Catégorie : Géographie

Worm – De Fidel Castro à Donald Trump , Une odyssée contre l’autoritarisme

Album publié en 2025 aux Editions Bayard.


couverture bd Worm - De Fidel Castro à Donald Trump , Une odyssée contre l'autoritarisme


Worm désigne le vers ou la vermine. C’était le surnom que Fidel Castro utilisait pour décrire les Cubains qui cherchaient à fuir après la révolution de 1959.
Edel Rodriguez en a fait partie. Il raconte sa jeunesse sur l’île, dans les champs de canne à sucre ou à la périphérie des villes, où ses parents partent discuter pour échapper aux oreilles indiscrètes.

En images saisissantes, il nous fait vivre la privation de liberté, nous montre la fuite depuis le port de Mariel en 1980 sur des bateaux de fortune. Et tisse le parallèle entre le dictateur cubain et l’ex-président américain, Donald Trump.
Un livre majeur sur la soif de liberté et les menaces qui planent sur elle.

Une édition collector, avec en poster l’illustration du Melting Donald Trump réalisé par Edel Rodriguez pour Time.

« Ce livre est tellement bon qu’il sera probablement interdit en Floride » Chip Kidd, auteur lauréat de quatre prix Eisner

« Exaltant, immensément puissant, magnifique, Worm ouvre vraiment l’imagination et vous emporte ». Philippe Sands, avocat et auteur de Retour à Lemberg


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Trump et l’enquête russe – Un président déchaîné

Album publié en 2020 aux Editions Goutte d’or.


Le lecteur se change en une petite souris vivant dans le bureau ovale.

couverture bd Trump et l enquête russe - Un président déchaîné

Le Washington Post a réalisé cette BD rythmée comme une saison de la série House of Cards. 
Le lecteur s’immerge au cœur de la Maison-Blanche et découvre un président des États-Unis prêt à tout pour empêcher l’investigation sur l’ingérence de la Russie dans son élection de 2016 : limoger le patron du FBI, renier son avocat personnel ou encore manipuler des faits.

Cette BD s’appuie sur une investigation hors norme. Durant deux ans, le procureur Robert S. Mueller (épaulé par 19 procureurs et 40 agents du FBI) a enquêté sur l’ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle américaine de 2016.


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extrait bd Trump et l enquête russe - Un président déchaîné

Long Kesh : Bobby Sands et l’enfer irlandais

Album publié en 2019 aux Editions du Long Bec.


couverture bd Long Kesh : Bobby Sands et l'enfer irlandais

Avril 1981.
Depuis deux mois, Booby Sands fait la grève de la faim. Et onze autres prisonniers ont progressivement suivi son exemple.
Pourtant, il vient d’être élu député à la Chambre des communes. Accompagné de l’émissaire du pape, le cardinal O’Fiaich rend visite au jeune homme afin de le dissuader de poursuivre une action que l’Eglise juge suicidaire.
Mais Bobby campe sur ses positions et choisit de raconter à son visiteur ses cinq années dans l’enfer des H-Blocks.

En septembre 1977, en Irlande du Nord, Bobby Sands, un militant de l’IRA, est condamné à 14 ans de prison pour port d’arme illégal. Il va être incarcéré dans la prison du Maze, plus connue sous le nom de Long Kesh.
Commence alors une lutte pour les droits et la dignité qui va le mener à la mort en le 5 mai 1981, suite à une grève de la faim de 66 jours…


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Sous le trait acéré de Stéphane HeurteauLong Kesh : Bobby Sands et l’enfer irlandais s’impose comme une œuvre de mémoire indispensable. La bande dessinée est un véritable outil documentaire sur les « Troubles ».

L’ouvrage dissèque avec une précision l’impasse politique de 1981, opposant la détermination des prisonniers de l’IRA à l’inflexibilité de Margaret Thatcher. Au-delà du destin tragique de Bobby Sands, le récit explore les enjeux de la reconnaissance du statut de prisonnier politique à travers le « Blanket protest » et la grève de la faim. Cette dimension géopolitique, étayée par une documentation solide, permet de saisir la complexité d’un conflit où le corps devient l’ultime rempart contre la déshumanisation carcérale.

Graphiquement, Stéphane Heurteau opte pour un noir et blanc nerveux d’une efficacité redoutable. Son travail sur le clair-obscur accentue la sensation de claustrophobie des H-Blocks. Les planches capturent l’épuisement des corps avec une pudeur poignante.

