Je mourrai pas gibier
Album publié en 2009 aux éditions Delcourt.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Guillaume Guéraud publié le 17 janvier 2006.

Mortagne, c’est mille deux cent dix-neuf habitants.
Mortagne, c’est du bois et de la vigne, les deux seules ressources qui alimentent les deux seules entreprises de la commune : Le Château Clément et la Scierie Listrac.
Travailler pour Monsieur Clément revient à haïr ceux qui travaillent pour Monsieur Listrac, et inversement.
La haine fouette les murs de Mortagne et c’est comme ça depuis toujours. Martial a préféré fuir ces querelles de clochers. Jusqu’à son geste sans retour…
La bd « Je mourrai pas gibier » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Je mourrai pas gibier »
Adaptation percutante du roman éponyme de Guillaume Guéraud paru en 2006, la bande dessinée Je mourrai pas gibier, scénarisée et dessinée par Alfred en 2009, s’impose comme une œuvre d’une noirceur absolue. Situé dans une atmosphère rurale étouffante, le récit adopte le point de vue du jeune Martial et retrace le mécanisme implacable qui va conduire ce dernier à commettre un massacre familial le jour du mariage de son frère.
La BD dissèque avec une froideur clinique la violence systémique d’un milieu social sclérosé par les non-dits, l’alcoolisme et la brutalité masculine ordinaire. Le thème de l’aliénation et du déterminisme social y est central : Martial n’est pas présenté comme un monstre de foire, mais comme le produit tragique d’un environnement toxique. Sa trajectoire psychologique, marquée par un refus viscéral de devenir une victime « un gibier » face aux prédateurs qui l’entourent, suscite un inconfort profond chez le lecteur, oscillant constamment entre la terreur et une terrible forme d’empathie.

Le dessin d’Alfred est indispensable à cette tension. Rompant avec son style habituel, l’auteur utilise une bichromie expressive dominée par des teintes de noir, de blanc et un vert ocre lourd, évoquant la pourriture et la chaleur moite des vignobles girondins. Le trait est âpre, nerveux, presque anguleux, traduisant graphiquement la suffocation des personnages. Le découpage, heurté et haletant, accentue l’inéluctabilité du drame à venir.
Je mourrai pas gibier est un coup de poing graphique et littéraire majeur. Par sa rudesse thématique et sa puissance visuelle, cette tragédie moderne est à recommander à un public averti, amateur de romans noirs.















