Auteur/autrice : Sébastien D

Camus – Entre justice et mère

Album publié en 2020 aux éditions Soleil.


Résumé éditeur

Albert Camus en BD (7 novembre 1913 / 4 janvier 1960).

Ce roman graphique de plus de 100 pages retrace la vie d’Albert Camus qui demeure, plus de 50 ans après sa mort, l’un des écrivains français les plus populaires et les plus étudiés.
De sa naissance en Algérie, de son enfance dans un quartier populaire d’Alger, de sa carrière d’écrivain et ses multiples engagements littéraires et politiques, notamment en faveur des indépendantistes algériens et des anti franquistes, jusqu’à l’obtention du prix Nobel en 1957 et son décès en 1960 sur une route de l’Yonne, cette magnifique biographie permet de découvrir la face humaine de Camus, ses fragilités, ses doutes à travers le regard de sa mère.
Un roman graphique de référence écrit par un camusien renommé, José Lenzini, auteur des Derniers jours de la vie d’Albert Camus (Actes Sud) et de Camus et l’Algérie (Edisud), mis en image par Laurent Gnoni (Bye-bye Love avec Serge Le Tendre).

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Camus – Entre justice et mère »

Avec Camus – Entre justice et mère, José Lenzini (scénario) et Laurent Gnoni (dessin) livrent une exploration intime et bouleversante des déchirements d’Albert Camus. Centré sur le contexte brûlant de la guerre d’Algérie et la réception de son prix Nobel en 1957, l’ouvrage contextualise sa célèbre et tragique déclaration plaçant l’amour filial au-dessus d’une justice meurtrière.

Le scénario de José Lenzini, biographe averti de l’écrivain, s’écarte de la fresque purement politique pour sonder la solitude de l’intellectuel humaniste. Le récit dissèque le dilemme d’un homme pris en tenaille : d’un côté, son attachement viscéral à sa terre natale et à sa mère bien-aimée et silencieuse et de l’autre, la pression étouffante des cercles intellectuels parisiens exigeant un positionnement radical. L’album dépeint un Camus vulnérable, rongé par le doute.

Le travail de Laurent Gnoni soutient cette introspection. L’alternance des palettes chromatiques structure l’émotion du récit : les teintes solaires et chaudes capturent la lumière écrasante et nostalgique d’Alger, s’opposant frontalement à la froideur bleutée et oppressante des salons littéraires parisiens. Le trait, à la fois réaliste et pudique, s’attarde sur les silences et la mélancolie des regards. Les paysages méditerranéens y dépassent le statut de simple décor pour incarner visuellement la matrice de l’identité fracturée de l’auteur.

Cette bande dessinée offre une réflexion poignante sur la complexité de l’engagement moral face à l’histoire. C’est une œuvre nuancée et essentielle, chaudement recommandée aux passionnés d’histoire littéraire et inconditionnels d’Albert Camus.


Les 8 œuvres d'Albert Camus en BD

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L'Hôte
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Les nuits de Saturne

Album publié en 2015 aux Editions Sarbacane.


Adapté librement du roman Carnage, constellation de Marcus Malte publié le 5 février 1998.

couverture bd Les nuits de Saturne

Au départ, il y a deux êtres que tout oppose, qui n’auraient jamais dû se rencontrer et encore moins s’aimer.
D’un côté, Césaria, jeune homme paumé perché sur de hauts talons, qui se transforme peu à peu en femme et qui se prostitue. De l’autre, Milan Klovisevitch, dit Clovis, roi déchu et ancien braqueur, tout juste sorti de prison.
Dix ans de taule et la vengeance à venir pour seule nourriture. Mais avant la vengeance, il y aura la rencontre, et une passion qui ne s’explique pas.
Un polar exceptionnel d’une grande sensibilité, loin des canons habituels.
Par Pierre-Henry Gomont, PRIX SNCF DU POLAR 2015 catégorie Bande dessinée Adapté d’un roman de Marcus Malte, prix Fémina 2016 pour Le Garçon.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les nuits de Saturne »

Un homme sort de prison avec une seule idée en tête, se venger. C’est le point de départ classique que Pierre-Henry Gomont, seul au scénario, au dessin et à la couleur, détourne peu à peu vers autre chose. Adaptant librement le roman Carnage, constellation de Marcus Malte, il suit Milan Klovisevitch, dit Clovis, ancien braqueur mêlé jadis à la mouvance terroriste, qui a purgé dix ans pour une exfiltration ratée. À peine dehors, il croise Césaria, jeune femme trans qui se prostitue, lumineuse et entière. De cette rencontre que rien ne destinait à advenir naît une passion.