En mêlant séquences de fiction et dossiers documentaires, cette BD constitue une ressource précieuse pour les étudiants et passionnés d’histoire contemporaine. Une BD pour comprendre les racines et les cicatrices de la question irlandaise.

Croke Park, dimanche sanglant à Dublin

Album publié en 2020 aux Editions Delcourt.


Le 21/11/1920 à Croke Park, stade dublinois dédié aux sports gaéliques, eut lieu le premier Bloody Sunday, en représailles d’une opération au cours de laquelle le gang des apôtres de l’IRA avait exécuté 14 espions anglais du Cairo Club.
En 2007, dans ce lieu historique, les rugbymen irlandais battent les Anglais 43-13.
Le XV du Trèfle salue d’une haie d’honneur les vaincus avant que ces derniers ne leur rendent la pareille, scellant la réconciliation grâce au sport…


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Croke Park, dimanche sanglant à Dublin, écrit par Sylvain Gâche et dessiné par Richard Guérineau, paru chez Delcourt, revisite le Bloody Sunday du 21 novembre 1920 tout en le faisant résonner avec le match Irlande–Angleterre de 2007 disputé dans le même stade. En une centaine de pages, l’album parvient à conjuguer rigueur historique et tension dramatique sans jamais verser dans le didactisme pesant.

Le scénario alterne entre le massacre perpétré par les forces britanniques au cœur d’un match de football gaélique et le rendez-vous sportif de 2007, où l’enjeu symbolique dépasse largement le terrain. Sylvain Gâche montre comment un lieu de traumatisme national peut devenir, des décennies plus tard, l’espace d’une forme de réconciliation, en soulignant l’ambivalence des mémoires irlandaises face à la couronne britannique. Les personnages, souvent inspirés de témoins et de victimes réels, restent esquissés avec pudeur.

Graphiquement, Richard Guérineau adopte un trait expressif, lisible et nerveux, qui sert aussi bien la confusion de la fusillade que l’intensité émotionnelle des tribunes modernes. La palette, volontairement contenue, joue sur les contrastes entre la froideur de la violence de 1920 et la lumière des scènes de 2007. Le découpage, très maîtrisé, guide l’œil du lecteur et rend particulièrement saisissants les instants de bascule où la fête populaire se mue en massacre.

Cette bande dessinée est intéressante pour saisir les nuances de la « question irlandaise ». Elle démontre comment le souvenir du « bloody Sunday » peut nourrir une conscience nationale sans pour autant interdire l’espoir d’une fraternité future. 

Coupures irlandaises

Album publié en 2008 aux Editions Futuropolis.


couverture bd Coupures irlandaises

Pendant quelques semaines, Kris, alors jeune adolescent, a partagé la vie d’une famille catholique irlandaise, au coeur du quartier du Market, encerclé par les militaires britanniques.
Comme il le dit lui-même « prendre le Belfast des années 80 en pleine figure et à 14 ans, ça vous vaccine définitivement contre le je-m’en-foutisme, l’égoïsme, l’inconscience politique et la bêtise humaine tout simplement. »
Selon Kris, Coupures Irlandaises est l’exact contraire d’Un homme est mort. Le premier s’attache à démontrer comment une heureuse aventure peut tourner au drame alors que le second racontait comment un drame avait pu accoucher d’une formidable aventure humaine. Mais les deux récits se ressemblent dans cette même volonté de témoigner des souffrances et des injustices que des hommes infligent à d’autres hommes…


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Belfast, 1987. Sous le pinceau de Vincent Bailly et la plume de Kris, le traditionnel séjour linguistique vire au choc frontal avec l’Histoire. Publié chez Futuropolis, Coupures irlandaises offre une plongée viscérale dans les « Troubles » (autre nom donné au conflit) de l’Irlande du Nord.

S’appuyant sur ses propres souvenirs, Kris dépeint l’errance de deux adolescents brestois au cœur d’une ville balafrée par les murs de séparation. L’intelligence du scénario réside dans ce décalage permanent : l’insouciance de la jeunesse se heurte aux check-points et à la haine ancestrale entre communautés catholiques et protestantes. Cette focale intime permet de saisir l’absurdité d’un conflit où le politique s’insinue dans chaque recoin du quotidien.

extrait bd Coupures irlandaises

Graphiquement, Vincent Bailly livre une prestation magistrale. Son trait et ses couleurs directes à l’aquarelle restituent l’atmosphère moite et électrique de l’Ulster. Les planches, baignées de gris et de teintes délavées, ne sont pas de simples décors, elles incarnent la mélancolie d’une terre en état de siège. Ce style impressionniste soutient la tension narrative, rendant palpable l’imminence du drame.

