Auteur/autrice : Sébastien D

Les chefs d’œuvre de Lovecraft – Le cauchemar d’Innsmouth – Tome 2

Album publié en 2022 aux éditions Ki-oon.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft publiée en avril 1936.

Les meilleurs récits de Howard Phillips Lovecraft en manga et au format roman graphique !

Innsmouth est une ville bien étrange. Jadis prospère, elle paraît désormais à l’abandon, et les rares habitants semblent tous victimes d’une même affection qui déforme membres et visage…
Robert Olmstead, voyageur de passage, cherche à en savoir plus. Le vieux Zadok Allen lui conte alors une sinistre histoire…

Quelques générations plus tôt, le capitaine Obed March aurait livré la cité aux griffes d’innommables créatures marines pour construire sa fortune !
Ébranlé, Robert n’a plus qu’une idée en tête : quitter ce terrible endroit. Mais sa curiosité pourrait encore lui coûter cher…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le cauchemar d’Innsmouth – Tome 2 »

Adaptation de la nouvelle de H.P. Lovecraft (1931-1936), ce second tome consolide le statut de Gou Tanabe comme maître de la transposition visuelle de l’univers « lovecraftien ». Le récit, délibérément structuré en emboîtement narratif, accélère son crescendo horrifique lors de la nuit piégée du protagoniste Robert Olmstead à la Gilman House. Tandis que le premier tome éclairait les méandres sociaux d’Innsmouth par le dialogue, celui-ci bascule dans l’horreur viscérale et la chasse poursuite effrénée.

Graphiquement, Gou Tanabe excelle dans la représentation architecturale : les toits décrépis de la ville côtière au crépuscule, les façades délitescentes et l’omniprésence d’un Récif du Diable menaçant. L’utilisation du noir et blanc renforce l’atmosphère étouffante. Les créatures marines, bien qu’implicites visuellement, génèrent une palpable inquiétude par leur suggestion plutôt que leur exposition brute. Cette retenue stratégique maximise l’angoisse psychologique du lecteur.

Fidèle au texte source, Gou Tanabe respecte scrupuleusement la narration de H.P. Lovecraft tout en y insufflant une dynamique visuelle absente du médium littéraire. Recommandé aux amateurs de science-fiction horrifique et aux passionnés de H.P. Lovecraft en quête d’une relecture contemporaine enrichie.

Les chefs d’œuvre de Lovecraft – Le cauchemar d’Innsmouth – Tome 1

Album publié en 2021 aux éditions Ki-oon.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft publiée en avril 1936.

couverture bd Le cauchemar d Innsmouth - Tome 1

Pénétrez dans la sinistre bourgade d’Innsmouth, théâtre de tous les cauchemars !

En 1927, le jeune Robert Olmstead débarque à Newburyport. En quête de ses origines, il n’a d’autre option, pour atteindre sa destination, que de prendre un bus qui passe par Innsmouth, ville voisine sur laquelle courent d’effroyables rumeurs : pacte avec les démons, habitants difformes, culte ésotérique d’un étrange dieu marin… La peur qu’elle inspire est telle que personne n’ose s’y rendre, et nul ne sait ce qui se cache derrière les façades de ses maisons délabrées…

Pourtant, les mises en garde des résidents de Newburyport, loin de décourager Robert, le poussent au contraire à s’intéresser à ce lieu pestiféré : il décide d’explorer les méandres de la cité maudite ! C’est le début d’une descente aux enfers qui le mènera aux portes de la folie…

Découvrez la majestueuse adaptation d’un des récits les plus complexes et haletants d’H. P. Lovecraft ! Mêlant polar, suspense et horreur, Le Cauchemar d’Innsmouth ancre les obsessions de Lovecraft dans le quotidien d’une ville sinistre dont personne ne sort indemne.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le cauchemar d’Innsmouth – Tome 1 »

Adaptation de la nouvelle de H.P. Lovecraft écrite en 1931 (publiée en 1936), le premier tome du Cauchemar d’Innsmouth de Gou Tanabe transpose l’univers du « maître de l’horreur » en manga. Publié en 2021 par Ki-oon, ce récit en deux tomes suit Robert Olmstead, un jeune homme curieux qui explore la sinistre ville côtière d’Innsmouth et découvre progressivement l’existence d’une malédiction séculaire impliquant un culte dédié aux créatures marines appelées « Ceux des profondeurs ».

extrait bd Le cauchemar d Innsmouth - Tome 1

Le talent de Gou Tanabe réside dans son travail graphique impressionniste : ses dessins en noir et blanc dégagent une atmosphère étouffante et claustrophobe grâce à des jeux d’ombre minutieux et une accumulation de détails savamment dosée. La mise en scène maitrisée crée un suspense croissant où le lecteur devient complice du protagoniste dans sa descente aux enfers.
Ce premier tome captive par son establishment d’une horreur sourde et progressive, invitant irrésistiblement à découvrir son dénouement au tome suivant. Une adaptation d’une fidélité remarquable qui renouvelle magistralement un classique de la littérature horrifique.

