Virginia Woolf
Album publié en 2011 aux éditions Naïve.
Résumé éditeur
Virginia Woolf en BD (25 janvier 1882 / 28 mars 1941).

Virginia Woolf est, comme chacun sait, un écrivain essentiel du XXe siècle qui, par son œuvre et le flux de voix intérieure qui caractérise son écriture, a été déterminante dans l’évolution du roman moderne.
Dans ses romans comme dans ses journaux et correspondances, il est clair que les impressions et sensations d’enfance, qu’elles soient conscientes ou affleurant par réminiscences, ont été le socle et la matière de son travail d’écriture.
Le texte de Michèle Gazier et les planches de Bernard Ciccolini reviennent sur des éléments forts et essentiels dans la construction de la personnalité et de la psyché de la petite Virginia Stephen, avant qu’elle ne devienne Virginia Woolf.
Son enfance est en effet jalonnée de deuils et de traumatismes qui l’ont à jamais marquée et rendue particulièrement sensible et fragile.
La bd « Virginia Woolf » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Virginia Woolf »
Le parti pris de cette collection consiste à chercher dans l’enfance ce qui a façonné des femmes devenues exemplaires. Appliqué à Virginia Woolf, le principe se révèle particulièrement pertinent, tant les impressions et les sensations premières constituent, dans ses romans comme dans ses journaux, la matière même de son écriture. Michèle Gazier et Bernard Ciccolini reviennent donc sur la petite Virginia Stephen, avant le nom, avant l’œuvre.
Le choix le plus audacieux de Michèle Gazier réside dans la narration à la première personne. Le risque était réel de pasticher une voix aussi singulière, et l’écueil est évité. Le récit s’ouvre sur une enfance heureuse au milieu d’une fratrie nombreuse, avec ces étés de Saint Ives où la mer, la chaleur et l’heure du thé procurent un bonheur que l’écrivaine passera sa vie à vouloir recréer.
Puis les deuils s’enchaînent, la mère, la demi-sœur Stella, le père, le frère aimé Thoby, et l’album évoque avec sobriété les agressions subies de la part d’un demi-frère. Michèle Gazier relie ces blessures à la mélancolie qui traverse l’œuvre sans jamais réduire l’écrivaine à ses traumatismes, rappelant aussi son énergie, elle qui fonda une maison d’édition et fréquenta les esprits les plus vifs de son temps.

Le dessin de Bernard Ciccolini, épuré et précis, s’accorde à cette retenue. Sa palette crépusculaire, aux teintes assourdies, installe une mélancolie diffuse qui accompagne le texte sans le surcharger.
L’album s’adresse aux lecteurs souhaitant aborder Virginia Woolf autrement, et aux adolescents intimidés par son œuvre.