L’œuvre s’achève sur un riche dossier documentaire final, qui replace les enjeux géopolitiques dans leur contexte historique rigoureux. Ce cahier additionnel complète la dramaturgie du récit en offrant une analyse précise des forces en présence et de l’apartheid social de l’époque. Cette dimension pédagogique fait de cet album un outil de mémoire indispensable pour appréhender la complexité d’une fracture qui marque encore aujourd’hui le paysage européen.

L’Incroyable Histoire de la géographie – 10 000 ans d’exploration du monde

Bande dessinée publiée en 2024 éditions Les Arènes.


couverture bd L'Incroyable Histoire de la géographie - 10 000 ans d'exploration du monde

Redécouvrez l’Incroyable Histoire de la géographie dans une nouvelle édition augmentée.
La géographie est née au Néolithique quand les sociétés ont commencé à prendre en compte leur environnement, le monde connu et au-delà.
Depuis les premières cartes de l’âge du bronze, la géographie n’a cessé de se développer, pour devenir une science et un outil indispensable pour les princes conquérants ou les aventuriers explorateurs.
Raconter son histoire, c’est raconter l’histoire du monde avec une boussole dans les mains.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Incroyable Histoire de la géographie – 10 000 ans d’exploration du monde »

Cette nouvelle édition signée Jean-Robert PitteBenoist Simmat et Philippe Bercovici revisite avec rigueur et imagination l’épopée de la géographie, des premières cartes néolithiques aux grandes expéditions contemporaines.

L’approche chronologique claire met en lumière trois grandes phases : l’ère des explorateurs, le rôle diplomatique de la cartographie et l’émergence scientifique moderne. Les auteurs évoquent Strabon, Ératosthène, Charcot ou Alexandra David-Néel, tout en ponctuant le récit d’anecdotes qui renforcent la profondeur historique.

extrait bd L'Incroyable Histoire de la géographie - 10 000 ans d'exploration du monde

Visuellement, Philippe Bercovici déploie un trait expressif et coloré, mélange de cartoon et de graphisme documentaire, qui dynamise les concepts géographiques et capte l’attention dès 10 ans. Chaque planche illustre avec précision les enjeux scientifiques et humains, rendant palpable la quête de connaissance de notre planète.

Fruit de la chaire de la Société de Géographie et de l’expertise journalistique de Benoist Simmat, cette BD documentaire allie sérieux académique et divertissement, offrant un outil pédagogique passionnant et accessible. À recommander aux passionnés d’histoire, aux enseignants et à tout lecteur curieux du monde qui nous entoure.

1821 – The Beginning of a Revolution 

Album publié en 2021 aux éditions Byzantine Tales.


Résumé éditeur

(Version Anglaise)

À une époque où la Révolution française et la guerre d’indépendance américaine ont éveillé les peuples d’Europe à la liberté, les grands empires tentent désespérément de préserver l’ordre établi, étouffant toute aspiration révolutionnaire à travers le continent.

Mais, dans le sud-est de l’Europe, une petite nation opprimée depuis des siècles par le puissant Empire ottoman ose défier ce statu quo. Contre la volonté des Grandes Puissances, elle proclame que sa lutte nationale ne s’achèvera que dans la Liberté ou la Mort.

À travers le destin captivant d’Alexandre Ypsilantis, prince phanariote élevé loin de sa patrie, découvrez l’histoire de cet héros des guerres napoléoniennes, ce général visionnaire qui choisit le sacrifice pour embraser la flamme de la révolution grecque.