Sciences en BD – Espace et univers

Bande dessinée publiée en 2023 aux éditions Larousse.


couverture bd Sciences en BD - Espace et univers

Vos enfants vous posent mille et une questions sur l’espace et vous ne savez comment leur répondre simplement ?
Voici une BD idéale pour tous les petits curieux, mais également pour les futurs apprentis scientifiques !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Sciences en BD – Espace et univers »

Voilà une bande dessinée qui a le mérite de prendre les enfants au sérieux. Sciences en BD junior – Espace et univers, signé Paul Mason au scénario et Jess Bradley aux illustrations, paru chez Larousse en août 2023, propose une vraie réponse aux mille questions que les enfants posent sur l’espace.

Paul Mason, auteur britannique spécialisé dans les contenus scientifiques pour la jeunesse, maîtrise l’exercice difficile de l’explication sans simplifier à outrance. Du Big Bang aux planètes, de l’exploration spatiale aux toilettes en orbite, le scénario progresse logiquement tout en gardant une certaine légèreté. C’est pédagogue sans être rébarbatif, informatif sans être assommant.​

extrait bd Sciences en BD - Espace et univers

Sur les planches, Jess Bradley fait un travail formidable. Cette illustratrice britannique primée au Blue Peter Award en 2021 pour ses talents de vulgarisatrice visuelle sait comment transformer des concepts abstraits en images claires et amusantes. Son trait est fluide, ses compositions lisibles, et surtout, elle parvient à rendre la science visuellement attrayante. Les dessins soutiennent vraiment le texte plutôt que de simplement le décorer.

L’humour est omniprésent sans devenir niaiseux, Jess Bradley croque des personnages expressifs qui donnent du rythme à la lecture. Les enfants en sourient. Les adultes aussi, d’ailleurs. Il y a là une vraie connivence avec le jeune lecteur, un respect de son intelligence.

L’ouvrage s’adresse aux enfants à partir de 7 ans. Pas trop facile, pas trop difficile. Juste ce qu’il faut pour les petits passionnés d’espace sans rebuter les autres. Pour tous ceux en quête d’une initiation à l’univers qui ne soit pas ennuyeuse, c’est à recommander.

L’Amérique ou le disparu

Album publié en 2013 aux Editions Pasteque.


Adapté du roman L’Amérique (ou le Disparu) de Franz Kafka publié pour la première fois en décembre 1927.

Adaptation du roman inachevé de Franz Kafka (1883-1924), L’Amérique (ou le Disparu) relate, sur un ton tragicomique, les tribulations de Karl Rossmann, jeune Pragois exilé en Amérique par ses parents parce qu’il a, bien malgré lui, engrossé la bonne.
Laissé à lui-même, sans ressources, naïf et plein de bonne volonté, l’adolescent cherche tant bien que mal à se tailler une place dans ce monde incompréhensible, parfois amical, le plus souvent hostile, pour se voir tour à tour exploité par des individus sans scrupules ou accusé injustement de tous les maux.
A l’image de cette statue de la Liberté brandissant le glaive plutôt que le flambeau, l’Amérique proposée ici paraît un peu décalée, mais en même temps étrangement réelle.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Amérique ou le disparu »

Réal Godbout livre une belle adaptation en bande dessinée du roman inachevé de Franz Kafka, publié en 2013 aux éditions de la Pastèque. Une entreprise délicate que de domestiquer en images l’univers Franz Kafka, et pourtant, c’est réussi.

