Auteur/autrice : Sébastien D

A Game of Thrones – Le Trône de fer – Volume 3

Album publié en 2013 aux éditions Dargaud.


Résumé éditeur

Adapté du roman de George R. R. Martin publié le 1 août 1996.

Avec ce 3e tome, George R.R. Martin et Tommy Patterson poursuivent leur adaptation en BD de A Game of Thrones (Le Trône de fer), le plus grand succès de la fantasy depuis ces quinze dernières années, un monde fait de magie et de monstres légendaires.
A Game of Thrones, dont voici le troisième épisode, se déroule sur le continent de Westeros, dans un monde médiéval où la magie et les créatures légendaires auraient disparu.
Trois familles, les Baratheon, les Stark et les Targaryen s’engagent dans une lutte sans merci pour le trône
. Pendant ce temps, dans la province du Nord, des signes annoncent l’arrivée de l’hiver tant redouté.
Pire, il semble que des monstres oubliés ressurgissent…
3e volet de A Game of Thrones, une série de medieval fantasy qui fait la part belle à la magie.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « A Game of Thrones – Le Trône de fer – Volume 3 »

Troisième volume, et le récit change de nature. Daniel Abraham n’a plus à présenter Westeros, il peut resserrer sur ce qui, dans le roman de George R.R. Martin, déclenche tout : une poignée de décisions prises trop vite.

Les festivités données à Port-Réal en l’honneur de la nouvelle Main du roi occupent le devant de la scène, et l’album joue sur le double regard. La fille aînée d’Eddard Stark s’y amuse pendant que son père mesure le nombre de gens qui lui veulent du mal. Ailleurs, Catelyn Stark reconnaît dans une auberge l’homme qu’elle soupçonne d’avoir voulu faire tuer son fils, et le fait saisir sur un coup de sang. Daniel Abraham ne commente pas ce geste, il le laisse produire ses effets, et la route mène jusqu’à Lysa Arryn, dont le portrait est l’un des plus justes de l’album. De l’autre côté du monde, Daenerys Targaryen tient enfin tête à son frère, et le rapport de force entre eux s’inverse en quelques cases.

extrait bd A Game of Thrones - Le Trône de fer - Volume 3

Cette fidélité au texte a un prix : la narration avance lentement, chaque fil réclamant sa part de planches. Les passages d’un lieu à l’autre restent pourtant lisibles, ce qui n’allait pas de soi avec autant d’intrigues parallèles. Tommy Patterson trouve dans le tournoi une occasion de mouvement après deux volumes de conversations.

Il aura suffi d’une auberge et d’un accès de colère de Catelyn Stark pour que la paix du royaume cesse d’être une hypothèse sérieuse. À conseiller aux lecteurs patients, déjà familiers de la saga, qui aiment voir une guerre se préparer petit à petit.


A Game of Thrones – Le Trône de Fer – Volume 2

Album publié en 2013 aux éditions Dargaud.


Résumé éditeur

Adapté du roman de George R. R. Martin publié le 1 août 1996.

couverture bd A game of thrones - le trône de fer - Volume 2

Avec ce 2ème tome, Le Trône de fer, George R. R. Martin poursuit son adaptation en BD de A Game of Thrones, le plus grand succès de la fantasy depuis ces quinze dernières années !
A Game of Thrones se déroule sur le continent de Westeros, dans un monde médiéval où la magie et les créatures légendaires auraient disparu.
Trois familles, les Baratheon, les Stark et les Targaryen s’engagent dans une lutte sans merci pour le trône.
Pendant ce temps, dans la province du Nord, des signes annoncent l’arrivée de l’hiver tant redouté. Pire, il semble que des monstres oubliés ressurgissent…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « A game of thrones : le trône de fer. Volume 2 »

Le premier volume avait la charge d’installer un monde et une trentaine de personnages. Celui-ci peut enfin les faire agir, et le récit y gagne aussitôt. Daniel Abraham poursuit son adaptation du roman de George R. R. Martin avec la même règle, suivre le texte de près, sans réécrire ce qui fonctionne.

Deux mouvements se répondent. Au nord, Jon Snow apprend ce que vaut un bâtard parmi des hommes que la Garde de Nuit est allée chercher dans les prisons du royaume. Au sud, Eddard Stark découvre que gouverner à Port-Réal consiste surtout à choisir à qui mentir. Un échange avec Petyr Baelish le dit sans détour : se méfier de lui est la chose la plus intelligente que le nouveau Main du roi ait faite depuis son arrivée. Daniel Abraham tient ce ton, celui d’une cour où l’ironie remplace la franchise, et il le fait passer par les dialogues. L’adaptation devient alors plus ambitieuse qu’il n’y paraît : le roman raconte des pensées, l’album doit montrer des visages qui mentent.

extrait bd A game of thrones - le trône de fer - Volume 2

Tommy Patterson change de registre en même temps que le récit. Après la neige et les grands espaces du premier volume, il lui faut tenir des scènes d’intérieur, des couloirs, des salles de conseil, où tout se joue sur les regards et les postures. Son trait précis, un peu appliqué, s’y prête, et la couleur maintient une séparation nette entre le Mur et la capitale.