Le récit met également en lumière la diaspora grecque du XIXᵉ siècle, incarnée par des figures telles qu’Ioannis Kapodistrias, futur premier gouverneur de la Grèce, la mystérieuse Société des Amis (Filiki Eteria), qui orchestra dans l’ombre la révolte à venir, et le sacrifice héroïque de la Bande sacrée lors de la bataille historique de Dragashani, sur les terres de la Roumanie actuelle.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « 1821 : The Beginning of a Revolution »

Spyros Theocharis et Chrysa Sakel nous offrent avec « 1821 : The Beginning of a Revolution » une bande dessinée historiquement rigoureuse qui capture les moments décisifs précédant le soulèvement grec contre l’Empire ottoman.
Loin de se limiter au simple récit, cette BD explore intelligemment les rouages politiques et les figures complexes qui ont nourri l’insurrection, de l’icône révolutionnaire Alexander Ypsilantis à l’action secrète de la Société des Amis.

Les illustrations conjuguent clarté et charge émotive, tandis que les dialogues restituent l’état d’esprit des protagonistes confrontés à un dilemme existentiel : « Liberté ou Mort ».
La symbiose entre données historiques et représentation graphique crée une expérience immersive sur le contexte post-napoléonien, révélant comment les puissances européennes entendaient étouffer les mouvements révolutionnaires.
Ce roman graphique trouvera son public chez les lecteurs en quête d’une histoire nuancée, écartant les stéréotypes héritées des traditions nationales. LA BD est anglais mais reste cependant très accessible et compréhensible (dès le lycée).

Aïvali – Une histoire entre Grèce et Turquie

Album publié en 2022 aux éditions Steinkis.


Résumé éditeur

Elles ont deux vies ces maisons : une grecque et une turque

Mais si les maisons pouvaient parler, elles ne parleraient ni des Grecs ni des Turcs, mais de la souffrance des hommes.
À travers quatre portraits croisés, Soloup rend hommage à Aïvali, lieu symbolique du double déracinement des Grecs et des Turcs faisant suite à la Première Guerre mondiale.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Aïvali – Une histoire entre Grèce et Turquie »

La bande dessinée Aïvali – Une histoire entre Grèce et Turquie de Soloup (Antonis Nikolopoulos) éclaire avec finesse et rigueur un pan méconnu de l’histoire gréco-turque : l’échange de populations après le traité de Lausanne (1923) dans la ville d’Aïvali.

Au niveau du scénario, Soloup tisse quatre portraits croisés, Grecs et Turcs et plonge dans la mémoire familiale et collective, en faisant apparaître l’expérience du déracinement, de l’exil, et la complexité des identités multiples. Il ne se contente pas d’un récit manichéen : l’auteur donne voix à l’Autre, analyse les mécanismes de la violence et de la conscience historique.

Soloup, caricaturiste grec descendant de réfugiés d’Asie Mineure, structure son récit de 400 pages autour de mémoires authentiques : ceux de Fotis Kontoglou et d’Elias Venezis, écrivains ayant traversé la Grande Catastrophe. Il y ajoute la voix d’un Turc crétois, Ahmet Yorulmaz, intégrant ainsi l’expérience croisée de ces 1,5 million de Grecs et 500 000 Turcs contraints d’échanger territoires et identités

extrait bd Aïvali - Une histoire entre Grèce et Turquie

Graphiquement, le trait de Soloup, issu du monde du dessin satirique, s’avère étonnamment sobre et précis. Il choisit de ne détailler que l’essentiel des décors, focalisant sur les visages et les expressions : la dureté des événements transparaît sans jamais sombrer dans le sensationnalisme.

Cette BD exigeante constitue un apport précieux, tant pour les amateurs de bande dessinée historique que pour ceux intéressés par la mémoire du XXᵉ siècle. Elle permet de mieux comprendre les liens et les blessures entre les peuples grecs et turcs.

I Escaped a Chinese Internment Camp

Album publié en 2024 aux éditions Lev Gleason.


Résumé éditeur

(BD en Anglais)

coyverture bd I Escaped a Chinese Internment Camp

Ce roman graphique raconte la véritable histoire de Zumrat Dawut, telle que publiée à l’origine dans l’organisation de presse en ligne indépendante Business Insider, par le biais d’entretiens menés par Anthony Del Col et de témoignages présentés au Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

Zumrat Dawut est une mère de trois enfants dans la région autonome du Xinjiang en Chine, qui a été arrêtée et envoyée dans un centre de détention simplement parce qu’elle était musulmane.
Là, elle a enduré des conditions de vie brutales, la torture, des interrogatoires, de la propagande anti-musulmane et une stérilisation forcée.
Mais ce n’était que le début des épreuves de Zumrat, qui, avec son mari, allait bientôt mettre au point un plan pour s’échapper vers l’Amérique.