Le récit suit Karl Rossmann, un jeune Allemand envoyé en Amérique après un scandale familial, dans sa succession de mésaventures qui le font dégringoler socialement. Réal Godbout a compris quelque chose d’essentiel : chez Franz Kafka, sous le poids du destin arbitraire, il y a une forme de burlesque involontaire. Chaque tentative de Karl pour s’en sortir tourne au ridicule organisé, chaque « bienfaiteur » s’avère un prédateur. C’est drôle et cruel à la fois, et c’est précisément ce que l’adaptation restitue.

extrait bd  L Amérique ou le disparu

Sur le plan graphique, le dessin rond et épuré de Réal Godbout surprend d’abord. On s’attendrait à du gris kafkaïen, et voilà qu’on trouve des formes douces, presque mignonnes. Mais c’est justement l’astuce : cette apparence bienveillante contraste merveilleusement avec la malveillance systématique qui entoure le pauvre Karl. Le style amplifie l’absurdité plutôt que de la noyer.

Réal Godbout a passé sept ans sur ce projet de BD, et ça se voit dans les détails : des choix visuels malins (la Statue de la Liberté armée d’une épée, par exemple), un rythme narratif qui ne traîne pas, une vraie compréhension du roman de Franz Kafka.


L’œuvre parle à la fois à ceux qui connaissent Franz Kafka et à ceux qui le découvrent ici. Une belle réussite, finalement.

extrait bd  L Amérique ou le disparu

Le passager clandestin

Album publié en 2018 aux éditions Omnibus.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de George Simenon publiée le 5 décembre 1947.

Du pont d’un paquebot aux paysages enchanteurs de Tahiti, un roman exotique de Simenon magnifié par le dessin et les couleurs de Loustal.
Il y avait six canots sur le pont, calés dans leur berceau, sans compter la grande baleinière. Chacun était recouvert d’une bâche en grosse toile grise qui formait tente.
Une de ces bâches remuait, un vide se dessinait entre elle et le plat-bord, et l’on aurait pu penser à la présence de quelque animal si l’on n’avait distingué des doigts humains.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le passager clandestin »

Paru en 2018 aux éditions Omnibus, ce livre illustré reprend le roman policier de Georges Simenon publié en 1947. L’écrivain belge y raconte une histoire captivante : à bord du cargo Aramis, qui navigue de Panama à Tahiti, trois personnages immoraux mais fascinants cherchent à retrouver un héritier pour s’approprier sa fortune. Le passager clandestin du titre ?

Georges Simenon excelle dans la création de personnages complexes : le major Owen, vieux militaire anglais ; Lotte, danseuse énigmatique ; Alfred Mougins, criminel en fuite. Ces trois figures ne sont pas des héros, mais des êtres mus par l’intérêt et la survie. L’auteur explore comment la quête d’héritage révèle les peurs profondes et la corruption du cœur humain. Les dialogues restent étonnamment modernes, sans jugement moralisateur. À travers cette intrigue en plusieurs bandes, Georges Simenon peint la solitude et la fascination que l’argent exerce sur nos âmes.

Le dessinateur Jacques de Loustal se révèle le complément idéal de ce texte. Ses 50 illustrations originales en couleur restituent l’atmosphère tropicale avec maestria : vert sombre des arbres, bleu du ciel, blanc éclatant des costumes coloniaux. Son trait noir et ombré crée une ambiance sensuelle et interlope. Les visages féminins portent ce regard mystérieux caractéristique de Georges Simenon : des femmes qui en disent plus par le silence que par les paroles.

Cette version illustrée transforme le roman en expérience visuelle complète. Elle séduira les lecteurs de Georges Simenon. Une belle réussite.

Voyage avec un âne dans les Cévennes

Bande dessinée publiée en 2026 aux éditions De Borée.


Adapté du récit de Robert Louis Stevenson publié en juin 1879.

Un homme, un âne et quelques tracas …
La bande dessinée se prête bien à la narration de cette aventure pittoresque et pleine de rebondissements, réellement vécue par Robert Louis Stevenson, connu dans le monde entier pour ses deux romans, L’Île au trésor (1883), L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M . Hyde (1886).
En marge de l’aventure, la guerre des Camisards, soulèvement de paysans protestants important dans les Cévennes, est relatée dans son contexte historique.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Voyage avec un âne dans les Cévennes »

La BD sortira en mai 2026.

Le Livre des Merveilles

Album publié en 2021 aux Editions Soleil.


Librement adapté des récits de Marco Polo rédigé en 1298.

