Catégorie : Classique Du 20ème Siècle

Un nouveau dans la ville

Album publié en 2016 aux éditions Omnibus.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de George Simenon publiée le 10 février 1950.

couverture bd Un nouveau dans la ville

Il était petit, plutôt gras sans être gros. Il paraissait la quarantaine et quelque chose de peu soigné dans sa personne faisait penser qu’il devait être célibataire.
Les deux doigts de sa main droite qui tenaient la cigarette étaient jaunis par le tabac et une demi-lune du même jaune sous la lèvre indiquait qu’il fumait ses cigarettes jusqu’à l’extrême bout.
Il était vêtu en homme des grandes villes, d’un complet bleu marine et de souliers noirs trop fins pour la région.
Son pardessus de demi-saison, couleur mastic, très fripé, était trop léger aussi pour l’hiver dans le Nord.

Dans une ville du nord des États-Unis, près de la frontière canadienne, l’arrivée d’un étranger suscite la curiosité, puis l’hostilité…

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Un nouveau dans la ville »

Un nouveau dans la ville est l’adaptation graphique du roman de George Simenon (1950) par Jacques de Loustal, l’un des illustrateurs les plus littéraires de la bande dessinée. Jacques de Loustal, admirateur fervent de Simenon, avait déjà collaboré sur Les Frères Rico et Six Enquêtes de Maigret. Cette nouvelle adaptation confie au crayon du maître un roman situé dans une petite ville américaine du Maine, où George Simenon avait lui-même séjourné pendant dix ans.

L’œuvre capture l’essence même de la narration de George Simenon : l’arrivée de Justin Ward, homme énigmatique porteur d’une liasse de billets, provoque une tension collective chez les habitants. Jacques de Loustal retranscrit magistralement cette atmosphère d’hostilité latente. Le roman explore l’opacité du personnage principal et la curiosité inquiète de la ville, notamment incarnée par Charlie, le tenancier du bar. Le mystère de Ward, en réalité Kennedy, un délateur en fuite, crée une mécanique narrative de suspicion croissante jusqu’à son épilogue tragique.

extrait bd Un nouveau dans la ville

Jacques de Loustal traduit l’introspection du roman de George Simenon par une ligne épurée et des teintes hivernales. Son approche picturale, oscillant entre illustration et bande dessinée, refuse la surcharge narrative. Les cafés, les paysages enneigés et les physionomies des personnages ordinaires deviennent des témoins silencieux de la tension psychologique. Cette retenue confère une dignité mélancolique à chaque scène, fidèle au ton des « romans durs » de Simenon .

Cette adaptation intéressera particulièrement les amateurs du roman de l’Après-Guerre, des adaptations graphiques ambitieuses, et des univers américains nuancés. Jacques de Loustal offre une vision respectueuse et poétique du texte original, sans concession au spectaculaire.

Les Frères Rico

Album publié en 2015 aux éditions Omnibus.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de George Simenon publiée en décembre 1952.

Le roman simenonien de la Mafia, magistralement illustré par Loustal.

Les trois frères Rico appartiennent à l’Organisation. Quand Tony, le plus jeune, disparaît après un coup manqué et fait savoir qu’il veut reprendre sa liberté, l’Organisation ordonne à Eddie, l’aîné, de retrouver son jeune frère pour lui conseiller de fuir.
Mais cette mission est un piège, et quand Eddie s’en rend compte, il est déjà trop tard…
Loustal s’est emparé de ce roman de Mafia très noir, histoire de trahison et de lâcheté, et a restitué, en cinquante illustrations, le décor sombre de Brooklyn comme les paysages lumineux de la Floride.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Frères Rico »

Le livre Les Frères Rico n’est pas une bande dessinée classique, mais un roman illustré. L’artiste Jacques de Loustal met en images le texte célèbre de Georges Simenon. Publié aux éditions Omnibus, ce livre nous plonge dans l’Amérique des années 1950. Il raconte une histoire sombre sur la mafia.