Tout l’art de Pierre-Henry Gomont est de laisser la vengeance en toile de fond et de placer au centre cet amour improbable. Le récit avance par allers et retours entre passé et présent, révélant par bribes ce qui a mené Clovis en cellule, tandis que le présent l’attache à Césaria malgré lui. Le vrai sujet n’est pas le règlement de comptes annoncé mais ce qui pourrait le désarmer : la tendresse, le désir, la possibilité d’une autre vie. Cette tension entre la haine qui appelle et l’amour qui retient tend le livre jusqu’à sa dernière page.

extrait bd Les nuits de Saturne

Le dessin fait le reste. Pierre-Henry Gomont travaille au lavis, dans une gamme de bleus nocturnes et de gris crépusculaires, la plupart des scènes se déroulant la nuit. Son trait souple, un peu flottant, rend la sensualité sans jamais l’exhiber. Les étreintes se suggèrent plus qu’elles ne se montrent, avec pudeur.

En laissant la vengeance en toile de fond pour filmer un amour improbable, Pierre-Henry Gomont fait de ce polar une histoire de passion bien plus que de règlement de comptes.

L’Épouvanteur – Tome 2 – La malédiction de l’Épouvanteur

Album publié en 2025 aux Editions Bande d’ados.


Adapté du roman The Spook’s Apprentice de Joseph Delaney publié en juillet 2004.

L’Épouvanteur et son apprenti, Thomas Ward, se sont rendus à Priestown pour y achever un travail. Dans les profondeurs des catacombes de la cathédrale est tapie une créature que l’Épouvanteur n’a jamais réussi à vaincre. On l’appelle le Fléau. Tandis que Thomas et M. Gregory se préparent à mener la bataille de leur vie, il devient évident que le Fléau n’est pas leur seul ennemi… 

Une quête initiatique portée par un traitement graphique envoûtant.

C’est l’histoire de Tom, un jeune garçon de 13 ans qui quitte l’univers familier rassurant pour explorer le monde et combattre les forces du mal. Cette atmosphère inquiétante est rendue par une écriture fluide, efficace et le traitement graphique ensorcelant de Benjamin Bachelier

L’adaptation en bande dessinée de la série phénomène.

Saga intergénérationelle qui a su captiver plus de 2 millions de lecteurs, l’adaptation en bande dessinée de l’Épouvanteur continue avec ce deuxième tome toujours plus ténébreux…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Épouvanteur – Tome 2 – La malédiction de l’Épouvanteur »

Après l’apprentissage vient l’épreuve du feu. Ce deuxième tome de la série L’Épouvanteur quitte les leçons prudentes du premier pour lancer ses héros dans un affrontement d’une tout autre ampleur. Adapté du roman de Joseph Delaney par Gwénaëlle Boulet au scénario et Benjamin Bachelier au dessin, il conduit l’épouvanteur Maître Gregory et son jeune apprenti Thomas Ward jusqu’à Priestown, où sommeille dans les catacombes d’une cathédrale une créature que le vieux maître n’est jamais parvenu à terrasser : le Fléau.

Le récit gagne en tension ce qu’il perd en découvertes. Là où le premier volet initiait Thomas aux règles du métier, celui-ci le jette dans une bataille où l’expérience de Gregory lui-même trouve ses limites. Gwénaëlle Boulet resserre l’intrigue autour de cette menace ancienne, et laisse entrevoir que le monstre des profondeurs n’est pas le seul danger : d’autres ennemis, humains ceux-là, rôdent autour des deux chasseurs. Le duo du maître bourru et de l’apprenti encore vert reste le cœur du livre, et leur lien se renforce à mesure que le péril grandit.

