Emma – Les classiques en manga

Album publié en 2018 aux éditions Nobi Nobi.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Jane Austen publié le 23 décembre 1815.

Emma Woodhouse a tout pour elle : la jeunesse, la fortune et l’intelligence.
Du haut de ses vingt-et-un ans, son passe-temps favori est de former des couples dans son entourage.
Après avoir joué les cupidons pour sa gouvernante, elle prend sous son aile une nouvelle venue, Mlle Harriet Smith.
Mais son caractère affirmé ainsi que ses préjugés seront une source de complications et de mésententes.
Et que dire de ses propre amours ? L’arrivée du séduisant M. Churchill va chambouler tous les plans et croyances de la jeune femme…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Emma – Les classiques en manga »

Faire tenir Emma dans un manga relève du pari. Le roman de Jane Austen repose sur des sous-entendus, des silences et des malentendus que le lecteur perce bien avant l’héroïne. Crystal S. Chan en signe l’adaptation, Po Tse le dessin, avec des dialogues anglais retravaillés par Stacy King.

Crystal S. Chan n’adoucit pas Emma Woodhouse. À vingt et un ans, riche, oisive, persuadée de savoir mieux que tout le monde qui doit épouser qui, elle reste passablement agaçante, comme Jane Austen l’avait voulue, et sa maladresse avec la jeune Harriet Smith fait des dégâts réels. Le récit garde aussi l’essentiel du réseau social qui l’entoure, ce petit monde de rentiers occupés à des bals, des pique-niques et des conversations où chaque phrase compte double. L’humour de Jane Austen passe bien, souvent porté par les visages plutôt que par les répliques.

extrait bd Jane Austen

Po Tse utilise les codes du manga pour ce que le roman confiait au monologue intérieur : gros plans sur un regard qui se dérobe, déformation comique quand l’émotion déborde, cases muettes pour un aveu que personne ne formule. Le noir et blanc et le travail des trames rendent bien la douceur des intérieurs anglais et les costumes du début du dix-neuvième siècle, avec un soin du détail particulier.

Les coupes sont nombreuses, inévitables sur un roman de cette longueur. Reste une porte d’entrée efficace vers Jane Austen, à conseiller aux collégiens et lycéens, curieux de littérature anglaise.


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