Pasolini, une rencontre
Album publié en 2004 aux éditions Casterman.
Résumé éditeur
Pier Paolo Pasolini en BD (5 mars 1922 / 2 novembre 1975).

En réalisant aujourd’hui un voyage sur les lieux de Pasolini – Bologne, Casarsa, Rome, l’Etna… – Davide Toffolo nous entraîne dans une aventure littéraire et picturale saisissante.
Entré en contact par e-mail avec le mystérieux M. Pasolini, l’auteur le rencontre ensuite à plusieurs reprises.
Ensemble, ils parcourent la pensée du célèbre cinéaste, au cours d’une interview entre rêve et réalité, jalonnée d’extraits de dialogues de films ou de poèmes de Pasolini .
Pasolini, une rencontre rend un hommage insolite à une figure essentielle du cinéma contemporain.
La bd « Pasolini, une rencontre » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Pasolini, une rencontre »
Interviewer un mort, c’est le pari que se lance Davide Toffolo, dessinateur et chanteur italien, auteur de cette bande dessinée où il part à la rencontre de Pier Paolo Pasolini, assassiné à Ostie en 1975. Traduit de l’italien par Émilie Saada, l’album prend la forme d’un carnet de voyage sur les lieux du poète, Bologne, Casarsa, Rome, l’Etna, entrecoupé d’entretiens imaginaires avec un homme qui prétend être Pasolini, sans qu’on sache jamais s’il s’agit d’un fantôme, d’un sosie ou d’une projection du rêveur.
Davide Toffolo ne prétend pas ressusciter Pasolini ni livrer une biographie sagement documentée, il met en scène sa propre admiration, ses doutes, et laisse le personnage lui échapper. Le procédé de l’interview fictive permet d’insérer des extraits de poèmes, de dialogues de films et d’écrits, si bien que la voix réelle du poète affleure sous celle que Davide Toffolo lui prête. Le portrait qui s’en dégage n’a rien de complaisant : il montre un homme entier, provocateur, contradictoire, fidèle à la figure adulée et détestée que la foule connaît. Le lecteur peu familier de l’œuvre risque toutefois de se perdre, tant les allusions à la culture frioulane chère au poète ou aux polémiques italiennes supposent un bagage préalable.

Le dessin en noir et blanc de Davide Toffolo, nerveux et anguleux, hérité de la bande dessinée underground, colle à cette errance mentale. Ses noirs francs et son trait rapide donnent aux visages une présence inquiète, et les passages oniriques, où surgissent des crocodiles parlants, assument une liberté de rêve éveillé.
De Bologne à l’Etna, Davide Toffolo poursuit un mort qui lui échappe, et fait de cette traque intime l’hommage le plus juste qu’on puisse rendre au poète.





