Les jeunes Iraniens rêvent-ils encore d’en finir avec le régime ? Comment se rencontrer dans cette société qui ne le permet jamais ? Comment flirter ? Comment choisir sa femme ou son mari ? Malgré la tradition, malgré le régime. Des journalistes ont interviewé clandestinement de jeunes Iraniens pour donner un éclairage politique et social. Comment échapper à la police pour vivre sa love story ?
La bd « Love Story à L’Iranienne » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Love Story à L’Iranienne »
À Téhéran, Raya a tout pour finir en prison, voire pire. Cette Iranienne de 19 ans cumule en effet tout ce que déteste le régime des mollahs : elle est lesbienne, révoltée, et amoureuse de la fête et du rock. Un terrible choix s’impose à elle : rester en Iran, rentrer dans le rang et se trahir, ou fuir à l’étranger et abandonner sa terre natale à cette dictature. Que va-t-elle décider ? L’histoire vraie de Raya, une femme bien décidée à se battre contre un système impitoyable. Et faire entendre au monde entier les cris de révolte de toute sa génération.
La bd « Iranienne – Rebelle et fière au pays des Mollahs » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Iranienne – Rebelle et fière au pays des Mollahs »
Quinze ans après la publication de son premier livre, Palestine une nation occupée, Joe Sacco retourne dans la bande de Gaza pour enquêter sur un massacre de la population palestinienne par l’armée israélienne en 1956.
La bd « Gaza 1956 – En marge de l’Histoire » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Gaza 1956 – En marge de l’Histoire »
Joe Sacco livre avec Gaza 1956 – En marge de l’Histoire un roman graphique de reportage d’une rigueur impressionnante, né d’une mention dans un rapport de l’ONU qui ouvre sur une enquête au long cours. L’auteur s’attache à reconstituer, à partir de témoignages, les massacres de Khan Younis et de Rafah à l’automne 1956, dans le contexte de la crise de Suez, et à interroger l’oubli qui entoure ces événements.
La force de cette BD tient d’abord à sa manière de raconter l’enquête. Joe Sacco fait sans cesse l’aller-retour entre le temps où il interroge les gens à Gaza (2002-2003) et l’année 1956, quand les faits se sont produits. Il montre très concrètement les difficultés du travail : souvenirs abîmés par le temps, versions qui ne coïncident pas, détails flous ou disputés. Plutôt que d’imposer une conclusion “toute faite”, il recoupe les récits et met en évidence ce qui est sûr, ce qui reste incertain, et pourquoi. C’est ce sérieux dans la méthode qui donne aux témoins une vraie présence : ils ne sont pas des silhouettes, mais des personnes, avec leur parole, leurs hésitations et parfois leurs silences.
Le noir et blanc, dense et minutieux, renforce cette ambition documentaire : visages très expressifs, arrière-plans fouillés, sensation de promiscuité qui pèse sur le lecteur autant que sur le récit.
Exigeant par ses 424 pages, Gaza 1956 s’adresse aux lecteurs de BD de reportage et à ceux qui cherchent une approche historique du conflit Israélo-Palestinien.
Pietro est italien, Lisa, ukrainienne. Ils se rencontrent en 2016 et vivent dès lors entre les deux pays, partageant et découvrant ainsi la culture de l’autre. En septembre 2021, J-180, Lisa s’inquiète des mouvements russes à la frontière, ses proches la rassurent. L’avenir donnera malheureusement raison à Lisa. Le 19 février 2022, J-4, Lisa et Pietro arrivent en Italie. La famille de Lisa n’a pas voulu quitté le pays. Le 25 février, J+2, la ville de Mykolaiv, où vit la famille de Lisa, est bombardée. Ses proches se décident à la rejoindre en Italie, à l’exception de son père. Dès lors, le quotidien est rythmé par les infos et l’inquiétude de savoir son père si exposé mais aussi les détails prosaïques de la cohabitation avec les proches, les souvenirs qui refont surface et la nécessité de sensibiliser l’opinion.
