Friedrich Nietzsche en BD (15 octobre 1844 / 25 aout 1900).
Après avoir donné un grand coup de pied dans le dogmatisme intellectuel français, le philosophe Michel Onfray offre un nouvel outil à tous les esprits curieux et désireux de s’initier à la libre pensée, avec cette biographie bédessinée de Friedrich Nietzsche, l’un de ses maîtres à penser. Au fil de ces 120 planches, superbement illustrées du trait sensible de Maximilien Leroy, le lecteur découvre la vie d’un homme absorbé par sa recherche d’un absolu, tourné vers l’homme et sa quête de bonheur. La vie d’un penseur prêt à payer le prix de sa pensée révolutionnaire et sans concessions.
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Au début du XXe siècle, dès son plus jeune âge, Antoine de Saint-Exupéry est fasciné par les avions, à une époque où ils viennent à peine d’être inventés. Adulte, il devient alors pilote et se fait embaucher pour distribuer le courrier en Afrique et en Amérique Latine. Malgré la dangerosité du métier, il poursuit son rêve de parcourir le ciel. L’aviateur a cependant un autre talent, l’écriture, qu’il développe en parallèle, publiant ainsi plusieurs romans à succès. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est affecté dans l’armée de l’air puis rejoint les États-Unis, invité par un éditeur. C’est ce dernier qui lui proposera de se lancer dans l’écriture du mythique Petit Prince.
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Dans la collection Les Grands Noms de l’Histoire en manga, le récit consacré à Antoine de Saint-Exupéry marie les deux passions qui ont scandé la vie de l’écrivain-aviateur : voler et écrire. Osamu Hiramatsu au dessin et Tetsuya Kurosawa au scénario suivent Antoine de Saint-Exupéry de l’enfant fasciné par les premiers avions au pilote de l’Aéropostale, jusqu’à l’écrivain reconnu.
Tetsuya Kurosawa ne gomme pas les zones d’ombre : les dettes, les échecs et les doutes affleurent, ce qui évite le portrait tout lisse. Cette honnêteté donne du relief au personnage et rend crédible sa ténacité. Avec une petite quarantaine de pages de plus que la moyenne de la collection, le récit prend le temps d’installer chaque étape, des lignes de courrier en Afrique aux vols au-dessus de l’Amérique du Sud, sans que les transitions paraissent bâclées.
Le trait d’Osamu Hiramatsu reste simple, mais il est clair et expressif. Les visages un peu juvéniles rapprochent le héros du jeune lecteur, tandis que les scènes de vol laissent passer le vertige et le goût du risque. Rien de tape-à-l’œil : le dessin sert le récit, pas l’inverse.
L’intérêt de l’ouvrage tient aussi à son cahier final, nourri par les travaux d’Ichiro Suzuki, spécialiste de la littérature française : photographies d’époque, portraits d’autres pionniers du ciel, carte des voyages, repères chronologiques. La traduction de Tomoko Seigneurgens accompagne l’ensemble avec soin. Un manga biographique honnête et vivant, qui parlera aux lecteurs dès huit ou neuf ans curieux de l’homme derrière Le Petit Prince, comme aux parents désireux de le leur faire aimer.
Robert Louis Stevenson en BD (13 novembre 1850 / 3 décembre 1894).
Romancier bien sûr, essayiste unanimement reconnu, grand voyageur, enfant puis adulte à la santé très fragile et l’imagination débordante, Robert Louis Stevenson est un des plus grands, sinon le plus grand écrivain de la fin du XIXe siècle. Admiré de ses contemporains et de ses successeurs, il n’aura eu de cesse d’écrire et de faire entrer la littérature dans la modernité, mêlant les genres, abolissant les frontières entre roman d’aventures ou « jeunesse » et « grande » littérature. Il meurt à seulement 44 ans, dans les îles Samoa, dernière étape de sa vie voyageuse.
La bd « L’étrange voyage de R. L. Stevenson » disponible ici
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La biographie illustrée L’étrange voyage de R. L. Stevenson offre une immersion fascinante dans la vie tumultueuse du célèbre créateur de L’Île au trésor. À mi-chemin entre le carnet de bord et le récit biographique, cet ouvrage retrace le parcours géographique et spirituel d’un écrivain tiraillé entre sa santé fragile et un inextinguible besoin d’aventure.