Débarrassé du travail de présentation, ce deuxième volume avance enfin au rythme du roman, et la cour de Port-Réal y gagne une méchanceté très lisible. À conseiller aux lecteurs que le premier volume avait laissés sur leur faim : celui-ci arrête de présenter son monde et commence à le faire fonctionner.


A Game of Thrones – Le Trône de Fer – volume 1

Album publié en 2012 aux éditions Dargaud.


Résumé éditeur

Adapté du roman de George R. R. Martin publié le 1 août 1996.

Avec ce 1er tome, « Le Trône de fer« , George R.R. Martin et Daniel Abraham nous proposent l’adaptation en BD de « A Game of Thrones », le plus grand succès de la fantasy depuis ces quinze dernières années !
Sur le continent de Westeros, dans un monde médiéval où la magie et les créatures légendaires auraient disparu, les familles Baratheon, Stark et Targaryen s’engagent dans une lutte sans merci pour le trône.
Dans la province du Nord, des signes annoncent l’arrivée de l’hiver tant redouté, et, pire, il semble que des monstres légendaires se réveillent…
« Le Trône de fer » est le 1er volet de l’adaptation en bande dessinée de « A Game of Thrones« , un roman et une série télé de medieval fantasy au succès mondial !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « A Game of Thrones – Le Trône de Fer – volume I »

Adapter en bande dessinée le premier volume du cycle de George R.R. Martin relevait du pari : des dizaines de personnages, deux continents, et un roman qui repose presque entièrement sur les pensées de ses narrateurs. Daniel Abraham, romancier de fantasy déjà rompu à l’exercice sur d’autres textes de George R.R. Martin, choisit la fidélité, à peu près une planche pour une page de roman. Tommy Patterson dessine, Ivan Nunes met en couleurs, Anaïs Parouty traduit.
Ce volume d’ouverture prend le temps d’installer. Le prologue au-delà du Mur donne le ton, froid et brutal. Suivent la visite royale à Winterfell, le titre de Main du roi qui tombe sur Eddard Stark comme une condamnation polie, et le mariage de Daenerys Targaryen avec Khal Drogo. Daniel Abraham conserve l’alternance des points de vue du roman, et c’est là que se joue l’intérêt : privé du monologue intérieur, chaque personnage doit exister par ce qu’il montre. Catelyn Stark et Daenerys Targaryen y gagnent une présence physique que le texte diffusait dans ses phrases.

Tommy Patterson ne cherche pas à calquer la série télévisée. Son trait, détaillé, parfois un peu lisse sur les visages, se réveille dans les décors, la neige de Winterfell, la lumière d’Essos, et Ivan Nunes creuse l’écart entre ces deux mondes par la couleur. La préface de George R.R. Martin,, consacrée à son parcours de lecteur de comics, éclaire ce choix : l’album vient du roman, pas de l’écran.

Le temps que tous ces visages deviennent familiers, Eddard Stark a déjà quitté le Nord : ce premier volume mise sur la patience, et il a raison. À conseiller aux lecteurs qui connaissent déjà la saga et veulent la retraverser autrement, et aux amateurs de fantasy adulte prêts à retenir beaucoup de noms d’un coup.


Les 6 Cygnes

Album publié en 2006 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

Adapté du conte de Jacob Grimm, Wilhelm Grimm publié le 20 décembre 1812.

couverture bd Les 6 Cygnes

Il était une fois un roi qui avait sept enfants six garçons et une fille , et qui aimait sa femme d’un amour sincère.
Lorsque la reine vint à mourir, la douleur du roi fut immense.
Un jour, il se perdit dans une sombre forêt et ne dut son salut qu’à la rencontre d’une sorcière.
En contrepartie, celle-ci lui demanda d’épouser sa fille.
Ce qui bouscula tragiquement le destin des jeunes princes.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les 6 Cygnes »

Les 6 Cygnes s’attaque à un conte des frères Grimm moins connu que Blanche-Neige : un roi veuf, perdu en forêt, ne doit son salut qu’à une sorcière, qu’il paie en épousant sa fille. Les six garçons du premier lit sont changés en cygnes, leur sœur devra six ans de silence et de couture pour les rendre au monde des hommes. Johanna Schipper signe seule le récit, le dessin et la couleur.