L’intrigue ne parle pas de grandes fusillades. C’est une histoire psychologique. Le héros s’appelle Eddie Rico. Il travaille pour « l’Organisation » (la mafia). Eddie est un homme calme, un gestionnaire. Sa vie bascule quand il doit retrouver son frère Tony. Tony a trahi le clan et doit disparaître. Eddie doit choisir entre sa famille et l’Organisation. On ressent sa peur et sa solitude. Le récit est tragique : les personnages ne peuvent pas échapper à leur destin.

Les dessins de Jacques de Loustal sont superbes. Il propose environ 50 illustrations en couleurs. Chaque image ressemble à un tableau immobile. Jacques de Loustalest le maître des ambiances. Il utilise la lumière avec talent. Il oppose deux mondes : la chaleur aveuglante de la Floride et la froideur sombre de Brooklyn. Son trait est élégant et statique. Cela renforce le sentiment d’attente et d’angoisse du héros. Les couleurs (ocres, bleus nuit) installent une atmosphère « noire » très réussie.

Les Frères Rico est un livre qui respecte parfaitement l’esprit de Simenon. L’alliance entre le texte dur et les images douces de Loustal fonctionne à merveille.

Adios Muchachos

Album publié en 2011 aux Editions Casterman.


Adapté du roman de Daniel Chavarría publié le 2 mai 1997 en France.

couverture bd Adios Muchachos

Alicia est une jolie étudiante en dessin de La Havane, très indépendante et très libre de moeurs, qui se laisse parfois séduire par des hommes rencontrés en ville au hasard de ses déplacements en vélo.
Comme elle est très pauvre, elle se sent libre d’accepter des cadeaux, mais refuse catégoriquement qu’on la paie, de peur d’être confondue avec une prostituée.


Evidemment, cette façade comme il faut est totalement factice. Alicia est en réalité une jinetera (une « cavalière »), l’une de ces nombreuses Cubaines qui se prostituent plus ou moins occasionnellement auprès des touristes occidentaux dans l’espoir d’être entretenue, voire épousée.
Avec l’entière complicité de sa mère Margarita, elle s’efforce ainsi de conjurer la pauvreté chronique qui sévit à Cuba.

Lorsque cette histoire commence, la jeune femme vient de séduire le beau Juanito, un Canadien en mission de longue durée pour une grosse compagnie hollandaise du secteur touristique.
Grosse maison, gros moyens et fascination éperdue pour les arguments très… palpables d’Alicia : la jinetera et sa mère sentent d’emblée qu’elles ont ferré le gros poisson. Elles n’imaginent pas un instant que le pedigree de Juanito est lui aussi très différent de ce qu’il donne à voir…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Adios Muchachos »

Dans la moiteur d’une Cuba asphyxiée par la chute du bloc soviétique, Adiós Muchachos (Casterman/Rivages Noir) nous offre une plongée en apnée au cœur de la « Période Spéciale ». Matz s’empare du roman culte de Daniel Chavarría pour en livrer une partition cynique et jubilatoire, où la survie est élevée au rang de beaux-arts.

Loin du polar classique, l’album dresse le portrait fascinant d’Alicia, une jinetera à bicyclette qui ne vend pas son corps, mais le loue à des fins logistiques. Ici, point de victimes, seulement des prédateurs : Alicia et sa mère orchestrent des pièges lubriques avec une ingéniosité redoutable, ciblant les étrangers naïfs. La force du récit réside dans cette immoralité joyeuse, cette « lutte » quotidienne (la fameuse lucha) où l’arnaque devient une forme de résistance. Les dialogues, ciselés, évitent tout misérabilisme pour privilégier un humour noir décapant, fidèle à la verve de de Daniel Chavarría.

Visuellement, le choix de Paolo Bacilieri est audacieux. Son trait hachuré, dense, presque underground, sature l’espace comme la chaleur sature l’air havanais. Il ne cherche pas le « beau » lisse, mais le « vrai » : il magnifie les façades lépreuses, les corps en sueur et le chaos architectural de la ville.

Cette adaptation est une réussite totale. Elle capture l’essence picaresque du roman : une farce tragique où l’on rit pour ne pas pleurer. Un album pour toucher du doigt l’âme cubaine, sensuelle, brutale et indomptable.

Pour qui sonne le glas

Album publié en 2026 aux éditions Sarbacane.


