Auteur/autrice : Sébastien D

Le Cas Alan Turing

Bande dessinée publiée aux éditions Les Arènes en 2015.


Homme d’exception, Alan Turing a su percer tous les codes secrets, sauf un seul : le sien.

couverture bd Le Cas Alan Turing

Londres, 1938. Les services secrets britanniques recrutent un jeune et brillant chercheur en mathématiques : Alan Turing.

Sa mission : déchiffrer les codes de l’Enigma, la machine qui permet de transmettre les instructions du Führer à ses troupes. Toutes les tentatives de décryptage ont échoué jusque-là.

C’est le plus grand défi de la vie d’Alan Turing. Un bras de fer scientifique inouï.
Dans le secret le plus total, il s’attelle à la tâche. Et réussit.

En cassant le code Enigma, Turing donne un avantage décisif aux Alliés et jette les bases de la révolution informatique.

Son succès aurait dû le mener au faîte de la gloire, mais il doit se cacher et rester dans l’ombre.

Dans l’Angleterre puritaine, son homosexualité est une marque d’infamie. La justice le condamne à la castration chimique. Le 7 juin 1954, c’est un homme seul et désespéré qui met fin à ses jours en croquant une pomme empoisonnée.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Cas Alan Turing »

Dans « Le cas Alan Turing« , Arnaud Delalande et Éric Liberge nous offrent une plongée captivante dans la vie du mathématicien britannique, père fondateur de l’informatique moderne. L’œuvre, qui allie avec brio vulgarisation scientifique et récit biographique, est une réussite sur bien des aspects.

Le scénario, solide et bien construit, rend accessible la vie et les travaux complexes de Turing, sans pour autant tomber dans la simplification excessive. Delalande parvient à équilibrer habilement les aspects scientifiques et les aspects plus intimes de la vie de Turing, notamment sa persécution en raison de son homosexualité. Le récit, rythmé et prenant, tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page.

Les dessins d’Éric Liberge, quant à eux, sont plus clivants. On appréciera le style sombre et expressionniste de l’artiste, qui apporte une profondeur et une intensité au récit. Force est de constater que les dessins contribuent indéniablement à l’atmosphère particulière du récit.

extrait Le Cas Alan Turing

« Le cas Alan Turing » est une œuvre engagée, qui dénonce avec force les persécutions subies par Turing en raison de son homosexualité, et plus largement, l’intolérance et la discrimination. Le propos, fort et actuel, résonne particulièrement dans notre société contemporaine.

« Le cas Alan Turing » est une bande dessinée instructive et engagée, qui séduit par son scénario solide et son propos fort. Bien que les dessins puissent diviser, ils contribuent indéniablement à l’atmosphère particulière du récit.

Une œuvre à découvrir, donc, que l’on s’intéresse à la science, à l’histoire, ou simplement à la défense des droits humains.

Turing

Bande dessinée publiée aux éditions Sarbacane en 2018.


couverture bd Turing

Alan Turing, génie incompris et naïf, inventeur de l’ordinateur moderne, sportif d’excellence et espion de Sa Majesté pendant la Seconde Guerre mondiale, est resté une figure mystérieuse.

Qui était vraiment cet homme ?

Pourquoi s’est-il suicidé à l’âge de 41 ans ?

Éclairage sensible sur une personnalité fascinante, dans son style parfois presque cubiste, le Turing de Robert Deutsch restitue l’étrange trajectoire de météore qu’a suivie la vie d’Alan Turing.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Turing »

Avec « Turing« , Robert Deutsch signe une bande dessinée captivante qui retrace la vie du mathématicien de génie Alan Turing. L’auteur a su créer une narration fluide et prenante, qui transporte le lecteur à travers les moments clés de la vie de Turing, de son enfance à sa mort tragique.

Les dessins de Deutsch sont élégants et épurés, avec un style minimaliste qui convient parfaitement au sujet.

extrait bd Turing

Les couleurs sont utilisées de manière judicieuse pour créer une ambiance particulière, allant des tons sombres pour les moments difficiles de la vie de Turing aux couleurs plus vives pour les moments de joie et d’accomplissement.