De l’Écosse brumeuse aux lumières éclatantes des mers du Sud (jusqu’à son exil final aux îles Samoa où il fut baptisé Tusitala, le conteur), l’histoire décortique les thèmes de l’errance, de la liberté et de la dualité. La narration ne se contente pas d’égrener les escales géographiques ; elle met en lumière la lutte poignante de Robert Louis Stevenson contre la maladie. Ses voyages s’apparentent ainsi à une course contre la mort, une urgence vitale et créatrice qui infuse chaque page d’une mélancolie profondément poétique.
Le parti pris visuel accompagne ce double souffle, épique et intime. L’esthétique s’appuie sur des planches immersives où la nature, qu’elle soit océanique ou montagneuse, souligne la fragilité de la condition humaine. L’évolution chromatique structure le récit : les teintes froides, grises et austères des années européennes laissent progressivement place à une palette chaude, lumineuse et foisonnante lors de ses découvertes océaniennes.
L’étrange voyage de R. L. Stevenson est un hommage vibrant et majestueux à l’un des plus grands voyageurs de la littérature. Cette œuvre séduira immanquablement les passionnés de biographies littéraires, ainsi que les amateurs de l’auteur de Voyage avec un âne dans les Cévennes.
Adapté du roman de Stieg Larssonpublié le 25 mai 2007.
Niedermann toujours en cavale, Lisbeth qui s’apprête à faire des révélations lors de son procès… les membres de la « section » s’affolent et cherchent à liquider les gêneurs, au premier rang desquels Mikael Blomkvist. Le troisième roman de Stieg Larsson, La reine dans le palais des courants d’air, trouve ici sa conclusion et met en lumière comme jamais Lisbeth, l’héroïne lanceuse d’alerte et libertaire.
La bd « Millénium – La reine dans le palais des courants d’air – Tome 2 » disponible ici
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Sixième et ultime volet de la vaste entreprise d’adaptation menée par Sylvain Runberg, cet album referme la trilogie de Stieg Larsson en portant à son terme le troisième roman. Manolo Carot y reprend le dessin, tandis que la couverture reste confiée à José Homs, garant de l’unité visuelle d’une série qui aura mobilisé deux illustrateurs. Le récit s’ouvre sur une LisbethSalander livrée à l’opinion publique, présentée comme asociale et dangereuse à la veille d’un procès censé sceller sa culpabilité.
Sylvain Runberg fait de cette confrontation judiciaire le cœur battant du livre. Loin d’une simple mécanique de suspense, le procès devient le lieu où la vérité longtemps enfouie sur la Section, cellule occulte des services secrets suédois, remonte enfin à la surface. Le récit épouse la figure de la lanceuse d’alerte, cette femme que l’État a broyée enfant et qu’il cherche désormais à réduire au silence, pendant que Mikael Blomkvist rassemble les preuves du complot et que le colosse Niedermann poursuit sa cavale meurtrière.
Le trait de Manolo Carot trouve sa plus belle réussite dans la séquence du tribunal, où il campe une Lisbeth Salander impassible, presque minérale, dont la retenue devient une arme face à ses accusateurs. Ses cadrages frontaux et sa lumière crue accentuent le rapport de force, transformant la salle d’audience en champ de bataille silencieux.
En resserrant l’intrigue foisonnante du roman sans en trahir la portée politique, Sylvain Runberg signe une conclusion cohérente qui parle autant du destin d’une héroïne que des zones d’ombre d’une démocratie. L’album s’adresse aux amateurs de thriller nordique et aux lecteurs désireux de voir Lisbeth Salander triompher sans jamais renier sa part d’ombre.
Adapté du roman de Stieg Larssonpublié le 25 mai 2007.
La saga Millénium se poursuit avec l’adaptation du 3e best-seller de Stieg Larsson.
Lisbeth s’était évadée de la maison où la retenait son père, le sinistre Zala, chef de gang régnant sur la traite des blanches en Suède. Père et fille, bien que tous deux grièvement blessés dans l’affrontement, n’ont pas fini d’en découdre, tandis que Niedermann, le terrifiant colosse, laisse des cadavres dans le sillage de sa cavale. Lisbeth, la hackeuse solitaire, va devoir accepter l’aide des rares personnes en Suède qui la croient innocente : Mikael Blomkvist ou Plague. Mais en cherchant à lever le voile sur le passé de cet homme auquel elle doit tous les tourments de son enfance, elle va provoquer la réactivation de la « Section », une cellule secrète de la Säpo (le contre-espionnage suédois) dont les sinistres secrets dormaient avec Zala…
La bd « Millénium – La reine dans le palais des courants d’air – Tome 1 » disponible ici
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Cinquième volet de l’adaptation dessinée orchestrée par Sylvain Runberg, cet album ouvre la transposition du troisième roman de Stieg Larsson, celui qui referme la trilogie. José Homs y retrouve le personnage de Lisbeth Salander qu’il avait façonné dans les premiers tomes, au moment où la hackeuse, grièvement blessée après l’affrontement avec son père, se réveille dans une chambre d’hôpital sous surveillance policière, promise à un procès qui doit la juger coupable avant même de l’entendre.