Résumé éditeur

D’après le roman d’Ernest Hemingway publié le 21 octobre 1940.

couverture bd Pour qui sonne le glas


Le soleil tape fort, la pente s’élève. Deux vautours tournent dans le ciel en silence. Un jeune homme, souple et beau comme on l’est à trente ans, suit sans forcer un vieux montagnard. Il sourit.
Enrôlé dans une guerre fratricide, il a rejoint un groupe de partisans républicains pour dynamiter un pont et favoriser une attaque de grande ampleur contre les troupes fascistes.
Il a soixante-douze heures devant lui. Ses chances de réussir sont minces, il le sait et n’en a cure.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Pour qui sonne le glas »

La BD sortira en avril 2026.

L’occupation des sols

Album publié en 2026 aux éditions Gallimard.


Résumé éditeur

D’après la nouvelle de Jean Echenoz publiée en mars 1988.

couverture bd L'occupation des sols

« Comme tout avait brulé – la mère, les meubles et les photographies de la mère -, pour Fabre et le fils Paul c’était tout de suite beaucoup d’ouvrage : toute cette cendre et ce deuil... ».

Ainsi débute la nouvelle de Jean Echenoz parue en 1988. La seule image survivante de la mère est un incongru portrait publicitaire géant, peint à même la façade d’un immeuble parisien. Mais à mesure que la ville se construit, le plan d’occupation des sols menace la pérennité de l’icône et du lieu de recueillement. Le père se lance alors dans une opération de la dernière chance…
Guy Delisle enrichit et ponctue de sa ligne claire ce récit best-seller à la fois fataliste et piquant sur l’irrationnalité du deuil, le temps qui passe et la vie qui va.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’occupation des sols »

La BD sortira en mars 2026.

extrait bd L'occupation des sols

Carton Blême

Album publié en 2024 aux Editions Komics initiative.


Adapté du roman de Pierre Siniac publié en mars 1985.

couverture bd Carton Blême - le roman de Pierre Siniac en BD

Dans un futur proche, dès l’âge de seize ans, chaque individu est testé.
Si le coefficient de santé est trop bas, les personnes reçoivent un carton blême.
Les détenteurs ne reçoivent alors plus d’assistance de la part de la Police.
Paul Héclans est membre de la brigade criminelle. Il enquête sur une vague de crimes commises par le « tueur au marteau ». Quelque chose interpelle l’inspecteur lorsqu’il dé- couvre une nouvelle victime.
Celle-ci n’a pas bénéficié de l’aide policière, étant détentrice d’un carton blême.
Mais l’autopsie révèle que son coefficient de santé était élevé et qu’elle n’aurait jamais dû avoir ce satané sésame..


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Carton Blême »

Carton blême est une adaptation en bande dessinée d’un roman de Pierre Siniac, scénarisée par Jean‑Hugues Oppel et dessinée par Boris Beuzelin. L’album s’inscrit dans une veine de polar d’anticipation où l’organisation sociale bascule dans une logique de tri sanitaire symbolisée par des cartes (“bleu” versus “blême”).

Le cœur du livre tient dans sa satire : la maladie n’est plus un état, mais un statut qui vous expulse du corps social. Au fil d’une enquête menée par le policier Paul Heclans, le récit ausculte la violence administrative, la peur de déchoir et la façon dont une société “raisonnable” fabrique de l’inhumain à bas bruit. Jean‑Hugues Oppel privilégie une narration tendue, très efficace, qui laisse la dystopie agir par ses conséquences concrètes plutôt que par de longs discours.

Le dessin de Boris Beuzelin épouse cette noirceur avec un langage visuel âpre, fait de contrastes et d’ombres, idéal pour installer une atmosphère de roman noir.
La mise en scène resserre l’espace et accentue l’étouffement.

extrait bd Carton Blême - le roman de Pierre Siniac en BD

On recommandera Carton blême aux lecteurs qui aiment les polars sociaux et d’anticipation, quand l’intrigue sert surtout à révéler les lignes de fracture d’une époque. C’est une BD qui secoue autant qu’elle divertit.

La Perle

Album publié en 2019 aux Editions Futuropolis.