On peut regretter que l’accent soit parfois trop mis sur la vie personnelle de Turing, au détriment de ses réalisations scientifiques. Bien que la bande dessinée aborde les travaux de Turing sur la machine Enigma et l’intelligence artificielle, on aurait aimé en savoir plus sur ces sujets complexes.

« Turing » est une bande dessinée émouvante et instructive, qui offre une perspective unique sur la vie d’un homme qui a changé le cours de l’histoire.

Deutsch a su créer une œuvre accessible à tous, qui permet de découvrir ou redécouvrir la vie de Turing sous un angle nouveau.

Les amateurs de bande dessinée et d’histoire des sciences apprécieront certainement cette lecture.


L’Or des marées – Tome 1 – Les Moissonneurs de la mer

Album publié en 2019 aux éditions Glénat


Résumé éditeur

Adapté du roman de « Le Pain de la mer » de Joël Raguénès publié le 10 avril 2002.

couverture L'Or des marées - Tome 1

Bretagne, 1894.

Yves Kerléo, gardien de phare, rejoint la terre pour épouser la belle Anne et devenir paysan goémonier.

Il faut dire que cette algue des côtes bretonnes est devenue une matière première très importante, utilisée en médecine et dans la photographie notamment.

Yves, encore novice en la matière, va de sa rencontre avec Eugène Lemarchand, industriel du Conquet, tisser une association qui débouchera sur une aventure de trente ans.

Si tout semble séparer les deux hommes, très vite un projet commun – la modernisation du commerce de l’iode – va nouer des liens entre leur deux familles, au-delà des barrières sociales.

Les auteurs de Chasseurs d’écume nous proposent une nouvelle saga de l’Océan au souffle romanesque, adaptée du roman best-seller de Joël Raguénès Le Pain de la mer.

De naissances en enterrements, de fêtes familiales en célébrations religieuses, d’amours en malheurs, de succès en naufrages, c’est tout un nouveau monde qui va apparaître sur fond d’hymne constant au terroir.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Or des marées – Tome 1 »

Dans la brume saline de la Bretagne fin-de-siècle, « L’Or des marées – Tome 1″ dépeint avec une sobriété poignante les destins entremêlés de ses personnages, au cœur d’une société en mutation. François Debois, à la plume, et Serge Fino, au pinceau, nous livrent une épopée où le romanesque côtoie la dure réalité d’une époque révolue.

L’histoire débute avec Yves Kerléo, un gardien de phare dont la vie se voit bouleversée par l’amour et le devoir. La mer, à la fois source de vie et de solitude, se fait le théâtre d’une romance qui contraint notre protagoniste à troquer la quiétude de son phare contre les tumultes de la terre ferme.

La transition d’Yves au métier de goémonier, récolteur d’algues, est une métaphore filée de sa quête d’ancrage, tant familial que professionnel.

La bande dessinée brille par son authenticité historique et son réalisme social, sans jamais sombrer dans le didactisme. Le métier de goémonier, peu connu, sert de prisme à travers lequel le lecteur découvre une Bretagne sauvage, presque mythique, où la terre et la mer se disputent les hommes.

extrait L'Or des marées - Tome 1

Les illustrations de Fino, tout en retenue, réussissent l’exploit de capturer l’austérité de l’époque tout en insufflant une vitalité aux paysages et aux scènes de la vie quotidienne.

« L’Or des marées » est un hommage vibrant à un monde en transition, une invitation à plonger dans les profondeurs d’une époque où les enjeux personnels se mêlent indissociablement aux soubresauts d’une société bretonne en pleine évolution.



Lieux visités par la bd en Bretagne

AudierneBrestIle de BeniguetLe Conquet

La route

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Dargaud.


D’après le roman de Cormac McCarthy publié en 2006.

couverture bd la route

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites, censés les aider dans leur voyage.

Sous la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du sud, la peur au ventre : des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l’humanité.

Survivront-ils à leur périple ?

Après « Le Rapport de Brodeck« , Manu Larcenet adapte de nouveau une oeuvre majeure de la littérature.

Couronnée par le prix Pulitzer en 2007, « La Route » a connu un grand succès et a été adaptée au cinéma en 2009 avec Vigo Mortensen dans le rôle principal.