Entre dépaysement et exotisme, Le Livre des merveilles » conte l’incroyable voyage qui mena un jeune vagabond sur les pas de Marco Polo. »

Scénarisé par Étienne Le Roux et dessiné par Vincent Froissard, Le Livre des merveilles » raconte la rencontre fortuite entre un jeune vagabond et un vieil homme qui se révèle être Marco Polo. À travers les confidences de l’explorateur, le jeune homme va s’immerger dans le récit de son incroyable épopée en Chine, et comprendre ce qui a motivé son voyage… »


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Livre des Merveilles »

Scénarisé par Étienne Le Roux et magnifiquement dessiné par Vincent FroissardLe Livre des Merveilles  réinvente avec subtilité la légende de Marco Polo. Loin de la simple adaptation, cet album pose une question dérangeante : qu’en est-il de la véracité des grands récits de voyage ?

L’histoire met en scène un jeune vagabond qui croise un vieillard énigmatique, et qui se révèle être Marco Polo. Sur la route vers Rimini, le Vénitien lui confie ses vingt-quatre années d’aventures en Chine sous le règne du Grand Khan. Mais entre souvenirs et rêveries, entre réalité et fantasmagories, le lecteur s’interroge : le vieillard nous raconte-t-il vraiment ses voyages ou sombre-t-il dans les dédales de sa mémoire défaillante ? Cette ambiguïté délibérée est le cœur du scénario. Étienne Le Roux crée un flottement savoureux où le mensonge, le rêve et l’histoire deviennent indissociables.

extrait bd Le Livre des Merveilles

Vincent Froissard livre ici une démonstration graphique. Ses planches baignent dans une atmosphère brumeuse où l’estompe et le brouillard dominent. La palette reste volontairement sobre, terres de Sienne, sables, touches d’émeraude mais c’est justement cette retenue qui crée la magie. Les enluminures qui ornent l’album rappellent les traditions asiatiques et renforcent l’immersion orientale. On notera profondeur des plans et la variété des décors, montagnes enneigées, déserts, palais.

Le dénouement est inattendu. C’est un album captivant, à mettre entre toutes les mains.

14 août 1945 – Le jour le plus long du Japon

Album publié en 2026 aux Editions Petit à Petit.


Adapté de l’essai Le jour le plus long du Japon : Le fatidique 15 août de Kazutoshi Handô publié le 25 aout 1965.

Le 14 août 1945, le destin du Japon bascule lorsque l’empereur Hirohito décide de mettre fin à la guerre. Tandis que le Japon s’apprête à capituler, une partie de l’armée refuse l’inacceptable et prépare un coup d’État pour empêcher l’annonce de la reddition.

Entre trahisons, tensions politiques et dilemmes moraux, le Japon vit les 24 heures les plus décisives de son histoire moderne !

Dans ce tome unique adapté du best-seller de Kazutoshi Handô , Yukinobu Hoshino, auteur de 2001 Night Stories (Glénat) et Blue Hole (Pika), livre un thriller historique aussi rigoureux que palpitant !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « 14 août 1945 – Le jour le plus long du Japon »

Le manga sortira en février 2026.

La Guerre éternelle – Tome 3 – Major Mandella 2203/3177

Album publié en 1989 aux Editions Dupuis.


Adapté du roman « The Forever War« de Joe Haldeman publié pour la première fois en décembre 1974.

couverture bd Tome 3 Major Mandella 2203/3177

Promu major et à la tête de sa propre compagnie, William Mandella retrouve Marygay Potter qui vient de donner naissance à un fils, un enfant conçu dans un lointain passé qui nait au 32ème siècle.
Ensemble, ils sont affectés sur une planète reculée des confins de l’humanité, Middle Finger, un avant-poste stratégique que l’armée terrienne doit absolument défendre contre l’ennemi Tauran.

Mandella, maintenant âgé de 412 ans mais ayant l’apparence d’un homme dans la quarantaine, n’a pratiquement jamais vu les Taurans qu’il combat depuis un millénaire. Les technologies qu’il maîtrisait ne signifient plus rien, le fossé entre sa formation de physicien et le présent s’étend sur des millénaires, comme celui qui sépare Galilée d’Einstein. Le conflit spatial qui dure depuis 1143 ans s’est transformé en une guerre d’usure sans fin, une succession de batailles sanglantes dénuées de sens.