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Ce roman graphique, lauréat du prix Pulitzer 2022 pour le reportage illustré, constitue un témoignage de la répression Ouïghoure. Adapté par Anthony Del Col à partir des interviews et de la déposition aux Nations unies de Zumrat Dawut, le récit expose l’enfermement arbitraire d’une mère de trois enfants ouïghoure en Xinjiang, victime de torture, de stérilisation forcée et de persécution religieuse systématique.

extrait bd I Escaped a Chinese Internment Camp

Anthony Del Col construit un récit exempt de sentimentalisme, laissant l’absurdité kafkaïenne du régime parler par elle-même. Les illustrations de Fahmida Azim, nourries de documentaires et de témoignages multiples, capturent de manière crue l’isolation et la déshumanisation progressive. Le style épuré, panneaux silencieux alternant avec du texte en voix off renforce la sensation de détachement face à l’inhumanité ordinaire.

Ce roman graphique est plus qu’un le simple reportage en offrant une expérience d’identification viscérale au lecteur. Contrainte par le format compact de la BD, elle illumine une réalité systémique touchant plusieurs millions d’êtres vivants en Chine, transformant l’acte de lire en acte politique de témoignage.

La BD est en anglais. Elle reste cependant très accessible (à partir du lycée).

Les Ouïghours, un peuple qui refuse de mourir

Album publié en 2022 aux éditions Marabulles.


Résumé éditeur

couverture bd Les Ouïghours, un peuple qui refuse de mourir

Le drame Ouïghour…
J’étais là quand les premières grandes manifestations ont été réprimées dans le sang.
C’était en 1996, il y a 25 ans. Je débutais alors dans le journalisme.

À l’époque, le monde entier ne se sentait pas concerné par cette minorité turcophone de Chine. J’étais là aussi quand les Chinois ont commencé à stériliser de force les femmes Ouïghoures. Et puis, j’ai vu les camps de prisonniers se dresser dans le désert et la mise en place de ce qui deviendrait un génocide culturel.

Alors, j’ai promis à ces Ouïghours de ne pas les laisser mourir dans le silence et l’indifférence. J’y suis retourné encore et encore. Avec cette question qui reste coincée au fond de la gorge : jusqu’où peut aller un journaliste pour se rendre utile ?

Éric Darbré, un journaliste reporter français, a passé vingt-cinq années à enquêter dans la province du Xinjiang au Nord-Ouest de la Chine. Il a vu naître la contestation Ouïghoure, ce peuple musulman d’origine turque contre la Chine, la montée en puissance de la répression, les violences, les camps, les morts jusqu’au désastre actuel.

Ce récit est l’histoire d’un combat journalistique pour donner une voix et un visage à un peuple écrasé par un régime autoritaire. Il offre aussi une réflexion sur les conséquences du travail de reporter : met-on en danger les témoins que l’on cite ? Comment ne pas décevoir leurs espoirs ? Comment se prépare un reportage ? Quels obstacles faut-il vaincre pour le réaliser puis le vendre à une rédaction ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Ouïghours, un peuple qui refuse de mourir »

Ce roman graphique d’Éric Darbré et Éliot Franques constitue une contribution remarquable au journalisme graphique engagé. Publié en octobre 2022 par Marabulles, ce récit autobiographique de 160 pages retrace 25 années d’enquête du journaliste français au Xinjiang, depuis les premières manifestations réprimées en 1996 jusqu’à la reconnaissance du génocide culturel ouïghour en 2021.

Éric Darbré accompagne le lecteur dans son éveil progressif face aux injustices, interrogeant simultanément les responsabilités du journalisme. Plutôt qu’un simple résumé historique, l’ouvrage explore les dilemmes éthiques du reporter : comment protéger les témoins ? Comment mobiliser les rédactions indifférentes ? Cette introspection renforce l’impact émotionnel du témoignage.

extrait bd Les Ouïghours, un peuple qui refuse de mourir

Le style graphique épuré d’Éliot Franques épouse cette approche documentaire. Loin du sensationnalisme, les illustrations privilégient l’accessibilité et la clarté, rendant cette situation géopolitique complexe compréhensible à un large public. Les choix esthétiques sobres soutiennent la profondeur du propos sans détourner du sujet.

Bien documentée, cette BD s’adresse aux lecteurs en quête de compréhension des enjeux internationaux contemporains.