Monsieur Georges
Album publié en 2013 aux éditions Dagan.
Résumé éditeur
Adapté du roman Georges d‘Alexandre Dumas publié en 1843.

La bande dessinée dont vous allez commencer la lecture représente l’aboutissement d’une longue chaîne d’images racontant l’histoire du mulâtre Georges, histoire dont se dégage « un charme qui fait tout pardonner », selon le mauricien Malcolm de Chazal.
images conservées dans la mémoire d’un enfant de l’île de France, Félicien Mallefille, quittant son île à neuf ans
images transmises à un dramaturge célèbre s’essayant au roman, images littéraires composées par cet auteur, dont le métissage le rapprochait du héros inventé par le mauricien ; images de Castelli et Daubigny destinées aux éditions illustrées du roman. que ces nouvelles images poursuivent la mission d’affranchissement engagée par celles qui les ont précédées.
La bd « Monsieur Georges » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Monsieur Georges »
Adapter Alexandre Dumas en bande dessinée est toujours un pari audacieux. Roland Monpierre, auteur guadeloupéen au parcours ancré dans la culture afro-caribéenne, le relève avec Monsieur Georges, premier tome d’une trilogie paru en octobre 2013 aux éditions Dagan, avec une préface du biographe de Dumas, Claude Schopp.
Le récit transpose le roman Georges (1843) à l’île Maurice (alors Isle-de-France) au moment de la conquête britannique de 1810. Au cœur de l’intrigue : la famille Munier, des hommes de couleur libres pris entre deux dominations coloniales, et le jeune Georges, dont la quête de dignité structure l’ensemble du récit. Roland Monpierre puise dans l’œuvre la plus personnelle d’Alexandre Dumas, celle où l’auteur, lui-même métis, aborde frontalement l’esclavage, le racisme et la résistance, pour en faire une BD engagée, fidèle à l’esprit romantique et populaire de l’original.
Au niveau du scénario, l’adaptation réussit à condenser sans appauvrir : les enjeux identitaires et la profondeur psychologique de Georges, personnage tiraillé entre fierté et humiliation, demeurent intacts. La révolte des esclaves donne au récit un souffle épique qui rappelle que ce roman précède Les Trois Mousquetaires et Le Comte de Monte-Cristo.

Graphiquement, le grand format valorise un style généreux et coloré, qui restitue avec efficacité la luxuriance tropicale de l’île et la violence sourde des rapports coloniaux. La clarté des planches facilite la lecture et rend l’album accessible à partir de 12 ans sans sacrifier la complexité thématique.
Monsieur Georges s’adresse aussi bien aux amateurs d’Alexandre Dumas qu’aux lecteurs sensibles aux questions mémorielles et postcoloniales. Une œuvre trop méconnue à redécouvrir avec plaisir en BD.





