Le dessin de Benjamin Bachelier prolonge l’atmosphère ténébreuse du premier tome. Son trait texturé et ses noirs épais transforment les catacombes en un dédale oppressant, où la lumière peine à percer. Cette matière graphique, presque charbonneuse, donne au danger une présence physique et sert l’angoisse du huis clos souterrain.

À conseiller aux adolescents dès treize ans amateurs de fantastique sombre, et aux lecteurs du premier tome désireux de suivre Thomas Ward dans une épreuve plus périlleuse. Mieux vaut avoir lu le volet précédent pour goûter pleinement cette montée en puissance.


L’Épouvanteur – Tome 1 – L’apprenti épouvanteur

Album publié en 2023 aux Editions Bande d’ados.


Adapté du roman The Spook’s Apprentice de Joseph Delaney publié en juillet 2004.

couverture bd L'Épouvanteur - Tome 1 - L'apprenti épouvanteur

Thomas Ward, le septième fils d’un septième fils, devient l’apprenti de l’Épouvanteur du comté.
Il doit apprendre à tenir les spectres à distance, à entraver les gobelins, à empêcher les sorcières de nuire…
Mais lorsqu’il libère involontairement Mère Malkin, la sorcière la plus maléfique qui soit, l’horreur commence…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Épouvanteur – Tome 1 – L’apprenti épouvanteur »

Il existe des héros dont le pouvoir est un fardeau plus qu’un cadeau. Thomas Ward, septième fils d’un septième fils, est de ceux-là : il voit et entend ce que les autres ignorent, ce qui le destine à un métier que tout le monde redoute et méprise. Cette bande dessinée, adaptée par Pierre Oertel au scénario et Benjamin Bachelier au dessin d’après le premier roman de la saga de Joseph Delaney, suit son entrée en apprentissage auprès de Maître Gregory, l’épouvanteur du Comté, chargé de tenir en respect sorcières, gobelins et spectres.

Loin du sorcier flamboyant, Pierre Oertel dépeint un métier ingrat, fait de nuits solitaires dans des maisons sinistres, de règles strictes et d’un maître peu porté sur la tendresse. Cette âpreté fait le prix de l’histoire : Thomas apprend dans la peur et le doute, tiraillé entre son devoir et les élans de l’adolescence, notamment sa rencontre avec la trouble Alice. Quand sa solitude le pousse à la faute et qu’il libère une vieille sorcière tenue captive, le conte d’apprentissage vire à l’épouvante.

extrait bd L'Épouvanteur - Tome 1 - L'apprenti épouvanteur

Le dessin de Benjamin Bachelier fait beaucoup pour l’atmosphère. Son trait texturé, proche de la craie grasse et du fusain, charge les planches d’une matière sombre et grumeleuse qui convient aux landes brumeuses et aux créatures tapies dans l’ombre. Cette patine un peu rugueuse éloigne le récit de la fantasy trop lisse.

Sous le trait au fusain de Benjamin Bachelier, les landes brumeuses et les créatures tapies plongent le lecteur dans un fantastique qui a le goût de la peur.


Le silence de Winton – L’incroyable destin de l’homme qui sauva en secret 669 enfants

Album publié en 2026 aux Editions Petit à petit.


couverture bd Le silence de Winton - L'incroyable destin de l'homme qui sauva en secret 669 enfants

Prague, 1938.
Les Accords de Munich jettent des dizaines de milliers de personnes sur les routes de l’exil. La peur de la guerre s’installe, et avec elle, un sentiment d’impuissance.
C’est dans ce contexte que Sir Nicholas Winton et ses collaborateurs vont organiser le sauvetage de 669 enfants tchécoslovaques et des Sudètes, les arrachant ainsi aux griffes du conflit mondial.
Adaptée des mémoires de Winton, la bande dessinée croise son récit avec celui de Doreen Warriner révélant ainsi que derrière chaque grand homme se cache une femme, tout aussi déterminante mais bien moins célébrée.
Au cœur du récit : une ode à la bonté active, et la démonstration qu’il ne faut pas une vie extraordinaire pour être héroïque. Des noms comme Doreen Warriner, Trevor Chadwick, Beatrice Wellington ou Marie Schmolka ne disent rien à personne aujourd’hui et pourtant, ils le devraient. Car il n’y avait vraiment pas que Winton.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le silence de Winton – L’incroyable destin de l’homme qui sauva en secret 669 enfants »

La BD sortira en septembre 2026.

extrait bd Le silence de Winton - L'incroyable destin de l'homme qui sauva en secret 669 enfants

Les 3 Royaumes

Album publié en 2025 aux Editions Paquet.