Les dialogues sont rares, quelques lignes de récit suffisent, les images portent le reste. Le lecteur se retrouve soumis au même régime que l’héroïne : on regarde, on se tait. Le vœu de silence gagne là une épaisseur que beaucoup de versions illustrées laissent filer. Johanna Schipper prénomme d’ailleurs sa princesse Elise, prénom emprunté à Andersen quand Grimm laisse la jeune fille anonyme.

extrait bd Les 6 Cygnes

Le dessin ne cherche pas la pénombre germanique. Le trait est ample, les couleurs franches, le découpage ose des cadrages inattendus pour un livre destiné aux enfants. Les pages de garde, transformées en plateau de jeu, prolongent l’histoire autrement : un livre qu’on manipule autant qu’on le lit.

À conseiller aux lecteurs de huit à onze ans, de préférence accompagnés, et aux adultes curieux de voir ce qu’un conte de tradition orale devient une fois passé à la bande dessinée.


Entre deux mondes

Album publié en 2026 aux éditions Michel Lafon.


Résumé éditeur

Adapté du roman d’Olivier Norek publié le 5 octobre 2017.

couverture bd Entre deux mondes

L’adaptation en roman graphique d’Entre deux mondes, l’un des romans les plus chocs et engagés d’Olivier Norek.
Adam a découvert en France un endroit où l’on peut tuer sans conséquences.

Un thriller puissant et boulversant !


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La BD sortira en octobre 2026.


Ils savaient – Gerstein, le SS qui dénonça la solution finale

Album publié en 2026 aux éditions Marabulles.


couverture bd Ils savaient - Gerstein, le SS qui dénonça la solution finale

Résumé éditeur à venir.
Peut-on être un officier SS et un résistant ? Peut-on dénoncer les crimes nazis et, dans le même temps, obéir à la hiérarchie du IIIᵉ Reich ?
Kurt Gerstein est l’une des figures les plus énigmatiques et tragiques de la Seconde Guerre mondiale. Ingénieur et chrétien convaincu, il décide d’infiltrer les SS après l’assassinat de sa belle-sœur dans le cadre du programme d’euthanasie nazi. Affecté au service d’hygiène de la Waffen-SS, il est chargé d’acheminer le gaz Zyklon B vers les camps d’extermination.
Témoin direct de l’horreur des chambres à gaz à Belzec et Treblinka, Gerstein prend tous les risques pour alerter le monde : il tente de prévenir les Alliés, l’Église catholique et les gouvernements neutres.
Mais face à l’indicible, ses avertissements se heurtent au silence, à l’incredulité et à l’indifférence.


La BD sortira en octobre 2026.

Economix – L’histoire du capitalisme français

Album publié en 2023 aux éditions Les Arènes.


Résumé éditeur

couverture bd Economix - L'histoire du capitalisme français

Personne n’a jamais raconté l’histoire au long cours du capitalisme français.
L’aventure débute pourtant au 12ᵉ siècle, en Champagne, lorsque les seigneurs locaux organisent de grandes foires au croisement des routes reliant les Flandres à l’Italie.
Ces places commerciales feront de la France la première puissance économique d’Europe, et du français la langue des affaires.

De Jacques Cœur aux frères Pereire, de la Dame Margaux à Louis Vuitton, de Léon Gaumont aux Michelin, le capitalisme français invente, conquiert, mais nourrit aussi les inégalités et les luttes ouvrières.

Dix siècles d’histoire économique pour éclairer les grands débats d’aujourd’hui sur les inégalités, la finance, le protectionnisme, la mondialisation ou encore le rôle de l’État.


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La BD sortira en octobre 2026.

Code 612. Qui a tué le Petit Prince ?

Album publié en 2026 aux éditions Presses De La Cite.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Michel Bussi publié le 14 octobre 2021.

Pour les 80 ans du Petit Prince, le roman culte de Michel Bussi renaît dans une somptueuse édition illustrée par Éric Puybaret. C’est le livre le plus traduit au monde, après la Bible.

Son héros est l’incarnation universelle de l’enfance, petit garçon blond, mordu mortellement par un serpent…
Mais la vérité est-elle aussi simple ?
S’est-on vraiment déjà posé la question :  » Qui a tué le Petit Prince ?  »
Saint-Exupéry n’aurait-il pas dissimulé l’identité de l’assassin dans son roman, lui dont la mort, quelques mois après la parution de son livre, reste tout aussi mystérieuse ?

Code 612. Qui a tué le Petit Prince ? passe en revue hypothèses, coupables et mobiles, pour révéler la vérité stupéfiante sur le secret de Saint-Exupéry, et de son double de papier.
Si vous décidez de la croire…

Une enquête haletante et poétique qui se déploie comme un jeu de piste doublé d’un hommage.