La bd « Les tournesols d’Ukraine » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les tournesols d’Ukraine »
Avec Les tournesols d’Ukraine : Échapper à l’invasion, Pietro B. Zemelo livre un récit à la fois sobre et bouleversant, ancré dans la réalité de février 2022, lorsque la guerre contraint Lisa et sa famille à reconsidérer chaque certitude. Le livre choisit l’échelle du quotidien : les décisions prises dans l’urgence, les proches qu’on laisse derrière soi, l’angoisse qui s’installe durablement.
Le scénario se distingue par une construction en fragments, faite d’allers-retours entre avant et après l’irruption de la guerre. Ce montage montre comment un événement historique recompose la mémoire, transforme les gestes ordinaires et fracture les trajectoires. La tension dramatique naît moins des scènes de violence que de ce qu’elles imposent aux relations familiales, en particulier quand l’exil devient la seule option pour certains, tandis que d’autres s’obstinent à rester.
Pietro B. Zemelo assume aussi sa place dans le récit : celle d’un proche qui accompagne, écoute, et mesure ses limites face à une expérience qu’il ne vit pas dans sa chair. Cette position, délicate, renforce l’impression d’honnêteté. Le dessin, clair et expressif, privilégie la lisibilité et l’émotion juste. Les visages, les silences, les intérieurs deviennent des repères ; le tournesol, motif récurrent, apporte une respiration symbolique sans jamais forcer l’effet.
On ressort de cette lecture avec la sensation d’avoir compris, de l’intérieur, ce que “tenir” veut dire. Un roman graphique recommandé à celles et ceux qui cherchent un témoignage humain sur le conflit russo-ukrainien. Les tournesols d’Ukraine capte l’intime au cœur de l’Histoire.
Worm désigne le vers ou la vermine. C’était le surnom que Fidel Castro utilisait pour décrire les Cubains qui cherchaient à fuir après la révolution de 1959. Edel Rodriguez en a fait partie. Il raconte sa jeunesse sur l’île, dans les champs de canne à sucre ou à la périphérie des villes, où ses parents partent discuter pour échapper aux oreilles indiscrètes.
En images saisissantes, il nous fait vivre la privation de liberté, nous montre la fuite depuis le port de Mariel en 1980 sur des bateaux de fortune. Et tisse le parallèle entre le dictateur cubain et l’ex-président américain, Donald Trump. Un livre majeur sur la soif de liberté et les menaces qui planent sur elle.
Une édition collector, avec en poster l’illustration du Melting Donald Trump réalisé par Edel Rodriguez pour Time.
« Ce livre est tellement bon qu’il sera probablement interdit en Floride » Chip Kidd, auteur lauréat de quatre prix Eisner
« Exaltant, immensément puissant, magnifique, Worm ouvre vraiment l’imagination et vous emporte ». Philippe Sands, avocat et auteur de Retour à Lemberg
La bd « Worm – De Fidel Castro à Donald Trump , Une odyssée contre l’autoritarisme » disponible ici
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Le lecteur se change en une petite souris vivant dans le bureau ovale.
Le Washington Post a réalisé cette BD rythmée comme une saison de la série House of Cards. Le lecteur s’immerge au cœur de la Maison-Blanche et découvre un président des États-Unis prêt à tout pour empêcher l’investigation sur l’ingérence de la Russie dans son élection de 2016 : limoger le patron du FBI, renier son avocat personnel ou encore manipuler des faits.
Cette BD s’appuie sur une investigation hors norme. Durant deux ans, le procureur Robert S. Mueller (épaulé par 19 procureurs et 40 agents du FBI) a enquêté sur l’ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle américaine de 2016.
La bd « Trump et l’enquête russe – Un président déchaîné » disponible ici
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Avril 1981. Depuis deux mois, Booby Sands fait la grève de la faim. Et onze autres prisonniers ont progressivement suivi son exemple. Pourtant, il vient d’être élu député à la Chambre des communes. Accompagné de l’émissaire du pape, le cardinal O’Fiaich rend visite au jeune homme afin de le dissuader de poursuivre une action que l’Eglise juge suicidaire. Mais Bobby campe sur ses positions et choisit de raconter à son visiteur ses cinq années dans l’enfer des H-Blocks.