Sylvain Runberg déplace ici le centre de gravité du récit. L’enquête ne vise plus seulement un criminel isolé mais une mécanique d’État, la Section, cellule clandestine du contre-espionnage suédois prête à sacrifier une jeune femme pour enterrer ses propres fautes. Cette bascule du thriller intime vers le complot institutionnel donne au livre une tension politique inédite, tandis que Mikael Blomkvist et le hackeur Plague deviennent les derniers remparts d’une vérité que tout un appareil cherche à étouffer.
Le trait de José Homs épouse cette atmosphère de huis clos et de paranoïa. Ses cadrages resserrés sur les visages fatigués, sa lumière blafarde d’hôpital et ses gris saturés d’ombre installent un climat poisseux où chaque couloir semble surveillé. La colorisation froide de Valérie Vernay accentue l’impression d’un pays entier refermé sur ses secrets.
En choisissant de couper l’ultime roman en deux, Sylvain Runberg assume un rythme de mise en place, patient, presque procédural, qui privilégie la montée de la menace à l’action immédiate. L’album s’adresse aux lecteurs du polar nordique attirés par les rouages du pouvoir autant qu’aux fidèles de Lisbeth Salander, dont la vulnérabilité physique n’entame jamais la rage de survivre.
Bande dessinée publiée en 2026 éditions Les Arènes.
Résumé éditeur
Adapté du livre Géohistoire. Une autre histoire des humains sur la Terre de Christian Grataloup paru le 19 octobre 2023.
Savez-vous que les humains ne représentent que 0,01 % de la matière organique vivante ? Qu’il y a 10 000 ans le Sahara était vert ? Que la Grande-Bretagne n’a pas toujours été une île ? Que le cheval a été amené en Amérique par les Espagnols ? Que la première plante que les Amérindiens ont cultivée est le tabac ? Que les hommes préhistoriques n’ont jamais vécu dans des cavernes ? Que nous sommes tous métis ? Et que, si nous sommes intelligents, c’est peut-être en partie grâce à nos fessiers proéminents ?
Adaptée du livre de Christian Grataloup, Géohistoire, cette bande dessinée spectaculaire et accessible nous fait découvrir la grande aventure de sapiens sur Terre.Depuis les premières cartes de l’âge du bronze, la géographie n’a cessé de se développer, pour devenir une science et un outil indispensable pour les princes conquérants ou les aventuriers explorateurs. Raconter son histoire, c’est raconter l’histoire du monde avec une boussole dans les mains.
En mobilisant la climatologie, la géologie, la démographie, l’anthropologie ou encore l’économie, elle nous entraîne dans une formidable traversée de l’espace et du temps, depuis le Big Bang jusqu’aux différents scénarios possibles de l’apocalypse.
La bd « L’Incroyable histoire de l’humanité » disponible ici
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Adapté librement du roman Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy publié le 23 novembre 1874.
Avec son nez refait, ses jambes interminables, ses airs de princesse sexy, son job dans la presse de caniveau, ses aspirations à la célébrité et sa facilité à briser les coeurs, Tamara Drewe est l’Amazone urbaine du XXIᵉ siècle. Son retour à la campagne, dans le village où a vécu sa mère, est un choc pour la petite communauté qui y prospère en paix. Hommes et femmes, bobos et ruraux, auteur à gros tirage, universitaire frustré, rock star au rancart, fils du pays, teenagers locales gavées de people, tous et toutes sont attirés par Tamara, dont la beauté pyromane, les liaisons dangereuses et les divagations amoureuses éveillent d’obscures passions et provoquent un enchaînement de circonstances aboutissant à une tragédie à la Posy Simmonds, c’est-à-dire à la fois poignante et absurde. Librement inspiré du roman de Thomas Hardy Loin de la foule déchaînée, un portrait à charge délicieusement cruel et ironique de l’Angleterre d’aujourd’hui.