Michel Bussi, magicien du suspense, aime surprendre en nous manipulant. Enseignant-chercheur en géographie, il a exploré les cartes du monde avant de dessiner celles des âmes humaines.
Ses personnages ? Des invisibles, des héroïnes courageuses, en quête d’identité et de réparation. À leurs côtés, les lieux prennent vie pour devenir eux aussi des personnages à part entière. Il est l’un des auteurs préférés des Français depuis Nymphéas noirs (Les Presses de la Cité, 2011). Récompensé par de nombreux prix littéraires, il est traduit dans le monde entier.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Code 612. Qui a tué le Petit Prince ? »

Disponible en novembre 2026.


Sueur aux tripes

Album publié en 2006 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet (le dernier volet de sa célèbre Trilogie noire) publié le 15 mars 1950.

couverture bd Sueur aux tripes

Elle était seulement de dos et d’abord je l’ai haïe.
Même de dos, elle me semblait interdite. Des femmes comme celles-là, c’est pas pour ceux qui manquent de courage.
J’étais envahi par une sorte de rage.
Pourquoi je ne pourrais pas avoir une telle fille ?

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Sueur aux tripes »

L’album Sueur aux tripes, qui constitue le troisième et dernier tome de l’adaptation graphique de La Trilogie noire de Léo Malet est orchestré par Philippe Bonifay au scénario et Youssef Daoudi au dessin. Cet opus transpose la noirceur du roman originel de 1969 dans un récit haletant qui clôt définitivement ce cycle de la désillusion.

L’intrigue se resserre ici sur un affrontement brut et une mécanique criminelle inexorable. L’écriture de Philippe Bonifay excelle à retranscrire la paranoïa et l’instinct de survie animal du protagoniste central, traqué et poussé dans ses derniers retranchements.

Visuellement, Youssef Daoudi livre une partition d’une redoutable intensité. Son trait nerveux, presque écorché, traduit à la perfection la tension et l’urgence du récit. L’encrage profond et l’utilisation dramatique des aplats noirs écrasent les figures, renforçant la sensation de huis clos psychologique, même lors des scènes d’extérieur. La colorisation, volontairement austère et poisseuse, agit comme un filtre émotionnel qui souligne l’asphyxie du récit. Le découpage très cinématographique rythme vertigineusement cette chute.

Sueur aux tripes parachève avec brio l’une des meilleures transpositions du roman noir français en bande dessinée. Ce thriller sombre, dense et sans concession, est une lecture de choix, un incontournable pour les amateurs de polar.


Le soleil n’est pas pour nous

Album publié en 2006 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet (le second volet de sa célèbre Trilogie noire) publié le 14 septembre 1949.

couverture bd Le soleil n'est pas pour nous

Paris, la Petite Roquette… Dédé sort de taule. Ce n’est encore qu’un gamin, mais il n’espère déjà plus rien de la vie.
Et puis, un soir, il la voit descendre un escalier. Elle, c’est Gina !
Ils se reconnaissent et s’enlacent pour toujours.
Ils savent pourtant ce que Dédé résume tristement :  » quand t’as couché dehors, le ventre vide, le soleil luit pas du même éclat que pour les autres… « 

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le soleil n’est pas pour nous »

Dans la continuité du premier volume, Le soleil n’est pas pour nous, deuxième tome de l’adaptation en bande dessinée de La Trilogie noire de Léo Malet, confirme le brio du duo Philippe Bonifay (scénario) et Youssef Daoudi (dessin). Ce volet poursuit l’exploration âpre de la pègre et des marges de la société française, transposant ce chef-d’œuvre de la littérature avec une redoutable efficacité.

Ce second opus délaisse la genèse de la révolte pour plonger le lecteur au cœur d’une clandestinité morbide. Le récit dissèque la cavale de Jean Fraiger, désormais englué dans une spirale de violence irrémédiable. Le thème central glisse vers la fatalité et la paranoïa. L’écriture de Philippe Bonifay excelle à retranscrire l’étouffement psychologique : Jean Fraiger, acculé de toutes parts, perd ses ultimes illusions face à un destin implacable. L’intrigue met en lumière la mécanique broyeuse d’un système social fracturé qui ne laisse aucune échappatoire ni aucune rédemption à ses marginaux.

Le trait de Youssef Daoudi gagne ici en intensité et en lourdeur dramatique. Son encrage hachuré, presque viscéral, épouse la tension nerveuse omniprésente des fugitifs. L’utilisation des aplats noirs et des cadrages oppressants, souvent très serrés sur des visages rongés par l’angoisse, renforce ce sentiment de huis clos urbain. La colorisation terne, étouffant volontairement les sources de lumière, prive visuellement l’environnement de tout éclat, donnant ainsi tout son sens, tragique et littéral, au titre de l’œuvre.

Le soleil n’est pas pour nous est une démonstration de narration noire. Viscérale et sans concession, cette suite graphique dépasse la simple illustration littéraire.