Avec cet album, Manu Larcenet réussit une adaptation d’une originalité absolue et pourtant d’une totale fidélité. En posant son trait sous les mots du romancier, en illustrant les silences du récit, l’artiste s’est approprié l’univers sombre et fascinant du roman de Cormac McCarthy.

D’un roman-culte il a fait un album d’une beauté saisissante, à la fois puissant et poignant.

Incontestablement un des chefs-d’oeuvre de la bande dessinée moderne.

Cormac McCarthy a signé plusieurs romans phares dont « La Route » mais aussi « No Country for old men », également adapté par les frères Coen au cinéma. Son œuvre est essentiellement disponible aux éditions de L’Olivier (et Points), associées à Dargaud sur ce projet. L’écrivain est décédé le 13 juin 2023.

Son roman, publié aux Éditions de l’Olivier et chez Points pour la version poche, a été vendu à près de 800 000 exemplaires.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La route »

Avec La Route, Manu Larcenet s’attaque à l’un des romans les plus marquants du XXIe siècle. En adaptant le texte de Cormac McCarthy, Larcenet réussit un pari audacieux : retranscrire l’intensité émotionnelle et la brutalité du récit dans un format graphique.

À travers des illustrations en noir et blanc, ponctuées de rares touches de couleur, il parvient à capturer l’atmosphère de désolation et de survie qui imprègne le roman original.

extrait bd la route

Manu Larcenet utilise un style visuel épuré mais puissant, où chaque trait semble pesé avec soin pour exprimer la terreur et l’isolement d’un monde postapocalyptique. Les silences entre les personnages, père et fils, deviennent ainsi autant d’espaces de tension dramatique, accentués par une palette de gris subtilement teintée. Cette économie de dialogues renforce la solitude et l’incompréhension qui règnent dans cet univers désolé.

Si la violence est omniprésente, elle n’est jamais gratuite. Chaque scène macabre sert à illustrer la déchéance humaine, mais aussi l’amour inébranlable qui unit les deux protagonistes. Manu Larcenet ne se contente pas de transposer le texte de McCarthy : il le réinterprète avec une sensibilité propre, offrant ainsi une lecture nouvelle et poignante de cette œuvre culte.

La Route de Manu Larcenet est une réussite incontestable. Cette bande dessinée n’est pas qu’une simple adaptation ; c’est une œuvre autonome, où l’art du dessin sublime un récit déjà puissant, offrant au lecteur une expérience à la fois visuelle et émotionnelle inoubliable.

Dans le ciel de Normandie

Album publié en 2024 aux éditions Paquet.


Résumé éditeur

Ce livre traître de la composante aérienne de la plus grande opération aéronavale de la seconde guerre mondiale.


Une soixantaine d’illustrations en couleurs montrant tous les avions de types et fonctions variés ayant participés à la campagne de Normandie ( juin juillet 1944) et ce du côté allié ( usa, britanniques et français) et allemand. 


Les types de missions et leurs conséquences sur les combats seront précisés: observation, bombardements divers  chasse , strafing opérations aéroportées,  planeurs défense maritime , destruction des nœuds de communication , des rampes de V1 etc etc….


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Dans le ciel de Normandie »

Dans Dans le ciel de Normandie, Olivier Dauger livre une fresque aérienne qui nous propulse au cœur de l’une des plus grandes opérations militaires de la Seconde Guerre mondiale.

Alliant précision historique et virtuosité graphique, cet album capture l’intensité des combats aériens et la diversité des appareils utilisés lors de la campagne de Normandie en 1944. Olivier Dauger, par un coup de crayon minutieux et réaliste, donne vie à une vaste galerie d’avions alliés et allemands, chaque modèle finement restitué, qu’il s’agisse des célèbres Spitfire britanniques ou des bombardiers américains.