La bd « Tamara Drewe » disponible ici
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Couronnée du Grand Prix d’Angoulême, Posy Simmonds occupe une place singulière dans le roman graphique européen, celle d’une satiriste de mœurs héritière du roman anglais. « Tamara Drewe » en fournit une illustration accomplie. Transposée dans la campagne anglaise contemporaine, l’intrigue reprend librement « Loin de la foule déchaînée » de Thomas Hardy : le retour au village de Tamara, chroniqueuse people au physique refait, bouleverse la quiétude d’une pension d’écrivains et précipite jalousies, adultères et drame.
Le récit doit sa richesse à sa construction chorale. Posy Simmonds fait alterner des pavés de texte, qui recueillent les voix intérieures de Glen l’universitaire en panne d’inspiration, de Beth l’épouse dévouée ou de l’adolescente Casey, et des séquences en cases où l’action se déploie. Fait notable, Tamara reste vue de l’extérieur, jamais narratrice, ce qui la maintient énigmatique. Chaque personnage dévoile ainsi ses lâchetés, ses vanités et ses illusions, dans une comédie sociale que Posy Simmonds observe avec une ironie féroce mais sans mépris.
Graphiquement, son trait léger et ses couleurs pastel restituent avec justesse les collines, les fermes et les intérieurs bourgeois. Le dessin fourmille de détails qui trahissent les fractures du lieu, entre ruraux modestes et citadins fortunés venus jouer à la vie champêtre.
À la fois drôle et cruelle, cette relecture moderne de Thomas Hardy s’adresse aux amateurs de comédie de mœurs, aux lecteurs de littérature anglaise.
Album publié en 2026 aux éditions Les Printanières.
Résumé éditeur
L’enquête choc qui dénonce l’attitude des politiques, entre inertie, omerta et déni !
Entre 2015 et 2021, dans un coin de campagne près de Nantes, 25 enfants développent un cancer. 7 meurent.
Les autorités concluent à l’absence de cause identifiable. Les familles, elles, refusent de croire au hasard. Ailleurs, d’autres enfants sont touchés par des maladies rares, inexpliquées… Pendant des années, les familles et leurs proches enquêtent. Elles découvrent un labyrinthe de procédures, d’expertises contradictoires, de silences institutionnels et d’intérêts économiques. À chaque nouvelle piste, la même question revient : qui protège réellement la santé publique ?
Chercheuse en toxicologie, Laurence Huc raconte de l’intérieur ce que deviennent les alertes sanitaires lorsqu’elles dérangent. Son enquête dessine le portrait d’une société confrontée à ses propres pollutions et d’un système qui peine à regarder leurs conséquences en face.
Une histoire vraie. Un combat pour la vérité. Et une question qui nous concerne toutes et tous : combien d’enfants faudra-t-il encore avant d’agir ?
La bd « Pesticides – Leurs ravages sur la santé des enfants » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Pesticides – Leurs ravages sur la santé des enfants »
Jean-Paul Sartre en BD (21 juin 1905 / 15 avril 1980).
À l’occasion des 35 ans de la mort de ce maître de philosophie, découvrez sa biographie dessinée par deux jeunes auteures talentueuses. Figure emblématique de la littérature et de la philosophie française, Sartre fut une personnalité à part : libre penseur et révolutionnaire, c’était un homme moderne qui refusait les honneurs. Ce livre retrace avec émotion son engagement politique, ses écrits, sa relation fusionnelle avec Simone de Beauvoir, la création du mouvement existentialiste, etc. La biographie dessinée d’un des plus grands philosophes du XXe siècle.
La bd « Sartre – une existence, des libertés » disponible ici
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Publié à l’occasion des trente-cinq ans de la disparition de Jean-Paul Sartre, cet album retrace la vie du philosophe de sa petite enfance à son refus du prix Nobel de littérature. Le scénario est signé Mathilde Ramadier, dont la formation de normalienne et de philosophe se révèle un atout précieux pour affronter un sujet aussi exigeant, tandis qu’Anaïs Depommier assure le dessin et les couleurs de ce qui constitue son premier ouvrage.
