et la pègre parisienne, jetant une lumière crue sur les thèmes de la cupidité, du marché noir de l’art et de la corruption. Le scénario respecte scrupuleusement la verve de Léo Malet. Le personnage de Burma s’y déploie avec toute sa complexité : un détective à l’humour caustique et aux manières cyniques, dissimulant une profonde humanité et une empathie discrète pour les laissés-pour-compte de l’après-guerre.

extrait bd Le Soleil naît derrière le Louvre

C’est sur le plan visuel que cette version de 2017 révèle sa pleine puissance dramatique. La mise en couleurs offre un écrin somptueux à la ligne claire d’Emmanuel Moynot. Elle sublime le découpage et la précision documentaire des décors, les structures métalliques des Halles d’époque ou les perspectives des rues entourant le musée. Les teintes appliquées agissent comme un révélateur d’atmosphère : les contrastes saisissants entre la pâleur froide du petit matin parisien et les lumières chaudes mais sépulcrales des tripots renforcent la tension narrative et l’isolement du détective.

Cette mouture colorisée insuffle une modernité à un classique sans jamais trahir sa noirceur originelle.

La Nuit de Saint-Germain-des-Prés

Album publié en 2017 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman Le Sapin pousse dans les caves ( titre original de La Nuit de Saint-Germain-des-Prés) de Léo Malet publié le 23 aout 1955.

couverture bd La Nuit de Saint-Germain-des-Prés

Paris, été 1957.
Nestor Burma enquête pour le compte d’un client dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés.
Manière pour le détective de nouer quelques connaissances parmi les cercles artistiques et intellectuels qui semblent avoir élu domicile dans ce secteur de Paris : écrivains, critiques, musiciens.
C’est sur les traces de l’un deux, justement, que Burma est lancé : Charlie Mac Gee, batteur de jazz talentueux, et sans doute aux prises, aussi, avec les milieux de la drogue et de la délinquance qui gravitent autour de ce genre d’artiste.
Avec le concours de Marcelle, compagne de circonstance, Burma parvient finalement à loger son client, dans un hôtel de la rive gauche.
Il n’y a qu’un seul ennui : il est mort…

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Nuit de Saint-Germain-des-Prés »

Publiée en 2017 chez Casterman, la version colorisée de La Nuit de Saint-Germain-des-Prés offre une relecture de l’adaptation par Emmanuel Moynot du roman policier de Léo Malet. Chapeautée spirituellement par Jacques Tardi, cette enquête plonge le détective Nestor Burma dans le bouillonnement nocturne et intellectuel du 6e arrondissement de Paris.

L’intrigue dépasse le simple vol de bijoux pour ausculter la faune nocturne de l’après-guerre. Emmanuel Moynot capte avec acuité le cynisme de Burma face au snobisme intellectuel, au trafic de stupéfiants et à la désillusion d’une jeunesse bourgeoise en quête de sensations fortes. Le détective s’y meut avec sa verve habituelle, observateur lucide d’un quartier en pleine effervescence, dissimulant sa propre lassitude derrière une ironie mordante.

extrait bd La Nuit de Saint-Germain-des-Prés

Graphiquement, cette édition de 2017 métamorphose l’expérience de lecture. La mise en couleurs enrichit l’immersion dramatique. Elle oppose magistralement la chaleur dorée et festive des intérieurs de cafés mythiques, comme le Flore, aux tonalités froides et bleutées de la nuit parisienne. Sous les voûtes des caves de jazz, des teintes chaudes et tamisées recréent l’atmosphère enfumée et enivrante de l’époque. La couleur apporte une dimension organique aux décors d’après-guerre des carrosseries de tractions aux affiches murales, renforçant la portée historique du récit.

Cette version colorisée sublime l’adaptation en lui insufflant une atmosphère sensorielle et feutrée. Elle est vivement recommandée aux lecteurs désireux de redécouvrir le Paris des années 1950 sous un éclairage inédit.

M’as-tu vu en cadavre ?

Album publié en 2024 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 3 janvier 1956.

couverture bd M'as-tu vu en cadavre ?

Nestor Burma mène l’enquête dans les coulisses peu reluisantes du show-biz, entre vedettes de music-hall sur le retour, impresario véreux et club d’admiratrices fanatiques…
De privé à joli coeur il n’y a qu’un pas, que Burma franchit allégrement, et tant pis pour les conséquences sur sa mission.


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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « M’as-tu vu en cadavre ? »

Publié pour la première fois en 2000 chez Casterman, l’album M’as-tu vu en cadavre ? marque une nouvelle et brillante incursion de Jacques Tardi dans le Paris de Léo Malet, adaptant ici le sixième volet des Nouveaux Mystères de Paris paru en janvier 1956. Nestor Burma y arpente le bitume du 10e arrondissement, de la gare de l’Est à la rue de Paradis, sur les traces d’un mystérieux commissionnaire et d’une boîte à bijoux disparue.

L’intrigue brille par sa construction théâtrale et sa satire des faux-semblants. Derrière le prétexte du vol, le scénario explore avec cynisme l’univers de la petite bourgeoisie commerçante et du monde du spectacle, révélant la lâcheté des notables face aux marginaux. Le récit brasse ainsi les thèmes de l’apparence, du chantage et de la déchéance morale. Face à cette faune grotesque, Nestor Burma se mue en observateur désabusé, un détective à l’ironie mordante dont la solitude intérieure fait écho aux drames sordides qu’il met au jour sous la grisaille parisienne.

extrait bd M'as-tu vu en cadavre ?

Visuellement, Jacques Tardi livre une partition graphique d’une noirceur somptueuse. Son noir et blanc tranché, sublimé par des aplats de gris d’une infinie tristesse, capture magistralement le crachat et l’humidité de cet automne 1956. La rigueur documentaire du dessinateur s’exprime dans la précision chirurgicale des décors urbains, des bistrots enfumés aux cours d’immeubles industrielles. Les visages des suspects, croqués avec une expressivité presque caricaturale qui rappelle le meilleur de la satire sociale, renforcent la théâtralité tragique de cette comédie humaine.

Cette adaptation ravira les amateurs de polars parisiens et les passionnés du travail de Tardi, maîtres de l’esthétique du roman noir franco-belge.