L’aspect documentaire de l’œuvre se marie habilement à la narration, rendant la lecture fluide tout en apportant une dimension didactique non négligeable. La rigueur historique est manifeste, sans jamais alourdir le récit. Le lecteur navigue ainsi avec aisance entre les différentes missions, qu’elles soient d’observation, de bombardement ou de défense maritime, découvrant l’impact de ces opérations sur le déroulement du conflit.

extrait bd Dans le ciel de Normandie

Visuellement, chaque planche témoigne d’un souci du détail qui frôle la perfection. Les scènes aériennes, dynamiques et immersives, plongent le lecteur dans un ciel saturé de bruit et de fureur. Toutefois, malgré la place prépondérante des machines, Olivier Dauger n’oublie pas l’élément humain, bien que discret, toujours présent en filigrane.

Dans le ciel de Normandie est un véritable hommage visuel et historique à une page méconnue du Débarquement, une œuvre à la fois captivante et instructive.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Sainte-Mère-Eglise

Cyrano de Bergerac en bandes dessinées

Album publié une première fois en 2016 aux Editions Petit à Petit.


Adapté de la pièce de théâtre d’ Edmond Rostand (28 décembre 1897).

Le texte intégral d’Edmond Rostand est superbement mis en valeur dans cette bande dessinée réjouissante.

Tout y est fait pour rendre la lecture aussi agréable et animée qu’une représentation sur scène. Le dessin est la clé de l’accessibilité : il offre des repères visuels évidents, complète à merveille ce texte exceptionnel et aide à la compréhension des enjeux et des aspirations de chacun.

La bande dessinée apporte une mise en scène intuitive, et une immédiate plongée dans l’action.

Elle ravira autant les amoureux de Cyrano que les jeunes aventuriers qui découvrent ce classique avec plaisir pour la première fois.

Une préface signée Philippe Torreton !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Cyrano de Bergerac en bandes dessinées »

L’adaptation de « Cyrano de Bergerac » par Fanch Juteau se dresse comme une vigoureuse évocation de l’esprit littéraire d’Edmond Rostand. Avec une audace graphique mesurée, Juteau capture le lyrisme et la bravoure de Cyrano, ce mousquetaire dont le nez proéminent n’a d’égal que son esprit affûté.

Cette édition en noir et blanc se distingue par la délicatesse de son coup de crayon qui, loin de trahir les vers classiques, les enchâsse dans un écrin visuel où chaque trait semble rythmer la cadence des alexandrins. Le choix de la fidélité textuelle est un hommage respectueux, transformant la pièce en une expérience immersive, où la langue de Rostand résonne avec une modernité surprenante.

Le travail de Juteau n’est pas seulement une prouesse artistique, mais aussi un vecteur pédagogique. Les annotations discrètes et éclairantes qui bordent les pages sont des lanternes qui guident le lecteur à travers les subtilités de la langue du XVIIe siècle, rendant l’œuvre originale non seulement accessible mais profondément humaine.

C’est une traversée du temps que propose Juteau, où l’on redécouvre les sentiments inaltérables de Cyrano, l’ardeur des passions et l’universalité de l’amour. La BD devient un pont entre le passé et le présent, capturant l’esprit de la comédie héroïque tout en offrant une porte d’entrée à ceux qui n’auraient jamais osé franchir le seuil du théâtre classique.

Cette bande dessinée est une révérence faite à Rostand, un périple où le trait de Juteau se fait poésie, et où la poésie se fait image. Une œuvre qui, telle une épée levée au clair de lune, défend la pertinence du classique et invite à la redécouverte passionnée d’un monument de la littérature française.

Les Contes de l’Ankou – Tome 3

Bande dessinée publiée en 2007 aux éditions Soleil.


couverture bd Les Contes de l'Ankou - Tome 3

À la recherche de son père, Sofia Cadic vient d’apprendre une sombre nouvelle : il serait devenu l’Ankou, celui qui emporte les âmes défuntes vers l’au-delà.

Dès lors, elle compte tout mettre en oeuvre pour le retrouver.

Même si pour cela elle doit, tout comme son père autrefois, guetter le trépas d’un inconnu… Et dans un élan de folie, Sofia songe soudain à tuer elle-même…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Contes de l’Ankou – Tome 3 »

Dans le troisième tome des « Contes de l’Ankou« , Jean-Luc Istin parvient avec brio à tisser le fil de récits sombres et envoûtants, où la mort, loin d’être un spectre à fuir, devient une compagne intime de la tradition bretonne.