Adapté du livre (Sānguózhì yǎnyì) de Luo Guanzhong publiée probablement pour la première fois en 1522.

couverture bd Les 3 Royaumes

En 190 la Chine a pour empereur un enfant dont l’empire est divisé en 3 royaumes.
Dong Zhuo est le chef des armées et profite du jeune âge de l’empereur pour se déclarer chef du pays.
Cao Cao, premier ministre d’un des royaume, tente d’assassiner Dong Zhuo mais échoue et s’enfuit vers sa ville natale de Chenliu.
Après son échec, Cao envoie des décrets impériaux secrets, à divers seigneurs de guerre régionaux et autres responsables locaux.
Dans ces décrets, il leur ordonne, au nom de l’empereur, de se soulever contre Dong Zhuo et de le chasser du pouvoir et forment ainsi la Coalition Anti-Dong Zhuo.
Une terrible bataille pour sauver l’empire va avoir lieu….


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les 3 Royaumes »

Avec Les 3 Royaumes, Chaiko relève le défi colossal d’adapter au format franco-belge l’illustre roman historique chinois rédigé par Luo Guanzhong au XIVe siècle. L’intrigue s’ouvre en l’an 190, au crépuscule de la dynastie Han : l’Empire sombre dans le chaos sous l’emprise du tyrannique chef des armées Dong Zhuo, poussant de nouveaux seigneurs de la guerre à se lever.

Loin d’un simple récit d’action, cette œuvre brille par sa fine lecture politique. L’auteur parvient à condenser la complexité vertigineuse de l’épopée originelle. Chaiko tisse avec subtilité les alliances et les trahisons qui forgent des figures légendaires, à l’image du redoutable et ambigu Cao Cao. Les protagonistes sont dépeints avec une véritable épaisseur, tiraillés en permanence entre leur ambition dévorante, leur sens du devoir et la nécessité de survivre.

À la croisée de l’esthétique picturale traditionnelle asiatique et du dynamisme moderne, le dessin offre une reconstitution historique et architecturale minutieuse de la Chine antique. Le découpage rythme habilement les joutes verbales autant que les manœuvres militaires. De plus, la palette chromatique, riche et nuancée, souligne à merveille la dramaturgie feutrée des palais impériaux et la rudesse des vastes plaines.

Cette réinterprétation modernise un monument littéraire tout en respectant scrupuleusement son souffle épique originel. C’est une lecture incontournable, hautement recommandée pour les passionnés de fresques historiques et d’histoire chinoise.

Les Rats de Montsouris

Album publié en 2020 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 23 aout 1955.

couverture bd Les Rats de Montsouris

Paris, été 1955.
Burma est engagé simultanément par deux clients résidant dans le 14e arrondissement.
L’un, Ferrand, un ancien compagnon de captivité pendant la guerre, demande l’aide du détective pour une histoire de cambriolages en série.
L’autre, un riche bourgeois du nom de Gaudebert, veut découvrir qui s’amuse à le faire chanter. À première vue, rien de commun à ces deux affaires.
Pourtant, il n’y a pas de hasard et Dynamite Burma va vite découvrir qu’elles sont en fait liées toutes les deux à la tristement célèbre bande des Rats de Montsouris, un gang de cambrioleurs spécialisés dans les caves parisiennes.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Rats de Montsouris »

Treizième volume de la série tirée de l’œuvre de Léo Malet, Les Rats de Montsouris marque un renouvellement d’équipe : François Ravard reprend le crayon, sur une adaptation d’Emmanuel Moynot et dans le prolongement de l’univers graphique fondé par Jacques Tardi, la couleur revenant à Philippe De La Fuente.