Dans ce dernier tome, Joe Haldeman et Marvano concentrent leurs efforts sur les véritables batailles spatiales, longues, meurtrières, et sans gloire aucune. La vision graphique reste aussi sombre et désolée. Mandella et Marygay sont désormais les seuls survivants de leur unité initiale. Leur amour, leur seul point d’ancrage, devient leur plus grande fragilité…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre éternelle – Tome 3 – Major Mandella »

Le dernier tome de cette trilogie Marvano/Joe Haldeman est une conclusion impitoyable. Mandella, maintenant major et commandant une compagnie entière, a 412 ans mais en paraît 40. ​

Ce qui frappe d’abord, c’est que Joe Haldeman concentre enfin l’action sur de véritables batailles spatiales. Pas de suspense héroïque : des massacres sanglants, répétitifs, dénués de sens. Les combattants tombent pour des planètes dont personne ne comprend l’utilité stratégique. Chaque victoire rapproche simplement les soldats de la victoire suivante, dans une boucle infinie. Mandella, seul survivant de sa première unité avec Marygay, découvre que l’amour, sa dernière ancre humaine, peut être transformé en arme contre lui par une dernière mutation du conflit.

extrait bd Tome 3 Major Mandella 2203/3177

Graphiquement, Marvano maintient son parti pris d’austérité visuelle. Les vaisseaux de guerre sont gris, les explosions sans éclat, les morts sans dignité. Ce refus de spectaculaire renforce l’horreur quotidienne du conflit. Tout cela fonctionne pour montrer comment la guerre broie les individus en poussière.

La véritable force du tome réside dans son dénouement : une révélation cynique et brillante sur l’absurdité absolue du conflit. C’est une fin qui refuse le réconfort du lecteur. La Guerre éternelle s’achève non pas en apothéose, mais en constat d’échec collectif.

Une trilogie majeure de science-fiction en BD, sans compromis.

La Guerre éternelle – Tome 2 – Lieutenant Mandella 2020/2203

Album publié en 1989 aux Editions Dupuis.


Adapté du roman « The Forever War » de Joe Haldeman publié pour la première fois en décembre 1974.

couverture bd La Guerre éternelle - Tome 2 - Lieutenant Mandella

Après l’expérience du feu et un premier combat ayant mis en déroute l’ennemi, les survivants du groupe reviennent sur Terre près de 25 ans après leur départ. Bien que seuls huit mois se soient écoulés pour Mandella et ses camarades en raison du décalage temporel relativiste, une décennie a passé sur Terre.

À travers ce récit, Haldeman expose de façon très ingénieuse le retour à la vie quotidienne des soldats après la guerre et leur dure adaptation dans une société qui a radicalement changé. La Terre n’est plus celle qu’ils ont quittée : c’est un monde devenu dystonique, régimenté, où le gouvernement contrôle l’emploi, la nourriture et la médecine.
Mandella et son compagnon Marygay Potter, incapables de s’adapter à ce nouvel univers hostile, décident de se réengager dans l’UNEF (United Nations Exploratory Force).

Promu lieutenant, Mandella commande désormais des soldats et affronte de nouveaux défis militaires et personnels. Le paradoxe temporel continue de les séparer inexorablement de l’humanité qu’ils cherchent à protéger, amplifiant la sensation d’isolement et d’absurdité existentielle au cœur du récit.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre éternelle – Tome 2 – Lieutenant Mandella »

Le deuxième tome de Marvano et Joe Haldeman va droit au cœur du sujet : le vrai drame, ce n’est pas la bataille spatiale, c’est le retour. Mandella revient sur Terre après huit mois de voyage à la vitesse lumière. Problème : dix ans se sont écoulés sur la planète.

Sa mère a vieilli d’une décennie. Son frère est devenu un vieillard. Les villes ne ressemblent plus à rien. Pire encore, la société s’est transformée en cauchemar bureaucratique : le gouvernement contrôle tout : l’emploi, la nourriture, les relations. Mandella découvre qu’il ne peut pas s’adapter. Sa solde est tellement taxée qu’il ne peut rien faire d’autre que de se réengager. L’armée l’a piégé : c’est l’unique issue.

Là réside la vraie force du scénario. Joe Haldeman ne cherche pas à nous étonner avec des explosions spatiales. Il décortique l’aliénation psychologique d’un soldat qui n’a plus sa place nulle part. Mandella et Marygay Potter tentent de trouver refuge dans leur amour, mais même ça devient compliqué dans un système qui remodèle constamment la réalité.

extrait bd La Guerre éternelle - Tome 2 - Lieutenant Mandella

Visuellement, Marvano maintient sa ligne : des teintes gris-bleu, un trait économe, peu de fantaisie. Une scène de repas en famille devient aussi angoissante qu’un combat. Rien de gratuit, tout au service de l’histoire.

Ce tome confirme que la série ne raconte pas une guerre spatiale classique. C’est une réflexion sombre sur le prix humain du militarisme et sur la façon dont le temps s’écoule différemment selon qui tu es. Belle BD de science-fiction.