Mathilde Ramadier fait le choix de la chronologie et affronte la principale difficulté du genre, restituer une vie faite de pensée pure. Sa solution consiste à privilégier le dialogue et la mise en scène des rencontres, car suivre Jean-Paul Sartre, c’est croiser toute une génération d’écrivains, d’Albert Camus à Raymond Queneau, de Boris Vian à Maurice Merleau-Ponty. La relation avec Simone de Beauvoir, dans sa liberté revendiquée, occupe une place centrale et éclaire la cohérence entre la philosophie existentialiste et l’existence menée. L’ouvrage n’élude pas la dimension de l’homme public, cet intellectuel engagé sans cesse appelé à trancher les débats de son temps.
Le dessin d’Anaïs Depommier, précis et délicat, prête à chaque figure les traits reconnaissables de son modèle, ce qui ancre le récit dans une réalité identifiable. Ses rares grandes compositions offrent des respirations bienvenues après les passages les plus théoriques.
L’album s’adresse aux lecteurs souhaitant une première approche de Jean-Paul Sartre, aux étudiants en philosophie et aux curieux de la vie intellectuelle française.
Inspiré partiellement du roman La nausée de Jean-Paul Sartre publié en avril 1938.
Ce nouveau volume de l’anthologie Robert Crumbrassemble des histoires publiées dans le magazine Weirdo, créée avec sa femme, Aline Kominsky, au début des années 80. Elles marquent une évolution du dessinateur vers un style plus réaliste et plus sombre. Crumb y pastiche les Classic Illustrated qui prétendaient donner un vernis de culture aux comics en adaptant en bande dessinée des monuments de la littérature. Ses Klassic Komics utilisent l’imagerie crue et brutale des comics des années 50 pour rendre la violence et le désespoir d’oeuvres littéraires qui le touchent personnellement, comme La Nausée de Sartre ou la biographie de Jelly Roll Morton. Philip K. Dick, Sartre ou Boswell, chacun d’eux représente un aspect de Crumb, qui réalise ici un passionnant autoportrait éclaté. Mais l’ironie n’est jamais loin. Les escapades sexuelles de Boswell, traitées à la façon de Hogarth, sont l’occasion de ridiculiser le décalage entre les prétentions intellectuelles de l’homme et ses pulsions charnelles.
Mais c’est avec un sérieux et une compassion inattendues que Crumb reprend 16 des 238 cas de perversions sexuelles recensés par le Psychopathia sexualis : Étude médico-légale à l’usage des médecins et des juristes du baron psychiatre von Krafft-Ebing. Le lecteur retrouvera aussi le Crumb érotomane avec Bad Karma, fantasme en roue libre, oscillant entre désir de puissance et haine de soi, et un hommage étonnant à Bécassine, qui entre ainsi dans le Panthéon masturbatoire de Robert Crumb. Nausea est incontestablement l’un des meilleurs volumes de cette anthologie.
La bd « Nausea » disponible ici
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Nouveau volume de l’anthologie que l’éditeur consacre à Robert Crumb, ce recueil rassemble des histoires parues dans Weirdo, la revue que le dessinateur américain avait fondée avec son épouse Aline Kominsky au début des années 1980. Figure fondatrice de la bande dessinée underground, Robert Crumb y aborde une période où son trait se fait plus réaliste et plus sombre, et où l’autodérision côtoie sans cesse la provocation.
Le fil le plus stimulant de ce volume tient à ses Klassic Komics, pastiche des Classic Illustrated qui prétendaient jadis anoblir les comics en adaptant les classiques. Robert Crumb en retourne le principe, employant l’imagerie crue des comics des années 1950 pour restituer la violence et le désespoir d’œuvres qui le touchent, dont La Nausée de Sartre à laquelle le titre fait écho. Le recueil fonctionne ainsi comme un autoportrait éclaté, où Philip K. Dick, Sartre ou le mémorialiste Boswell renvoient chacun une facette de l’auteur. L’ironie reste constante, notamment lorsque les frasques de Boswell servent à moquer l’écart entre prétentions intellectuelles et pulsions. Plus inattendue, la reprise de plusieurs cas tirés du Psychopathia sexualis de Krafft-Ebing est traitée avec un sérieux et une compassion qui nuancent la réputation sulfureuse du dessinateur.
Le dessin de Robert Crumb, à la hachure dense héritée de la gravure, alterne la caricature grimaçante et une minutie presque documentaire. Cette virtuosité graphique donne à ses obsessions une force indéniable.
L’ouvrage s’adresse à un lectorat adulte, amateur de bande dessinée underground et de l’œuvre de Robert Crumb.
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