L’intrigue se déploie dans le Paris de l’été 1955, au cœur du quatorzième arrondissement. Nestor Burma y est engagé simultanément par deux clients du quartier : Ferrand, ancien compagnon de captivité au Stalag, l’entraîne dans une obscure affaire de cambriolages, tandis que le bourgeois Gaudebert cherche à démasquer un maître chanteur. Deux enquêtes sans lien apparent, que Nestor Burma finit par relier au gang des Rats de Montsouris, cambrioleurs des caves parisiennes.
Emmanuel Moynot restitue la mécanique retorse de Léo Malet, ses fausses pistes et ses ellipses, et surtout la langue du privé : l’argot des faubourgs, la gouaille façon Audiard, qui donne chair aux malfrats comme aux petites gens. La ruse initiale, où Nestor Burma doit se grimer en clochard, dit d’emblée le goût du roman pour le déguisement et le faux-semblant.

extrait bd Les Rats de Montsouris

Au dessin, François Ravard épouse l’héritage de Jacques Tardi avec une précision remarquable, sans raideur, restituant les rues, les troquets et les caves d’un quartier arpenté sous toutes ses faces. La mise en couleurs de Philippe De La Fuente, particulièrement soignée dans le dernier tiers, ancre cette flânerie policière dans une atmosphère rétro cohérente.

L’ensemble est une BD / polar classique et savoureux, servi par un dessinateur prometteur. On le recommandera aux lecteurs de Léo Malet et aux amoureux du Paris des années 1950.


Corrida aux Champs-Élysées

Album publié en 2019 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 23 février 1956.

couverture bd Corrida aux Champs-Élysées

Années 50, Burma sort à peine d’une mission bien agréable, puisqu’il servait de garde du corps à une starlette de cinéma dont, bien sûr, il est tombé amoureux.
Désœuvré, il prolonge son séjour dans l’hôtel des Champs-Élysées où résidait sa cliente et traîne à quelques avant-premières, invité par son pote Covet, journaliste au Crépuscule.
Aussi, lorsqu’une actrice sur le retour est trouvée morte d’une overdose, est-il aux premières loges pour mettre son nez dans les affaires louches du show-business.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Corrida aux Champs-Élysées »

Publié chez Casterman, l’album Corrida aux Champs-Élysées marque une étape savoureuse dans les reprises des enquêtes de Nestor Burma. Fidèle à l’héritage graphique de Jacques Tardi, c’est cette fois le dessinateur Nicolas Barral qui adapte avec brio le douzième volet des Nouveaux Mystères de Paris écrit par Léo Malet en 1956.
Nestor Burma délaisse ici ses quartiers populaires pour le chic caniculaire du 8e arrondissement, plongeant dans les coulisses du septième art après l’overdose suspecte d’une actrice. L’intrigue brille par sa déconstruction féroce du star-system des années 1950. La narration, faussement nonchalante au début, décortique habilement les thèmes des faux-semblants, des addictions et de l’ambition destructrice des producteurs et starlettes.
Nestor Burma s’y déploie avec une belle profondeur psychologique : amoureux transi d’une jeune comédienne dont il assurait la protection, il cache sous son ironie mordante une vulnérabilité touchante et un dégoût viscéral pour la corruption des puissants.

extrait bd Corrida aux Champs-Élysées

Graphiquement, Nicolas Barral livre une prestation remarquable en s’appropriant parfaitement les codes de la série. Les décors des Champs-Élysées, des cinémas d’époque aux grands hôtels, bénéficient d’une précision historique remarquable. Surtout, les visages se font plus expressifs. La mise en couleurs joue un rôle fort, opposant la lumière écrasante et étouffante d’un été parisien aux teintes feutrées des bureaux de production et des boîtes de nuit.

Cette adaptation de Nicolas Barral redynamise le mythe Nestor Burma avec un sens du rythme impeccable. Recommandé aux amoureux d’un Paris rétro et fan de Nestor Burma.