Adapté du roman de John Steinbeck publié en décembre 1945.

couverture bd La Perle

Le jour où Kino l’Indien, pauvre et analphabète, pêche une énorme perle, sa vie tourne au cauchemar.
John Steinbeck (prix Nobel 1962) signe avec La Perle une fable sociale noire mais lucide sur les injustices les plus révoltantes de son époque.
Jean-Luc Cornette s’empare de cette histoire universelle, dans une adaptation graphique captivante au pouvoir d’évocation d’une grande intensité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Perle »

Paru en janvier 2019 chez Futuropolis, cet album adapte le roman de John Steinbeck en bande dessinée. Jean-Luc Cornette en signe le scénario et les dessins, transposant avec sobriété l’histoire de Kino, pêcheur mexicain qui découvre une perle monumentale et bascule dans un cauchemar.

L’intérêt de cette adaptation réside dans son parti pris graphique : un trait volontairement sec et cassant, des hachures qui rongent le blanc de la page, des couleurs étouffantes qui enserrent les personnages. Jean-Luc Cornette refuse tout pittoresque ou exotisme facile. Son trait anguleux crée une tension constante, rendant l’atmosphère de la Basse-Californie non pas séduisante, mais suffocante, menaçante. C’est exactement ce qu’il faut pour servir le propos de John Steinbeck.

extrait bd La Perle

Au niveau du scénario, l’adaptation capture la descente inexorable de Kino vers le malheur. Chaque acquisition, chaque rêve de richesse devient un poids, une chaîne de plus. Jean-Luc Cornette découpe les planches avec intelligence : des triptyques qui ralentissent la lecture, des pages pleines qui écrasent le lecteur sous le poids de l’inévitable. ​

Pour les lecteurs exigeants qui aiment les adaptations sans concession, les histoires qui laissent un arrière-goût amer.

Poly

Album publié en 2020 aux Editions Glénat.


Adapté des romans de Cécile Aubry publiés à partir de 1964. (22 romans publiés de 1964 à 1986).

couverture bd Poly

1964.
Louise, accompagnée de Cécile, sa petite fille de 10 ans, revient dans un petit village des Cévennes où elle passait ses vacances enfant. Le village est dominé par un château médiéval à moitié en ruines et occupé par un étrange personnage : Victor.
Alors que Cécile peine à nouer des liens d’amitié avec ses nouveaux camarades, elle découvre qu’un cirque itinérant s’installe en ville.
Emerveillée et fascinée par le spectacle, Cécile y fait la connaissance de Poly, un jeune poney qui s’avère être maltraité par le propriétaire du cirque, M. Brancalou.
Choquée et indignée, elle imagine un stratagème pour libérer le poney de son enclos grillagé.
Peu à peu, s’établit entre l’enfant et l’animal une relation de confiance, un apprivoisement réciproque. Cécile a enfin le sentiment d’avoir trouvé un ami, son meilleur ami. Tout le monde recherche Poly, les habitants du village, les gendarmes, et surtout M. Brancalou.
Seul Victor finit par percer le secret de Cécile. Elle décide alors de rejoindre secrètement son père en Italie pour sauver Poly des griffes de Brancalou.

Adaptation fidèle du livre (publié chez XO éditions) et du film de Nicolas Vanier (qui sort en même temps que la BD), Poly propose une bande dessinée en phase avec beaucoup de questions actuelles, tant par le caractère des personnages que par les thèmes abordés, notamment sur le rapport homme animal…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Poly »

Sortie en octobre 2020 chez Glénat, cette bande dessinée adapte le film de Nicolas Vanier paru la même année. Scénario et dessin de Steven Lejeune, couleurs de Roberto Burgazzoli. 48 pages qui ressuscitent l’univers de Cécile Aubry, créatrice de Poly dans les années 1960.​

La BD se déroule en 1964 aux Cévennes. Cécile, 10 ans, arrive au village de Beaucastel avec sa mère Louise. L’intégration scolaire peine. Mais l’arrivée du cirque de Brancalou change tout : elle y découvre Poly, jeune ponette vedette du spectacle, maltraitée par son propriétaire. C’est le coup de foudre. Cécile imagine un audacieux plan pour sauver l’animal et l’emmener secrètement en Italie chez son père.​