En septembre 1977, en Irlande du Nord, Bobby Sands, un militant de l’IRA, est condamné à 14 ans de prison pour port d’arme illégal. Il va être incarcéré dans la prison du Maze, plus connue sous le nom de Long Kesh. Commence alors une lutte pour les droits et la dignité qui va le mener à la mort en le 5 mai 1981, suite à une grève de la faim de 66 jours…
La bd « Long Kesh : Bobby Sands et l’enfer irlandais » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Long Kesh : Bobby Sands et l’enfer irlandais »
Sous le trait acéré de Stéphane Heurteau, Long Kesh : Bobby Sands et l’enfer irlandais s’impose comme une œuvre de mémoire indispensable. La bande dessinée est un véritable outil documentaire sur les « Troubles ».
L’ouvrage dissèque avec une précision l’impasse politique de 1981, opposant la détermination des prisonniers de l’IRA à l’inflexibilité de Margaret Thatcher. Au-delà du destin tragique de Bobby Sands, le récit explore les enjeux de la reconnaissance du statut de prisonnier politique à travers le « Blanket protest » et la grève de la faim. Cette dimension géopolitique, étayée par une documentation solide, permet de saisir la complexité d’un conflit où le corps devient l’ultime rempart contre la déshumanisation carcérale.
Graphiquement, Stéphane Heurteau opte pour un noir et blanc nerveux d’une efficacité redoutable. Son travail sur le clair-obscur accentue la sensation de claustrophobie des H-Blocks. Les planches capturent l’épuisement des corps avec une pudeur poignante.
En mêlant séquences de fiction et dossiers documentaires, cette BD constitue une ressource précieuse pour les étudiants et passionnés d’histoire contemporaine. Une BD pour comprendre les racines et les cicatrices de la question irlandaise.
Le 21/11/1920 à Croke Park, stade dublinois dédié aux sports gaéliques, eut lieu le premier Bloody Sunday, en représailles d’une opération au cours de laquelle le gang des apôtres de l’IRA avait exécuté 14 espions anglais du Cairo Club. En 2007, dans ce lieu historique, les rugbymen irlandais battent les Anglais 43-13. Le XV du Trèfle salue d’une haie d’honneur les vaincus avant que ces derniers ne leur rendent la pareille, scellant la réconciliation grâce au sport…
La bd « Croke Park, dimanche sanglant à Dublin » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Croke Park, dimanche sanglant à Dublin »
Croke Park, dimanche sanglant à Dublin, écrit par Sylvain Gâche et dessiné par Richard Guérineau, paru chez Delcourt, revisite le Bloody Sunday du 21 novembre 1920 tout en le faisant résonner avec le match Irlande–Angleterre de 2007 disputé dans le même stade. En une centaine de pages, l’album parvient à conjuguer rigueur historique et tension dramatique sans jamais verser dans le didactisme pesant.
Le scénario alterne entre le massacre perpétré par les forces britanniques au cœur d’un match de football gaélique et le rendez-vous sportif de 2007, où l’enjeu symbolique dépasse largement le terrain. Sylvain Gâche montre comment un lieu de traumatisme national peut devenir, des décennies plus tard, l’espace d’une forme de réconciliation, en soulignant l’ambivalence des mémoires irlandaises face à la couronne britannique. Les personnages, souvent inspirés de témoins et de victimes réels, restent esquissés avec pudeur.
Graphiquement, Richard Guérineau adopte un trait expressif, lisible et nerveux, qui sert aussi bien la confusion de la fusillade que l’intensité émotionnelle des tribunes modernes. La palette, volontairement contenue, joue sur les contrastes entre la froideur de la violence de 1920 et la lumière des scènes de 2007. Le découpage, très maîtrisé, guide l’œil du lecteur et rend particulièrement saisissants les instants de bascule où la fête populaire se mue en massacre.
Cette bande dessinée est intéressante pour saisir les nuances de la « question irlandaise ». Elle démontre comment le souvenir du « bloody Sunday » peut nourrir une conscience nationale sans pour autant interdire l’espoir d’une fraternité future.