La figure de l’Ankou, ce « passeur » des âmes, est traitée avec une profondeur qui force le respect et une délicatesse surprenante, en dépit de son association habituelle avec l’obscurité et la finitude.

Cette bande dessinée s’inscrit dans la continuité d’une œuvre qui, loin de se limiter à la simple illustration d’histoires populaires, cherche à les réinventer, leur offrant une nouvelle vie, une nouvelle résonance. La mort, bien que présente et omniprésente, n’est pas un terme mais une transition, un passage, une réalité avec laquelle les vivants apprennent à cohabiter, à dialoguer.

extrait bd Les Contes de l'Ankou - Tome 3

L’esthétique de l’œuvre mérite également une mention spéciale. Les illustrations, loin de se contenter de soutenir le texte, lui offrent une dimension supplémentaire, transformant chaque planche en une œuvre d’art. La couverture du tome, souvent citée pour sa beauté, ne fait pas exception, promettant et délivrant une expérience visuelle riche.

« Les Contes de l’Ankou – Tome 3 » s’affirme comme un opus à la fois poétique et poignant, une célébration de la culture bretonne et de sa manière unique de concevoir l’inéluctable.

Jean-Luc Istin, avec ses comparses, offre un travail qui marie avec finesse l’horreur et la beauté, la fin et le début, le deuil et l’espoir.

Un récit graphique d’une rare qualité, à la fois ancré dans la tradition et audacieusement moderne.


Lieux visités par la bd en Bretagne

CancaleSaint-Suliac

Les Contes de l’Ankou – Tome 2

Bande dessinée publiée en 2005 aux éditions Soleil.


couverture bd Les Contes de l'Ankou - Tome 2

L’Ankou est considéré comme l’artisan de la mort.

Selon la tradition, la dernière personne décédée dans une paroisse durant l’année endosse le rôle de l’Ankou pour l’année qui suit.

Guillaume Cadic, un écrivain originaire de Bretagne, est désormais entièrement absorbé par une quête : retrouver l’entité connue sous le nom de l’Ankou.

Au cœur de la mystérieuse Bretagne, il recueille les récits de ceux qui ont rencontré cette figure. Il est sur ses traces.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Contes de l’Ankou – Tome 2 »

Dans « Les Contes de l’Ankou – Tome 2« , Jean-Luc Istin plonge le lecteur dans les abysses de la mythologie bretonne, entrelaçant le folklore et la quête tragique de ses protagonistes avec une habileté narrative qui fait de ce tome une œuvre aussi envoûtante que mélancolique.

L’Ankou, silhouette emblématique de la mort, sert de fil rouge à travers des récits qui explorent les thèmes de l’obsession, de la perte et de la filiation, avec un écho particulier dans la quête de Sofia, fille du personnage central Guillaume Cadic, dont la vie est inextricablement liée à cette entité.

extrait bd Les Contes de l'Ankou - Tome 2

Au-delà de l’aspect esthétique, ce sont les émotions des personnages qui captivent, avec un scénario qui parvient à capturer l’essence des légendes bretonnes tout en insufflant une nouvelle vie dans ce pan de la culture celtique.

« Les Contes de l’Ankou – Tome 2 » est donc bien plus qu’une simple suite ; c’est une immersion dans un univers où le folklore sert de prisme pour examiner les relations humaines et la condition mortelle.

Une lecture recommandée, non seulement pour les amateurs de BD, mais pour tous ceux qui cherchent à se perdre dans les méandres des contes ancestraux, superbement revisités par Istin et son collectif d’artistes.


Lieux visités par la bd en Bretagne

DinanSaint-Suliac

Les Contes de l’Ankou – Tome 1

Bande dessinée publiée en 2003 aux éditions Soleil.


Hantise

couverture bd Les Contes de l'Ankou - Tome 1

« L’Ankou est l’ouvrier de la mort (oberour ar maro). Le dernier mort de l’année dans chaque paroisse, devient l’Ankou de cette paroisse pour l’année suivante. »

Guillaume Cadic, romancier breton, n’a plus qu’une seule et unique obsession : retrouver celui que l’on nomme l’Ankou.

À travers ce bien étrange pays qu’est la Bretagne, il écoute les témoignages des gens qui ont croisé son chemin.