Le mérite de Steven Lejeune ? Il ancre l’histoire dans des enjeux contemporains sans trahir Cécile Aubry : condition animale, malveillance des adultes, solitude enfantine face au monde des grandes personnes. Cécile n’est pas une héroïne flamboyante mais une enfant fragile, déracinée, qui trouve dans Poly une raison de se battre.

extrait bd Poly

Graphiquement, Steven Lejeune adopte un dessin réaliste et précis. Les paysages des Cévennes respirent la poésie des années 1960 : décors flamboyants, couleurs chaleureuses. Les émotions des personnages transparaissent nettement.

Destiné à qui ? Enfants sensibles à la cause animale, nostalgiques de Cécile Aubry, et amateurs d’aventures familiales authentiques.

Hercule Poirot – Le meurtre de Roger Ackroyd

Album publié en 2026 aux éditions Paquet.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre d’Agatha Christie publié le 19 juin 1926.

couverture bd Hercule Poirot - Le meurtre de Roger Ackroyd

Qui l’eût cru ? Hercule Poirot a pris sa retraite et cultive des courges…
King’s Abbott abrite en effet le célèbre détective, mais personne n’est au courant, le limier belge s’étant installé en toute discrétion. Seul son ami Roger Ackroyd, le riche industriel, est dans la confidence.
Mais ce dernier a bien des soucis. Son beau-fils n’en fait qu’à sa tête, sa soeur lorgne sur l’héritage et madame Ferrars vient de mourir… Un suicide, semble-t-il…
Ou peut-être un meurtre…
Une enquête commence, qui va entrainer Poirot sur les traces d’un étonnant criminel !

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Hercule Poirot – Le meurtre de Roger Ackroyd »

La BD sortira en juin 2026 à l’occasion du centenaire de sa première publication.

Les chefs d’œuvre de Lovecraft – Le cauchemar d’Innsmouth – Tome 2

Album publié en 2022 aux éditions Ki-oon.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft publiée en avril 1936.

Les meilleurs récits de Howard Phillips Lovecraft en manga et au format roman graphique !

Innsmouth est une ville bien étrange. Jadis prospère, elle paraît désormais à l’abandon, et les rares habitants semblent tous victimes d’une même affection qui déforme membres et visage…
Robert Olmstead, voyageur de passage, cherche à en savoir plus. Le vieux Zadok Allen lui conte alors une sinistre histoire…

Quelques générations plus tôt, le capitaine Obed March aurait livré la cité aux griffes d’innommables créatures marines pour construire sa fortune !
Ébranlé, Robert n’a plus qu’une idée en tête : quitter ce terrible endroit. Mais sa curiosité pourrait encore lui coûter cher…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le cauchemar d’Innsmouth – Tome 2 »

Adaptation de la nouvelle de H.P. Lovecraft (1931-1936), ce second tome consolide le statut de Gou Tanabe comme maître de la transposition visuelle de l’univers « lovecraftien ». Le récit, délibérément structuré en emboîtement narratif, accélère son crescendo horrifique lors de la nuit piégée du protagoniste Robert Olmstead à la Gilman House. Tandis que le premier tome éclairait les méandres sociaux d’Innsmouth par le dialogue, celui-ci bascule dans l’horreur viscérale et la chasse poursuite effrénée.

Graphiquement, Gou Tanabe excelle dans la représentation architecturale : les toits décrépis de la ville côtière au crépuscule, les façades délitescentes et l’omniprésence d’un Récif du Diable menaçant. L’utilisation du noir et blanc renforce l’atmosphère étouffante. Les créatures marines, bien qu’implicites visuellement, génèrent une palpable inquiétude par leur suggestion plutôt que leur exposition brute. Cette retenue stratégique maximise l’angoisse psychologique du lecteur.

Fidèle au texte source, Gou Tanabe respecte scrupuleusement la narration de H.P. Lovecraft tout en y insufflant une dynamique visuelle absente du médium littéraire. Recommandé aux amateurs de science-fiction horrifique et aux passionnés de H.P. Lovecraft en quête d’une relecture contemporaine enrichie.