Pendant quelques semaines, Kris, alors jeune adolescent, a partagé la vie d’une famille catholique irlandaise, au coeur du quartier du Market, encerclé par les militaires britanniques. Comme il le dit lui-même « prendre le Belfast des années 80 en pleine figure et à 14 ans, ça vous vaccine définitivement contre le je-m’en-foutisme, l’égoïsme, l’inconscience politique et la bêtise humaine tout simplement. » Selon Kris, Coupures Irlandaises est l’exact contraire d’Un homme est mort. Le premier s’attache à démontrer comment une heureuse aventure peut tourner au drame alors que le second racontait comment un drame avait pu accoucher d’une formidable aventure humaine. Mais les deux récits se ressemblent dans cette même volonté de témoigner des souffrances et des injustices que des hommes infligent à d’autres hommes…
La bd « Coupures irlandaises » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Coupures irlandaises »
Belfast, 1987. Sous le pinceau de Vincent Bailly et la plume de Kris, le traditionnel séjour linguistique vire au choc frontal avec l’Histoire. Publié chez Futuropolis, Coupures irlandaises offre une plongée viscérale dans les « Troubles » (autre nom donné au conflit) de l’Irlande du Nord.
S’appuyant sur ses propres souvenirs, Kris dépeint l’errance de deux adolescents brestois au cœur d’une ville balafrée par les murs de séparation. L’intelligence du scénario réside dans ce décalage permanent : l’insouciance de la jeunesse se heurte aux check-points et à la haine ancestrale entre communautés catholiques et protestantes. Cette focale intime permet de saisir l’absurdité d’un conflit où le politique s’insinue dans chaque recoin du quotidien.
Graphiquement, Vincent Bailly livre une prestation magistrale. Son trait et ses couleurs directes à l’aquarelle restituent l’atmosphère moite et électrique de l’Ulster. Les planches, baignées de gris et de teintes délavées, ne sont pas de simples décors, elles incarnent la mélancolie d’une terre en état de siège. Ce style impressionniste soutient la tension narrative, rendant palpable l’imminence du drame.
L’œuvre s’achève sur un riche dossier documentaire final, qui replace les enjeux géopolitiques dans leur contexte historique rigoureux. Ce cahier additionnel complète la dramaturgie du récit en offrant une analyse précise des forces en présence et de l’apartheid social de l’époque. Cette dimension pédagogique fait de cet album un outil de mémoire indispensable pour appréhender la complexité d’une fracture qui marque encore aujourd’hui le paysage européen.
Bande dessinée publiée en 2024 éditions Les Arènes.
Résumé éditeur
Redécouvrez l’Incroyable Histoire de la géographie dans une nouvelle édition augmentée. La géographie est née au Néolithique quand les sociétés ont commencé à prendre en compte leur environnement, le monde connu et au-delà. Depuis les premières cartes de l’âge du bronze, la géographie n’a cessé de se développer, pour devenir une science et un outil indispensable pour les princes conquérants ou les aventuriers explorateurs. Raconter son histoire, c’est raconter l’histoire du monde avec une boussole dans les mains.
La bd « L’Incroyable Histoire de la géographie – 10 000 ans d’exploration du monde » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Incroyable Histoire de la géographie – 10 000 ans d’exploration du monde »
Cette nouvelle édition signée Jean-Robert Pitte, Benoist Simmat et Philippe Bercovici revisite avec rigueur et imagination l’épopée de la géographie, des premières cartes néolithiques aux grandes expéditions contemporaines.
L’approche chronologique claire met en lumière trois grandes phases : l’ère des explorateurs, le rôle diplomatique de la cartographie et l’émergence scientifique moderne. Les auteurs évoquent Strabon, Ératosthène, Charcot ou Alexandra David-Néel, tout en ponctuant le récit d’anecdotes qui renforcent la profondeur historique.
Visuellement, Philippe Bercovici déploie un trait expressif et coloré, mélange de cartoon et de graphisme documentaire, qui dynamise les concepts géographiques et capte l’attention dès 10 ans. Chaque planche illustre avec précision les enjeux scientifiques et humains, rendant palpable la quête de connaissance de notre planète.
Fruit de la chaire de la Société de Géographie et de l’expertise journalistique de Benoist Simmat, cette BD documentaire allie sérieux académique et divertissement, offrant un outil pédagogique passionnant et accessible. À recommander aux passionnés d’histoire, aux enseignants et à tout lecteur curieux du monde qui nous entoure.
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