Il le traque.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Contes de l’Ankou – Tome 1 »


Dans « Les Contes de l’Ankou – Tome 1« , Jean-Luc Istin nous convie à une exploration de la mort à travers le prisme des légendes bretonnes, où l’Ankou, faucheuse d’âmes, tient le rôle principal.

Ce premier tome, à la fois anthologie narrative et hommage graphique, s’articule autour de différents artistes qui apportent leur touche personnelle à chaque histoire.

La démarche artistique est audacieuse : confier chaque histoire à un dessinateur différent, c’est embrasser une hétérogénéité visuelle qui, loin d’affaiblir la cohérence de l’ensemble, en enrichit l’atmosphère.

extrait bd Les Contes de l'Ankou - Tome 1

Cependant, cette diversité illustrative, bien que séduisante, peut désarçonner par son manque d’unité stylistique.

« Les Contes de l’Ankou – Tome 1 » est donc un dialogue entre tradition et modernité, entre des récits ancestraux et leur réinterprétation graphique contemporaine. L’ensemble est une ode aux légendes bretonnes.


Lieux visités par la bd en Bretagne

GuidelMorlaix

Inferno

Bande dessinée publiée en 2013 aux éditions The Hoochie Coochie.


D’après l’œuvre de Dante Alighieri composée en 1307 et 1321.

couverture bd Inferno

La Divine Comédie de Dante Alighieri – et en particulier sa première partie intitulée l’Enfer – a inspiré nombre d’artistes depuis le XIVe siècle, et tandis que Gustave Doré semblait lui avoir donné une forme illustrée définitive, Marcel Ruijters secoue cet académisme et revient aux racines iconographiques inspirées par ce grand texte – celles du Quattrocento de Giovanni di Paolo ou Bartolomeo di Fruosina – pour produire un livre résolument moderne : Inferno.

Fidèle à sa conception d’un monde régi par les femmes – déjà exposée dans Sine qua none (L’an 2, 2005), Marcel Ruijters nous rapporte donc le périple de Danta conduite par Virgilia à travers les enfers.

Et à l’instar de l’écrivain italien, Ruijters se sert de la structure infernale de son Inferno pour viser in fine les travers du monde contemporain : ici, l’hégémonie du capitalisme de ce début de XXIe siècle.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Inferno »

Dans le labyrinthe des adaptations de « La Divine Comédie« , l’œuvre « Inferno » de Marcel Ruijters se distingue comme une réimagination audacieuse et graphiquement innovante. En dépeignant un enfer où les rôles de genre sont inversés, Ruijters ne se contente pas de reproduire l’épopée de Dante mais s’attarde sur une critique acerbe de la masculinité et de la dominance patriarcale, un thème moins exploité dans les interprétations contemporaines de l’œuvre médiévale.

L’artiste néerlandais transpose avec brio l’odyssée de Dante en une quête menée par Danta, une figure féminine qui, accompagnée de Virgilia, s’aventure dans les méandres d’un enfer résolument féminin. Cette inversion de genre n’est pas un simple artifice esthétique; elle remet en cause les représentations traditionnelles de la force et du pouvoir, offrant ainsi une réflexion sur la condition féminine et sur la société actuelle.

extrait bd Inferno

Le trait en noir et blanc de Ruijters, rappelant les illustrations médiévales, se marie harmonieusement avec la satire sociale moderne, invitant le lecteur à une introspection sur l’hégémonie du capitalisme et les travers de notre temps.

Les détails foisonnants de chaque page ne sont pas là uniquement pour le plaisir des yeux mais servent le discours sous-jacent de l’auteur, créant une expérience de lecture à plusieurs niveaux.

« Inferno » s’érige ainsi comme un pont entre passé et présent, entre tradition et modernité, rappelant que les classiques ne meurent jamais, mais évoluent avec nous.

Ruijters démontre avec force que l’art est un vecteur de contestation et de réflexion, et que les œuvres du passé peuvent et doivent être revisitées pour continuer à questionner notre monde. Son « Inferno » est plus qu’une bande dessinée; c’est un manifeste graphique qui challenge notre perception de la littérature et de l’art.