Notre-Dame – Tome 1 – Le jour des fous
Album publié en 2012 aux éditions Glénat.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Victor Hugo publié le 16 mars 1831.

L’histoire, nous la connaissons tous : dans le Paris grouillant du XVe siècle, une magnifique et jeune gitane danse sur le parvis de la cathédrale Notre Dame de Paris.
La beauté d’Esmeralda est son trésor, mais elle causera aussi sa perte.
En effet, l’archidiacre de Notre Dame, Claude Frollo, s’éprend éperdument de la belle, et tente de la faire capturer par son sonneur de cloche, le bossu Quasimodo.
Il est mis en échec par le flamboyant capitaine Phoebus, qui lui aussi est attiré par Esmeralda, bien qu’étant déjà fiancé à la douce Fleur-de-Lys…
Pris entre les désirs coupables de ces trois hommes, le destin d’Esmeralda ne peut plus désormais avoir d’issue heureuse…
Robin Recht et Jean Bastide ont choisi de s’approprier ce roman universel de Victor Hugo en une série de trois tomes.
Tout dans leur version fait honneur au texte immortel : la fluidité de la narration et la mise en scène, la peinture du Paris du Moyen Âge ainsi que la justesse des visages des protagonistes.
Une très belle occasion de redécouvrir ce roman, par les yeux de deux jeunes auteurs éminemment talentueux.
La bd « Notre-Dame – Tome 1 – Le jour des fous » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Notre-Dame – Tome 1 – Le jour des fous »
Adapter Notre-Dame de Paris n’a rien d’évident : près de mille pages, et un imaginaire déjà saturé par le cinéma et la scène. Robin Recht, dessinateur qui signe là son premier scénario, prend le roman par un autre bout. Au lieu de paraphraser Victor Hugo, il place le récit dans la bouche de Pierre Gringoire vieilli, occupé à laver son linge à la rivière et à raconter à sa petite-fille Garance la journée de 1482 qui a fait basculer sa jeunesse. Le souvenir arrondit les angles, ajoute de la nostalgie, ramène l’épopée à hauteur d’homme.
Surprise du ton : on attendait le gothique lourd, on trouve la farce. La pièce que Pierre Gringoire a écrite pour la fête des fous ne tient pas dix minutes : le public préfère les provocations du gueux Clopin Trouillefou, puis l’apparition de Quasimodo, qu’il élit aussitôt pape des fous. Robin Recht assume ce premier tiers comique, très proche du théâtre populaire, avant de laisser affleurer l’inquiétude : le cri de sorcière lancé par Claude Frollo devant la danse d’Esmeralda suffit à faire entendre ce qui se prépare.

Jean Bastide dessine et colorise un album presque entièrement nocturne. Il évite la monotonie des bleus en glissant torches et flammes dans ses cases, et travaille la foule visage par visage, sans jamais s’échapper vers le plan panoramique. Son Quasimodo, masse difforme et disproportionnée, doit davantage à la démesure du texte de Victor Hugo qu’aux versions attendrissantes que l’on connaît. Esmeralda, elle, garde la silhouette encore enfantine que le roman lui prête.
À conseiller aux lecteurs qui gardent un mauvais souvenir scolaire de Victor Hugo, et à ceux qui avaient aimé la relecture de Peter Pan par Régis Loisel.