L’homme au sang bleu

Album publié en 2017 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié en 1945.

couverture bd L'homme au sang bleu

Quand un aristo de province lui propose une simple surveillance, Burma n’hésite pas et saute dans le premier train.
Faut dire que monsieur le comte réside à Cannes et qu’en cette fin d’été 1946, voilà une mission qui fleure bon le farniente…
Une enquête du détective de choc sur la côte d’Azur.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’homme au sang bleu »

Onzième volume de la série tirée de l’œuvre de Léo Malet, L’Homme au sang bleu adapte le troisième roman de Nestor Burma, écrit en 1945. Emmanuel Moynot en assure l’adaptation et le dessin, prolongeant l’univers graphique fondé par Jacques Tardi, tandis que Chantal Quillec signe les couleurs. L’album a ceci de singulier qu’il arrache le détective à son Paris habituel.

Nous sommes à la fin de l’été 1946. Lassé d’une capitale trop paisible, Nestor Burma accepte une simple mission de surveillance pour le compte d’un aristocrate de province et file vers Cannes. À peine descendu du train, il assiste à une fusillade, avant d’apprendre que son client s’est donné la mort. Le frère du défunt le charge alors d’élucider ce suicide suspect.
Emmanuel Moynot déploie une intrigue foisonnante où se croisent drogue, fausse monnaie, music-halls et trahisons, fidèle à la mécanique retorse de Léo Malet. Le dépaysement fait tout le sel de l’album : transplanté sous le soleil, Nestor Burma conserve sa gouaille et son flair, mais se heurte à une faune méridionale, tel ce commissaire nonchalant à l’accent chantant, qui évoque irrésistiblement l’univers de Pagnol.

extrait bd L'homme au sang bleu

Côté dessin, Emmanuel Moynot personnalise l’héritage de Jacques Tardi. Son trait légèrement cabossé gagne en expressivité et met en valeur les décors ensoleillés de la Côte d’Azur, tranchant avec la grisaille parisienne des épisodes précédents. La couleur de Chantal Quillec accompagne ce changement d’atmosphère, plus lumineuse sans rien perdre de la tension.

Cette BD est un polar rétro dépaysant et solidement mené. On le recommandera aux amateurs de romans noirs, aux lecteurs de Léo Malet et à ceux que séduit le Midi des années 1940.


Nestor Burma contre C.Q.F.D.

Album publié en 2016 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié en 1945.

couverture bd Nestor Burma contre C.Q.F.D.

1942. Nestor Burma vient à peine de rouvrir l’agence Fiat Lux qu’il tombe sur une affaire « en or » : retrouver trois lingots disparus lors de l’attaque d’un train postal avant guerre.
Quelques mois après 120 rue de la gare, la deuxième enquête du détective de choc dans le Paris occupé.




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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Nestor Burma contre C.Q.F.D. »

Dixième volume de la série consacrée au privé de Léo Malet, Nestor Burma contre C.Q.F.D. adapte la deuxième enquête du détective, écrite au sortir de la guerre. Emmanuel Moynot en signe l’adaptation, le découpage et le dessin, dans le sillage graphique tracé par Jacques Tardi, tandis que Chantal Quillec assure la couleur.

Fidèle au roman, le récit plonge dans le Paris occupé de mars 1942. À peine rentré du stalag et l’agence Fiat Lux rouverte, Nestor Burma croise dans un abri antiaérien une rousse énigmatique qui le sème aussitôt. Le voici bientôt suspecté du meurtre d’un comédien retrouvé avec une carte de son agence en poche, contraint d’enquêter pour se disculper, sur fond de lingots d’or dérobés lors de l’attaque d’un train postal.
Emmanuel Moynot restitue avec justesse le caractère du personnage : la gouaille de Nestor Burma, son verbe fleuri façon Audiard, son goût des femmes fatales et sa débrouille dans une capitale grise de restrictions et de couvre-feux. Les faux-semblants s’enchaînent, servis par des dialogues savoureux qui font tout le sel de l’univers de Léo Malet.

Côté dessin, Emmanuel Moynot s’approprie l’héritage de Jacques Tardi plutôt que de l’imiter, avec un trait plus personnel, volontiers appuyé sur les silhouettes. La grande réussite tient à la couleur de Chantal Quillec : sa palette terne, presque glauque, restitue l’atmosphère poisseuse du Paris de l’Occupation et ancre l’intrigue dans son époque.

L’ensemble est un polar rétro efficace et atmosphérique. On le recommandera aux amateurs de romans noirs, aux lecteurs de Léo Malet et aux nostalgiques du Paris des années 1940.